Celui dont parlait Nicolas Sarkozy

L’on n’est jamais mieux informé que sur ceux que l’on connaît. Et qui connaît-on le mieux sinon les membres de nos familles, nos ami(e)s ou encore les personnes qui nous fréquentent, qui nous ressemblent ?  C’est le cas de Nicolas Sarkozy qui étend avec ignorance, lors de son fameux  discours de Dakar en 2007,  sa connaissance de ses amis (ou ses clones africains, à la peau noir et au masque blanc), à ce qu’il saurait de toute l’Afrique, berceau de l’humanité et de la civilisation.

L’Africain que connaît Nicolas Sarkozy, c’est son ami. Il n’as pas de passé. Son histoire commence avec sa naissance, longtemps avant les indépendances africaines. Et là encore, ne demandez pas à cet ami de Sarkozy, par ailleurs beaucoup plus âgé que ce dernier, d’évoquer, pour en édifier la nouvelle génération qu’il prétend tant estimer et même son ami, au moins son souvenir des indépendances africaines quand il avait 18 ans. Il n’en parle jamais  tellement il a à cacher à propos de lui. Pour quelle raison ? Lui seul pense secrètement le savoir. Or tous les Africains ne l’ignorent pas. Il s’agit simplement du reniement de son enfance, de son passé, de sa famille, de son peuple, de ses origines, de son histoire, de son identité  ; un gommage totale de son âme, comme une mercenaire qui fait attention à ne rien rappeler de lui qui puisse mettre à mal sa mission, ses intérêts personnels.

Cet ami africain de Nicolas Sakozy est un pauvre renégat doublé de mercenaire

Sarkozy et son ami à la peau noire et au masque blanc ne savent pas que pour l’Africain, parler de son passé n’est pas une faiblesse car pour lui l’intérêt général est plus important que tout,  plus que les intérêts particuliers, ou « les intérêts passagers », comme affirmerait Bernard Dadié pour parler de Monsieur Thôgô-gnini, son personnage éponyme, valet du colon. La légende de la Reine Pokou même le dit.

La fondatrice du royaume Baoulé, dans l’actuelle Côte d’Ivoire, lors de son exode depuis le Royaume Ashanti, avec ses fidèles, vers un havre de paix, a fait fit de son statut de mère et de femme en sacrifiant son fils unique, sa maternité, son honneur et sa dignité de femme afin de sauver son peuple ; sans oublier le fait que son époux toujours pour sa femme, son fils et son peuple, s’est sacrifié en les protégeant de leurs poursuivants. Cet homme est le symbole de l’Africain de sexe masculin dont la nature est d’assurer la sécurité de sa famille sur tous les plans, mais aussi de protéger sa communauté aussi diverse qu’elle soit. Lors de cet exode  au milieu du 18ème siècle des peuples se sont en effet joints aux fugitifs qui les ont chaleureusement accueillis dans leur rang.

Il faut surtout voir à travers le sacrifice que réalise Abla Pokou, comme en celui que font son époux et les hommes vaillants du clan pour sauver tous les autres, la priorité qui est accordé au collectif, autrement dit le sacrifice de l’individu, le sacrifice de l’orgueil, le sacrifice de son statut, le renoncement à ses privilèges,  pour la communauté.

Les spécialistes appellent cet acte politique : le réalisme-socialiste.  Avant que celui-ci ne soit conceptualisé et pratiqué en Occident au début du 20ème siècle,  avant même la révolution française à laquelle Nicolas Sarkozy doit d’avoir occupé un poste dénommé Président de la République en France, il était vécu en Afrique. Cela, jusqu’à ce que le colon ne vienne, s’impose et choisisse lui-même les dirigeants qu’il voulait pour les peuples africains, notamment à travers ses systèmes éducatifs et politiques. Ce sont ces pauvres renégats doublés de mercenaires, comme l’ami africain de Sarkozy.

Tous les deux ignorent que par le sacrifice de son fils unique pour son peuple,  Abla Pokou était non seulement une politique hors pair, mais une féministe avant l’heure. Ils ignorent même que l’égalité homme-femme et le partenariat ou la complémentarité entre les individus des deux sexes sont inhérents à la société africaine originelle.     

Sarkozy et son ami ignorent qu’ils doivent leur existence à l’intelligence africaine

L’intérêt particulier ou personnel est d’autant plus abominable pour l’Africain que, depuis la nuit des temps, des peuples en Afrique ont offert de leur territoire à d’autres peuples en quête de terres fertiles. Cet acte humaniste, qui est encore pratiqué dans l’actuelle  Côte d’Ivoire, favorise non seulement la mixité et la richesse des peuples, mais elle permet aussi et surtout de sauvegarder l’espèce humaine en évitant des mariages consanguins.

Ceux-ci sont la cause de pathologies qui ne permettent pas la régénération de la communauté, et de l’espèce humaine en général. Sans cet acte humain, mais aussi visionnaire et plein de clairvoyance et d’intelligence des Africains, Sarkozy n’aurait pas connu son ami africain à la peau noire et au masque blanc,  ami qui pour lui est représentatif de toute l’Afrique à cause de son ignorance. D’ailleurs Sarkozy lui-même ne le sait certainement pas, mais il n’aurait jamais existé car la vie vient d’Afrique, son Histoire même est donc à l’origine africaine. Cette évidence ne lui fera pas plaisir, mais c’est juste la vérité.

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Auteur·e

revedehaut

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