N'Guessan Jean Christ Koffi

La politique africaine pour les nuls 3, le « mes chers compatriotes »

Les articles La politique africaine pour les nuls 1 et ne sauraient à eux seuls suffire à décrypter justement la politique en Afrique  tellement celle-ci est un univers abyssal de sournoiserie et de mesquinerie. L’expression, « mes chers compatriotes », chère aux politiques, ne dit pas le contraire, selon l’analyse de Vieux-Père, blanchisseur de son État, à son jeune auditoire.

CC, needpix.com

 « Mes chers compatriotes » ou « ces cons qui pensent être chers à la patrie« 

Les individus  à qui s’adresse l’expression, « mes chers compatriotes », par laquelle débute le discours de tout politique qui se dit digne de cette appellation sont à juste titre amenés à croire qu’ils ont de l’importance pour la personne qui l’emploie…. non, disons plutôt le politique, le politique qui l’emploie.

Petite parenthèse : Vous vous imaginez des gens sans problème comme vous et moi dire « mes chers compatriotes » pour nous adresser les uns aux autres ?… 

Donc les destinataires de cette expression pensent avoir de l’importance pour le politique qui l’émet, politique qui lui-même incarne une institution, mais généralement des institutions, trop de viandes ne gâtant pas la sauce. Mais que ceux-là se détrompent parce qu’après disséquassions de la locution « mes chers compatriotes » et sa mise en rapport avec la réalité sociale, en lieu et place de « mes chers compatriotes », il faut plutôt entendre : « Ces cons qui pensent être chers à la patrie ».

Vous êtes  donc non seulement traités d’imbéciles, mais pis, on vous nie le fait que la patrie tient à vous.  Vous vous dites certainement que vous perdez ainsi votre valeur, qu’on vous mésestime. Et cela vous offusque. Mais calmez-vous, parce que dans l’esprit d’un politicien, de valeur, vous n’en avez jamais eu. On ne peut lui en vouloir de penser ainsi, il n’y est pour rien si vous n’avez pas plus de valeurs que le caca d’une mouche. Pourquoi ? Parce que la patrie, celle pour qui vous devez compter n’existe pas.

Ça a l’air d’une exclusivité, mais ce n’en est pas. Regardez la patrie, elle doit être un prolongement du père de famille, le vrai, ou pour ne faire fâcher personne, des deux parents, les vrais. C’est pour ne pas exciter la colère des courts d’esprit…, courts d’esprit, sinon ils ne réduiraient pas leur existence à la domination des autres…

C’est donc pour ne pas exciter la colère des courts d’esprit qui sont chefs suprêmes des armées, des damnés et de tout ce que vous savez, sinon, en réalité, la patrie doit être le visage national de la mère de famille. S’il n’y a personne qui se préoccupe de savoir si tu as au moins un repas par jour, si tu as des problèmes de santé, si tu es épanoui,  si tu vas à l’école, si tu es formé correctement, comment mettre convenablement tes talents en valeur, etc. …

S’il n’y a donc personne que cela intéresse, alors la patrie n’existe pas. Et dans la réalité, existe-t-elle la patrie ? Ou plutôt, existe-t-elle pour tout le monde ? C’est par conséquent tout à fait normal que les gens pour qui la patrie n’existe pas et qui croient bêtement qu’elle existe soient considérés comme des cons par ceux pour qui elle existe, les politiques.

La patrie, un mythe

La preuve que la patrie est un mythe : demande-toi : si tu avais à choisir entre la nationalité d’un pays développé et la tienne, que ferais-tu ?

Et si tu n’es pas encore convaincu que la patrie n’existe pas, pose-toi ces questions : Où le politique, celui qui se vante aimer la patrie, a-t-il fait ses études ? Bon, on ne peut en vouloir aux politiciens de l’époque où le pays n’était que naissant, et qui malheureusement ou heureusement sont encore au pouvoir à ce jour, d’avoir fait leurs études en Occident. Mais leurs enfants et petits-enfants, eux, où les envoient-ils étudier actuellement où le pays n’aurait pourtant rien à envier à la Suisse ? Où le politicien va-t-il se faire soigner quand il est malade, maintenant où l’on prétend que le pays compte de très grands hôpitaux ? Où va-t-il en vacance sur cette terre où il ferait pourtant bon vivre ? Où se trouvent les banques dans lesquelles il dissimile, pardon, où il garde  son argent à l’ère de la souveraineté nationale  ?

Comme vous et moi le voyons si bien, si la patrie existait, le politicien n’aurait pas à se tourner vers la patrie des autres pour se soigner, s’instruire, se former, pour les études de sa progéniture, pour sécuriser son argent. Oui, si la patrie existait, le politique n’aurait pas à réaliser tout cela dans la patrie des autres, ceux pour qui le terme patrie même ne fait pas partie du vocabulaire quotidien, pas parce que la patrie là-bas n’a pas non plus d’existence réelle, mais parce que ce qui existe, ce qui est effectif, ce qui est réel n’a pas besoin d’être clamé car il se vit déjà.

La patrie, business pour politiciens véreux

Ainsi d’où vient-t-il que le politique puisse employer l’expression « mes chers compatriotes » ? Ce n’est que pour vous flatter, mais sans ces cons que vous êtes et qui pensent être chers à la patrie qui n’existe pas, aucun politique n’existe. Avez-vous déjà vu un pays habité de dizaines d’habitants, ou occupé que par  un clan ? Il peut-être assiégé par ce groupe d’individus de même acabit, mais pas habité que par eux.

« Donnez une légitimité et une existence à cette terre délimitée par le Blanc en la remplissant ou en y étant fécond et nous, nous nous chargerons de nous accaparer tout ce qui doit renforcer  et pérenniser  son existence et sa légitimité, c’est-à-dire ses ressources et ses richesses », se disent intérieurement les politiciens.

Ainsi donc, dans le « mes chers compatriotes », il faut comprendre ceci de la part du politique : « La patrie n’existe que parce qu’il faut bien que moi, je m’enrichisse, ou que je fasse mon commerce ».

Et sans vous, cette patrie, qui est en réalité son entreprise, son business, comme moi j’ai ma blanchisserie,  n’existe pas, d’où le « Mes chers compatriotes ».

Conclusion : Le « mes chers compatriotes » est une injure. Il n’est pas loin de : espèce d’imbéciles, pauvres idiots, bande de tarés, pauvres cons,  sinon, il est pareil à toutes ces injures. Quant est-il de cette autre expression : « unité nationale » ?

Affaire à suivre


Celui dont parlait Nicolas Sarkozy, la suite

L’on se rappelle bien l’histoire de Nicolas Sarkozy avec Mouammar Kadhafi, le guide libyen. Le premier a simplement manipulé la communauté internationale pour faire taire à jamais le second, quand bien même dictateur. Ce dernier en savait beaucoup trop, sinon tout, sur le financement occulte  de la campagne  présidentielle de Sarkozy, parce qu’il en a justement été le financier illicite, selon le fils de Kadhafi, Saïf al-Islam. La justice française s’est d’ailleurs saisie de cette obscure affaire.

Le pétrole libyen qui suscite tant de convoitise est aussi la cause de cette instrumentalisation, sans oublier le leadership africain de l’ancien chef d’État libyen. Il était un sérieux souverainiste qui disposait des moyens financiers pour atteindre ses objectifs : l’Union Africaine au profit des peuples d’Afrique.

Nicolas Sarkozy, la manipulation et le mensonge

Si l’action de Sarkozy en Libye était humanitaire, comme il le faisait croire pour justifier l’intervention de l’Otan qui a abouti au bombardement du cortège de Kadhafi, puis à son assassinat, il aurait alors encore pesé de tout son poids diplomatique et aurait aussi mis à contribution la puissance militaire du pays dont il était le chef d’État, donc chef des armées… il aurait donc usé de ces influences  pour assurer le service après vente en éradiquant les milices qui ont proliféré par la suite, et existent encore dans ce pays. La stratégie impérialiste est bien connue : « Diviser pour mieux régner ».

Mais Ironie du sort, la Turquie a pris une bonne assise en Libye au grand-dame de la France. Cette terre qui se trouve à l’extrême nord du continent africain est aussi malheureusement un enfer pour migrants quand la méditerranée n’en n’est pas le cimetière. Kadhafi est vraiment mort. Même s’il n’était pas parfait toutes les horreurs qui ont lieu en Libye maintenant n’existaient pas de son vivant.

Il doit certainement s’en vouloir Nicolas Sarkozy l’humaniste, pour tant de drames vécus par des Êtres humains. Il doit aussi sans doute être en train de peser de tout son poids pour que son ami Alassane Dramane Ouattara évite un chaos à la Côte d’Ivoire en convainquant ce dernier de retirer sa candidature illégale à la présidentielle pour éviter de céder à d’autres démons. Malheureusement pour le pays d’Houphouët-Boigny « qui se ressemblent s’assemblent».

Cet ami africain de Nicolas Sarkozy est aussi manipulateur et menteur

Eh oui, cet ami africain de Sarkozy est aussi menteur et manipulateur, comme ce dernier. Il fait croire qu’il accorde la priorité à ce qu’il appelle « la nouvelle génération », mais aussi âgé qu’il est, il est pourtant incapable de se mettre en retrait pour celle-ci au point de l’éliminer pour s’approprier son héritage.

Cet ami de Sarkozy a tout du colon qui a tué,  pire, qui a exterminé, pour s’accaparer les richesses des peuples qu’il a colonisés. C’est un affairiste néocolonial qui n’éprouve aucune peine à manigancer, à créer des conflits interethniques et intercommunautaires,  à commanditer des viols,  des assassinats, à créer la terreur pour pousser les populations à l’affrontement, au déplacement, afin de s’accaparer leur terre et ses richesses minières.  Il n’a aucune considération pour l’Être humain et la préservation des biens.

Quoi de plus normal, parce qu’en tant que mercenaire, il n’est membres de ces communautés dont il se réclame que du bout des lèvres et pour les manipuler ; et puis comme l’imposteur il ne se considère fils d’une terre que pour la brader. On imagine bien le type de terre qui l’attire lui et sa bande : les terres plus prospères et les plus prometteuses.  

Cet africain, ami de Nicolas Sarkozy est donc en  tout point différent du souverainiste et patriote Soundjata Kéita, qui s’opposa à l’impérialiste et envahisseur Soumangourou Kanté au 13ème siècle, à la sanglante et mythique bataille de Kirina.

L’ami africain de Sarkozy n’est que le cheval de Troie d’une deuxième colonisation de l’Afrique, d’un perpétuel pillage du continent. Il possède d’ailleurs d’innombrables biens mal acquis dans le pays de Sarkozy, son ami. 

L’ami africain de Sarkozy n’a rien du peuple Baoulé du grand groupe Akan de l’actuelle Côte d’Ivoire, farouche combattant contre la colonisation au point d’être à 90 %  décimé, au début du 20ème siècle. Et pourtant ce peuple, auxquel appartenait Houphouët-Boigny, 1er Président de la Côte d’Ivoire, a su et a pu se régénérer d’abord par sa capacité à ne pas renier son histoire, son âme,  malgré  les humiliations, puis, par son aptitudes à accepter les autres peuples, à leur faire de la place en lui et à les laisser se fondre en lui tout en « assimilant nombre de leurs traits culturels ».

Cet ami africain de Nicolas Sarkozy est  un imposteur

L’ami  de Sarkozy est incapable de la grande humanité dont font preuve les Baoulé, et à travers eux les peuples d’Afrique, puisqu’il est un imposteur. N’ayant pas d’histoire, donc ne disposant pas d’une âme, il n’existe pas, en tant qu’être humain.  C’est juste de l’arrogance, de l’argent, des ambitions, des prétentions, de la convoitise, des manigances, de la prédation, à l’image de tous de tous ces chefs d’États africains qui sont prêts à tout pour obtenir le pouvoir ou pour le conserver comme : en Côte d’Ivoire avec le régime tyrannique Ouattara ;   en Guinée avec le pouvoir sanguinaire Condé et tous ceux qui l’ont précédé ; au Mali avec le défunt régime corrompu Ibrahim Boubakar Kéïta ; au Gabon avec l’éternelle administration fantaisiste Bongo ; au Togo avec le tout aussi perpétuel  et clanique pouvoir Gnassingbé ; au Bénin avec la sournoise dictature Talon ; au Congo Brazza, avec le fantasque et fantaisiste régime Sassou.   

Sarkozy ne semblait pas si bien dire lorsqu’il affirmait que son ami à la peau noire et masque blanc, cet autre lui, menteur, imposteur, manipulateur, affairiste, tyran, son vassal n’est pas suffisamment entré dans l’histoire puisqu’ils ont la même histoire. Elle commence à une certaine époque de leur vie et se termine avec leur débarquement du pouvoir malgré toute l’énergie qu’ils déploient pour pouvoir continuer à exister.  


Celui dont parlait Nicolas Sarkozy

L’on n’est jamais mieux informé que sur ceux que l’on connaît. Et qui connaît-on le mieux sinon les membres de nos familles, nos ami(e)s ou encore les personnes qui nous fréquentent, qui nous ressemblent ?  C’est le cas de Nicolas Sarkozy qui étend avec ignorance, lors de son fameux  discours de Dakar en 2007,  sa connaissance de ses amis (ou ses clones africains, à la peau noir et au masque blanc), à ce qu’il saurait de toute l’Afrique, berceau de l’humanité et de la civilisation.

L’Africain que connaît Nicolas Sarkozy, c’est son ami. Il n’as pas de passé. Son histoire commence avec sa naissance, longtemps avant les indépendances africaines. Et là encore, ne demandez pas à cet ami de Sarkozy, par ailleurs beaucoup plus âgé que ce dernier, d’évoquer, pour en édifier la nouvelle génération qu’il prétend tant estimer et même son ami, au moins son souvenir des indépendances africaines quand il avait 18 ans. Il n’en parle jamais  tellement il a à cacher à propos de lui. Pour quelle raison ? Lui seul pense secrètement le savoir. Or tous les Africains ne l’ignorent pas. Il s’agit simplement du reniement de son enfance, de son passé, de sa famille, de son peuple, de ses origines, de son histoire, de son identité  ; un gommage totale de son âme, comme une mercenaire qui fait attention à ne rien rappeler de lui qui puisse mettre à mal sa mission, ses intérêts personnels.

Cet ami africain de Nicolas Sakozy est un pauvre renégat doublé de mercenaire

Sarkozy et son ami à la peau noire et au masque blanc ne savent pas que pour l’Africain, parler de son passé n’est pas une faiblesse car pour lui l’intérêt général est plus important que tout,  plus que les intérêts particuliers, ou « les intérêts passagers », comme affirmerait Bernard Dadié pour parler de Monsieur Thôgô-gnini, son personnage éponyme, valet du colon. La légende de la Reine Pokou même le dit.

La fondatrice du royaume Baoulé, dans l’actuelle Côte d’Ivoire, lors de son exode depuis le Royaume Ashanti, avec ses fidèles, vers un havre de paix, a fait fit de son statut de mère et de femme en sacrifiant son fils unique, sa maternité, son honneur et sa dignité de femme afin de sauver son peuple ; sans oublier le fait que son époux toujours pour sa femme, son fils et son peuple, s’est sacrifié en les protégeant de leurs poursuivants. Cet homme est le symbole de l’Africain de sexe masculin dont la nature est d’assurer la sécurité de sa famille sur tous les plans, mais aussi de protéger sa communauté aussi diverse qu’elle soit. Lors de cet exode  au milieu du 18ème siècle des peuples se sont en effet joints aux fugitifs qui les ont chaleureusement accueillis dans leur rang.

Il faut surtout voir à travers le sacrifice que réalise Abla Pokou, comme en celui que font son époux et les hommes vaillants du clan pour sauver tous les autres, la priorité qui est accordé au collectif, autrement dit le sacrifice de l’individu, le sacrifice de l’orgueil, le sacrifice de son statut, le renoncement à ses privilèges,  pour la communauté.

Les spécialistes appellent cet acte politique : le réalisme-socialiste.  Avant que celui-ci ne soit conceptualisé et pratiqué en Occident au début du 20ème siècle,  avant même la révolution française à laquelle Nicolas Sarkozy doit d’avoir occupé un poste dénommé Président de la République en France, il était vécu en Afrique. Cela, jusqu’à ce que le colon ne vienne, s’impose et choisisse lui-même les dirigeants qu’il voulait pour les peuples africains, notamment à travers ses systèmes éducatifs et politiques. Ce sont ces pauvres renégats doublés de mercenaires, comme l’ami africain de Sarkozy.

Tous les deux ignorent que par le sacrifice de son fils unique pour son peuple,  Abla Pokou était non seulement une politique hors pair, mais une féministe avant l’heure. Ils ignorent même que l’égalité homme-femme et le partenariat ou la complémentarité entre les individus des deux sexes sont inhérents à la société africaine originelle.     

Sarkozy et son ami ignorent qu’ils doivent leur existence à l’intelligence africaine

L’intérêt particulier ou personnel est d’autant plus abominable pour l’Africain que, depuis la nuit des temps, des peuples en Afrique ont offert de leur territoire à d’autres peuples en quête de terres fertiles. Cet acte humaniste, qui est encore pratiqué dans l’actuelle  Côte d’Ivoire, favorise non seulement la mixité et la richesse des peuples, mais elle permet aussi et surtout de sauvegarder l’espèce humaine en évitant des mariages consanguins.

Ceux-ci sont la cause de pathologies qui ne permettent pas la régénération de la communauté, et de l’espèce humaine en général. Sans cet acte humain, mais aussi visionnaire et plein de clairvoyance et d’intelligence des Africains, Sarkozy n’aurait pas connu son ami africain à la peau noire et au masque blanc,  ami qui pour lui est représentatif de toute l’Afrique à cause de son ignorance. D’ailleurs Sarkozy lui-même ne le sait certainement pas, mais il n’aurait jamais existé car la vie vient d’Afrique, son Histoire même est donc à l’origine africaine. Cette évidence ne lui fera pas plaisir, mais c’est juste la vérité.


Présidentielle ivoirienne, l’opération « 1 contre trois » ou la stratégie d’une réélection frauduleuse de M. Ouattara au 1er tour

Le conseil constitutionnel ivoirien a donné, ce 14 septembre 2020,  la liste définitive des candidats autorisés à concourir pour l’élection présidentielle du 31 octobre prochain. La  configuration de cette liste arbitraire, « un contre trois », laisse simplement entrevoir la stratégie pour une réélection illégale et frauduleuse du chef de l’État sortant, M. Ouattara, au 1er tour.

La validation fantaisiste de la candidature d’Alassane Ouattara par le conseil constitutionnel

Le président du conseil constitutionnel a approuvé la candidature du chef d’État sortant parce que la Côte d’Ivoire serait, selon lui, dans une nouvelle République depuis novembre 2016. Donc ses mandats, dont le second et dernier est en cours qui plus, ne comptent que pour la  République précédente, car le mandat qu’il pourrait effectuer après les élections s’il était réélu ne serait pas le troisième mais plutôt son premier mandat de ladite nouvelle République.   

A ce niveau, l’argumentaire du président du Conseil constitutionnel (cc) est étrangement identique à celui des membres du régime Ouattara pour soutenir sa candidature.

Ces derniers, pour masquer le troisième mandat de M. Ouattara et son illégalité sont passés de l’évocation de la possibilité d’une nouvelle candidature du chef de l’État, en raison d’une nouvelle république, à la rhétorique simplement de sa première candidature de la dite nouvelle république.

Le fait que le président du cc use de l’entourloupe langagière du régime Ouattara pour approuver la candidature de ce dernier dit simplement qu’il fait soit parti de cette administration, il y a alors conflit d’intérêt par rapport à son devoir d’intégrité, ou alors il n’a fait qu’approuver sous la contrainte la candidature de M. Ouattara comme le montrerait sa posture étrange durant la lecture de la ‘‘décision’’ du cc. Dans tous les cas, ces deux situations viennent confirmer l’irrecevabilité de la candidature du chef d’État sortant.

Le second argument fantaisistes que le président du Conseil constitutionnel avance pour donner du poids à sa décision, comme le feraient de simples profanes du droit, mais partisans de M. Ouattara, est que certains politiques, de l’opposition notamment, avaient auparavant confirmé que le chef de l’État sortant pouvait se présenter à un nouveau mandat puisque la République était nouvelle.

Cependant, le président du cc ne se réfère nulle part aux textes de la constitution pour étayer la candidature de M. Ouattara. Sa stratégie n’est pas du  tout surprenante puisque la constitution, en son article 183, ne permet pas une nouvelle candidature de ce dernier après ses deux mandats constitutionnelles, comme l’affirmaient le ministre de la justice de M. Ouattara, M. Sansan Kambilé,  devant le parlement et M. Ibrahim Cissé Bacongo un autre de ses  ministres et juristes de surcroît sur les plateaux télé, pour réaffirmer l’honnêteté de M. Ouattara et motiver le vote de la nouvelle constitution.

La forfaiture du Conseil constitutionnel ivoirien qui valide la candidature illégale de M. Ouattara et sélectionne en outre les antagonistes de celui-ci n’est pas surprenante puisqu’elle fait parti d’une stratégie pour la réélection illégale et frauduleuse du chef de l’État sortant au 1er tour. 

La confrontation stratégique « un contre trois » et ses implications malveillantes

Il faut voir à travers l’antagonisme « un contre trois », cette opposition Ouattara contre les 3 autres candidats, Konan Bédié, Kouadio Konan Bertin (KKB) et Pascal Affi N’guessan.  

Mais à partir d’une lecture géopolitique de cette confrontation, il est encore plus intéressant de voir qu’elle vient de celle-ci : un candidat du Nord du pays, Ouattara contre trois candidats du Sud. Une telle configuration consacre de fait la partition insidieuse et mesquine du pays entre le Nord et le Sud. Elle révèle aussi, à la mesure de la candidature illégale de M. Ouattara, une division malveillante de la Côte d’Ivoire entre Musulmans d’une part dont se réclamait M. Ouattara pour justifier amèrement  son recalage aux élections présidentielles avant 2010, et Chrétiens d’autre part. 

Mais la division en deux est faite à dessein puisque selon les théoriciens occultes pour la réélection frauduleuse de M. Ouattara au 1er tour de l’élection présidentielle, la partition du territoire national entre Nord d’une part et Sud d’autre part, tout comme entre Musulmans et Chrétiens octroie de facto au moins 50 % de voix au chef d’État sortant originaire du Nord et musulman alors que tous les autres candidats du Sud et supposés chrétiens se partageront les 50 autres pourcents, avec l’évidence que M. Ouattara y aura aussi sa part.  

De là vient certainement l’invalidation de la candidature de tout autre candidat de nom à consonance nordique, qui pourrait mal justifier une union infaillible du nord du pays autour de la candidature de Ouattara. Il s’agit en l’occurrence de Mamadou Koulibaly et de Soro Guillaume.

Le cas de ce dernier est encore plus parlant de la cabale dont il a été l’objet par le pouvoir pour empêcher sa candidature. Originaire du nord du pays comme M. Ouattara qui s’en réclamait pour encore une fois justifier amèrement son recalage, selon lui injuste, aux élections présidentielles avant 2010, Soro compte de réelle partisans dans cette zones du pays. Sa jeunesse, son cran, mais surtout sa popularité dans cette régions du pays pour y avoir dirigé la rebellions (2002-2007) lui donnent en outre de réelles avantages sur son rival régional,  M. Ouattara.

La manipulation des dissidences

Les théoriciens de la réélection frauduleuse de M. Ouattara au premier tour ont aussi savamment pris soin  d’écarter de la liste finale des candidats à  la présidentielle tout  dissident du Rassemblement des Houphouétistes pour démocratie et la paix (RHDP, le parti présidentiel). Il s’agit notamment d’Albert Mabri Toikeuse et Marcel Amo-Tanoh. Officiellement, selon le conseil constitutionnelle pour parrainages insuffisants, ce que contestent les concernés avec preuve à l’appui.

Les « ingénieux » stratèges du régime Ouattara ont, dans le même temps, sciemment  permis la candidature du dissident du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI), KKB. Les plus grands spécialistes de la politique en Côte d’Ivoire se demandent même comment ce dernier qui n’a ni mouvement, encore moins un parti politique, a pu réunir tous les parrainages devant des candidats sérieux comme Mamadou Koulibaly, Mabri Toikeusse et Amon-Tanoh, tous présidents de parti ou d’un mouvement politique.

Le yoyo politique  KKB fait, dans tous les cas,  apparemment parti du projet frauduleux du régime en étant une explication de la dispersion des voix du PDCI pour justifier la réélection illicite de M. Ouattara au 1er tour. La validation de  candidature de Pascal Affi N’guessan du Front Populaire Ivoirien reconnue par le pouvoir ivoirien, qui avait déjà été battu par M. Ouattara en 2015, participe de ce projet.     

La validation de la candidature PDCI, une pure diversion

Finalement, l’on se rend bien compte que l’autorisation de la candidature du candidat du PDCI s’imposait aux stratèges en fraude électorale du régime Ouattara pour donner une apparence crédible au scrutin.

Les approbations et éliminations fantaisistes de candidatures font pourtant voir au PDCI que les dés sont pipés d’avance. D’ailleurs le refus de ce parti de prendre part aux élections dans les Commissions électorales indépendantes (CEI) locales, Largement dirigées par les représentants du parti de M. Ouattara, lui font comprendre  qu’il est le dindon d’une farce savamment orchestrée depuis plusieurs mois avec : d’abord le non respect de l’accord pour le soutien du candidat PDCI par le Rassemblement des Républicains en 2020, comme le PDCI l’avait fait pour ce dernier avec M. Ouattara en 2010 et 2015,  avec ensuite l’échec de l’opération de renouvellement des cartes nationales d’identité et d’enrôlement des nouveaux majeurs, puis la nomination illégale du président de la CEI et l’adoption tout aussi illégale du code électoral, ainsi que l’apparition des affaires judiciaires suivies par les emprisonnements de politiques de l’opposition et des membres de leur famille, le tout couronné par la validation illicite de la candidature de M. Ouattara. 

Un environnement politique aussi nauséabond d’ingéniosité malsaine peut, à juste titre, emmener à se demander  si le décès du Dauphin désigné de M. Ouattara, Amadou Gon Coulibaly, n’avait pas été  provoqué pour passer à une autre étape de la conservation injuste et incontestable du pouvoir.  

Le PDCI doit, dans tous les cas, courageusement se retirer de ce processus électoral biaisé pour ne pas se faire le complice de la conservation illégale et frauduleuse du pouvoir par le  régime  Ouattara et des conflits interethniques et communautaires qui pourraient suivre ; le pouvoir tyrannique Ouattara, contrairement au régime de M. Wade du Sénégal qui était dans la même situation  en 2012, s’est visiblement donné des moyens funestes et frauduleux, avec en plus des milices (les microbes), pour conserver coûte que coûte le pouvoir dès le premier tour.


Crise préélectorale en Côte d’Ivoire : attention aux dérives ethniques et communautaires

La tenue d’une élection présidentielle apaisée en Côte d’Ivoire le 31 octobre prochain est déjà compromise avec la crise préélectorale que provoquent la candidature à un 3ème mandat litigieux du chef de l’État Ouattara, et l’exclusion à ce scrutin de certains poids lourds de l’opposition. Mais si rien n’est fait dans les sens de la cohésion sociale, le pire semble se profiler à l’horizon lorsque l’on sait que les partis politiques les plus significatifs et leurs leaders respectifs sont adossés à des groupements ethniques et communautaires quand les premiers ne sont réduits ou ne se réduisent pas simplement à ces derniers.

L’engagement pour une communauté plutôt que pour la nation

L’histoire politique de la Côte d’ivoire a donné à voir, à la fin des années 1990 et durant la décennie 2000, l’engagement de certains artistes ivoiriens contre le tribalisme et les dérives tyranniques des régimes de cette époque, en l’occurrence respectivement ceux de Konan Bédié (1993-1999) Guéï Robert (décembre 1999-octobre 2000) et Gbagbo Laurent (2000-2010).

Quelques morceaux choisis : « Dans un pays avec plusieurs ethnies, quand une seule ethnie monopolise le pouvoir, ça devient de la dictature, tôt ou tard ce sera la guerre civile » ;  « Quitte le pouvoir, quitte le pouvoir, je te te dis quitte le pouvoir a a a. depuis quarante ans… Tu as été mal élu … » « Mon pays va mal… » « Est-ce qu’il n’y a pas de Koffi au Togo » .

Les dérives despotiques actuelles du régime de M. Ouattara donnent l’opportunité  à ces artistes, dont nous taisons volontairement les noms,  d’affirmer encore leur engagement par des compositions musicales qui critiquent cette gouvernance  malveillante de celui qui, à l’époque, était l’opposant des 3 chefs d’État cités plus haut. Mais motus et bouche cousue, aucune publication de la part de ces derniers à ce sujet. Ce silence donne simplement l’impression que leur engagement n’était pas désintéressé, il était communautariste.

Le  mutisme de ces artistes semble révéler qu’il soutiennent le chef de l’État dans sa forfaiture actuelle surtout qu’ils sont de la même région. L’un de ces artistes chanteurs a cependant fait preuve d’un peu d’engagement pour la nation en appelant, avec la crise actuelle, à la discussion entre les différents acteurs de la politique en Côte d’Ivoire.  

Mais cette prise de position ambigüe, qui peut rappeler que ce dernier était pour un autre mandat de M. Ouattara, ne fait pas le poids  devant l’engagement d’autres artistes.

L’engagement pour la nation

Les artistes qui font preuve d’une telle bienveillance pour l’ensemble de la population sont le chanteur Billy Billy et du duo zouglou Yodé et Siro. Ces hommes des scènes n’ont pas hésité à décrier les écarts de gouvernance du régime Gbagbo, comme ils critiquent également l’administration de M. Ouattara. Billy Billy vit d’ailleurs en exil depuis plusieurs années, après son titre Ma lettre au président, quand le dernier tube de Yodé et Siro (Président on dit quoi ?) est simplement censuré, proscrit sur la radiodiffusion télévision ivoirienne (rti).

Meimay rejoint ces artistes véritablement engagés en prenant clairement position pour les populations de la Côte d’Ivoire par ses indignations d’abord face au refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir en 2010, et vis-à-vis ensuite de la candidature illégale à un 3ème mandat de M. Ouattara.

https://www.youtube.com/watch?v=fdqzsrc1llE

Véronique Tadjo quant à elle est une écrivaine dont la dernière prise de position, avec d’autres auteurs africains, contre la présidence à vie, rappelle son perpétuel engagement pour son pays et non pour une communauté particulièrement.

Depuis  l’époque du parti unique sous Houphouët où Mme. Tadjo était fonctionnaire de l’État de  Côte d’Ivoire, donc était à la merci du régime, jusqu’à maintenant, la poétesse, nouvelliste et romancière  ivoirienne,  ne manque de critiquer avec courage et désintérêt les limites  des pouvoirs en places. Elle le fait soit dans ses publications, soit dans ses interviews.

A sa dernière apparition médiatique dans ce contexte ivoirien de crise préélectorale causée par le 3ème mandat illégal de M. Ouattara, comme elle l’avait auparavant affirmé,  Véronique Tadjo fustige encore avec courage, la prise en otage de la nation ivoirienne par les 3 fortes têtes de la politiques que sont Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Elle ne prends donc que le parti de l’intérêt général comme Billy Billy, Yodé et Siro, ainsi que Meiway. 

Véronique Tadjo, comme le gagnerait à faire certains artistes  et célébrités de la Côte d’Ivoire, ne verse donc pas non plus dans le communautarisme et la manipulation, des dangers contre la cohésion sociale.       

Manipulation de l’opinion publique et des populations

Les populations ivoiriennes, tout  comme l’opinion publique, sont énormément manipulées par les politiques. Cela se réalise dans un premier temps par la rhétorique langagière employée. Ainsi, pour masquer le 3ème mandat de M. Ouattara et son illégalité le régime est passé de l’évocation de la possibilité d’une nouvelle candidature du chef de L’État, en raison d’une nouvelle  république, à la rhétorique simplement de sa 1ère candidature de la dite nouvelle  république.

Quand l’on sait que les grand partis politiques de la Côte d’Ivoire sont adossés à des régions et des groupement ethniques, et que les deux précédents partis au pouvoir en Côte d’Ivoire, le PDCI et le FPI ont respectivement subi un coup d’État et une rébellion armée, en plus du fait que le pays a le passif d’une guerre civile,  les entourloupes langagières du régime de M. Ouattara pour masquer une malhonnêteté notoire est juste la boîte de pandore aux conflits interethniques.

Les affrontements entre différentes communautés ont même eu lieu à l’annonce par M. Ouattara de sa candidature à  un 3ème mandat.  Daoukro, Bonoua, Divo, Gagnoa en ont malheureusement été le théâtre.

Et là encore, les visites du premier ministre dans ces villes pour prôner la paix et l’entente entre populations est malheureusement conflitgène. Le chef du gouvernement manipule en effet les conséquences et oublient les causes. Autrement dit, il fait passer les manifestants pour des personnes violentes en ignorant que ces personnes ne faisaient que se défendre contre des agresseurs venus perturber leur marche de protestation, souvent aidés de la police. Quoi de plus normal puisque ces perturbateurs (les microbes) sont désignés comme des milices du régime.

La télévision nationale entre aussi dans la  danse de la manipulation, de l’information notamment. L’on comprend mal que  l’interview du cardinal Jean-Pierre Kutwa qui a été résumé sur la Rti comme la réaffirmation d’un besoin de préserver la paix en Côte d’Ivoire puisse nécessiter un droit de réponse de la part du porte parole du  régime, étrangement sur cette même chaîne.

 En réalité, cette chaîne de télé censée nationale manipule l’information au profit du gouvernement et ses partisans au détriment de la cohésion sociale. Sinon,  contrairement aux médias impartiaux qui en ont fait cas dans leurs publications ce mercredi 02 septembre 2020, elle n’aurait pas cacher l’opinion défavorable du cardinal Kutwa sur la candidature à un 3ème mandat de M. Ouattara. Le chef de l’Église catholique en Côte d’Ivoire ne la trouve pas nécessaire.  

Le cardinal Kutwa au moins ne fait pas preuve d’hypocrisie et d’indifférence face à la crise préélectorale que crée la candidature de M. Ouattara à un 3ème mandat. Ce n’est pourtant pas le cas de la communauté internationale.    

Hypocrisie et indifférence de la communauté internationale  

La communauté internationale montre simplement son hypocrisie et son indifférence vis-à-vis de la forfaiture de M. Ouattara. L’Union Européenne, sur le territoire de laquelle Laurent Gbagbo et Blé Goudé Charles, deux opposants au régime Ouattara, semblent avoir été déporté par celui-ci et ses alliés, n’affirme aucune position claire face à la dérive tyrannique qui s’opère en Côte d’Ivoire. Au contraire elle crédibilise le régime en finançant certains projets liés à l’élection présidentielle.

La CEDEAO, la communauté sous régionale, quant à elle, fait preuve d’une vraie hypocrisie devant cette nouvelle forme de coup d’État qui est expérimentée en Côte d’Ivoire, en Guinée aussi, à travers le tripatouillage de la constitution ou le non respect de celle-ci en vue d’un 3ème mandat pour le chef de l’État  sortant.

Les protestations de Umaro Embalo,  président de la Guinée Bissau, ne sont que des cris d’orfraie devant ces putschs modernes qui s’opèrent dans l’indifférence totale et exposent par conséquent à des représailles la forte communauté sous-régionale vivant particulièrement en Côte d’Ivoire, comme en 2010, lors de la crise post-électorale.

L’indifférence des chefs d’État de la sous-région ne surprend pas : au Sénégal cette affaire de 3ème mandat est pendante au dessus du pays ; au Togo, on est même au delà avec un 4ème mandat de Faure Yassingbé, avec d’autres qui se profilent à l’horizon ; au Bénin règne une dictature sournoise avec un parlement composé totalement de députés du pouvoir.  En guinée Alpha Condé se présente à un 3ème mandat.     

En somme il n’y a que la bienveillance, l’honnêteté et la vérité ou la promotion de l’intérêt général qui peut empêcher le pire d’arriver entre les populations de la Côte d’Ivoire en cette période de crise préélectorale, sinon la déflagration sera non seulement davantage dramatique qu’en 2010, mais elle  risque cette fois-ci de s’étendre au delà des frontières ivoiriennes.


Présidentielle ivoirienne : Le régime Ouattara innove avec la crise préélectorale

Les électeurs ivoiriens devraient élire leur nouveau président, le 31 octobre 2020, en remplacement au sortant Alassane Ouattara. Mais voilà, ce dernier prétend pourvoir rempiler à la tête de l’État pour un 3ème mandat illégal, ou plutôt selon lui pour son 1er mandat de « sa 3ème république ». Cette situation absurde, digne d’un coup de force, qui a déjà causé des manifestations de protestation dans tout le pays et des morts de personnes, ne provoquera pas, pour le régime Ouattara, une crise  post-électorale, comme en 2010. Quoi de plus normal, puisque ce dernier innove avec une crise préélectorale.

Les prémices de la crise préélectorale

La crise préélectorale a des signes avant-coureurs liés dans un premier temps à la mauvaise préparation du scrutin. Dans un premier temps, l’opération de renouvellement des cartes nationales d’identité (cni) de l’ensemble de la population et d’enrôlement des nouveaux électeurs a débuté tardivement, juste 9 mois avant le scrutin comme si on ne voulait pas qu’elle ait lieu. Mais quand elle a enfin commencé, elle a été bâclée par le gouvernement avec 90 % de points d’enrôlements en moins par rapport à  l’opération de 2008-2009.

Le régime au pouvoir s’est en outre accaparé cette opération en la détournant de ses objectifs premiers. Il l’a simplement transformée en une opération d’achat de votes. Cela s’est réalisé  à travers le financement par certains de ses cadres et des ministres du gouvernement des quittances des cni de, selon eux, les ressortissant de leurs régions et militants. Or il aurait été plus raisonnable, responsable, honnête et bienveillant que le gouvernement  rende ces cni gratuites pour l’ensemble de la population, à l’image de la  précédente opération sous Laurent Gbagbo  qui était gratuite, prise en charge par l’État de Côte d’Ivoire.

Les populations des régions en dehors de celles des membres du gouvernement ont donc été simplement  privées de la « générosité » de ces derniers. Cette entreprise mesquine motivée par des velléités de fraudes électorales a accentué les clivages dans le pays et les ressentiments contre un gouvernement dont les actes tiennent ainsi du communautarisme, de la manipulation, de l’exclusion et de la tricherie. Autant de caractères qui le rendent impopulaires et justifient certainement pour lui le recours à la tyrannie.

La dérive tyrannique 

Les relents d’autocrate du chef de l’État préparent à des tensions avant l’élection présidentielle.Il en a fait la preuve à plusieurs reprises. Avec d’abord une justice aux ordres. Celle-ci a condamné opportunément des cadres de ses anciens alliés du pdci, dont Mangoua Jacques, Akossi Benjo. Sans oublier Soro Guillaume,  son ancien premier ministre et ancien président de l’assemblée nationale qui a subi le courroux de la justice après avoir refusé de prendre part au rassemblement politique du chef de l’État, mais parce qu’il nourrissait surtout des ambitions présidentielles. Lui est aujourd’hui en exil, quand les députés de son bord et même des membres de sa famille croupissent en  prison en dehors de toutes procédures légales devant la justice. Même l’injonction de la cour africaine des droits de l’Homme et des peuples de suspendre les procédures contre  Soro guillaume et de libérer ses proches n’ont pu faire fléchir le régime Ouattara.  Ce dernier, comme pour confirmer son despotisme, a simplement utilisé cette décision comme prétexte pour retirer la Côte d’Ivoire de cette institution judiciaire panafricaine.

La tyrannie du chef de l’État est ensuite visible par son adoption par ordonnance du code électorale, alors que celui-ci devrait être voté à l’assemblée nationale après concertation de toutes les parties en présence avant sa promulgation. Mais cet autoritarisme ne surprend pas puisque le Chef de l’État en avait déjà annoncé les couleurs en nommant de façon unilatérale  le président de la commission électorale indépendante (CEI). De plus, une grande majorité des sections locales de cette institution est simplement déséquilibrée en faveur du régime, comme  l’a également encore confirmé la cour africaine des  droits de l’Homme et des peuples qui a appelé à reformer cette institution pour plus d’équité. En réponse, le régime ruse en y opérant une recomposition et en créant un siège pour l’opposition, maintenant du coup le statut quo à la CEI et dans ses représentations régionales.  

La crise préélectorale se précise : accaparement,  nécrocratie, exclusion

La crise préélectorale se concrétise de plus en plus. Cela d’abord avec le discours du chef de l’État à la nation à l’occasion des 60 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire, le 6 aout 2020 qui était plus une adresse à ses partisans qu’à l’ensemble des habitants de la Côte d’Ivoire. Il y annonce en effet, avec force, conviction et mépris pour la loi et la cohésion sociale sa candidature pour un troisième mandat que ne lui permet pas la constitution. La preuve, ses partisans même et les experts du droit qui avaient dans le temps garanti, pour motiver le vote de cette constitution, qu’il ne pourrait pas se présenter pour un nouveau mandat se dédisent honteusement ou restent lâchement muets.

Le mépris est d’autant plus assumé et autant révélateur de la tyrannie que M. Ouattra prend pour prétexte à cette candidature le fait que son dauphin désigné, dont il n’ignorait rien de la lourde pathologie au cœur dont souffrait ce dernier et qui aurait pu l’emporter à tout moment, soit mort. Il remplace donc son défunt dauphin à la candidature, en raison dit-il, d’un cas de force majeur.

Voilà bien une nécrocratie qui ne dit pas son nom et qui rappelle aux Ivoiriens son bras de fer avec Henri Konan Bédié, successeur constitutionnel du président Houphouët-Boigny, au lendemain de la mort de ce dernier, en vue de s’approprier le pouvoir exécutif. Elle rappelle même sa candidature à la présidentielle de 2010 à titre exceptionnelle pris par décret  par le Président Laurent Gbagbo pour mettre un terme à 8 ans de rébellion armée et de déstabilisation du pays.

L’exclusion de poids lourds de l’opposition à la présidentielle accentue ensuite la dictature du chef de l’État, et partant l’évidence de la crise préélectorale. Il s’agit de celle de Laurent Gbagbo et de Soro Guillaume. Les deux opposants pour avoir officiellement été condamnés par contumace par la justice ivoirienne. Mais le refus du gouvernement de délivrer un simple passeport à Laurent Gbagbo pour lui permettre de rentrer au pays comme il le désire en dit long sur  la stratégie du régime de M. Ouattara : choisir ses concurrents à la présidentielle à laquelle il n’as pas le droit de se présenter.

Mais l’alliance entre les deux poids lourds de la politique en Côte d’Ivoire, ses opposants les plus crédibles, que sont le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et le FPI (Front populaire ivoirien), tendance Laurent Gbagbo, ne donne pas cher de la peau du régime à la suite d’une élection claire et transparente.

L’enjeu de la crise préélectorale

La stratégie politique du régime Ouattara serait donc, en dépit le tollé que provoque sa fameuse candidature,  qu’il n’y ait pas une élection présidentielle en Côte d’Ivoire en cette année 2020 ; ou au moins que celle-ci soit bâclée. Ainsi celui qui est déjà au pouvoir, lui, y demeure, ou est réélue dans des conditions exécrables, mais est réélu tout de même ;  d’où la crise préélectorale. 

La tactique politique de  la crise préélectorale peut-elle assurer, malgré tout, le maintien au pouvoir du régime Ouattara ? Dans tous les cas, les manifestations de protestation dans tout le pays, contre sa candidature à un 3ème mandat, mais surtout l’union des Ivoiriens de tous bords politiques à Bonoua, Divo et Gagnoa par exemple, contre les milices du régimes (les microbes) venues perturber les marches  contre cet énième cas de forfaiture électorale en Afrique sont des signes qui en disent long sur les jours qu’il reste au régime.


Or donc le transfèrement du président Gbagbo Laurent et Blé Goudé charles à la Haye était en réalité une déportation

Le dicton qui dit que la  vérité finit toujours par rattraper le mensonge se vérifie aujourd’hui en Côte d’Ivoire. A l’image des anciens résistants africains à la colonisation, Samory Touré, Behanzin, Sidi Mohammed Ben Youssef, etc., qui ont été neutralisés par les colons, puis déportés loin de leur terre natale où ils ont fini leurs jours, deux opposants au régime Ouattara, le président Gbagbo Laurent  et son ministre de la jeunesse Blé Goudé Charles, semblent subir le même sort sur le sol Européen. Tout porte à croire que leur transfèrement à la Haye était en réalité une déportation.

CC public Domain pictures

Un bref Rappel historique

Il n’est un secret pour personne, ces deux personnalités de la Côte d’Ivoire ont été transférées en 2011,  à la Haye, à la CPI (cour pénale internationale), par le régime du président Ouattara, qui plus est dans l’avion de ce dernier, pour répondre des accusations contre elles de crimes contre l’humanité à la suite de la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait officiellement plus de 3000 morts. Mais 9 ans après,  ils sont innocentés en phase préliminaire du procès. Ce qui signifie que leur jugement n’aurait jamais dû commencer.

Laurent Gbagbo. CC wikimedia.org

Gbagbo Laurent et Blé Goudé sont pourtant, étrangement, privés de liberté, dans l’éventualité d’un procès en appel. Ils sont donc mis en liberté sur surveillance, avec de plus de nombreuses restrictions. Mais ils semblent surtout victimes de l’acharnement de la justice internationale, notamment de Mme la procureure de la CPI, qui est déboutée dans une dernière audience lors de laquelle plusieurs restrictions qui concernent Gbagbo et Blé Goudé sont levées. En somme ils obtiennent l’autorisation de pouvoir voyager, à condition de résider dans un pays parti de la CPI. Leur  patrie, la Côte d’Ivoire en fait partie. Les deux anciens pensionnaires de la prison de la CPI, à la Haye, manifestent naturellement un ardent désir de rentrer chez eux, le temps de régler certaines formalités administratives, notamment l’obtention de passeports. Et pourtant…

Blé Goudé Charles en incarcération. Cc flickr.

Quand la déportation se dessine

Gbagbo  Laurent et Blé Goudé sont cependant privés de papiers par les autorités ivoiriennes de sorte que, comme des déportés, ils doivent faire face à l’impossibilité de rentrer chez eux.

Le régime ivoirien, pour se dédouaner de toutes mauvaises intentions, prétend par exemple officiellement que la demande de passeport de Gbagbo Laurent est en  cours de traitement.

En Côte d’Ivoire même l’établissement d’un passeport se fait en tout au plus 72 heures pour de simples citoyens. Pas besoin de deviner que pour un ex chef d’État, celui-ci prend moins de temps, qui plus est lorsque son statut d’ancien chef d’institution de son pays lui donne droit à un passeport diplomatique, comme au temps où Alassane Ouattara en avait quand où il était auréolé du statut d’ancien premier ministre de l’État de  Côte d’Ivoire.

Pour enfoncer le clou et confirmer leur statut de déportés, en plus d’être sans papier ils sont privés définitivement du droit de vote par leur radiation de la liste électorale. Quoi de plus normal puisqu’ils ont été condamnés intentionnellement par contumace pour Blé Goudé pour les faits dont il a pourtant été innocenté à la CPI ; pour Gbagbo Laurent pour, officiellement, le braquage de la BCEAO.

Quand l’union européenne acte la déportation de Gbagbo Laurent et Blé Goudé Charles sur son territoire

Il est en effet étrange que pour des sans-papiers Gbagbo Laurent et Blé Goudé ne soient pas simplement rapatriés chez eux par les autorités de Bruxelles, comme tout sans papier se trouvant sur le territoire Schengen.

Le prestige de ces deux personnalités peut en être la raison. Dans ce cas, pourquoi Bruxelles et les organisations internationales des droits de l’homme  n’interviennent-elle  pas auprès des autorités ivoiriennes en vue de l’établissement de papiers pour  ces deux figures de la politique en Côte d’Ivoire pour qu’elles rentrent enfin chez elles comme elles le souhaitent ardemment afin d’y contribuer à la réconciliation nationale ?

En cette période préélectorale où le mercure monte en Côte d’Ivoire et les tensions ethniques et politiques se font vives, l’Union Européenne se fait simplement la complice d’une déportation sur son sol de deux personnalités ivoiriennes dont la popularité, selon les propres dires de Mme la procureure de la CPI qui a utilisé cet argument comme prétexte de maintien de Gbagbo Laurent et Blé Goudé en captivité malgré leur acquittement, ne fait l’ombre d’aucun doute. 

L’indifférence de l’UE à la présence de ces deux « sans papier » de renom sur son sol,  confirme leur déportation sur son territoire. Elle conforte dans leur suspicion les personnes qui pensent que l’Occident est y pour quelque chose parce qu’elle aurait pour poulain Alassane Ouattara dont les dérives tyranniques sont pourtant de plus en plus visibles 2 mois et demi avant une élection présidentielle pour laquelle il prétend après deux mandat  pouvoir se présenter un pour premier mandat. Cette sorte de mépris de l’UE pour Gbagbo Laurent et Blé Goudé Charles  n’honore surtout pas les valeurs de défense des droits de l’homme dont elle se fait le chantre, notamment dans un pays comme la Côte d’Ivoire vulnérable aux conflits de toutes sortes, en cette obscure période préélectorale.

L’Union Européenne a par conséquent une part de responsabilité si  la situation y dégénère davantage, elle qui non seulement semble détenir sur son sol les deux opposants au régime Ouattara, mais refuse aussi de mettre les autorités ivoiriennes en face de leur responsabilité.


Côte d’Ivoire : 60 ans d’un pays « un dépendant », c’est un fait, pas une fête

Le 7 aout 2020, la Côte d’Ivoire fête ses soixante ans d’indépendance.  Trois générations après l’accession de ce territoire à la souveraineté, son autonomie semble plus sur papier que dans la réalité. L’aspect de la tête de l’État a en effet peut-être changé avec des dirigeants dits locaux, mais c’est le même esprit et les réflexes coloniaux qui y règnent.

Drapeau de la Côte d’Ivoire. CC pixabay.com

Le nom même de la « Côte d’Ivoire » est problématique, dans un premier temps. Cette dénomination tout en français, héritée de plus de la colonisation, est le signe d’une dépendance perpétuelle à l’ancienne puissance coloniale. Le nom d’un territoire livre certaines informations, notamment sur ses réels fondateurs, sur les individus censés en être les  propriétaires. Ce ne sont pas les villages, les villes et les régions ainsi nommés qui manquent dans l’actuelle Côte d’Ivoire. Par exemple Kouassikro (cité fondée par Kouassi), Folofounkaha (cité fondée par Folofoun), Daloa (la cité de Dalo), Ferkéssédougou, etc.  

Il est donc facile de deviner à qui  n’appartient pas ce territoire – Côte d’Ivoire – au nom qui est étranger aux multiples langues et cultures locales, et même qui n’a rien à avoir avec l’histoire précoloniale, originelle et authentique des peuples qui y vivent.

Les noms de certaines rues et édifices dans l’actuelle Côte d’Ivoire donnent dans un deuxième temps l’impression que l’on se trouve sur le territoire de l’ancienne puissance coloniale. Par exemple à Bouaké, on trouve l’avenue Villeneuve sur Lot ; à Abidjan, vous avez les boulevards de Marseille, de France, Valérie Giscard D’Estaing, André Latrille, Angoulvan, Mitterand, le pont de Gaulle, le camp Galliéni etc. 

Ce ne sont pourtant pas les noms d’illustres personnalités, ou même de simples citoyens honnêtes et dévoués à la tâche et de villes clés qui manquent sur ce territoire d’une grande richesse multiculturel et multiethnique pour nommer des édifices et des rues. Mais sur un territoire qui s’appelle « Côte d’Ivoire », il serait plus surprenant qu’une rue se nomme Koléa Ange Armel, Boga Doudou, Dagou Loula, Dali Oblé, Abla Pokou (fondatrice du royaume baoulé) plutôt que Charles Noguès qui est par ailleurs pestiféré dans son propre pays, la France. Et l’exception qui confirme la non-affranchissement de la Côte d’Ivoire, ce sont ces rues laconiquement désigné par des lettres de l’alphabet et des chiffres, sur ce modèle : E4, Z2, C6, etc… Ce sont bien là le signe du mépris pour les populations de ce territoire et de leurs noms, comme pendant la période coloniale.

Une gouvernance encore minée par le colonialisme

La manière de faire de la politique en Côte d’Ivoire est un autre signe de sa dépendance. Autant les anciens résistants africains (Samory Touré, Behanzin, Sidi Mohammed Ben Youssef, etc.) avaient été neutralisés par les colons, puis éloignés de leur territoire en étant envoyés en « exil » (déportés) où ils ont fini leurs jours, de même les opposants les plus farouches aux régimes ivoiriens, depuis la période du parti unique jusqu’à nos jours, sont maintenus en « exil », loin de leur terre natale, avec la bénédiction de l’ancienne puissance coloniale. Celle-ci est souvent le pays d’accueil de ces nouveaux « exilés » qui sont des opposants à ses poulains locaux, donc un danger pour ses intérêts dans son « ancienne colonie ». Les cas actuels de l’ancien président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, empêchés de rentrer chez eux par les autorités de leur pays après un procès à la Haye à la suite duquel ils ont pourtant été innocentés des accusations portées contre eux l’illustrent bien.

Le fait donc que personne ne soit exclu du débat politique national par des manigances et autres complots est primordial pour une réelle autonomie nationale, comme dans les nations indépendantes. Ce n’est pas le cas dans la Côte d’Ivoire sexagénaire qui a fait le choix, comme sur un territoire colonial, de protéger des intérêts particuliers en rejetant ses propres fils.

La gouvernance est dans un quatrième temps un indice de la dépendance de la Côte d’Ivoire. Le budget sécurisé de l’État qui, pendant la décennie au pouvoir de Laurent Gbagbo, garantissait une indépendance à long terme de la Côte d’Ivoire des institutions financières internationales et des endettements suicidaires, a été rejeté aux calendes grecques par le régime actuel. Ce dernier fait le choix d’un « budget complété », caractérisé par un endettement tout azimut pour justement compléter ce fameux budget dont l’utilisation laisse à désirer, car il sert à financer des projets, notamment le métro d’Abidjan, qui n’ont rien à avoir les réalités locales, mais contribuent plutôt à accroitre les disparités régionales et sociales. Cette gouvernance fantaisiste digne d’un mimétisme puéril de nostalgiques de l’ancienne puissance coloniale, loin de garantir l’indépendance de la Côte d’Ivoire vis-à-vis de ses créanciers, lie plutôt sur plusieurs générations son existence à ceux-ci, à ses anciens maîtres aussi dont les entreprises  sont comme par hasards, celles qui sont chargées de la réalisation de ses projets.

Et que dire de l’initiative de création d’une monnaie communautaire de l’Afrique de l’ouest, l’ECO, libre de toute influence étrangère, afin de garantir une indépendance monétaire de cette région et faciliter son développement ? Ce projet est parasité  par l’UEMOA, avec à sa tête la Côte d’Ivoire. Les dirigeants de cet ancien comptoir français semblent entretenir un puissant lien affectif avec la monnaie coloniale, le franc CFA. Cette situation montre bien qu’ils ont du mal à s’affranchir de la dépendance de l’ancienne puissance coloniale en se faisant sournoisement les chantres d’un franc CFA bis, toujours arrimé à l’Euro et dans laquelle la France, « ancienne métropole », continue de jouer un rôle.

La dépendance de la Côte d’Ivoire au français

Le signe le plus  visible, et le plus douloureux certainement de l’asservissement de  la Côte d’Ivoire est enfin le fait que les langues locales sont reléguées au second plan, et même ignorées, sinon tuées à petit feu, au profit de la langue du colonisateur : le français. Elles ne sont inclues dans aucun programme de l’éducation nationale, et ne bénéficient non plus  d’un réel projet de sauvegarde ou de préservation. Il va sans dire qu’avec le reniement de nos langues locales, ce sont  nos patrimoines culturels d’une richesse considérable qui se meurent, notre identité qui disparait, notre fierté qui est assassinée, notre âme qui gommé et par conséquent notre liberté qui devient virtuelle.

Le pire, c’est que les gens, ceux en tout cas qui semblent profiter de cette indépendance illusoire, l’élite dirigeante, corrompue, clientéliste, tribaliste, ethnocentriste, incompétente et adepte de biens mal acquis sur le territoire de l’ancienne puissance coloniale, s’en accommodent parfaitement.  

Peut-on vraiment fêter 60 ans d’indépendance ou au moins être rempli du sentiment d’indépendance quand de tout temps son évolution est liée à l’oubli, au reniement, au mimétisme, à l’exclusion, à la fantaisie, à la convoitise, au clientélisme, au tribalisme, au détournement, à la corruption, à l’ethnocentrisme, au régionalisme, en somme à la folie de la soumission aux manières de penser, de faire et d’agir qui ne garantissent en rien son autonomie ?


Dans la tête du tyran, qui n’est pas un dictateur mais un démocrate

Attention, ce billet est une pure fiction, toutes ressemblances avec des faits réels n’est que pure  coïncidence.

CC publicdomainpictures.net

« 

Comment quitter le pouvoir tout en y demeurant, surtout quand on a perdu son masque  ? Diantre,  je n’ai plus la possibilité d’avancer masqué. Ce qui, dans ce temps covidien, est très dangereux pour quelqu’un de l’ancienne génération comme moi. 65 ans passés, 80 ans bientôt. Satanée mort qui a emporté mon masque, ma garantie de réincarnation au pouvoir après mon départ du pouvoir dans la gloire, ma nouvelle peau de dessus, mon diktat jusqu’à la fin de mes jours, le temps en tout cas que la justice soit toujours muselée et aux ordres. Paix à son âme quand même.

Les mauvaises langues diraient même que j’ai tout accéléré pour reprendre les choses en main. Elles ne s’annonçaient pas bonnes avec l’autre vieux, et le moins vieux qui se sont alliés contre moi. Quelle panique pour moi ! Je ne reconnais que le retour précipité.  Mais là, il fallait faire quelque chose pour éviter de se faire Dos Santos : les fruits de dizaines d’années de recherche acharnée du pouvoir et d’affairisme sans concession perdu d’un seul coup, avec l’accession de l’opposition au pouvoir, ou celle d’un faux dauphin ; un dauphin populeux ou traite qui recherchera la sympathie de ce peuple de sauvages en me livrant, moi, l’élite de l’élite, à la vindicte populaire. La chaire du requin est amère, je ne me laisserai pas bouffer aussi facilement.

Le problème serait réglé si seulement j’étais un dictateur, je n’aurais plus besoin de tous ces  stratagèmes et de stresser davantage pour me maintenir au pouvoir, un gaspillage d’énergie, énergie même qui se laisse désirer dans mon corps. Quatre ans que ça dure, mais ces six derniers mois ont été plus intenses : changement des règles du jeux, torsion de ma constitution et tout…  

Le problème serait vraiment réglé si j’étais un dictateur, je m’agrippe au fauteuil Louis XIV et on n’en parle plus. Mais je suis un démocrate, je dois éviter de me faire Compaoré. Sur ce plan tout est réglé, la constitution m’autorise un troisième mandat. C’est ce que me confirment mes amis en tout cas, ce sont d’imminents juristes internationaux ; les médias internationaux même le soutiennent sans autre mesure… bon,  avec de la moquerie quand même. Dans tous les cas, ce peuple d’inconscients et de prieurs chroniques aime trop la vie et est suffisamment mou pour s’autoriser un soulèvement populaire avec le risque de faire face à  mes forces et d’être expédié dare-dare dans l’au-delà. Et puis mes cris au génocide contre les gens de mon ethnie devraient suffire à surexciter cet autre groupe d’ignorants, prêt à tout pour sauver son pouvoir, mon pouvoir qui n’arrive pas à assurer sa dignité.

Et puis d’ailleurs pourquoi est-ce que le peuple se soulèverait, je serai à mon deuxième mandat ? le calcul est facile : 1 mandat +1 mandat + 1 mandat = 2 mandats. Le premier mandat ne compte pas ; nous sommes dans une nouvelle République, même si ce sont les mêmes institutions, hors mis peut-être ce poste de vice-président sur lequel je comptais comme parapluie d’immunité avec mon dauphin qui, une fois au pouvoir, d’une façon ou d’une autre, m’aurait nommé à ce poste honorifique. J’aurais même été un excellent président masqué.

Les amendements de ma constitution, c’était pour cette raison, fallait que j’assure mes arrières après avoir inauguré le fait d’envoyer un ancien président de la République devant la justice, j’avais le pressentiment que je serais le prochain. Faut être réaliste, moi-même je ne vends pas cher ma peau quand je vois mon passé et mon présent : tout ce sang versé pour obtenir le pouvoir ou pour la garder. Enfin soit. C’est une nouvelle constitution, donc aucun problème pour un autre mandat. Je tiendrai la charrue moi-même. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Mais attention, j’ai donné ma parole à la face du monde, je suis un vieil homme respectable, je ne ferai pas un troisième mandat, je vais laisser le pouvoir à ma nouvelle génération… Mais ça, c’était avant quand ma garantie de réincarnation au pouvoir, mon masque, ma nouvelle peau, mon nouveau sang, mon diktat (paix à son âme quand même) était encore de ce monde.  Et puis, j’ai trop pris de raccourcis, tant de personnes m’attendent au tournant que je ne peux prendre le risque de dormir sur mes lauriers et me confier à la providence. J’aurai fini, comme Yacouba du roman Les Soleils des indépendances. Pis, c’en sera fini de moi.

C’est décidé, je prends les devants, je me lance, et ce sera acté, les agissements d’un président de République-empereur ne souffrent d’aucune contestation, les gens me connaissent très bien ; comment ils disent déjà ? « Premier gaou n’est pas gaou »(1). Et puis ce sont mes hommes qui sont au conseil constitutionnel.  

Se présenter est une chose, gagner en est cependant une autre, je risque de me faire Wade : être battu à plate couture, et perdre définitivement ma crédibilité. Et puis, tous contre moi, je ne m’en sortirai jamais, je ne vaux plus grand-chose ; même avec la fraude, c’est pas donné. Mais que diantre !

Non, je renonce. Je ne suis pas Robert Guéï quand même  (Paix à son âme) : dire devant le monde que je ne me présenterai pas aux élections et changer de bouche après. Et quand je vois comment ça s’est terminé pour lui à court et à long terme, ça fait peur. Mais « C’est l’homme qui a peur, sinon ya rien ».

Je suis moi après tout, Guéï, c’est Guéï. Et puis moi, mon passé lointain et proche ne me garantissent rien de rassurant dans l’avenir si je ne suis plus au pouvoir pour que j’y renonce aussi facilement. Joseph Désiré. Yassingbé Junior, Paupaul, Youhéri, doivent me donner le courage.

Mais si le cas de Pierre N. n’est pas pour me décourager ?

L’homme propose,  Dieu dispose. Désolé, moi je tiens à ma vie, je m’oppose. J’ai craché, je m’abaisserai pour laper mon cachât, Covid-19 ou pas ; c’est mon crachat après tout et c’est dans ma propre bouche qu’il reviendra.

Je me lance.

C’est Idriss même qui me conforte dans mon choix : « A quelque chose, malheur est bon ». Je ne suis pas une main de fer et une terreur des populations pour rien. Mes maîtres me soutiendront, comme toujours sournoisement, mais ils seront tout même avec moi, sinon les djihadistes détruiront leurs intérêts dans ce pays. Et puis, je leur fait trop de faveurs pour qu’ils se comportent autrement avec moi. La preuve : je les ai fait propriétaire du terrain sur lequel est construite leur base militaire dans ce pays à partir de laquelle ils contrôlent toute la sous-région. Ils sont ici jusqu’à la fin du monde. Si ce n’est pas une faveur qui mérite de la reconnaissance, ça ! Ils me rendront la pareille. Mais attention, faut toujours se méfier, avec ces hypocrites là. Dans tous les cas, je suis un cabri mort. Et Cabri-mort n’a pas peur de couteaux(2).« 

(1) Une personne avertie en vaut deux  ou chat échaudé a peur de l’eau froide. (2)Une personne qui se trouve dos au mur, ou qui n’a plus rien à perdre, n’a pas froid aux yeux. Elle peut s’avérer très dangereuse.


60 ans après, à quand la fin des indépendances africaines ?

Soixante ans après l’indépendance d’un grand nombre d’États africains, subsiste le sentiment récurrent que les indépendances qui auraient dû être une garantie de liberté, d’évolution et de réhabilitation de la dignité. La fin des indépendances sera donc la bienvenue.  

La sorbonne, cinquantenaire des indépendances africaines. Cc, Wikimedia Commons

Les indépendances sont un prolongement de la période coloniale

Les indépendances n’ont malheureusement pas consacrées la rupture entre la vision des anciens colons et celles de nouveaux États censés souverains. Il s’agissait plus d’une passation de charges entre l’ex-puissance coloniale et les dirigeants qui ont été sécrétés par elle (ils en étaient des élus) que d’un virage original pour des jeunes États en vue de leur autonomisation totale et leur développement en toute sérénité. En somme, c’est l’apparence de la tête qui a changé, sinon, c’est le même esprit. Et ce changement dans la continuité se réalise encore de nos jours, tant sur le plan politique qu’aux niveaux économique et social.  

Sur le plan politique, ce sont dans un premier temps les institutions des anciennes métropoles que les nouveaux État africains répliquent. Et l’une des plus tristement célèbres à ce niveau est la présidence de la République. Celle-ci se transforme en présidentialisme. Il s’agit d’une présidence « à la sauce postcolonisée », une présidence sans aucun contrôle, ni contre-pouvoir en raison d’abord du pouvoir économique du désormais chef d’État qui achète les consciences à tout va, grâce ensuite à son statut de chef suprême des armées, qui bénéficie en outre du soutien militaire de l’ancienne puissance coloniale quand les rapports sont bons avec celle-ci.

Mais la fonction de président de la République est réalisée avec un autoritarisme sans pareil parce qu’elle n’est en réalité qu’une réactualisation du poste de « gouverneur de colonie » de la période coloniale, surtout que bon nombre d’actuels chef d’État africains doivent beaucoup, sinon tout, aux anciennes puissances coloniales pour y avoir fait des études, y avoir travaillé et y détenir des biens ainsi que des réseaux d’influence. Face à ces nouveaux  « gouverneur de colonie », les populations n’ont donc pas voix au chapitre, même pas le droit de décider de ce qui est bien ou prioritaire pour elles. Les parlements issus d’élections législatives truquées, notamment au Mali ou sans les oppositions, comme au Cameroun, au Bénin ou encore en Côte d’Ivoire sont quelques unes de ces nombreuses  exceptions africaines qui confirment pourtant l’évidence : l’illusion de l’indépendance.  

L’autonomie des États africains est un pur mensonge d’autant plus que dans un second temps les courants politiques occidentaux sont ceux qui président à la destinée des pays africains. Ce sont en l’occurrence le libéralisme, le socialisme et leurs différentes tendances.

La dépendance est tellement flagrante qu’elle devient absurde  si bien que le régime ivoirien par exemple parle de « libéralisme à visage humain » pour ne pas donner l’impression d’un rattachement grotesque à l’ancienne puissance coloniale, mais surtout pour masquer son oubli total du petit peuple à son triste sort. Pourtant, le fait est que la forte croissance économique dans ce pays ne profite pas aux populations. Seuls les barrons du pouvoir et leurs partisans en tirent les bénéfices, comme pendant la période coloniale quand les richesses des territoires ne revenaient qu’aux maîtres, aux personnalités et assimilés. 

Par ailleurs, socialisme et libéralisme pratiqués en Afrique supposée souveraine virent tranquillement au rattrapage ethnique, au tribalisme, au clientélisme, aux clanismes, autres preuves de l’accaparement des biens par un groupe de privilégiés comme pendant la période coloniale.  

Sur le plan économique, c’est le système économique des colonies qui a cours  dans les États africains dits indépendants. Il s’agit en l’occurrence de la production de matières premières, puis de leur exportation brute vers les anciennes colonies où la transformation de ces produits donnent du travail aux populations, crée plus de richesses et favorise l’autonomisation des personnes. D’illustres présidents africains notamment Houphouët-Boigny grand « planteur de café-cacao » comme il s’identifiait, se sont adonnés à ce système économique, avec évidemment l’effet contraire pour leurs propres populations : limitation des offres d’emploi, paupérisation et impossibilité d’autonomisation des populations ; et par conséquent la dépendance de ces dernières aux détenteurs des richesses qui comme par hasard, à l’image d’Houphouët-Boigny et ses héritiers politiques, sont les autorités politiques des pays dits indépendants.

Sur le plan social, Le système économique coloniale de colonie d’exploitation favorise depuis la colonisation les déplacements et la relocalisation  des populations des zones sahéliennes et de savane vers les régions forestières propices aux cultures de rente (café, cacao, hévéa). L’on assiste donc naturellement au dépeuplement  de la région supposée pauvre du pays, avec pour conséquence un surpeuplement des zones forestières et dans le même temps une surexploitation du patrimoine forestier. Il vas sans dire que celui-ci se raréfie autant que les moyens de subsistance, quand les terroirs des populations autochtones sont sujets à conflit entre celles-ci et celles qui y ont été transportées par le colon avec le travail forcé, puis par les nouvelles autorités politiques affairistes, ou s’y sont installés d’elles-mêmes parce que le système économique n’a pas changé.

La Côte d’Ivoire et sa partie occidentale sont un schéma de toutes ses réalités malveillantes héritées de la colonisation et qui perdurent soixante ans après son indépendance. Elles sont surtout, à l’image de l’exploitation sauvage de la période coloniale,  un obstacle à la quiétude sociale indispensable pour la réhabilitation et la préservation des biens et des ressources environnementales pour les générations futures. Le bien-être de celles-ci est plus que jamais conditionné par autre chose que les fameuses indépendances.

La justice, l’honnêteté et la responsabilisation en lieu et place des indépendances

La justice est la première réalité qu’il faut substituer aux indépendances. Elle se réalise d’abord par un développement équitable sur tout le territoire national. Il s’agit ici de mettre l’accent sur le ressources locales des différentes régions du pays avec le montage des industries qui vont avec. Cette stratégie maintient non seulement les populations dans leurs régions, mais elle favorise aussi l’enrichissement de celles-ci.

Le nord de la Côte d’Ivoire est un exemple de l’exode vers le sud plus riche et les zones qui n’ont plus de forestière que leur passé. La manque d’un grand intérêt pour les potentialités économiques (élevage, culture du coton, de l’anacarde, des produits vivriers et des fruits, etc.) de cette région favorise son dépeuplement et son appauvrissement. Cette négligence a même été un prétexte pour l’insurrection armée du 19 septembre 2002, selon ses auteurs. Ce qui n’a fait qu’empirer la situation de cette partie du pays avec le pillage et la destruction totale du tissus industriel de la ville de Bouaké, centre économique de la moitié nord du pays.

La relance d’une économie qui autonomise les populations implique donc un développement des ressources locales qui ne peut se réaliser qu’avec une recherche poussée. Celle-ci est malheureusement mise à mal, par la vision du gouvernement ivoirien notamment. Ce dernier ferme l’accès aux études supérieurs aux jeunes ivoiriens à travers une augmentation exagérée des coûts d’inscription dans les universités publiques.  Finalement on préfère étrangement à la base faire les poches de ceux qui ne peuvent produire des richesses que par leur rendement plutôt que de les rentabiliser en investissant dans leurs études. Pourtant, sur ce plan Houphouët-Boigny avait tout de même montré la voix. Les auteurs de telles mesures iniques peuvent en témoigner car ils sont ceux là même qui ont bénéficié de la responsabilité de l’État pour ce qui est de leur formation scolaire, universitaire et professionnelle.   

La Justice et le bon sens voudraient que des États qui recherchent une réelle autonomie  assouplissent, sinon prennent en charge l’accès à l’instruction, à la formation et aux études pour éviter à la longue non seulement la réduction de l’offre en mains d’œuvre de qualité et en cerveau pour la recherche, mais aussi pour s’épargner le recours à des missionnaires étrangers pour la formation et le travail comme pendant la période coloniale.   

La justice implique aussi la prise en charge par l’État des soins de santé de l’ensemble de la population, comme il a été le cas pour l’ex premier ministre ivoirien évacué par avion présidentiel en France en pleine crise sanitaire. Il va sans dire qu’à cet effet il est nécessaire de mettre sur pied une prise en charge sociale inclusive et de construire de réelles infrastructures sanitaires performantes. Ces réalisations évitent simplement  une dépendance de l’étranger sur le plan sanitaire, comme il a été donné de voir pour ce qui est du traitement du premier ministre ivoirien et du président de sénat. Ce dernier est actuellement soigné du Covid-19 en Allemagne.

Les États africains, la Côte d’Ivoire en tout cas, disposent bien des fonds pour rendre ainsi justice à leur population soixante ans après les indépendances ; sinon les fortes croissances économiques de ses dix dernières années seraient un pur mensonge, et puis en cette ère de pandémie du Covid-19, le gouvernement ivoirien par exemple n’aurait pas, comme par enchantement, trouvé de l’argent à verser à des familles et des secteurs d’activité pour les aider à supporter les conséquences économique désastreuses de la crise sanitaire.

Il faut juste faire preuve de justice, mais aussi d’honnêteté et mettre les ressources de l’État à la disposition des populations. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont elles qui les créent, notamment  les producteurs de café et de cacao de la Côte d’Ivoire, qui malgré leur pauvreté révoltante, subissent de la part de l’État une taxation exorbitante de leur production (20%/kg).  Il est donc nécessaire que les populations profitent des fruits de leur travail pour rompre avec la vision rétrograde des indépendances, relais de l’esprit de domination et d’exploitation de la puissance coloniale.

La responsabilisation, des populations principalement,vient enfin consacrer la véritable souveraineté.  Il s’agit en effet de la capacité des populations, qui connaissent leurs propres besoins, à décider de ce qui est bien et prioritaire pour elles. Des conseils régionaux et des collectivités locales indépendants et équitablement financés sont bien indiqués à cet effet. Ainsi  l’autonomisation ne devrait pas être un mythe pour les régions et les populations qui les composent. Mais, pour cela il faut bien des élections transparentes et un jeu politique responsable et pacifique qui favorisent le débat et évite à des groupuscules de accaparer encore les richesses, comme pendant la période coloniale.

Finalement, 60 ans après, les indépendances africaines sont une autre colonisation qui ne prendra fin qu’avec la justice, l’autonomisation et la responsabilisation des populations.  Seule pourtant un réel activisme de celles-ci leur permettra de jouir de leur droit de disposer d’elles-mêmes et des biens de leur République respective.