N'Guessan Jean Christ Koffi

A l’étranger sur son propre territoire, ou quand la Côte d’Ivoire doit changer de nom

L’ancienne colonie française de la Côte d’Ivoire, soixante-cinq ans après son accession à l’indépendance, n’a pas encore changé de nom, contrairement à certains pays africains qui l’ont fait, pour se réapproprier leur territoire.

Sortie des initiés à la danse panthère a l’ouest de la Côte d’Ivoire, Wikimedia Commons

Il s’agit notamment  du Zimbabwe et de la Zambie, anciennement Rhodésie du sud et Rhodésie du nord, du nom d’un homme d’affaire et politique de l’ancienne puissance coloniale britannique : Cecile Rhodes. D’autres pays ont fait ce choix d’abandonner les appellations coloniales : la Côte-de-l’Or britannique (Gold Coast) est devenue le Ghana, la Haute-Volta est devenue le Burkina Faso et le Soudan français est devenu le Mali. Mais pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, ce mouvement émancipateur et souverainiste ne semble pas encore à l’ordre jour. Cela ne saurait tarder, plusieurs impératifs l’exigent.

Refuser d’être gaouI voient rien ou abruti

L’appellation Côte d’Ivoire, tout en français, sonnerait bien à l’oreille, selon des I voient rien. Ce nom tiré de la langue de l’ancienne puissance coloniale, le français, mettrait la Côte d’Ivoire à part dans la sous-région ouest-africaine, selon toujours des I voient rien.

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Cette particularité donnerait l’impression que le pays qui est ainsi nommé est civilisé, comme certains se plaisent encore à penser, contrairement aux territoires qui portent des noms originels ou authentiques qualifiés de « gaou » (bête, naïf).  Et pourtant, en préférant toujours, depuis au moins trois générations après son ‘‘indépendance’’, une appellation coloniale à une appellation authentique provenant ou inspirée de ses langues locales (bété, baoulé, sénoufo et autres) c’est plutôt la Côte d’Ivoire qui est le « gaou » ou l’abruti. Avec des citoyens qui seraient des I voient rien, cela n’est pas surprenant. La Côte d’Ivoire serait même « gnata » ou d’une sottise chronique, vue sa persistance à demeurer « gaou ». La dénomination Côte d’Ivoire dévoile plutôt l’incapacité du territoire de se prendre en charge.

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Par ailleurs, certains I voient rien, surtout dans les milieux intellectuels et assimilés, en remplacement au nom Côte d’Ivoire pour leur territoire utilise le terme Eburnie.  Pour rappel, Eburnie vient du latin ebur qui veut dire « ivoire ».

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Dans un premier temps, le nom Eburnie, comme celui de Côte d’Ivoire avec lequel il est supposé établir une rupture, est encore totalement étranger aux peuples qui vivent sur ce territoire. Les I voient rien ne sont pas d’origine latine ! Par conséquent c’est tout à fait logique que Eburnie ne convienne pas en remplacement au nom Côte d’Ivoire, puisque, Eburnie est une autre Côte d’Ivoire, comme l’ECO parasité et le franc CEFA.

Eburnie et Côte d’Ivoire ont les mêmes motifs dégradants. De tels noms qui rappellent l’ivoire au point de l’idolâtrer, ne fait que perpétuer la cause de tous les malheurs de ce territoire : le mercantilisme. D’abord, leur appellation est d’origine étrangère. Ensuite ils sont focalisés sur la matière première, la ressource, l’ivoire, plutôt que sur les êtres humains, les valeurs de ceux-ci en particulier. Eburnie est inadapté d’autant plus que ce nom est autant ancré dans la dégradation et l’abrutissement que le terme qu’il est censé remplacer.

Or pourtant, les peuples qui vivent sur le territoire de l’actuelle Côte d’Ivoire, sur lesquels, ce nom, encore une fois, n’est pas focalisé, ce qui est avilissant, n’existe pas avec les indépendances, voire avec la colonisation, ou même encore avec la conquête de leur territoire par les conquérants français. Les peuples indigènes de la Côte d’Ivoire ont une histoire.

Valoriser son histoire

Il faut rappeler en outre qu’avec l’appellation « Côte d’Ivoire », l’histoire des peuples indigènes sur ce territoire est limités dans le temps : 65 ans depuis son indépendance, tout au plus 131 ans si l’on considère l’année, 1893, où cette terre a été baptisée et décrétée colonie française par l’ancienne puissance coloniale.  

Or pourtant, le territoire n’a pas été habité avec l’arrivée des colons ou même des conquérants français, ou même des missionnaires. Il est chargé d’histoires, de légendes et de mythes. Ce n’est justement pas l’ancienne puissance coloniale elle-même qui le niera, elle qui a dû faire face à une farouche résistance des peuples autochtones contre la pénétration coloniale sur l’ensemble du territoire. Mais ce pan de l’histoire précoloniale est savamment masquée par le colon.

De la part de ce dernier, ce n’est pas surprenant, puisque ses défaites le démystifient alors qu’il doit maintenir dans l’imaginaire des Ivoiriens, des anciens colonisés, le mythe de l’ancienne puissance coloniale toujours puissante.

Mais le plus déplorable, c’est que la farouche résistance des ancêtres des Ivoiriens aux colons n’est étrangement pas non plus dévoilée et valorisée par les descendants des résistants, ‘‘I voient rien’’. Or pourtant ils devaient être fiers de ce pan de l’histoire de leur territoire, car ils pourraient aisément s’en servir comme rampe de lancement et fondement du mythe fondateur d’une véritable nation vivant sur leur territoire, un territoire encore une fois dont le nom doit provenir de ses langues locales.

Le Ghana, le Burkina Faso et le Mali sont un exemple concret de cette vision. L’organisation centenaire politique, sociale et militaire du puissant empire du Ghana fait la fierté de ce territoire qui en porte le nom, il suscite dans un premier temps respect à l’international, même de l’ancienne puissance coloniale, la Grande Bretagne, qui a essuyé de cuisantes défaites contre l’armée ashantis, notamment en 1824 à la bataille d’Insamankou.

Il réclame dans un second temps discipline de la part de ses citoyens actuels qui ont de dignes repères historiques et culturel. Ce sont notamment le prestige de l’empire dont leur pays porte le nom, la royauté, l’excellente organisation sociale de ses peuples, et l’un de ses chefs emblématiques, Osei Bonsu (1779-1824), Asantehene (monarque absolu de la confédération ashanti) de 1804 à 1824. Durant son règne, les Ashanti ont affronté  la Confédération Fanti et ont dominé le commerce de la région de la Gold Coast. Il battit les Anglais en 1824 à Bonsaso lors de la Bataille d’Insamankou.

Dans une période plus récente, l’indépendantiste Kwame N-krumah, et le père de la démocratie au Ghana, l’ancien président le Colonel Jerry John Rawlins sont les fiertés du Ghana. Il n’est donc pas surprenant que le Ghana soit une référence à l’internationale et un modèle de stabilité dans la sous-région ouest-africaines. L’arrestation et l’ouverture de procédures judiciaires contre les dignitaires du précédent régime impliqués dans des scandales avérés de corruption ou de détournements de deniers publics montre le sérieux de cet État.

Le Burkina Faso qui ne s’appelle ainsi que depuis 1984 par l’initiative de Thomas Sankara, est remarquable par sa résilience et sa capacité de s’assumer et d’évoluer avec ses propres moyens, vision insufflée justement par le révolutionnaire et visionnaire Thomas Sankara. D’où la fierté des Burkinabès, toujours dans l’innovation et dont le nom du territoire signifie le pays des hommes intègres, des hommes qui ne vivent pas dans le faux, des personnes qui ont une grande conscience que le développement de leur pays ne se fera jamais par procuration ; les actes concrets de développement réalisée par les autorités actuelles en sont des exemples palpables.

Le Mali enfin est remarquable par son refus de la vassalité avec pour repère historique le patriote et souverainiste Soundjata Kéita, qui battit à la fameuse et mythique bataille de Kirina, en 1235, l’envahisseur et impérialiste mandingue Soumangourou Kanté. Le Mali est par ailleurs la terre du panafricanisme, avec la création du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) en 1946 à Bamako. L’actualité du Mali, notamment sa rupture avec l’ancienne puissance coloniale, n’est donc pas le fait du hasard ou le fait d’un concours de circonstance. Les Maliens ont l’affirmation de leur souveraineté dans le sang.

A l’image de « Dieu (qui) va chercher dans ce qui était passé » pour faire ce qui est et réaliser ce qui sera (Ecl 3,15) l’ancienne Gold Cost (actuel Ghana) l’ancienne Haute-Volta (le Burkina Faso) et l’ancien Soudan français (le Mali) se sont servis de leur histoire comme moyen de restauration de leur dignité, condition indispensable pour amorcer un développement déparasité et viable dans leur peau de nations indépendantes. Ce qui n’est pas le cas de la Côte d’Ivoire qui a sacrifié son histoire et son évolution sur les autels de l’imitation servile, du mercantilisme et de la subordination, si bien qu’elle semble vivre encore à l’ère de la colonisation.

Détruire les autels de l’imitation servile, du mercantilisme et de la subordination

La Côte d’Ivoire, contrairement à ces trois valeureux voisins qui ont renoué avec leur histoire originelle pour être maître de leur développement, semble devoir son existence à un concours de circonstance, la colonisation. Elle a en effet sacrifié son histoire sur l’autel de l’imitation servile, notamment dans l’appellation de ce territoire, de la langue de l’ancien colon et à travers beaucoup d’autres éléments encore :  le baptême des édifices et des rues encore une fois de noms d’anciens colons et même de tortionnaires des populations locales, son système politique qui rappelle aussi celui dans l’ancienne métropole, son programme scolaire archaïque, qui date encore de la période coloniale et qui refuse de relever le défis de l’innovation, son droit qui n’est pas non plus plus originel et original, qui est même manipulé à des fins politiques au profit du pouvoir comme durant la colonisations où les subordonnés n’avaient pas de droits, etc.

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Ainsi la Côte d’Ivoire, comme son nom l’indique, donne plus l’impression d’appartenir à l’ancienne puissance coloniale ou d’en être un département ou une sous-préfecture. Dans tous les cas, ce territoire ne semble ni autonome, ni indépendant, encore moins souverain. Or pourtant ce sont les Samory Touré (le faama et l’almami), Kadjo Amangoua de Bonoua, Appiah Akaffou, dit Akaffou Blalé, chef des N’gbans dans le centre du territoire, et tous ces autres résistants à la pénétration coloniale et à la colonisation qui ont donné leur poitrine et versé de leur sang en refus de la domination.

Mais quand l’on sait que l’indépendance de la Côte d’Ivoire lui a été octroyée plutôt qu’arrachée par elle, à l’inverse de celles de l’Algérie et l’Indochine française – qui sont devenues le Vietnam, le Cambodge et le Laos – l’appellation Côte d’Ivoire n’est pas surprenante. Contrairement à ses grands groupes de populations indigènes (Akan, Gour, Krou, Mandé) la Côte d’Ivoire n’est que le prolongement de l’ancienne puissance coloniale avec des dirigeants eux-mêmes anciens élus français, qui, de plus, se sont enrichis grâce au système économique coloniale. Il s’agit notamment de l’ancien président de la Côte d’Ivoire Félix Houphouët-Boigny qui se désignait lui-même comme planteur, sur un territoire d’exploitation.

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Pour rappel, le système économique coloniale consiste à faire du territoire une terre d’exploitation, c’est à dire un endroit qui n’a pour seule vocation que de produire des cultures de rente ou de fournir des ressources ou de la matière première, sans les transformer, les unités industrielles ou de transformation n’étant pas construites sur place, mais en métropole. Ce qui fait par ricochet de ce territoire un espace de formation en priorité de manœuvres et de subalternes plutôt que de création d’entrepreneurs, d’industriels et de cadres.

Et lorsque par exemple des cadres sont formés dans les quelques grandes écoles et universités publiques – il en existe bien, parce qu’il faut sauver la face en donnant l’impression que c’est un territoire autonome avec des ambitions et des prétentions – ils sont dans un premier temps pillés par l’Occident, où ils vont faire valoir leur savoir-faire, en complicité avec le gouvernement local qui ne suscite aucun débouché pour eux parce que justement les administrateurs sont plus dans la rhétorique que dans le développement pratique. Ces derniers par ailleurs voient l’intérêt que l’Occident porte à leurs rares cadres comme un moyen de se débarrasser de futurs éventuels rivaux politiques.

Les cadres locaux sont dans un second temps soit sous-employés sur leur territoire, soit surexploités par leur propre État ou des firmes internationales, comme durant la période coloniale. Il y en a qui, dans un esprit de malveillance qui dépasse tout entendement, ne sont même pas employés du tout. Il s’agit notamment des milliers de docteurs formés dans les universités publiques, dont la condition ne tenait qu’aux frais d’inscription. Après la soutenance de la thèse, circulez. 

Finalement en plus de devoir son existence à l’imitation servile, l’appellation Côte d’Ivoire était motivée par le mercantilisme et un esprit de subordination, voire de servitude, et même de ruine inspiré de la colonisation. Mais il y a pire à combattre.

Il faut détruire le programme de chosification congénitale

L’appellation même des citoyens de la Côte d’Ivoire : Ivoiriens, est tout un programme de dévalorisation, voire de réification, et même d’appauvrissement perpétuel de ses populations, qui ne dit pas son nom.  

« Ivoirien » vient de Côte d’Ivoire, ancien comptoir français, et qui tient ce nom en référence à l’ivoire, marchandise qui était vendue ou échangée sur la côte. Étymologiquement, « Ivoirien » désigne l’individu qui est originaire de la Côte d’Ivoire. Ce qui n’est pas correcte car en tenant compte de la logique littérale, la terminologie exacte pour désigner le citoyen de la Côte d’Ivoire devrait être, « Côte d’Ivoirien » : de la Côte d’Ivoire.

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En réalité, « Ivoirien » vient plutôt, et ce n’est un secret pour personne, de la racine du mot à partir duquel il a été formé : « ivoire ». Ce qui veut dit que le citoyen ivoirien vient de la marchandise « ivoire ». L’Ivoirien ne serait donc que le produit de l’élément dont il tire son nom, c’est à dire l’ivoire, une marchandise, une ressource, un article, un produit, en somme de la matière première.

La dévalorisation de l’individu à travers la dénomination « Ivoirien » a été aussi perçue auparavant par des personnes. « Ivoirien » donne en effet plus à entendre à l’écoute I voit rien, c’est-à-dire un individu niais, naïf, crédule, en somme : un « gaou », comme on le dirait en nouchi, ou un abruti, en français.

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Les gens qui ont vu la dépréciation de l’individu préfèrent la nationalité ivoirois et ivoiroise, peut-être ivoiroi et ivoireine, afin de redonner de la considération à l’individu qui a cette nationalité. Mais quelle valeur peut bien procurer à un individu une réalité qui lui est totalement étrangère, qui n’a rien à avoir avec lui ? Et quel intérêt y-a-t-il à se débattre dans des termes qui viennent d’ailleurs ?

En faisant un simple rapprochement entre les nationalités de substitution Ivoirois, Ivoiroise ou Ivoiroi et Ivoireine et Ivoirien, Ivoirienne, on se rend compte de tout le ridicule de la nationalité qui est tirée de l’appellation Côte d’Ivoire. Tout cet ensemble rappelle l’ancienne appellation de la RDC, le Zaïre, qui avait pour citoyens les Zaïrois et Zaïroises. Ce que sont devenues ces appellations et comment elles ont disparu, pour un nom authentique, doivent déjà mettre la puce à l’oreille des actuels citoyens de la Côte d’Ivoire pour changer en douceur et de façon responsable le nom de leur territoire,

Par ailleurs, si l’on considère la nationalité, « Ivoirien », un peu plus en profondeur, notamment en faisant un rapprochement avec l’histoire de l’ivoire sur le territoire, l’Ivoirien ne serait que le produit du trafic et du marchandage dont l’ivoire était l’objet. Ainsi donc à la chosification, suit la commercialisation de l’individu.

Le commerce n’ayant jamais profité à l’objet qui est vendu, mais plutôt à ceux qui marchandent (l’un recevant le produit et l’autre la valeur du produit), ce n’est pas l’Ivoirien qui est l’objet de marchandage qui profitera des richesses de son territoire, comme durant la colonisation, où les richesses étaient exploitées au profit de la métropole.

La preuve, après 65 ans d’indépendance, la pauvreté est plus que jamais prégnante, surtout ces 15 dernières années avec ces évidences :  des détournements de fonds publics aux vues et au sus de tous sans que les fautifs ne soient inquiétés, comme durant la colonisation où les biens de la colonie étaient à l’entière disposition des maîtres colons ; la dépendance à l’extérieur par des endettements démesurés là où le territoire pouvait se prendre totalement en charge, avec par exemple le concept du budget sécurisé expérimenté avec succès dans les années 2000 sous le régime de Laurent Gbagbo ; les liquidations des banques nationales cédées à des capitaux étrangers ; la ruse des augmentations salariales suivie de hausses considérables de l’impôt sur les revenues et de la taxe sur les marchandises si bien que l’augmentation salariale n’est qu’un leurre au point où le coût de la vie l’emporte sur les revenues. Les autorités ne s’en émeuvent pas non plus, comme durant la période coloniale où les indigènes devaient payer les impôts édictés par le pouvoir coloniale au profit de la métropole sans protester, au risque de subir brimades et bastonnades.

Le trafic que subit l’Ivoirien atteint son summum  avec la signature il y a quelques semaines d’une convention entre trois institutions ivoiriennes et la compagnie aérienne française Corsair en vue de faciliter les voyages des membres des familles des membres de ces institutions en  France, où ils pourront également bénéficier de soin à l’hôpital américain de Paris, toujours selon un accord signé avec cet établissement hospitalier. 

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Finalement, le territoire de la Côte d’Ivoire semble diriger par des margouillats et autres usuriers, en clair par des profiteurs, des adeptes de la prédation, des mercenaires, comme au temps de la colonisation, plutôt que par les individus qui sont supposés en être les réels propriétaires. La Côte d’Ivoire subirait ainsi une seconde colonisation alors qu’elle serait indépendante.

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Or pourtant l’autonomie ne devrait pas être un mythe sur ce territoire, les fondements locaux d’un réveil fulgurant sont bien présents depuis des siècles, bien avant la création de la colonie de la Côte d’Ivoire en 1893, puis de l’État de Côte d’Ivoire en 1960 et de la Côte d’Ivoire dite « nouvelle » en 2011, et avant même la révolution française de 1789 qui a débouché sur la création de la République française, à l’origine de la colonisation en Afrique.

Il faut valoriser Abla Pokou

Abla Pokou est la reine à l’origine du mythe fondateur du peuple Baoulé. Au 18ème siècle, en raison d’une guerre de succession dans le royaume Denkira, dans l’actuel Ghana, Abla Pokou et ses fidèles prennent la fuite vers l’ouest ou l’actuel Côte d’Ivoire. Dans leur fuite ils font face à une barrière naturelle : un fleuve, le fleuve Comoé. Selon la légende, les fugitifs parviennent à passer l’obstacle après que la meneuse du groupe Abla Pokou accepte d’offrir son fils unique en sacrifice comme le demandaient les esprits de cette eau.  

Un a été sacrifié pour l’ensemble, à l’image de Jésus, qui est mort pour la multitude, selon les évangiles qui rapportent l’avis du grande prêtre Caïphe quant au sort de Jésus : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour tout le peuple, plutôt que de voir la ruine de toute la nation. » (Jean 11, 50)

Le sacrifice de Abla Pokou, au détriment de son statut de mère qui a aussi droit à l’amour filial, a non seulement une valeur religieuse indéniable, bien avant même les premières évangélisations en Afrique occidentale, mais il inaugure par-dessus tout un acte politique d’une valeur fondamentale. Il s’agit du réalisme-socialisme ou l’idée du sacrifice de ses intérêts personnels au profit du collectif, de la communauté, du peuple.

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Ce grand acte politique ou Cette noble vision du monde, ou encore ce grand fondement d’une vie en société saine, harmonieuse et rassurante vécue en Afrique, en particulier par des ancêtres des Ivoiriens, bien longtemps avant avoir été conceptualisé en Occident au 20ème siècle, et même bien avant la révolution française (1789) est remarquable autrement chez d’autres peuples qui vivent sur le territoire de la Côte d’Ivoire (les peuples de l’Ouest, de l’Est, du sud et même du centre). Il est visible à travers les mariages en dehors de sa lignée, de sa communauté et de son village

Les mariages en dehors de sa lignée, de sa communauté et de son village sont un choix délibéré de peuples indigènes de la Côte d’Ivoire pour éviter les risques de consanguinité. Ce phénomène est en effet un obstacle à la régénération du groupe si bien qu’il favorise avec le temps l’affaiblissement immunitaire puis la disparition de celui-ci.

Ainsi en se pliant à cette règle du mariage, l’on fait le choix de préserver le groupe de la disparition plutôt que de satisfaire à ses seuls sentiments, volontés et désirs au cas l’on serait tenté de se marier dans sa communauté ou dans son lignage. L’on renonce également à ses intérêts personnels en faisant ce choix d’union matrimoniale parce que le mariage dans sa lignée ou dans sa communauté préserve de facto un héritage ou des biens, ou encore le pouvoir car ces derniers ne sortent pas de la famille.

Par le mariage en dehors de ses lignées, de ses parentés ou encore de sa communauté l’intérêt général est donc mis au-dessus de l’intérêt personnel ou particulier.  La communauté est épargnée des pathologies liées à la consanguinité, on lui évite donc l’extinction. Le mariage intercommunautaire favorise plutôt la régénération du groupe, soit dit en passant, selon le commandement de l’Éternel au premiers hommes, Adam et Eve (Génèse 1, 28) de se multiplier et de remplir la terre.

La gouvernance par génération ou par classe d’âge est pratiquée dans le sud du territoire par les peuples lagunaires. Dans ce système adossés sur la culture et les classes d’âge, des groupes d’initiés de la même génération sont chargés à tour de rôle de la gouvernance de la communauté.

Les luttes individuelle et égoïste, prétentieuse et égocentrique pour la quête du pouvoir, qui exposent le territoire aux mercenaires, opportunistes et autres imposteurs, prompts à recourir aux moyens les plus belliqueux et aux compromis les plus absurdes pour acquérir le pouvoir, et leurs soutiens étrangers sont sacrifiés au profit de la gouvernance communautaire et de la gouvernance par les réels propriétaires du territoire communautaire. Ce qui préserve de facto au territoire d’une part d’être dirigé par des étrangers, comme durant la colonisation où le territoire était sous la direction de Français ou d’individus travaillant pour les intérêts de ceux-ci. La gouvernance par génération préserve d’autre part de la dilapidation des patrimoines fonciers, culturels, humains et même environnementaux, les indigènes n’ayant aucun intérêt à brader le fondement de leur existence, de leur raison d’être. 

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Les peuples indigènes de la Côte d’Ivoire, en privilégiant le collectif au détriment des intérêts personnels, comme l’avait fait la reine Abla Pokou, et par les mariages intelligents, ainsi que par la gouvernance par classe d’âge, ont ainsi à leur source des fondements divins, bien avant les premières évangélisations, bien même avant la Révolution en France (1789), de laquelle les « Ivoiriens nouveaux » semblent tirer leur nature ou devoir leur existence. Les peuples dont le territoire a été baptisé Côte d’Ivoire, sans que leur avis compte, sont donc totalement et complètement légitime sur les plans culturel, politique et même religieux pour changer le nom de leur pays pour un nom authentique.

Toute opposition à ce projet d’où qu’elle vienne serait la pérennisation de la spoliation des populations indigènes de l’actuelle Côte d’Ivoire de leur propre territoire, de leur bien-être, de leur avenir et de leur espérance, comme depuis l’accession des actuels gouvernants au pouvoir où ils ont également été dépossédés de leur système d’état civil ingénieux et progressiste, par une réforme sur l’état civil qui imite servilement le système archaïque et figé de l’état civil occidental. Il faut donc sauver l’état civil originel des Ivoiriens. Mais cela passe avant tout par le changement du nom de la Côte d’Ivoire.

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En somme avec un nom étranger, une histoire falsifiée, un système économique coloniale, des personnages historiques emblématiques oubliées à dessein, des actes culturels et politiques intelligents ignorés et un système d’état civil étranger, les peuples indigènes de la Côte d’Ivoire sont plus que jamais étrangers sur leur propre territoire, ils subissent une véritable imposture. Le changement du nom de leur pays par un nom authentique est plus que jamais nécessaire pour qu’ils se réapproprient leur territoire, on n’est jamais mieux que chez soi et dans sa peau.

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La troisième étoile providentielle des éléphants de Côte d’Ivoire à la CAN : un an déjà (la suite)

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Le saint rosaire, cette dévotion pratiquée dans l’Église catholique, est la meilleure image qui pourrait décrire clairement la main de Dieu dans la victoire des éléphants à la CAN 2023.

Jeune supporter des éléphants tenant en main son rosaire. Crédit photo : page Facebook « Catéchèse Numérique« 

Le rosaire d’abord est cette prière qui rappelle les mystères de la vie du Christ depuis sa naissance à son ascension en passant par son ministère et sa passion, sans oublier l’Assomption de la Vierge Marie et son couronnement. Il se subdivise en quatre séquences ou chapelets. Ce sont : les mystères joyeux, les mystères lumineux, les mystères douloureux et les mystères glorieux. Les éléphants de Côte d’Ivoire semblent avoir vécu ces différentes séquences de l’initiation à la vie en Christ durant leur parcours à la CAN 2024.

Les éléphants de Côte d’Ivoire remercient le ciel après leur victoire aux tirs au but contre le lions de la Téranga du Sénégal. Crédit photo : capture d’écran

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Les mystères joyeux du parcours des éléphants à la CAN 2024

Le rosaire débute avec les mystères joyeux. Comme leurs noms l’indiquent ils procurent de la joie. Il s’agit originellement de l’annonciation, de la visitation, de la nativité, de la présentation au temple et du recouvrement.  L’idée est la joie que suscite chacun de ces évènements qui ont lieu à la conception de Jésus dans les entrailles de Marie jusque pendant son enfance, avant son ministère à proprement parlé, une fois adulte.

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En rapport avec la CAN, des évènements ont également créé cette joie en Côte d’Ivoire.

Avant la compétition. Il s’agit d’abord de l’annonce de l’attribution de l’organisation de l’édition de cette CAN à la Côte d’Ivoire. C’était une immense joie pour les Ivoiriens de recevoir la compétition 40 ans après l’avoir organisée. C’était en effet le seul grand événement festif après la CAN de l’édition 1984 organisée par la Côte d’Ivoire et la venue du pape Jean Paul 2 au pays au début des année 90. Quatre décennies à attendre un évènement majeur, qui de plus sera éclaté sur l’ensemble du territoire. Le pays a pu se consoler entre temps avec les jeux de la francophonie Abidjan en 2017. Mais C’est la CAN que la Côte d’Ivoire voulait décrocher, et elle avait réussi.

Il y a ensuite le déplacement de la compétition de l’été 2023 en début d’année 2024, pour lui éviter toute perturbation à cause de conditions météorologiques défavorables, qui est aussi source de joie.

Puis la rénovation de la pelouse du stade olympique d’Ebimpé, dont la détérioration par la pluie pendant le match amical Mali Vs Côte d’Ivoire semblait compromettre la compétition en semant le doute dans les esprits quant à la qualité des infrastructures.

Enfin l’évènement clé qui réjouissait le cœur avant la compétition était sans aucun doute le rétablissement de l’attaquant de pointe des éléphants de Côte d’Ivoire, Sébastien Haller, et sa sélection pour la CAN.

Sébastien Haller. Crédit photo : Themba Hadebe / AP

Haller était très performant les années avant la CAN, mais il connaît soudain la maladie. Les Ivoiriens qui croient en Dieu avaient vu en la guérison de Haller un miracle qui était, selon eux, un signe qui annoncerait pour la Côte d’Ivoire de bonnes nouvelles au terme de la compétition africaine de football, notamment sa victoire. Le rétablissement de Haller et son retour sur les pelouses presque aussitôt pourraient s’apparenter au recouvrement de Jésus au temple alors que ses parents l’ont cherché trois jours durant, pensant qu’il était perdu. A l’image de Jésus qui avait une mission à accomplir, Haller n’était, semble-t-il, pas perdu pour le foot, avec des gestes lumineux en championnat qui annonçaient véritablement son retour sur les pelouses.

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Les mystères lumineux du parcours des éléphants à la CAN 2024

Les mystères lumineux du rosaire concernent la mission de prédication du Christ ou son ministère avec la réalisation de miracles et d’autres actions d’éclats. Elles partent de son baptême dans le Jourdain à la Sainte-Cène lors de laquelle le Christ institue l’Eucharistie.

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Pour ce qui concerne le parcourt des éléphants, les mystères lumineux pourraient comprendre d’abord le lancement en fanfare de la compétition avec une cérémonie d’ouverture haut en couleur sur la pelouse naguère exécrable du stade d’Ebimpé, mais désormais excellente parce que rénovée ; ensuite le baptême de feu des éléphants contre la Guinée-Bissau en match d’ouverture de la compétition dont leur pays est l’organisateur. La victoire sans appel des éléphants contre la Guinée-Bissau, puis l’assurance et l’optimisme des Ivoiriens quant à un parcourt éclatant de leur équipe pour la suite de la compétition avec cette victoire viennent enfin boucler ces mystères lumineux.

Même la défaite des éléphants contre le Nigeria en match de poule ne parvient pas à faire chuter la confiance des Ivoiriens en leur équipe bourrée de talents individuels ; Comme par exemple Jésus qui garde la confiance de ses disciples malgré le fait qu’il ne fait pas beaucoup de miracles dans sa terre d’origine, Nazareth. Et pourtant l’accident de parcours des éléphants annonçait une chute beaucoup plus vertigineuse et une douleur de la même envergure.

Les mystères douloureux du parcours des éléphants à la CAN 2024

Les mystères douloureux de la vie du Christ se rapportent essentiellement à sa passion. Celle-ci va de son arrestation au jardin de Gethsémani sur instigation de compatriotes juifs à sa crucifixion et sa mort au Golgotha, en passant par sa flagellation par les soldats de l’occupant romain, son couronnement d’épines, et sa montée au calvaire ou le portement de la croix. 

Les mystères douloureux du parcours des éléphants à la CAN 2024, s’annonce déjà avec la défaite contre le Nigéria. Une rencontre lors de laquelle, le pays hôte de la compétition, selon ses fans, auraient tout de même subi des injustices au niveau de l’arbitrage, notamment avec un penalty offert gracieusement au Nigéria et d’autres pourtant évidents refusés au éléphants.  Comme avec la crucifixion de Jésus et sa mort en croix au Golgotha, le mystère douloureux du parcours des éléphants à la CAN atteint son sommet avec la défaite du pays organisateur contre la Guinée équatoriale. Les éléphants étaient pourtant largement les favoris devant cet outsider.

Le stade d’Ebimpé se transforme en calvaire. Les éléphants mordent la poussière à 4 reprises ; pis ils touchent le fond, avec le score fleuve sur lequel ils perdent la rencontre au coup de sifflet final : 4 buts à 0.

Apparemment le risque pour la compétition n’était pas la météo avec la crainte d’un éventuel déluge à Ebimpé, mais plutôt la naufrage des éléphants de Côte d’Ivoire contre le Nzalang de Guinée Équatoriale. A cause de la douleur que crée cette défaite, probablement suivie d’une élimination au premier tour de la compétition, qui plus est pour le pays organisateur… quel honte ! il s’en suit des événements surréalistes pendant une CAN :

Bus caillassés aux abords du terrains, injures qui fusent de partout contre les joueurs lapidés de bouteilles d’eau, menaces et mises en garde contre le staff de l’équipe nationale. L’équipe tant adulée 90 mn auparavant est devenue le paria, la pestiférée. Les joueurs sont en quarantaines dans les vestiaires du stade, puis dans leur camp de base. Il s’en suit dans la foulée, la démission du sélectionneur français, ou plutôt son limogeage, comme veut le faire croire la fédération ivoirienne de football. Dans tous les cas, pour leur propre sécurité, ce dernier quitte le territoire de son ancienne sélection avec son assistant dans ses bagages.

Les moqueries fusent sur les réseaux sociaux devant l’éventualité de l’élimination du pays hôte : un calvaire pour les joueurs et leur famille ainsi que le staff des éléphants et même pour tous les Ivoiriens jusqu’à ce que les premières lueurs d’espoir apparaissent à l’horizon avec les dernières rencontres des autres poules du tournois. Les éléphants peuvent s’attendre une place parmi les meilleurs troisièmes pour espérer passer au second tour de la compétition. Seul un miracle peut rendre ce rêve possible, selon les Ivoiriens.

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Les mystères glorieux du parcours des éléphants à la CAN 2024

Les mystères glorieux du rosaire correspondent à la résurrection du Christ, son ascension, la descente de l’Esprit Saint, l’Assomption de la Vierge Marie et le couronnement de celle-ci.

Les mystères glorieux du parcours des éléphants ne commencent pas tout de suite avec leur résurrection. Il est très méthodique. Il se met en place avec l’élimination surprenante des concurrents directes des éléphants à une place de meilleur 3ème. Ainsi le Ghana perd toute chance de qualification en concédant incroyablement le match nul devant le Mozambique en se faisant remonter deux buts dans les derniers instants du match. D’autres équipes en liste pour une place de meilleur 3ème tombent les unes après les autres, notamment la Zambie, qui perd sur le fil son dernier match de poule contre le Maroc.

Explosion de joie dans toute la Côte d’Ivoire qui peut pousser un ouf de soulagement, les éléphants sont ressuscités, ils ne font plus partie des éliminés au premier tour. Comme le disaient les Ivoiriens pour réaffirmer leur foi en leur équipe :

« Un revenant ne meurt plus. »

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Et c’est effectivement parti pour une ascension fulgurante des éléphants de Côte d’Ivoire avec une amélioration nette de leur niveau de jeu. Ils éliminent dans un premier temps le tenant du titre, les lions de la Teranga du Sénégal qu’ils soumettent remarquablement aux tirs au but au pied de la basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro. Ils s’offrent dans un second temps, dans le Capharnaüm ivoirien, Bouaké, les plumes des aigles du Mali avec deux coups de trompe magistraux, surpassent les léopards de la RDC piétinés dans la pelouse de la station balnéaire de San-Pedro, et retrouvent en final le Super Eagles du Nigeria.

Victoire de la Côte d’Ivoire contre le Mali.

Lors de ce second tour, les éléphants semblent avoir été transfigurés par une force supérieure, descendue directement du ciel. Cette force que les chrétiens considèrent comme Dieu au même titre que le Père et le Fils, c’est  la Ruah, ou la puissance divine communément appelé l’Esprit Saint.

La performance des éléphants fait la fierté de tout un peuple. Toutes les fois où elle est menée au score l’équipe parvient à égaliser et passer devant ses adversaires pour remporter la rencontre, souvent dans les ultimes moments du jeu, notamment contre le Mali. Menée au score et dominée dans le jeu au ¾ du temps de jeu, elle parvient à égaliser à la dernière minute du temps réglémentaire ; et même à remporter la rencontre, encore dans la dernière minute des prolongations. Cela grâce aussi à un coaching gagnant de son sélectionneur Faé Emerse dont les remplacements sont toujours décisifs pour la victoire finale.

Avec un tel alignement des planètes en leur faveur et les qualités de jeux dont ils font preuve, comme le cinquième mystère glorieux qui correspond au couronnement de la Vierge Marie, les éléphants ne peuvent que décrocher la couronne. Ce qui est fait contre le Nigéria, dans l’entre d’Ebimpé qui n’est plus ce paradis que les super eagles avaient connu au premier tour contre les éléphants. Ebimpé semble se transformer pour eux en désert alors qu’il devient un jardin d’Eden pour les éléphants, où ils ont heureusement pris soin d’être obéissant aux instructions de leur sélectionneur Emerse Faé. Soutenus par 60 mille spectateurs au stade, avec qui s’emblent s’être joints 25 autres millions d’Ivoiriens dont l’aura planait sur l’air de jeu et dans l’atmosphère du terrain, les éléphants sont rouges (impressionnants) durant toute la rencontre, manquant plusieurs fois d’ouvrir le score sur des occasions nettes de but.

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Tout réussit à aux éléphants si bien qu’ils remportent le match, et avec la manière s’il vous plaît, brisant la malédiction de ne pas inscrire le moindre but lors des quatre finales de CAN qu’elle a disputées. Mené au score encore une fois, les éléphants arrivent à refaire leur retard en égalisant, puis ils mènent au score avec un but extraterrestre de Haller le miraculeux.

Sébastien Haller dans ses œuvres face au Nigeria. Au centre, l’action du but victorieux. Crédit photo : montage à partir de captures d’écran

Une anecdote :  comme pour confirmer qu’il était écrit bien avant la compétition que la Côte d’Ivoire remporterait sa CAN, lors de la finale Sébastien Haller, selon son témoignage, avait un moment demandé à être remplacé à cause d’une blessure. Mais sur les encouragement de son latéral gauche Ghislain Konan à ne pas se laisser tenter par le diable, ils reste sur la pelouse, et dans la foulé de l’action, il met un but improbable du bout des souliers devant le capitaine nigérian, sur un centre millimétré de Simon Adingra après un débordement vertigisant  de celui-ci qui cloue sur place son vis-à-vis sur un coup de rein furtif.

Simon Adingra sur l’action du but de l’égalisation contre le Mali. Crédit photo : Pierre René-Worms

En somme, que la 3ème étoile des éléphants de Côte d’Ivoire à la CAN soit providentielle ou pas, une chose est certaine, elle a enseigné aux Ivoiriens quatre valeurs que seul l’amour pour Dieu permet d’acquérir. Il s’agit du pardon, de l’humilité, de l’amour et de l’esprit de sacrifice pour le collectif, quatre valeurs sans lesquelles la troisième étoile des éléphants à la CAN n’était pas garantie. Il reste plus qu’à espérer que, autant avec les footballeurs de l’équipe nationale, ces valeurs habitent également les acteurs politiques du pays, afin de préserver la paix, dans cette année électorale très sensible.

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La troisième étoile providentielle des éléphants de Côte d’Ivoire à la CAN : un an déjà (partie 1)

Le 11 février dernier, cela faisait un an jour pour jour que la Côte d’Ivoire est devenue championne d’Afrique de football pour la troisième fois. Durant ces douze derniers mois, l’on ne s’est pas lassé de parler de ce troisième sacre des éléphants à la CAN (Coupe d’Afrique des Nations). Il serait marqué par la puissance divine, de façon subtile, mais aussi beaucoup plus clairement, avant comme également pendant la compétition.

L’intervention indirecte de la puissance divine dans le sacre des éléphants

Trois événements majeurs qui sont pourtant passés inaperçus avant la compétition mais aussi dans le silence prépareraient pourtant dans le secret le sacre des éléphants. Ils seraient une action subtile de la puissance divine.  

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Il s’agit dans un premier temps des conditions météorologiques de l’année 2022, dans un deuxième temps de la victoire de Sébatien Haller sur le cancer, et dans un troisième temps du calme, du professionnalisme et de la sagesse d’Emerse Faé, sélectionneur par intérim des éléphants. 

Les conditions météorologiques de l’année 2022

Les conditions météorologiques de l’année 2022 tout d’abord ont été marquées par de fortes pluies durant la saison pluvieuse, période pendant laquelle la compétition devrait normalement se jouer en 2023. La grande pluviométrie de cette année n’était pas inédite en Côte d’Ivoire, pays très arrosé naturellement. Elle a cependant si marqué les esprits, avec les dégâts matériels, voire les morts d’hommes qu’elle a causés, surtout avec la CAN qui se profilait à l’horizon, qu’elle a favorisé le déplacement de la compétition de juin-juillet 2023 à janvier-février 2024.

Le comité exécutif de la CAF (confédération africaine de football) s’est en effet sentie dans l’obligation de prendre cette décision, le 03 juillet 2022, pour officiellement de ne pas prendre le risque d’exposer la compétition aux désagréments provoqués par les déluges.  Dans le fond, ce report heureux a plutôt laissé le temps à l’organisation de terminer les travaux des stades et autres infrastructures. Jusqu’en juillet 2023 en effet, ils n’avaient pas encore été livrés ou véritablement testés.

L’inondation de la pelouse du stade olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé un mois après la livraison des infrastructures, soit le 12 septembre 2023, lors du match amical Côte d’Ivoire-Mali, illustre le rôle providentiel qu’a joué la saison des pluies de l’année 2022 dans le report de la compétition. Grâce à elle une plus grande honte que celle vécue lors de ce déluge a été évitée par la suite au pays organisateur de la CAN, la pelouse a même été refaite dans la foulée.

On n’imagine même pas l’humiliation si l’inondation avaient eu lieu en pleine compétition. Elle aurait été pire que le naufrage des éléphants face à la Guinée équatoriale. Elle aurait même noyé l’un des plus grands triomphes avant la compétition :   La victoire de Sébastien Haller sur le cancer.

La victoire de Sébastien Haller sur le cancer

Le deuxième événement providentiel qui préparerait en amont et subtilement le triomphe providentiel des éléphants à la CAN est la victoire de Sébastien Haller sur le cancer et son retour rapide au haut niveau, seulement moins d’un an après la découverte du mal et le début des traitements.

Sébatien Haller, attaquant des éléphant de Côte d’Ivoire. Crédit : Sunday Alamba / AP

Diagnostiqué d’un cancer des testicules en juillet 2022, Haller reprend effectivement l’entraînement complet début janvier 2023, après deux interventions chirurgicales et diverses séries de chimiothérapie. Il revient sur les terrains officiellement plus tard dans le mois.  Il concrétise son retour en compétition par un but contre Fribourg survenu curieusement le jour de la Journée mondiale contre le cancer.

Sébastien Haller retrouve son meilleur niveau. Il est par la suite blessé à la cheville en janvier 2023, d’une blessure moins grave qu’une tumeur. Elle n’empêche d’ailleurs pas sa sélection pour l’équipe national de Côte d’Ivoire, tant ses performances n’ont étonnamment pas souffert de ce temps passé loin des terrains à cause du cancer.  La blessure lui fait tout de même manquer les trois premières rencontres de son équipe à la CAN. Cette absence est providentielle, comme celle également d’Adingra. Les deux pépites de l’équipe nationale sont fraiches, elles débutent ainsi la compétition à un niveau où leurs adversaires directs (les défenseurs notamment) sont complètement lessivées par les matchs du premier tour.

La victoire de Sébastien Haller sur le cancer et son retour rapide au haut niveau sont les deux évènements providentiels qui ont favorisé sa sélection en équipe nationale bien que blessé avant le début de la compétition. Par la suite Haller pèsera sur le jeu contre ses adversaires lors des quatre rencontres qu’il a disputées et sera même décisif en demi-finale et en finale où il a inscrit les buts de la victoire. Il n’aurait toutefois pas fait preuve d’une telle performance sans la confiance placée en lui certes par le premier sélectionneur, mais surtout par le second, l’intérimaire après la démission de Gasset. Il s’agit du silencieux et talentueux Emerse Faé.

Le calme, le professionnalisme et la sagesse d’Emerse Faé

Le calme, le professionnalisme et la sagesse de Faé sont à eux seuls le concernant le troisième événement qui préparait inconsciemment et dans le silence la victoire des éléphants. Officiellement adjoint de l’entraineur titulaire, Faé Emerse jouait un rôle ambigu dans l’encadrement technique des éléphants ; car le titulaire était en réalité venu avec son adjoint, puisqu’il a emporté ce dernier dans ses valises à sa démission.

Il est plus à relever le calme, le professionnalisme et la sagesse de Faé qui ne se rebelle pas face à cette discrimination flagrante. Il garde la même attitude devant cette autre inélégance, celle-là plus humiliante, quand la fédération ivoirienne de football (FIF) négocie dans son dos un contrat de 10 jours avec Hervé Renard, sélectionneur de l’équipe féminine française de football et ancien vainqueur de la CAN avec les éléphants en 2015. Faé ne fait aucun bruit, il ne manifeste encore moins son mécontentement contre son employeur, la FIF, devant ce manque flagrant d’estime. Il reste discret.  

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Finalement la FIF est obligée de lui attribuer, en toute logique, en tant qu’officiellement sélectionneur adjoint, l’intérim du coaching des éléphants, devant l’échec de cette négociation du désespoir. Avec l’urgence de la situation de plus, le deuxième tour est pour très bientôt, la FIF n’a pas le choix.

 
 
 
 
 
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Le proverbe baoulé (peuple de Côte d’Ivoire) le dit : « Akundan o ti kpengben o tra ngwlèlè », « C’est la pensée qui est plus ancienne que le savoir-faire », plus clairement : c’est la pensée qui donne toute sa force au savoir-faire. Le calme, voire l’effacement de l’homme de l’ombre Faé Emerse pendant ce moment de panique de la FIF et les indélicatesses de l’instante dirigeante du football en Côte d’Ivoire, ne le détournent pas de son rôle d’entraineur de football. Ils le forgent en réalité, face à la mission qui lui est objectivement destinée, et le prépare à être sous les projecteurs…

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Et L’histoire parle d’elle-même par la suite, il est décisif dans ses changements. Il sait en outre tenir le discours, en tant qu’ancien finaliste de la CAN 2006, qui va transfigurer ses poulains sur l’aire de jeu.  

De plus, tout en étant celui qui a la décision finale, son professionnalisme et ses qualités humaines font que Faé Emerse sait également fédérer autour de lui des compatriotes, des valeurs locales. Celles-ci sont déterminantes pour la suite de la compétition pour leur grand vécu footballistique et leur connaissance des réalités locales en matière de foot. Il s’agit notamment de Guy Demel (ancien finaliste avec les éléphants en 2006), de Gouaméné Alain (ancien gardien de but, champion d’Afrique en 1992 avec les éléphants et ancien coach des sélections de jeunes), de Kouadio Félix (préparateur physique du champion de Côte d’Ivoire et plus grand club formateur du pays, l’Asec-Mimosa) et d’autres.  Le résultat n’est pas surprenant : champion d’Afrique avec son équipe, doublée de la récompense de meilleur coach.

Ainsi Faé n’ignore, ni ne refuse, encore moins, ne rejette l’aide de personne. Il l’accepte humblement en toute sagesse (et même le suscite par son ouverture d’esprit, son calme et sa discrétion), comme le Christ qui en route pour le calvaire accepte d’être aidé par Simon de Cyrène pour porter sa croix (Luc 23, 26).  

Quand il était encore dans l’ombre, Faé Emerse ne se laisse par ailleurs en aucune occasion distraire par les innombrables critiques et les moqueries des uns et des autres ainsi que par des commentaires sur les choix tactiques de son prédécesseur. Autant qu’il il ne s’émeut pas non plus de tous les reproches sur les supposés désavantages de l’arbitrage face au pays organisateur de la compétition, comme récriminaient les Ivoiriens, désemparés après la seconde défaite des éléphants au premier tour.

Ainsi à l’image du Christ qui ne se laisse pas perturber par les pleurs et lamentations des femmes de Jérusalem (Luc 23, 27-28) sur lui dans sa montée vers le calvaire, Faé Emerse garde tous ses sens et ne se laisse pas détourner de ses fonctions : sélectionneur d’une équipe nationale de foot, qui plus est reçoit la compétition, a été repêchée et conserve son objectif de figurer sur le podium.     

Au final, autant le Christ parvient à vaincre la mort par sa résurrection puis sa glorification, coach Faé, par ses qualités humaines et son professionnalisme, a su remettre l’équipe sur une pente ascendante après son repêchage parmi les meilleurs troisièmes, pour finalement remporter la coupe. Et le graal pour récompenser ses grandes performances, il est désigné meilleur sélectionneur de la compétition, sur seulement 4 matchs. Cela ne fut pas de tout repos durant la compétition, à l’image de la passion du Christ, sa mort sur la croix, sa résurrection et sa glorification, différents événements qui rappellent le saint rosaire.

Emerse Faé, en visite à la Basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, avec les Eléphants.

La suite : ICI


Le baoulé en Côte d’Ivoire : quand la langue est un facteur de développement personnel et social

« Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? » (Matthieu 16, 26) demande Jésus dans les Évangiles. « A quoi sert-il de parler toutes les langues du monde si l’on ne comprend pas sa langue maternelle ? », pourrait-on aussi dire. Comprendre sa langue maternelle est donc d’une importance capitale pour l’individu, comme l’âme pour la personne humaine. Et comprendre sa langue maternelle dans l’environnement africain, dans l’air culture de la Côte d’Ivoire, en particulier chez les Baoulés (peuple de CI), ne revient pas seulement à savoir parler la langue, il prend en compte aussi l’attitude, les habitudes, les automatismes, en somme la connaissance de la culture.

Wkimedia Commons

Le parler de la langue maternelle et ses implications

L’individu chez les Baoulés ne dira pas « N’ ti wawlé » (« je suis Baoulé »), pour dire qu’il est Baoulé, même si l’expression semble a priori correcte, et est usité abusivement dans ce sens, notamment dans le langage familier. Il dira dans un baoulé soutenu pour informer de son origine ou de son appartenance au peuple baoulé : « Wlawlé bah yo lé mi », qui se traduit littéralement : « Je suis un rejeton du peuple baoulé ».

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Cette expression est la plus correcte et la plus significative. Elle ne prend pas seulement en compte l’être (le statut, l’état ou toute autre considération superficielle), elle va plus loin, en mettant le locuteur au centre de son discours, et en embrassant toute son histoire sur plusieurs générations, depuis la nuit des temps, pourrait-on dire.

Le constat est que les attributs ne parlent pas suffisamment d’un individu. Seules ses origines (son histoire, son âme) parlent le mieux de lui et pour lui. D’où cette marnière pour les Baoulés de se réclamer de leur groupe ethnique. Cela traduit un amour pour ses origines et pour sa patrie. Bien que cette affirmation soit, à l’échelle nationale, le signe d’un attachement réel à sa mère-patrie, elle pourrait en revanche être sur ce plan source d’autarcie et de xénophobie.

« Je comprends le baoulé » 

Dans le même temps l’expression utilisée abusivement pour dire : « Je suis Baoulé », « N’ ti wawlé », veut en réalité aussi dire, selon l’intonation : « Je comprends le baoulé ».  Le glissement sémantique vient du fait que le verbe : « ti » veut à la fois dire être et comprendre. Le verbe « ti » a même également d’autres sens, selon le contexte d’emploi.  Il peut ainsi vouloir dire : « se sentir », comme dans l’expression « A ti sè ? » : « Comment te sens-tu ? ». Mais l’on ne se sent pas baoulé ; l’on n’est pas baoulé non plus ; l’on est tout simplement : « Le rejeton du peuple baoulé. »

Le fait que le verbe « ti » signifie à la fois être et comprendre suppose que comprendre le baoulé renvoie également à être Baoulé. Pour faire plus simple on dira : le fait qu’un individu comprenne le baoulé ferait de lui un membre de la communauté des Baoulés. Dans tous les cas il est considéré comme tel puisqu’il arrive à se fondre dans le groupe grâce à la langue. Ce n’est qu’à cette condition qu’un individu peut être en quelque sorte naturalisé baoulé.

En considérant ce détail, les soupçons de xénophobie et de nationalisme exacerbés ne font donc pas partie de la vision du peuple baoulé par exemple, et dans une conception plus large, des peuples de Côte d’Ivoire. La diversité des nationalités que les Ivoiriens accueillent sur leur territoire, sans tracasserie, et avec qui ils vivent en bonne entente en est la preuve.

Cependant, autant le bon usage de la langue est la règle partout et autant la fierté d’appartenir à sa communauté n’est pas une légende pour le baoulé, l’étranger doit également sursoir à ses trop grandes prétentions et connaître sa place dans sa communauté d’accueil, selon les règles qui y sont édictées.  

Si l’on considère que savoir parler la langue fait d’un individu un membre à part entière du groupe, un baoulé de souche pourrait donc dans le même temps être marginalisé dans la communauté s’il ne comprend pas le baoulé, ou plus clairement s’il n’est pas capable de s’exprimer correctement en baoulé. Mais la compréhension de la langue baoulé n’est pas que le parler, comme les langues étrangères. Contrairement à celle-ci qui en plus du parler doivent être écrite pour en avoir toute la mesure, la compréhension du baoulé lui dépend aussi en revanche de la connaissance et la pratique des attitudes de la communauté, des habitudes, des automatismes, en somme la culture. 

Connaitre sa culture, c’est comprendre sa langue

Salutations

A chaque moment de la journée, ou selon la position du soleil dans le ciel, correspond une salutation spécifique. Ce n’est pas nouveau puisque c’est pareil dans les langues étrangères et officielles : En français on dira « bonjour » lorsqu’on salue une personne en journée, et « bonsoir » le soir ; en Allemand « guten tag » en journée ; « guten abends » le soir. En anglais : « good morning » en matinée, « good afternoon », l’après-midi ; « good evening » le soir. 

Le plus intéressant en baoulé par rapport aux langues étrangères, c’est que la réponse du salué est différente de celle de son interlocuteur ; là où dans les langues étrangères on répond « bonjour » à « bonjour », en baoulé et dans le grand groupe akan en général, à bonjour, « Agni », salutation entre l’aube et midi, on répond « Arê ». Et même là encore une personne qui trouve un visiteur chez lui à la maison à ce moment de la journée le saluera « Arê », plutôt que « Agni », avant évidemment de lui demander les nouvelles. « Agni » pourrait se traduire par « le jour est apparu » et « Arê » par « le jour est chaleureux ». 

La salutation entre le moment où le soleil est au zénith et une partie de l’après-midi est « Enti », la réponde est identique. Au moment où le soleil se met à décliner dans le ciel vers l’ouest, la salutation change, elle se dit « Anou », la réponse est différence « Aosiyo ».

Demander des nouvelles

La seconde séquence de la salutation, la demande des nouvelles, est plus qu’essentielle, elle est indispensable, même pour une simple salutation en pleine rue. Demander les nouvelles à la personne qui vous salue montre non seulement de la considération pour elle et démontre votre intelligence, mais c’est aussi un signe de respect pour la tradition. Cette technique de salutation : Salutation + demande des nouvelles, est d’un fort pouvoir psycho-social car elle ne discrimine personne tout en mettant les individus sur le même pied d’égalité.

En passant, le fait de ne pas demander des nouvelles à une personne qui vous salue peut se voir comme un signe visible de mécontentement vis-à-vis de cette personne ou de mépris pour elle. Ainsi, ne pas demander les nouvelles c’est classer l’interlocuteur dans la classe des enfants ou des ennemis, en clair c’est le positionner dans la catégorie des individus dont les points de vue ne comptent pas, ou qui n’auraient pas assez d’intelligence pour savoir donner les nouvelles, Ainsi, chez les Baoulés, enfin chez ceux qui sont encore fidèles à leurs valeurs, aînés comme moins âgés, tous se demandent les nouvelles.

Rappelons que demander les nouvelles qui se dit en Baoulé : « Djasi’ tilê », qu’on peut traduire littéralement : « Comprendre ce qui a poussé les pieds jusqu’à cette destination », c’est s’informer auprès de son visiteur des raisons de sa visite ou de sa civilité.  Chez le baoulé, la demande des nouvelles dépasse le cadre informatif, il fait appel à l’intelligence, d’où le verbe « tilê » (comprendre). Parce que pour la marque de considération et de respect qu’une personne vous témoigne par sa salutation, le moins que vous puissiez faire en retour, c’est éventuellement aller au-delà de la simple salutation et aborder des sujets sérieux avec son interlocuteur, en lui proposant par exemple la solution à un souci, qu’il exprime justement en donnant ses nouvelles. Les informations les plus importantes sont donnés lors des nouvelles, c’est la tradition.

A propos justement de respect de la tradition pour ce qui est de la demande des nouvelles, quand il s’agit d’un groupe de saluant, les nouvelles sont demandées au plus jeune. La hiérarchie des âges est également essentielle, il est permis au plus jeune de se tromper donc d’être corrigé par les plus âgés. De plus, en procédant ainsi, c’est un moyen judicieux qui offre aux plus jeunes l’opportunité d’apprendre à donner les nouvelles, comme aussi à les demander. Parce qu’en face c’est également le plus jeune de la concession visitée qui les demande ; et après avoir obtenu des visiteurs les raisons de leur présence il les communique aux membres de sa maison. Puis, ces derniers, ensemble, saluent à nouveau et solennellement les visiteurs. Les salutations ont ainsi un pouvoir didactique indéniable ; c’est un moyens d’apprentissage des us et coutume, mais aussi de la langue, sans oublier du service pour la communauté.

Par ailleurs, c’est une femme qui demande la nouvelle à une femme dans un groupe d’individu, tout comme c’est l’homme qui demande la nouvelle à un homme dans un groupe d’individu, dans l’esprit du respect de la sphère des deux genres. Il en est donc ainsi ni par machisme, ni par discrimination, encore moins par opposition des deux genres. C’est juste une question d’organisation et d’harmonie sociale. La preuve après les nouvelles et lors des échanges, la femme peut adresser la parole à l’homme et vice versa sans protocole. Mâle et femelle peuvent également donner leur avis en toute liberté et dans le respect. 

Toujours au niveau des salutations, elles dépendent certes des moments de la journée, mais elles sont également liées aux occasions et aux circonstances.

Les circonstances

On n’utilisera pas la même salutation pour répondre à la salutation d’une personne qui vient du travail, d’un déplacement, de voyage, ou n’est pas sortie du village ou n’a pas eu d’activité durant la journée. En clair, à chaque circonstance sa salutation.

Il y a donc selon les circonstances des salutations adaptées. L’interlocuteur peut ainsi répondre selon la salutation en retour qui convient. Par exemple, la salutation « Manti » donne l’information que la personne qui salue vient d’un voyage ou d’un déplacement, on répond alors « Kwa » : « Bonne arrivée ». A celle d’une personne qui rentre du travail, on répond « Moh », qui peut vouloir dire : « Merci ou félicitation pour la journée de travail ». Ainsi le travail ou l’activité, à travers la salutation, est fortement valorisé chez les Baoulés.

Les salutations et les réponses sont précédées d’une formule de politesse ou de respect : « N’dja » (Monsieur), « Mo » (Madame), « Baa » (le père), « Manmi » (la mère), « N’nan » (grand-mère). Les formules de politesse dépendent juste du droit d’aînesse, elles ne sont pas liées forcément à un lien de sang. Elles sont plus le fait d’un devoir de respect et de considération. Donc la réponse détermine l’attention et le respect que l’on porte au saluant ; c’est une invitation à la reconnaissance de la dignité des uns et des autres, et de la valeur du travail…

Le protocole

Le protocole est toute une institution chez le peuple baoulé. Dans une autre ère la culture protocolaire du peuple baoulé pourrait être enseignée en diplomatie, avec certainement de bons résultats. A chaque évènement (naissance, mariage, funérailles, présentation, annonce d’un décès) correspond un protocole particulier.

Il faut surtout retenir que la règle ou la tradition n’est pas manipulée pour asservir les modestes gens. Elle tient pour tous. Ainsi, par exemple, quel que soit le statut d’un individu ou même son intellectualisme ou son niveau élevé de la connaissance de la langue et de la coutume, il aura recours à une personne pour être introduit auprès des gens, des dignitaires notamment. C’est le protocole.

Cette règle est en effet d’abord une marque de respect et de considération pour ses interlocuteurs, chacun est roi dans sa demeure, ensuite pour soi-même, cela montre votre sagacité d’esprit, et enfin pour la tradition, parce qu’il faut toujours des témoins lors des échanges, pour éviter que les rapports des discussions soient tronqués ; ce qui pourrait être source de mésentente et de troubles dans la communauté.

La culture du respect de la personne humaine et de la vérité est essentielle pour les baoulés. Et les mettre en avant selon le protocole établi par la tradition, c’est aussi comprendre le baoulé. De plus la parole ne va pas directement d’un visiteur à son interlocuteur, elle passe toujours par son médiateur, qui la transmet au médiateur du visité, qui à son tour est chargé de la communiquer à celui dont il porte la parole.

En réalité les échanges ne se font pas entre deux individus, mais plutôt entre deux groupes d’individus. Le visité, s’il est honnête, ne voudra pas aborder des sujets sérieux avec un interlocuteur, s’ils sont seuls, tous les deux. Il faut que le premier soit entouré d’autres personnes et que le second soit également accompagné. Le proverbe baoulé le dit :

« Sran i nuan y’o man i sa nion. »

« C’est la bouche de l’homme qui lui emmène des affaires, qui lui crée des problèmes. »

Pour éviter que les propos soient tronqués pour nous attirer le malheur, il est préférable de ne pas y aller seul, ou de recevoir seul.  Par ailleurs le fait que deux individus excluent le groupe de leur conversation est hautement suspect.

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Cette façon de communiquer est hautement pacifiste et dissuasive.  Elle promeut la paix parce que celui qui vient en paix ne vient jamais seul, il sera toujours accompagné d’un médiateur. Il est préférable que ce dernier soit quelqu’un qui est introduit dans les coutumes, il saura mieux s’adresser, avec les tournures langagières, à son interlocuteur que celui dont il porte la parole.  Et si jamais les esprits se chauffent pendant les discussions, l’un pourra calmer l’autre, raison pour laquelle on ne part pas seul chez une personne pour parler de choses sérieuses. S’y rendre seul est déjà frappé de suspicion, si bien qu’une telle conversation ne peut avoir lieux, pas sur le site du territoire communautaire en tout cas. L’on comprend ainsi le facteur d’unité et d’entente des peuples du grand groupe akan, la tradition préserve des velléités de rébellion et de sédition que nourrissent ces conciliabules suspects.    

Par ailleurs, le tour que fait la parole avant d’aboutir au destinataire n’est pas fortuit, ce procédé laisse en réalité le temps de cerner ce qui est dit et d’y apporter une réponse convenable et sage. Ce système de communication est donc hautement éclairé. Et le mettre en pratique, c’est aussi comprendre le baoulé, car il est l’enseignement tiré du proverbe baoulé qui dit :

« Sran i nuan y’o man i sa nion. »

« C’est la bouche de l’homme qui lui emmène des affaires, qui lui crée des problèmes.« 

Il est en effet important de tourner sa langue sept fois dans sa bouche pour ne pas dire n’importe quoi, sinon il est mieux de ne rien dire.

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En somme, à partir de l’exemple du baoulé, l’on peut constater que connaitre sa langue maternelle, ce n’est pas que pouvoir s’y exprimer parfaitement, c’est aussi faire un avec sa culture, la connaitre et la pratiquer. Et cela est d’autant plus essentielle pour l’individu que la langue maternelle est pleine de valeurs. Elle inculque l’amour de sa patrie et de ses origines, elle est également un facteur d’intégration ; elle est d’un fort pouvoir psycho-social, elle ne discrimine personne tout en mettant les individus sur le même pied d’égalité. Elle est par les salutations d’un pouvoir didactique indéniable ; c’est un moyen d’apprentissage des us et coutume, mais aussi de la langue. Elle valorise les personnes en reconnaissant leur dignité mais aussi en valorisant leur travail. La langue enfin promeut l’unité et la paix. Il n’y a pas mieux pour un développement personnel et social. Lorsque l’on considère tous les avantages qu’offre la langue maternelle pour le développement personnel et social et face à sa perte de vitesse vis-à-vis des langues étrangères, il serait sage de l’introduire dans les programmes scolaires, celui de la Côte d’Ivoire en particulier, comme justement les langues étrangères. Un tel projet donne évidemment de réaliser plus de recherches sur la langue et sur la méthode d’apprentissage. Ce ne sont pas les intellectuelles ou même de simples amoureux de langue qu’il manque pour le réaliser. Mais l’urgence c’est de l’introduire dans le programmes scolaires et universitaire, le reste suivra logiquement.


Côte d’Ivoire : l’autonomisation des femmes de Tengrela, une priorité pour l’ONG JADE et ses partenaires

L’ONG JADE (Jeunes en Action pour le Développement), connue pour ses actions en faveur du développement par l’éducation, a en collaboration avec l’ambassade des USA en Côte d’Ivoire et d’autres partenaires, lancé depuis bientôt une année un programme de formation de 120 auditrices du projet Centre d’Alphabétisation féminin de Tengrela (CAFET) en vue de leur autonomisation. Et ce samedi 14 septembre 2024 est une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire des apprenantes, ces dernières recevaient leur certificat de fin de formation.

Des récipiendaires, crédit photo : ONG JADE

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La genèse du programme CAFET et ses partenaires

Lancé le 04 novembre 2023, l’initiative Centre d’Alphabétisation Féminin de Tengrela (CAFET) a mobilisé 120 jeunes filles et femmes réparties en 4 quartiers de la ville et du village de Danzourou.

Encadrées par une équipe de 5 moniteurs professionnels dont 2 femmes, sous la supervision du Conseiller en Alphabétisation Dao Seny et de Mme Koné Aminata, chef de projet, le CAFET a fonctionné jusqu’à son terme le 8 mai 2024, grâce à la subvention du programme d’auto-assistance de l’ambassadeur des USA en Côte d’Ivoire.

Des récipiendaires et des partenaires. Crédit photo : ONG JADE

Le projet a également bénéficié de l’apport d’autres partenaire, tous présents à la cérémonie de remise des certificats. Ce sont : le Chef de Canton Issa Coulibaly, Mme le Préfet de département, représentée par le nouveau Chef de circonscription de l’IEPP(1) M. Bamory TRAORÉ, ainsi que Mémé Sita Diallo, marraine de la bibliothèque qui a servi de local d’apprentissage aux femmes et M. Coulibaly ALy Badra, Président de l’ONG JADE.

La formation et ses avantages

La formation dispensée aux auditrices était en deux volets. Dans un premier temps, les femmes ont suivi un programme d’alphabétisation classique de Niveau 1. Dans un second temps, elles ont reçu 4 formations sur les VBG (violence basée sur le genre), la Santé Sexuelle, Le secourisme communautaire et la gestion d’association. 

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Le bilan est très élogieux car selon le conseiller en alphabétisation et superviseur pédagogique, M. Dao Seny : « Sur l’effectif des 120 auditrices qui ont bravé le froid pour les unes, la chaleur et la nuit de l’harmattan pour les autres, seules 12 femmes n’ont pas pu terminer la formation. C’est une note très satisfaisante, car plus de 70%  des auditrices savent lire, écrire et compter, mais surtout mieux s’organiser de base et 93% ont réussi les évaluations terminales de Niveau 1. ».

Une récipiendaires reçoit un kit scolaire. Crédit photo : ONG JADE

Il faut souligner que le but de ce projet était de rendre les femmes plus autonomes dans leurs activités quotidiennes et leur donner les arguments pour militer en faveur de plus de scolarisation de la jeune fille dans le département et dans leur milieu de vie.

Justement, pour M. Coulibaly ALy Badra, président de l’organisation Jeunes en Action pour le Développement (JADE) : « Savoir lire, écrire, calculer et ne serait-ce que taper sur son téléphone un numéro d’appel reste une exigence pour l’autonomisation et l’épanouissement de la jeune fille et de la femme aujourd’hui et demain. » C’est l’une des raisons pour lesquelles, selon M. Coulibaly, son organisation milite depuis plus de 15 ans maintenant en faveur de plus d’indépendance économique de la femme.

Abondant dans le même sens que le président l’ONG JADE, M. Traoré Bassory, nouveau chef de circonscription d’IEPP  et représentant de Mme le préfet, s’est réjoui des capacités des apprenantes ; en pouvant insérer un numéro de téléphone, elles font un grand pas vers l’autonomisation, non seulement, mais elles valorisent les efforts aussi faits en faveur de l’alphabétisation par son ministère.   

Les perspectives

Les perspectives du programme d’alphabétisation et de formation sont prometteuses.  Le projet a d’abord pour ainsi dire éveillé les consciences. Le Chef de Canton par exemple, Issa Coulibaly, qui a clos la cérémonie, s’est adressé en langue locale aux femmes avec un message fort sur la nécessité de la scolarisation de la jeune fille aujourd’hui. Car je cite : « L’éducation, qui était longtemps considérée dans la région comme une chose de païens et pour les étrangers, apporte bien de lumière dans l’existence et l’épanouissement de l’homme en général. »  En rappelant le mauvais taux aux examens scolaires de 2023-2024 et le rang peu honorable de Tengrela au dernier classement des écoles en 2024, il a en outre invité les femmes à plus d’engagement. Il a enfin plaidé auprès des organisateurs pour la pérennité de ce programme.

Jeune récipiendaire, compagnie de M. Coulibaly, Président de l’ONG JADE, crédit photo : ONG JADE

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L’ONG JADE ensuite, toujours dans l’élan d’autonomisation de la femme, mais aussi pour créer et nourrir de l’engouement vis-à-vis de cette noble action, en particulier chez l’enfant, a profité de l’occasion pour récompenser les 5 lauréats de la 2ème édition du concours d’orthographe et de lecture de sa bibliothèque Sita Diallo de Tengrela.

Au centre, un lauréat du concourt d’orthographe. Crédit photo : ONG JADE

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Selon M. Djan Bi Vanié, responsable du concours, 130 élèves étaient inscrits ; 93 ont participé réellement aux 4 niveaux du concours : Orthographe, Dictée, Culture générale et lecture ; 95% des enfants ayant participé à ces concours sont admis en classe de 6è. Ces chiffres élogieux montrent l’intérêt que suscite ce programme parmi les élèves et son influence positive sur les résultats scolaires, selon M. Djan Bi Vanié. 

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Deux établissement scolaires, à savoir l’EPC NDA et l’EPP Fassongo Diabaté, sur les 17 écoles de l’IEPP, ont par ailleurs reçu un diplôme de reconnaissance pour leur engagement auprès de JADE depuis 3 ans à l’épanouissement des enfants et des mamans.

L’ONG JADE, comme pour répondre favorablement aux doléances du Chef de Canton, Issa Coulibaly, prévoit, par la voix de son président, maintenir le projet d’alphabétisation,dans les locaux de sa bibliothèque, pour permettre aux femmes de continuer leur parcours en suivant les cours de niveau 2 d’alphabétisation à partir du 4 novembre 2024.

(1) IEPP (Inspection de l’Enseignement Primaire Public)


Les Jeux olympiques Paris 2024 au parfum du nouchi

Les commentaires vont bon train dans les langues officielles sur les émotions et les passions que suscitent les jeux et sur les excellentes performances qui tombent les unes après les autres. Le nouchi, cet argot ivoirien, n’est pas non plus en reste, il a aussi son mot à dire, à travers ses locuteurs, sur les contours de la compétition, comme aussi sur les épreuves sportives à proprement parlé.

Les anneaux de jeux Crédit : Wikimedia Commons

Le nouchi et les contours des JO Paris 2024

Tout d’abord « les jeux ». Il n’y a pas de termes nouchi à proprement parlé qui renvoie au mot « jeux ». Néanmoins, le terme français « amusement », sensiblement transformé en nouchi donne une expression qui évoque clairement les jeux. Il s’agit de « Samusement ».

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Samusement évoque le jeu d’une part dans sa nature ludique, du genre : le plus important c’est de participer. Il en fait allusion d’autre part dans son aspect beaucoup plus sérieux, avec obligation de résultat, du genre : « Ya pas samusement dans amusement », à l’image de ce que dit le proverbe baoulé (Peuple et groupe ethnique de la Côte d’Ivoire) : « On ne joue pas dans l’amusement » (Bé kan man n’gowa n’gowa nou »).

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En clair, les deux expressions, celle du baoulé qui a inspiré l’autre du nouchi, disent que toute entreprise, même dans le but de se distraire, nécessite du sérieux. Cela s’explique par le fait qu’il en va, non seulement de l’honorabilité des joueurs, mais il s’agit aussi de montrer du respect pour l’assistance.

Cependant, par-dessus tout, il est question d’éviter toute surprise désagréable, car de n’gowa (le jeu) à n’goni (la bagarre), il n’y a qu’un pas. La passion produite par le jeu, si elle est sous l’emprise des émotions démesurée ou si elle n’est pas contrôlée, peut faire basculer le divertissement vers la bagarre. Et bonjour le déferlement de tension et de passion.

Le Baoulé a compris le lien imprévisible (la passion) entre les deux réalités (jeu et bagarre), avec ces deux termes – n’gowa et n’goni. Ils sont opposés dans le sens certes, mais ils ne sont pas aussi loin l’un de l’autre au niveau du son. En parlant de lien déroutant entre deux réalités a priori opposées, on peut revenir aux Jeux olympiques. Malgré le spectacle enlevé et haut en couleur de la cérémonie d’ouverture, celle-ci a tout de même créé ramba, notamment avec la parodie de la Cène du Seigneur par des comédiens.

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Ramba…, d’abord, il faut rappeler que le nouchi fait volontiers l’économie des articles, comme les langues locales en Côte d’Ivoire, qui ne comportent pas d’articles. Ramba renvoie donc aux troubles, aux problèmes, aux différents, aux querelles, comme celles en somme qu’il y a eu entre les milieux chrétiens et les comédiens qui ont tourné l’institution de l’Eucharistie par Jésus en dérision. A ce niveau, c’était vraiment soyé, entendez par là compromettant, pour la France, dont certains politiques clament pourtant haut et fort que leur pays à des racines chrétiennes. Les comédiens dont les projets étaient clairement visibles, la provocation et l’offense, ont simplement zahé, ils n’ont pas été fairplay.

Le cœur des chrétiens, des croyants en général, était simplement « gâté » à la vue de cette scène, et d’autres encore, qu’ils ont jugé obscènes, provocatrices et scandaleuses. D’un autre côté, pour ceux que cette représentation n’agaçait pas, c’était gâté à Paris ce 26 juillet avec l’ouverture des jeux.

© AFP – LIONEL BONAVENTURE

Le cœur gâté renvoie simplement à l’indignation, voire à la colère que l’on peut ressentir, à la suite d’une provocation par exemple. En revanche, quand c’est gâté à ou quelque part, cela exprime simplement l’état de joie et d’admiration dans lequel sont transportés les gens, au point de verser dans des excès. Et il y avait de quoi, avec une inédite cérémonie d’ouverture éclatée, à l’extérieur (en dehors d’un stade), notamment le magnifique défilé des délégations sur la seine, les tout aussi fabuleux jeux de lumière et les excellentes prestations de Céline Dion, d’Aya Nakamura et autres artistes. Sur ce plan par contre les organisateurs et les artistes ont simplement dja la foule, ils ont fait l’unanimité sur leur talent. Les Jeux olympiques, c’est aussi et surtout les épreuves sportives, elles sont du pain béni pour le nouchi.

Le nouchi et les épreuves sportives au JO de Paris

Le nouchi offre un florilège d’expressions sur le plan des jeux. A ce niveau, devant les performances exceptionnelles de la gymnaste américaine Simone Biles, naturelle, agile, appliquée, audacieuse, innovante et talentueuse, le nouchi dit simplement que : « Simone Biles a tué ». Un nouchi plus puriste dirait que : « Simone Biles a teuh », elle été exceptionnelle. En d’autre termes : « Ya pas l’homme pour Simone Biles », elle est clairement au-dessus du lot, dans son domaine, et même comme athlète pourquoi pas.

© AP – Abbie Parr

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Le tireur au pistolet, le turc Yusuf Dikeç, est simplement un ziguéhi. Le ziguéhi est un audacieux, quelqu’un qui a du cran. A l’origine, ziguéhi renvoie au loubard. Les allusions faites au sujet du sportif turc sur les réseaux sociaux, juste pour plaisanter, font vraiment de lui un vrai ziguéhi !

Le turc Yusuf Dikec / Crédit : Wikimedia Commons

Les allusions : il serait un tueur à gage, parce que bien que s’étant passé des équipements prévus par sa discipline (lentille de précision et casque de protection auditive), il a tout de même obtenu la médaille d’argent, avec en plus une main dans la poche pendant son tir. Le turc Yusuf Dikec est encore une fois tout simplement un ziguéhi ; un vrai, pas un plai-en-tin. C’est un dan-e-ré, littéralement un dangereux, pas parce qu’il est nuisible, c’est à quoi pourrait faire penser la discipline pour laquelle il a opté et son talent, mais c’est un dan-é-ré parce qu’il inspire en raison de sa performance exceptionnelle qui valorise les facultés naturelles humaines.

Ce ne sont pas les sacs (les athlètes aux mauvaises performances, pour être poli), qui diront le contraire. Ces … (bon, on se lâche) ces forts dans vaurien, sont simplement Fanta Diallo, ils sont fan, eux qui sont venus accompagnés les autres, ou qui ne sont présents aux JO que pour faire gonfler la liste des participants aux jeux.

Le Français Léo Marchand, qui pourrait être identifié à un marchand de rêve pour avoir raflé cinq médailles dans les épreuves de natation, avec, cerise sur le gâteau, quatre records olympiques, est également dan-é-ré.  En nouchi, on dirait aussi que : « Mogo là était rouge », entendez par : « Le monsieur était dans une forme exceptionnelle ». Il a tout simplement montré à ses adversaire qu’il a mis l’eau dans coco, ou si on veut, qu’il a purement fait leur sauce ; il les a battus sans concession.

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Quant aux athlètes ivoiriennes, elles ont tout simplement tapé poteau, elles ont été contre performantes. Marie-Josée Ta Lou a même été baïluckée (malchanceuse) en se blessant lors des épreuves du 100 m femme. Le baï (la malchance) a même contaminé le relais ivoirien 4×100 femme. Bien que 4e dans leur série, les filles ont été gbin (disqualifiée) de l’épreuve, pour avoir zahé (échoué) dans la transmission du témoin entre la 3e relayeuse Maboundou Koné et la 4e Marie-Josée Ta Lou. Une médaille ivoirienne lors de ces jeux, pour le moment c’est pas affaire c’est hypothétique. On espère que les Taekwondoin Cheick Cissé et Ruth Gbagbi vont tuer.   

La sprinteuse Marie-Josée Ta Lou à terre à cause d’une blessure après avoir terminé la finale du 100 m. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

L’aisance du nouchi à rapporter les contours et le déroulé des épreuves des JO traduisent simplement l’universalité des jeux et du sport en général. Boro d’enjaillement (beaucoup de plaisir) en tout cas aux participants, comme également aux spectateurs et téléspectateurs.


Jeux Olympiques Paris 2024 : faites vos « je »

Le 26 juillet 2024 débutent les Jeux Olympiques Paris 2024. Comme avec tous les grands événements sportifs de la planète, ce sera encore l’occasion de prendre des résolutions, soit pour ne rien manquer de la compétition, soit pour s’en inspirer pour faire naître des passions, ou encore pour augmenter des performances. Alors pour ces jeux Olympiques 2024, tout comme moi depuis Abidjan avec ses défis, faites vos « je ».

Anneaux olympiques sur la Tour Eiffel
Anneaux olympiques sur la Tour Eiffel / Crédit : Wikimedia Commons

Comme moi, faites vos « je » pour ne rien manquer des jeux

Pour ne rien manquer de la compétition, moi, je serai devant la télé aux heures de retransmission des épreuves sportives, ce sont heureusement les vacances. Même ainsi, rien ne garantit que je verrai les jeux car des jeux, de plus olympiques, c’est une affaire de gros sous. Rien ne garantit donc que je verrai les jeux, car ce n’est pas sûr, sinon, c’est évident que la chaîne de télévision nationale, celle qui est supposée accessible à tous les foyers du pays sans discrimination, ne retransmettra pas les jeux Olympiques. Aux grands événements sportifs précédents, on a préféré sur l’espace audiovisuel du service public les meetings et autres manifestations du parti au pouvoir ainsi que les pérégrinations du chef de l’État à travers le globe. Comme quoi, y a pas que des rencontres et des manifestations sportives, et y a pas non que les athlètes qui sont endurants. En clair, y a compétitions derrière compétitions.   

Je veillerai donc à être devant la bonne chaîne de télé. Bonne, pas en terme de qualité d’émissions, ou encore en professionnalisme, mais bonne parce que c’est juste celle qui retransmettra les jeux. Et ce ne sera évidemment pas devant la télévision nationale, car au cas où celle-ci diffuserait les jeux, toutes les recettes que généreraient les publicités iraient au trésor public.  

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Je serai donc devant la chaîne de télé rivale à la télévision nationale, celle qui a pour propriétaire les barons du régime au pouvoir, et au profit de laquelle la chaîne nationale est mise hors-jeu, abandonnée dans les starting-blocks, voire disqualifié ou encore injustement insultée, moquée et vilipendée pour médiocrité. Cerise sur le gâteau, on a même attribué au service audiovisuel public un standing factice, en l’intégrant dans un bouquet privé de chaîne de télés auquel on ne peut évidemment avoir accès qu’après abonnement, payant. Le service audiovisuel public est ainsi malgré lui transformé en instrument de discrimination, en le rendant accessible qu’à des privilégiés. 

Voir les jeux sur la télévision nationale ne sera pas du jeu, comme d’ailleurs avoir celle-ci dans son salon ne l’est pas déjà.

A cette télé puissante, la rivale de la chaine nationale, on attribue, ou clairement, elle arrive à s’attribuer, comme par miracle, la retransmission exclusive sur le territoire national de tous les grands évènements sportifs de la planète. Ainsi, les recettes publicitaires vont directement dans les poches de particuliers, plutôt qu’au trésor public si c’était le service audiovisuel public qui retransmettait les jeux. Un véritable jeu individualiste et de tricherie, qui est évidemment contraire à l’esprit de fair-play et d’équipe qui anime le sport.

Finalement, pour protester contre les détournements et la tricherie, je ne verrai pas les jeux, pas à la télé en tout cas, je me contenterai des réseaux sociaux, comme lors de la coupe du monde 2022, la coupe d’Afrique des nations ou encore de l’euro de football. La passion est plus forte que les calculs mesquins.   

Comme moi, faites vos « je » pour faire naître des passions

Pour faire naître des passions, notamment chez les enfants et les jeunes gens de mon entourage, j’ai décidé de les exhorter tous à suivre les jeux. La vue des tout jeunes gymnastes de l’Europe de l’est et étasuniennes, des frontistes d’Éthiopie et du Kenya, des jeunes sprinteuses jamaïcaines et ivoiriennes, des jeunes footballeurs et autres tout jeunes athlètes du globe pourra ainsi susciter chez les enfants et adolescents de mon entourage des passions qui pourraient faire d’eux des champions demain.


https://www.youtube.com/watch?v=DiJKCQSkjOw

Mais à quoi servirait une passion si elle n’est pas exercée au quotidien ? Et cela en raison du manque d’infrastructures et surtout d’une réelle volonté politique.

Oui, à quoi servirait une passion si aux sports scolaires et universitaires ont été préférés, le phénomène de microbes (ces adolescents déscolarisés, drogués et armées), et les campagnes d’enrôlement des jeunes gens dans les groupements politiques, pour servir de bras armé en cas de contestation, ou pour disperser les meetings de l’opposition ?

Oui, à quoi servirait une passion pour un sport si elle n’est pas exercée au quotidien ? Parce que les rares complexes sportifs sont justement réservés pour les meetings politiques. D’ailleurs, les cursus de formation en sport, parce qu’il y en a miraculeusement encore, n’offrent pas de perspectives : aucune organisation sérieuse, pas de politiques de détection de talents non plus, encore moins un soutien scolaire ; les bourses d’étude dans le domaine, on n’en parle même pas.


Stade en mauvais état / Crédit : AMISOM – Iwaria

Rien ne se fait à partir de rien. Pour remédier à toutes ces insuffisances, il faut être doté d’une vision, comme un champion, qui voit loin et est prêt au sacrifice pour atteindre le but. Mais à défaut d’être un champion planétaire, on peut être un champion amateur ou des rues de sa ville.

Comme moi, faites vos « je » pour augmenter vos performances sportives

Pour augmenter mes performances sportives, parce qu’un champion, même amateur, ça ne s’improvise pas. Pour augmenter donc mes performances sportives, j’ai décidé de relancer ma stratégie des trois mesures :

1 – Hygiène de vie irréprochable, avec une alimentation saine ; pas de consommation, sinon moins, d’alcool ; couché et réveil à des heures régulières.

2- Pratiques régulières de sports ;

3 – Salubrité et sécurité du site où le sport est pratiqué.


La sprinteuse ivoirienne Marie-José Ta Lou / Crédit : Wikimedia Commons

Cependant, elle n’est pas gagnée la stratégie des 3 mesures ! Pour l’hygiène de vie par exemple, il va falloir faire avec la cherté et le coût élevé de la vie, même des denrées alimentaires produites localement sont désormais hors de prix. La bataille contre le phénomène de « la mort subite » ou un repas par jour est désormais l’enjeu si bien que le coucher et le réveil à des heures régulières est un luxe. Ventre affamé n’a point d’oreille, pas de condition physique véritable non plus. La pratique du sport même devient donc hypothétique, à plus forte raison sa régularité.


Quant à la salubrité et la sécurité de là où le sport sera pratiqué, généralement dans les rues de la ville, pas la peine de préciser qu’elles sont problématiques. Cela en raison des casse-têtes liés à l’assainissement et à la pauvreté, avec respectivement les eaux usées qui coulent sur les trottoirs et la chaussé à cause des caniveaux bouchés, au risque de se faire renverser par un véhicule, et les bandes de voyous qui écument les rues pour rendre leur soirée de travail fructueuse.


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Finalement, lors des Jeux Olympiques Paris 2024, ne pourra prendre des résolutions qui veut, mais qui peut. Mes « je » lors de ces jeux, c’est véritablement pas du jeu.


Côte d’Ivoire : Monseigneur Paul-Siméon Ahouanan Djro, reposez en paix et ne manquez pas de prier pour nous

Cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Bouaké, Vendredi 22 mars 2024 ; il est 9 h passé de plus d’un quart d’heure environs. Dans quelques instants débutera la messe de requiem de Monseigneur Paul-Siméon Ahouanan Djro, encore archevêque métropolitain de Bouaké, jusqu’au 12 février dernier.

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Monseigneur Paul-Siméon Ahouanan Djro. Crédit Photo Archevêché de Bouaké

Les bâches sur l’esplanade de l’église, sur ses contours et l’intérieur de la bâtisse sont pleins de monde. Membres du clergé, religieux et religieuses, serviteurs de Dieu, autorités politiques, administratives, militaires, coutumières, fidèles catholiques, ou de simples habitants de Bouaké sont venus dire l’adieu au premier pasteur de l’Église catholique de la Région du Gbêkê et de l’Ifou il y a un peu plus d’un mois encore.

Crédit Photo : Archevêché de Bouaké

Mais avant la procession du cortège du célébrant qui ouvrira la célébration, Mgr Paul-Siméon Ahouanan Djro est fait, à titre posthume, chevalier de l’ordre du mérite national, par le ministre des transports, par ailleurs Maire de Bouaké, pour ses actions en faveur de la paix en Côte d’Ivoire.  

Crédit Photo Archevêché de Bouaké

L’assemblée composite traduit les différents engagements de Mgr Ahouanan sur les plans politique, religieux et social sans que ceux-ci soient en contradiction les uns avec les autres. Trois engagements dans le même esprit, dans la même vision, à l’image de la sainte trinité. Des devoirs que ne manqueront pas de rappeler les différents intervenants lors de la messe de requiem. 

Les engagements politique religieux et social de Mgr Ahouanan

Sur le plan politique dans un premier temps, Mgr Ahouanan Djro, alors évêque de Yamoussoukro s’était d’abord illustré par le discours de vérité qu’il avait tenu au général Robert Guéï lors d’une messe à la basilique Notre Dame de la paix en 2000. Il avait clairement exhorté le chef d’État de Côte d’Ivoire de l’époque issu d’un coup d’État militaire à ne pas se présenter à l’élection présidentiel de 2000, tout en le mettant en garde contre les manipulations d’un entourage intéressé et opportuniste. Ensuite, au déclenchement de la rébellion armée de 2002, Mgr Ahouanan, sur invitation de Mgr Vital Komenan Yao, de vénéré mémoire, alors évêque de Bouaké, mais souffrant, avait à l’époque au heures chaudes de la crise, en 2006, célébré, une messe en la Cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant de Jésus de Bouaké, Bouaké peu fréquentable, alors capitale de la rébellion armée. Là encore, selon les témoignages, il avait courageusement exhorté les rebelles à quitter les domiciles de civil qu’ils occupaient et à restituer leurs biens. Cet engagement lui a enfin certainement valu d’être désigné par le chef de l’État à la tête de la commission nationale de réconciliation et d’indemnisation des victimes (CONARIV) de 2015 à 2019.

Au plan religieux, sous l’épiscopat de Mgr Ahouanan l’archidiocèse de Bouaké connaît une augmentation des vocations, avec par exemple l’ordination de douze prêtres en 2023, un record pour l’archidiocèse de Bouaké, et la création de nouvelles paroisses.

Sous son épiscopat, l’archidiocèse de Bouaké a des années durant été en synode pour une nouvelle évangélisation. L’une des marques de Mgr Ahouanan au plan religieux est sans contexte la gestion synodale des paroisses de son archidiocèse depuis quelques années, avec notamment une plus grande implication des laïcs dans la gestion des affaires économiques des paroisses au côté des prêtres qui eux ne s’occupent que de spiritualité.

Au plan social, la famille occupait une place de choix dans le cœur de Mgr Ahouanan si bien que le thème de l’année pastoral depuis quelques années porte sur la famille : « Famille chrétienne : lieu d’évangélisation, d’amour et de partage. »

Mgr Ahouanan est même allé plus loin en créant dans son archidiocèse une aumônerie de la famille et un secrétariat exécutif de la pastorale de la famille. En homme visionnaire et méthodique, il avait à cet effet envoyé un de ses prêtre aux études en Italie et ce dernier y a obtenu un doctorat dans ce domaine.

Monseigneur Paul Siméon Ahouanan Djro (au centre ) entouré de participants au colloque sur la dot dans l’archidiocèse de Bouaké, Crédit photo : Koffi N’guessan Jean Christ

Le secrétariat exécutif de la pastorale de la famille, justement, sur initiative de Mgr Ahouanan a en janvier 2023 organisé un colloque sur la dot dans l’archidiocèse de Bouaké. Il avait pour objectif de trouver des solutions aux difficultés que causait la dot aux mariages dans la région. Monseigneur Ahouanan, à partir de l’expérience de sa région d’origine, le peuple atchan, avait à l’époque proposé une harmonisation du prix de la dot, qui de plus ne devait pas être exorbitant pour ne pas donner l’impression de vendre les jeunes femmes et de dépouiller les prétendants. Ce projet reste malheureusement inachevé avec le rappel à Dieu de son initiateur, Monseigneur Paul-Siméon Ahouanan Djro.

L’espoir n’est toutefois pas perdu malgré la disparition de Mgr Ahouanan. Selon les différents intervenants lors de sa messe de requiem, le défunt archevêque laisse non seulement un héritage considérable sur plusieurs plans, mais l’on peut également compter sur ses prières.

Les allocutions

Le président de la célébration d’abord, par ailleurs président de la conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire, Mgr Marcellin Yao Kouadio, dans son allocution finale, se souvient de l’homme de vérité qu’a été Mgr Ahouanan. Comme pour rassurer les fidèles de Bouaké de l’assistance de leur défunt pasteur par ses prières en leur faveur auprès du Père qui l’a rappelé auprès de lui, il rappelle que pour le croyant : « La vie n’est pas terminée, mais transformée ».

Mgr Boniface Ziri, dans son homélie s’émeut de l’homme de vie que fut son ancien homologue qui a vécu pleinement la spiritualité des franciscains, communauté religieuse à laquelle il appartenait, spiritualité fondé sur la vie pour l’autre.

L’ordre des franciscains, justement, par son porte-parole, se souvient d’un confrère aux enseignement simples, d’un pasteur de la joie qui aimait se retrouver avec ses frères, qui émettait même le désir d’aller se reposer à sa retraite dans sa maison communautaire avec ses frères, à Yamoussoukro.

Le porte-parole des franciscains ne manque surtout pas de saluer l’apôtre de la réconciliation et de la paix que fut Mgr Paul-Siméon Ahouanan Djro. Ce dernier dirigea de 2015 à 2019 la CONARIV (Commission nationale de réconciliation et d’indemnisation des victimes). Il était aussi un rassembleur qui a favorisé la rencontre des confessions religieuses dans l’archidiocèse de Bouaké, en créant le forum des confessions religieuses (à laquelle il a offert un bureau sur le site de sa cathédrale).

Des membres du forum des religions dans l’archidiocèse de Bouaké. Crédit Photo Archevêché de Bouaké

Dans cette même veine, le cardinal Jean-Pierre Koutwan, après avoir débuté son intervention par un chant d’action de grâce au Seigneur pour la vie de son « frère Siméon », remercie ce dernier pour le « testament laissé », testament en référence à son vécu pour et avec ses frères et sœurs dans la dignité, l’égalité ainsi que dans l’amour et l’estime pour les pauvres piétinés et méprisés. Il lui demande même, lui qui a la primeur de voir et d’entendre ce que le commun des mortels ne voit, ni n’entend encore … il lui demande donc d’intercéder auprès du Père pour que l’on reconnaisse vraiment en l’autre un frère à qui l’on doit respect, amour et vérité. Il termine en adressant, au défunt qui s’est donné corps et âme pour la réconciliation, une demande, celle de prier encore plus le Père pour la Côte d’Ivoire, pour que celle-ci « vive une véritable réconciliation dans l’amour, la vérité et la joie ».

Mgr Alexis Touably Youlo, président de la Conférence des Évêques catholiques d’Afrique de l’Ouest, remercie Dieu d’avoir donné Mgr Ahouanan à son peuple, un « homme bon selon le cœur de Dieu ». Ses remerciements vont aussi au peuple Ebrié, peuple de Côte d’Ivoire auquel appartenait Mgr Ahouanan Djro, et à la famille biologique de celui-ci. Il les remercie d’avoir donné un homme utile à l’Église catholique et à la nation ivoirienne. Il témoigne aussi sa reconnaissance au peuple de Dieu du diocèse de Yamoussoukro où Mgr Ahouanan fit ses premier pas d’évêque (de 1996 à 2006). Il fait une mention particulière au peuple de Dieu de l’archidiocèse de Bouaké qu’il remercie d’avoir accueilli Mgr Ahouanan et d’avoir marché avec lui sur le chemin de la sainteté. La reconnaissance de Mgr Toualy est aussi pour la famille religieuse du défunt archevêque, les franciscains.

Chef Ebrié : Crédit Photo Archevêché de Bouaké

L’évêque du diocèse d’Agoville témoigne enfin toute sa gratitude à Mgr Ahouanan Djro lui-même, au nom de la conférence des évêques catholiques d’Afrique de l’ouest pour la leçon de vie qu’il fut, lui qui a été comme « un phare » pour le peuple de Dieu à cause de la joie permanente qu’il dégageait. Le président de la conférence des évêques catholiques d’Afrique de l’ouest termine son allocution en confiant clairement une mission à Monseigneur Ahouanan Djro, celle de prier pour l’Eglise catholique en Afrique de l’ouest, pour les pays d’Afrique de l’ouest : « Que Dieu ouvre le chemin pour les peuples d’Afrique de l’ouest au développement à visage humain ».

Le nonce apostolique, Mgr Mauricio Rueda Beltz, quant à lui, transmet les condoléances du Saint-Père aux familles religieuses de l’illustre disparu, à ses anciens fidèles et à la Côte d’Ivoire.

Crédit Photo Archevêché de Bouaké

Monseigneur Jacques Assonvo Ahiwa, anciennement évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Bouaké, désormais administrateur apostolique dudit archidiocèse, termine la phase des allocutions en adressant ses condoléances à la famille biologique du défunt, à la conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire, au nonce apostolique, au peuple de Dieu de l’archidiocèse de Bouaké.

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Il adresse un yako (condoléances) particulier aux chefs coutumiers et traditionnels de la région qui avaient œuvré aux côtés du défunt archevêque pour que règne la paix dans la région aux heures chaudes des crises politico-militaires en Côte d’Ivoire, non sans avoir auparavant remercié toutes les entités physiques et morales qui ont contribué à l’organisation des obsèques de Mgr Ahouanan, en particulier le chef de l’État, pour ses dons et qui s’est pour l’occasion fait représenter par son premier ministre et une forte délégation de membres du gouvernement. 

« Que Paul-Siméon Ahouanan Djro repose dans le sabbat éternel du septième jour de la création, sans matin ni soir, à l’ombre de Sainte de Thérèse de l’enfant Jésus où il a voulu être déposé », conclut Mgr Jacques Assonvo Ahiwa, avant les rites funéraires finaux et l’inhumation du défunt.

Crédit Photo Archevêché de Bouaké

Mgr Paul-Siméon Ahouanan Djro repose désormais dans sa cathédrale, sur l’aile droite, sous le regard de Sainte Thérèse de l’enfant Jésus. Il est aux côtés de son prédécesseur Mgr Vital Komenan Yao, de vénéré mémoire, qui, lui, dort paisiblement sur l’aile gauche, au pieds de la Vierge, depuis 2006.

Crédit Photo Archevêché de Bouaké

Requiescat in pace, Monseigneur Paul-Siméon Ahouanan Djro ! 


Côte d’Ivoire : l’ONG JADE forme des femmes de Tengrela aux notions de Premiers secours communautaires

Du 20 au 23 Janvier 2024 dernier, la Croix Rouge, Comité local de Tengrela en réponse à l’invitation de l’ONG JADE (Jeunesse en action pour le développement), a formé les 120 femmes des centres d’alphabétisation féminin (CAFET) aux notions de premiers secours communautaires.

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Des apprenantes et leurs formateurs de la Croix Rouge locale ; crédit photo : ONG JADE

La formation, donnée par Messieurs Ouattara Aimé et Coulibaly Zié, formateurs à la Croix Rouge locale, comprenait 8 modules, à savoir :  la conduite à tenir face à une victime qui s’étouffe ; la conduite à tenir face à une victime consciente et qui respire ; la conduite à tenir face à une victime inconsciente et qui ne respire pas ; la conduite à tenir face aux hémorragies ; les blessures ; le bandage ; le massage cardiaque et le dégagement.

L’apprentissage, tenant compte des réalités et des activités des auditrices, a reçu un bel accueil de la part de ces dernières. Il faut relever que des témoignages en prélude à la formation et qui traduisent le quotidien des femmes du Nord de la Côte d’Ivoire annonçaient déjà l’assentiment des apprenantes : « Dans les champs et souvent dans les marchés ou même à la maison, nous rencontrons des rats, des serpents, des scorpions. Souvent un objet peut nous couper ou des épines traversent notre chaire. On souffre, on crie, ça finit par passer. Il y a même des morts ou des déformations. », rapporta Mme Awa Sangaré ; « La dernière fois, je suis tombée en passant sur le petit pont. Mon bras est sorti de mon épaule. J’ai trainé la main jusqu’en ville. C’était chaud. », témoigna Abi Koné, vendeuse de fagots.

Des apprenantes, leur formateur de la Croix Rouge locale et des invités, crédit photo : ONG JADE

Interrogé sur ses impressions après la formation, M. Ouattara fit le constat que le besoin d’un tel apprentissage se faisait sentir chez les femmes. Il confia que la croix rouge promettait revenir pour d’autres apprentissages.

Ce qui serait louable vus les objectifs de ce deuxième (2e) atelier mensuel, intégré au programme d’alphabétisation du Centre d’alphabétisation féminin (CAFET), à savoir l’autonomisation des femmes sur les itinéraires de leurs activités.

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L’ONG JADE, à l’initiative de cette formation des femmes au premier secours et d’autres projets concernant cette cible, bénéficie d’une subvention de l’Ambassade des USA, afin justement de promouvoir l’autonomisation de la gent féminine dans ses différentes activités. A l’issue de ce programme, les femmes engagées devront savoir lire, écrire et compter, mais surtout mieux s’organiser.

Le projet, placé sous la supervision du Conseiller Alphabétisation de l’IEPP Tengrela, compte 5 moniteurs dont deux femmes qui enseignent 120 auditrices dotées des kits complets d’apprentissage. Le prochain atelier se tiendra fin février 2024. Il portera sur la santé sexuelle et la santé de la reproduction, ainsi que le planning familial. Il sera animé par des sages-femmes et infirmières du département.


CAN 2023 ou les compétitions dans la compétition

La Coupe d’Afrique des Nations de la CAF est, il va sans dire, une compétition de football. Mais depuis le début du tournoi, d’autres oppositions se déroulent en dehors des aires de jeux.  

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La compétition au niveau de l’ambiance

Sur le plan de l’ambiance, l’hymne officiel de la CAN a été simplement détrôné par le coup du marteau de Tam Sir et son équipe. La compétition entre deux genres musicaux, l’un sans identité musicale claire et difficilement positionnable dans un genre spécifique, malgré le florilège de stars qui le chante (Magic system feat Yemi Alade et Mohamed Ramadan ) a été supplanté par le second, réalisé par des artistes moins célèbres.

Le succès du coup du marteau était dans le fond prévisible. Ce titre a été réalisé dans la pure tradition enflammée du coupé-décalé. De plus ce style musical insouciant et enthousiaste colle bien avec l’ambiance survoltée et passionnée des rencontres de football. Il a été en outre créé par des artistes qui sont de la même génération que la majorité des athlètes. Par ailleurs la CAN 2023 se déroule sur la terre qui a vu naître le coupé-décalé, la Côte d’Ivoire.

Célébration de but avec « le coup du marteau » dans les championnats européens, crédit photo : facebook.com

L’ambiance dans les maisons, les maquis, les espace de diffusion plein-air, les fun-zones, les stades et même sur les profils tik-tok, sans oublier sur le terrain de foot à l’étranger en est une pure illustration. Le coup du marteau de Tam Sir et sa team (la team paiya) y est partout joué en boucle ; il est même fredonné et dansé par les fanatiques de toute âge et de toute nationalité, d’autres prennent même du plaisir en le reprenant en d’autres styles musicaux.  

AKWABA, l’hymne officiel de la CAN 2023

En somme, des anonymes et plus jeunes, bourrés de génies et de talents l’emportent sur les célébrités. Comme quoi : « Le poisson sait nager, mais pas dans la sauce pimentée », le dit le proverbe baoulé : « Kpatra si nzüé wè, nan yélè makun nzüé »

Le tournoi dans le tournoi se déroulait aussi lors des rencontres qui opposaient des pays voisins.

Les Derby régionaux

Sur l’aire de jeu, la suprématie en Afrique de l’ouest a été respectée, avec les victoires palpitantes des éléphants de Côte d’Ivoire, dans un premier temps contre les lions de la Téranga du Sénégal, et dans un second temps contre les aigles du Mali. Le mythe de l’invincibilité ivoirienne a ainsi été maintenu devant le Sénégal et le Mali, deux nations qui n’ont jamais battu la Côte d’Ivoire au foot. Cette suprématie révèle aussi l’antagonisme des croyances.

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Évangile contre charlatanisme

La victoire des éléphants contre le Sénégal pour les huitièmes et le Mali ensuite pour les demis, deux nations réputées pour leur forte tradition de maraboutages ; est selon les Ivoiriens, celle de l’évangile sur le charlatanisme. Ces victoires, l’une aux tirs aux but et l’autre, dans les ultimes instants du temps additionnel, chaque fois après avoir été mené au score, ne sont que la confirmation, pour les supporteurs de la Côte d’Ivoire, de l’action divine dans la qualification miraculeuse des éléphants au deuxième tour de la compétition. Leur passage à cette étape du tournoi a même été qualifiée de résurrection.  

Les éléphants de Côte d’Ivoire remerciant le ciel après chaque victoire, crédit photo : facebook.com

Cette croyance est d’autant plus confirmée que les fanfaronnades de charlatans sénégalais et maliens sur les réseaux sociaux et les grandes prédictions de prétendus serviteurs de Dieu ivoiriens quant à la défaite imminente des éléphants devant leurs deux teigneux adversaires tranchent avec l’humilité et le calme des Ivoiriens après leur repêchage inespéré. « Le plan de Dieu n’est pas le plan de l’homme« , en ont conclu les fans des éléphants après leurs deux précieuses victoires, tout en confirmant leur regain de dévotion par le verset biblique à l’endroit de leur équipe : « Car je sais bien ce que j’ai l’intention de faire pour vous : c’est la paix et non le malheur. Je veux vous donner un avenir et une espérance. » (Jérémie 29, 11)

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La modestie des Ivoiriens et l’augmentation de leur piété ont, vraisemblablement, été les catalyseurs des victoires qui ont suivi face à leurs adversaires. Les deux attitudes dévoilent l’une des plus grande victoires, sinon l’une des plus grandes compétitions sous-jacentes à la Coupe d’Afrique des Nation 2023.

Sélectionneur local contre sélectionneur expatrié

L’antagonisme Sélectionneur local Vs sélectionneur expatrié est d’autant plus passionnant qu’il s’est déroulé au sein d’une même équipe, celle du pays hôte de la compétition, la Côte d’Ivoire.

L’entraîneur intérimaire Faé Emerse, Ivoirien, en enchainant 3 victoires d’affilé pour qualifier son équipe en finale, réussit là où son ancien patron, un expatrié, avait échoué au premier tour de la compétition.

Au-delà de Faé Emerse, sur papier adjoint de l’ancien coach, mais dans la réalité relégué à une position hypothétique de collaborateur du français Jean-Louis de Gasset et son adjoint officieux, ce sont les valeurs locales qui l’emportent sur les expériences importées.  Il faut le reconnaître, il en est ainsi parce que la qualité locale est en réalité la somme des valeurs autochtones et de ce qui vient d’ailleurs, comme le parcours de Faé Emerse. Il est Ivoirien, né en France, formé là-bas, il y entraîne avant d’intégrer le staff de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, d’abord comme sélectionneur de l’équipe espoir, puis en tant qu’adjoint de l’entraineur de l’équipe A. 

Faé Emerse, l’entraineur intérimaire des éléphants (au centre) entouré de ses collaborateurs et ses joueurs, crédit photo : facebook.com

Le talent local est valorisable et à valoriser. Il en est ainsi d’autant plus que Faé Emerse réussit à qualifier les éléphants pour la finale de la CAN (soit dit en passant comme ses illustres prédécesseurs et compatriotes Yéo Martial et Zahui François) alors qu’il est un choix par défaut de la FIF (fédération ivoirienne de football). Après la démission ou le limogeage (on ne sait plus trop) de Gasset, les responsables de la FIF négociaient avec un autre sélectionneur expatrié (Hervé Renard) pour remplacer un précédent expatrié qui avait lamentablement échoué. Heureusement, pourrait-on dire que ces négociations n’ont pas abouti.     

Comme on peut bien le voir à la CAN 2023, avec les Succès de Tam Sir, de Faé Emerse et des Éléphants, il y a bien des compétitions et mêmes de belles compétitions au sein de la compétition. Et ce sont les petits ou les anonymes, en tout cas, ceux qui font preuve d’humilité et font parler leur génie, leur dévotion et leur fougue qui supplantent les autres. L’esprit de la CAN 2023 est simplement un réel avantage psychologique et même mystique pour les Éléphants de Côte d’Ivoire, qui se sont mis dans la peau du petit, en vue de la victoire finale face au Super Eagles du Nigeria.