N'Guessan Jean Christ Koffi

8 mars : Journée internationale de la femme, plus que fêter la femme, il faut l’aimer

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Femme africaine by Ronan Thenadey CC flickr.com

Qu’est-ce qui annonce mieux le jour que
Les pas de la femme dans la semi-obscurité ?
Que le bruit de son balai contre le sol légèrement mouillé par la rosée ?
Que sa voix au marché dominant les chants des oiseaux ?
La première debout
La dernière couchée
Toute la journée à trimer :
Chercher à manger,
Faire à manger,
Donner à manger,
Se donner à manger.
Femme multipliée par quatre.
Discrimination, injustices et violence sont pourtant son lot quotidien.

Qu’est-ce qui annonce mieux la vie
Que la seule présence d’une femme ?
Elle est la plus belle, l’humanité.

Qu’est-ce qui donne plus de courage
Que l’amour et la chaleur d’une femme ?
270 jours, elle te porte.
Toute une vie, elle te supporte.
Vers des succès inimaginables, ses prières te transportent.
Le plus merveilleux, c’est que,
Par la vie qu’elle te donne, homme,
Elle fait également de toi une femme
A travers ces projets que tu nourris comme femme attendant un bébé ;
A travers ces réalisations que tu chéris comme femme veillant avec amour sur ses enfants ;

A travers ces entreprises pour lesquelles tu te donnes corps et âmes, comme femme se privant, se saignant, se tuant pour sa progéniture ;
A travers ces investissements dont le succès te remplit de joie comme femme fière de la réussite du fruit de son sein.
Sans elle, pas de vie, le néant.
Pourtant, aujourd’hui,
Femme sacrifiée : filles déscolarisée, exploitées, esclaves sexuels ;
Femme principale victimes des fantasmes : femmes excisées, filles épouses, filles mères ;
Femme véritable arme de guerre : femmes violées, femmes transformées en bombe ambulante par les terroristes.

Plus que fêter la femme, il faut l’aimer.
Car l’aimer, c’est s’aimer soi-même,
C’est aimer l’humanité
C’est promouvoir la vie.

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Signification des noms malinké

Le peuple Malinké/Manding/Mandé est un peuple d’Afrique de l’Ouest présent en Guinée, au Mali, en Gambie, en Guinée-Bissau, au Burkina, au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire, ce peuple est situé au Nord (Nord-ouest & Est) et il agrège six (6) grands groupes dont l’identité repose sur un socle linguistique et historico-politique. Chez eux, chaque nom a une signification particulière. Allons donc à la découverte de l’histoire des noms malinké, comme nous l’avons auparavant fait pour les peuples Baoulé et Adjoukrou. Vous en trouverez le post facebook original, que nous avons repris avec l’autorisation de la fondation BJKD : ici.

Femme malinké se mettant du hiéné, Crédit photo : Fondation BJKD
  • Les Koulibaly (Coulibaly)

Bien des années se sont succédé, la lignée royale est dans les mains des puissants guerriers du royaume. C’est le tour d’un roi pas comme les autres. Il est futé, téméraire et intrépide. Bien que courageux, il n’en fait qu’à sa tête et ne prend donc conseil chez personne, et cela, même sur les sujets les plus sensibles du royaume. La population, fatiguée et remontée à cause de son obstination et la célébration frénétique de ses libres-pensées l’appelle donc « le roi buté et entêté  à qui rien ni personne ne peut faire changer d’avis ». Cela se dit en Malinké “ Bê bali mansa ou Kourou bāli mansa« .

L’effet du temps fait que nous les appelons de nos jours Koulibaly dérivée de « Kouroubali mansa ».

  • Les Camara

Camara est Jadis, le patronyme le plus répandu chez les Manding. Il vient de l’histoire exemplaire de “Mansa Biliba” premier roi, le Bâtonnier du royaume de Sinssany (précurseur du Mendeng). Elle remonte à bien des centaines d’années avant J.C. C’est à une époque que les contemporains du roi nomment l’abîme du chaos. Guerres, désolations et terreurs ravagent les grandes civilisations. Selon la légende, de façon inattendue vient par la suite l’enfant prodige, courageux et réfléchi qui réussit à pacifier et à mettre sous contrôle toute une contrée sans avoir recours à l’armée. C’est un véritable coup de maître de la part de « Bili ba ». Il devient roi et mérite le respect absolu de son peuple. Les obligations royales font de lui « le gardien de la paix » dans le royaume. Ce  qui se dit en Malinké “Kâ māra”, l’effet du temps fait qu’ils sont appelés de nos jours Camara ou Kamara.

  • Les Traoré

Ils doivent leur patronyme à leur « arrière arrière » grand père « Touramanba 1er du nom », qui est différent de celui qui a combattu le royaume sosso aux côtés de Soundiata fils de Sogolon et qui serait Touraman 6ème du nom. Il y a des années de cela, le royaume Mangend autrefois appelée « Krikoro » s’estt fait attaquer. Le royaume (pratiquement impuissant face aux envahisseurs) lance alors une campagne de plaidoirie chez « Touraman 1er du nom » pour que celui-ci vienne à la rescousse d’une cause qui semblait être déjà perdue. Cet appel est entendu, Touraman et ses guerriers immaculés viennent libérer le royaume en déclenchant les hostilités. Cette gloire accompagne le vaillant conquérant dans les chansons du Mandeng/manding qui raconte l’histoire dans les mots suivants : lors de la guerre « On l’a appelé «  qui se dit en Malinké  » À tara wolé » pour la guerre. La situation géographique et les différents dialectes font que nous les appelons de nos jours « Traoré ou Trawoulé« .

  • Les Bérété

Tributaire d’un prince héritier âgé de moins de  dix ans du nom de “Mandjan” qui perd précocement son géniteur (le roi) dans un royaume gangrené et plein de conspirations et de soubresauts. Après la mort de son père, la couronne lui revient d’office en raison de son sang royal et du droit d’aînesse. Cependant, ses oncles, corrompus et cupides, détournent la couronne avec une ingéniosité subtile en leur faveur sous prétexte que le jeune prince Mandjan est « immature, mineur », qui se dit en Malinké « Bèdè tè », donc incapable de prendre des décisions mesurées pour la stabilité du royaume.

Pour détourner l’attention des partisans du prince, ils soutiennent qu’ils rendront le pouvoir au prince lorsque celui-ci sera prêt, c’est-à-dire grand. Cette nouvelle priend de l’ampleur et du coup, pour se moquer du prince déchu et dépossédé de son héritage royal, les sujets (gens) l’appellent dans tout le royaume “Mandjan Bèdè tè” qui signifie « Mandjan l’immature ». Le prince et sa descendance ne réussiront plus jamais à récupérer leur trône, c’est ainsi qu’ils deviennent tous des célèbres marabouts du Manding. La situation géographique et les différents dialectes font que nous les appelons de nos jours Bérété ou Berthé

  • Les Konaté

Konaté vient d’une histoire pathétique qui remonte à cette belle et charmante princesse du nom de Siyara Kéita, mais malheureusement ni sa miséricorde, ni sa bonté, encore sa beauté ne peuvent faire d’elle une mère lorsqu’elle se marie.

Après plusieurs années de vie de couple sans concevoir, sa coépouse et son entourage la traite de stérile qui en Malinké se dit  » Koona ». La jeune princesse, remplie de chagrin et couverte d’humiliation, va vers ses frères pour leur demander de lui donner à adopter un de leurs innombrables enfants. Ceux-ci, sans aucune hésitation, acceptent la requête de la jeune princesse persécutée. De retour chez elle, tous ceux et celles qui la traitaient de stérile sont étonnés de voir un enfant avec la princesse Siyara. Ainsi, se disent-ils entre eux : « Donc elle n’est  » pas stérile «  » qui se dit en Malinké « Koona tè ».

Aux jours succèdent les semaines, ensuite les mois, puis les années, et le fils adoptif s’établit à la tête d’une grande progéniture, assurant ainsi la lignée de la princesse « Siyara Koona tè » qui gardera ce patronyme. De nos jours les membres de cette lignée s’appellent « Konaté » et ils répondent également des noms  Siyara et Kéita.

  • Les Kourouma

Contrairement aux autres patronymes du Manding, il est plus récent et est  prononcé pour la première fois pendant l’hégémonie de l’Empire… C’est un bout d’homme, un individu de petite taille, qui s’est fait une réputation dans la sorcellerie, les fétiches et l’usage de la magie noire dans l’empire à telle enseigne qu’aucun homme ou autres dieux d’alors ne peut prétendre lui faire du mal. Ces derniers essayent en effet par tous des moyens imaginables à lui nuire, mais à chaque fois le bout d’homme triomphe de tous. Finalement aucune personne dotée d’un pouvoir surhumain ne peut lui créer le moindre souci, du coup ils l’appellent “ Kori ma” en Malinké qui signifie “fatigués de lui”. La situation géographique et les différents dialectes font que nous les appelons de nos jours «Kourouma ou Koroma

L’histoire continue, ce bout d’homme s’établit dans une case et accepte la consultation des sujets du royaume pour la prédiction de leurs avenirs et autres mystères les concernant. Un entretien confidentiel signifie en Malinké “doumbouly” et le lieu “dia ou ya” donc par analogie le lieu où ce tiens l’entretien secret se nommait ainsi “doumbou dia ou doumbou ya”. Voilà pourquoi les Kourouma se font appeler « Doumbouya » et vice versa.

  • Les Touré

Les Touré sont à l’origine des hommes du Nord qui naquirent chez les Maraka (Ethnie rare en Guinée, en nombre au Mali et au Burkina-Faso), également des chefs de guerre qui ravagent les contrées qui s’opposent à leur suprématie.  Ils ont en commun leur robustesse avec des pieds grands et remarquables tel des éléphants. Ainsi, les gens du royaume les appellent « Thou-ré » qui signifie dans leurs dialectes « Éléphants ». Mandjou vient aussi de là, mais signifie éléphants inoffensifs “À mandjou” ou “À djouman tè” qui signifie en malinké “ Pas méchant”.

  • Les Sano/Sanogo/Sakho

L’histoire des porteurs de ce patronyme remonte à cet homme pourvu du sens de bravoure et d’honneur du nom de « Amadou le téméraire ».  L’histoire raconte que depuis la nuit temps, existait un rituel pathétique à Ouagadougou qui est celui de donner une fille en offrande au grand serpent à sept (07) têtes de Ouagadougou comme signe de soumission au démon afin de recevoir le bonheur. Cette triste activité perdure sur le territoire de l’empire pendant des siècles.

Un jour, c’est le tour de la promise d’Amadou d’être offerte en sacrifice. Sans l’ombre d’un doute, le vaillant Amadou va se battre en combat singulier avec le python maléfique et démoniaque. Après des rudes épreuves il finit par triompher du python et tranche les sept têtes de la créature, Après quoi il récupère donc sa bien-aimée et s’enfuit avec elle. Ils vivent par la suite le bonheur.  Les habitants du royaume se révoltent contre l’action d’Amadou, craignant le courroux et les représailles des démons. Ils chassent donc la tribu d’Amadou.
Ceux-ci partent vers le sud de l’empire. C’est ainsi que les Malinké les appelent « Saa nogno «  qui signifie  » trace du Serpent  » donc qui ont émigrés à cause du serpent. La situation géographique et les différents dialectes font que nous les appelons de nos jours Sano ou Sanogo ou Sakho.

  • Les Magassouba

Magassouba est patronyme bien plus récent que d’autres. C’est au moment de l’apogée de l’empire, l’époque de la crainte, de la terreur et de la tyrannique, le roi adulé par tous les sujets du royaume a pourtant un ennemi juré. C’est les préféré du peuple, un homme intrépide et téméraire du nom de  » Aly Maïga ». Plus le temps passe, plus la haine du puissant roi contre Aly Maïga grandit. Un jour, le roi ordonne la capture et l’enchaînement de Maïga. Après plusieurs jours, un petit matin les partisans Maïga  s’évadent avec lui et prennent la direction de l’Ouest tout en évitant les gardes et les cavaliers du roi. Le jeune Aly Maïga échappe donc aux supplices du roi et ses chaînes sont brisées dans l’actuelle Siguiri.
Tous ceux qui entouraient Maïga le traitent de détenteur de pouvoir surnaturel. Il est surnommé «Maïga le sorcier » qui se dit en Malinké  » Maïga Souba ». De nos jours, on les rencontre partout en Guinée principalement à Siguiri sous le nom de Magassouba, Diarrassouba ou Maïga au Mali.

  1. Les Condé /Koné

Ce nom est un ancien patronyme. Dans un village reculé de Do (chez sogolon, mère de Soundiata kéita) vit une vieille sorcière qui n’hésite pas à prendre la vie d’une tierce personne à travers la magie noire pour protéger ses biens et sa progéniture. Cette vieille sorcière se fait appeler « Kon ». Pour reconnaître ses enfants et ses petits-enfants, elle met des amulettes autour du coup et bras de ceux-ci. Ainsi donc, dès qu’une personne de la contrée aperçoit l’un d’entre eux, il crie « Kon dén », fils de Kon en malinké. La situation géographique et les différentes dialectiques transformèrent donc en « Condé ou Koné ou encore Conté. »

  1. Les Sylla

Le fondement de ce patronyme est différent de tous les autres précités. Si la majorité des patronymes du Mandeng sont issus de la belligérance ou de l’usage de la magie noire ou encore de la sorcellerie, celui-ci au contraire est lié à la religion, en particulier à l’islam.  Les Sylla sont les hommes intègres et intelligents, doués et dotés du savoir, notamment dans la lecture du Saint Coran. Sylla est cet homme à la voix mélodieuse, captivante, émouvante et majestueuse ; il est magistral dans la lecture des versets du Coran de telle sorte que les gens viennent de tous les horizons pour écouter ou faire écouter cette somptueuse  voix.  Etant donc pratiquement la voix la plus sollicitée et la plus écoutée… Il est surnommé  » l’homme qui preste pendant la nuit de la destinée » qui se dit en malinké  » Roubasyla ». Sa descendance, à ce jour, se trouve en Guinée, au Mali, en Côte d’Ivoire et au Sénégal sous le nom de Sylla.

  1. les Diawara

Les Diawara viennent du nord, d’un village jadis appelé Dia. Comme les jeunes de ce village sont des guerriers farouches, qui sont comparés seulement qu’aux panthères (animal puissant) qui en malinké se dit Wada ou Wara, ils sont appelés « les panthères de Dia », d’où le nom       « Dia wara ».

Source : #FondationBJKD


Nom et prénom chez le peuple Adjoukrou (Côte d’Ivoire)

Les Adjoukrou sont localisés dans le sud de la Côte d’Ivoire, précisément dans la région des Lagunes. Appartenant au peuple Akan, ils se caractérisent par des pratiques culturelles atypiques. Parmi celles-ci, il y a l’attribution des noms. Découvrons ensemble, cette culture. En pays adjoukrou, les noms et prénoms sont attribués selon plusieurs principes. À savoir :

– L’ordre de naissance
– La règle de l’homonymie
– La circonstance de naissance et la règle de l’adinan

Célébration de fête de génération en pays Adjoukrou. Crédit photo : Abidjan.net

1- Noms et Prénoms selon l’ordre de naissance

À sa naissance, un enfant reçoit deux (2)  noms : le nom de son père et son prénom (nom en adjoukrou de l’enfant). Ce prénom peut être attribué selon son ordre de naissance en fonction du nom patronymique.  Ainsi :

– Le premier fils de « Esmel » se prénommera « MéLèdje » et sa première fille « Mèlm ».
– Son deuxième fils sera « Mémel » et sa deuxième fille « Mèley ».
– Le 1er fils de « Sess » se prénommera « Essoh » et sa 1ère fille « Esm ».
– Le 1er fils de « Gnangne » se prénommera « Agnéro » et sa 1ère fille « Agnimé».
– Le 5eme garçon d’une famille adjoukrou se prénomme « Akpa » et la 5eme fille « Yebl ».

2- Noms et Prénoms selon la position de naissance indépendamment du nom du père

– Le troisième enfant successif de même sexe se nomme « Ndjessa » ou « Atchôri »
– Le 4ème de même genre « Ndri »
– Le 9ème enfant se nomme «Yamgbra »
– Le 10ème « Gbru »
– Le 11ème enfant se nomme « Ôkn’ »
– Les jumeaux (fille et garçon) sont «Adjé (ou Litchi) et Yôwl »
– Les jumelles «Yôwl (l’ainée) et Yey (la cadette)»
– Les jumeaux sont «Èg (Étékou ou Litchi (l’aîné)) et Djôbô (le cadet) »
– L’enfant qui suit les jumeaux ou jumelles s’appelle «Amari ».

3- La règle de l’homonymie

Le géniteur peut décider de :
– Reproduire son ascendance c’est-à-dire attribuer à ses enfants les noms de son père, sa mère, son grand-père, son oncle, etc.
Ainsi la plupart des premiers fils sont les homonymes de leur grand-père paternel et les premières filles les homonymes de leur grand-mère paternelle.
– Donner à son enfant le nom de quelqu’un qui l’aurait positivement marqué dans sa vie (un bienfaiteur ou un bon ami par exemple).

4- Noms et Prénoms selon les Circonstances de naissance et règle de l’Adinan

Plusieurs circonstances peuvent entourer la naissance d’un enfant. Ainsi certains noms et prénoms sont attribués en fonction de celles-ci.

– L’enfant né en siège (né par les pieds) s’appelle « Ahipka ».
– L’enfant né après le décès de son père se prénomme Owel (masculin), Doudou (féminin)
– La règle de Adinan : le malheur des décès consécutifs d’enfants est conjuré par l’attribution de certains noms comme Gnanbia (dieu merci), Suw (feuille) etc.

Nb : Ces noms ne sont pas exhaustifs.

Source  #FondationBJKD


Nom et prénom en pays baoulé (Côte d’Ivoire)

En Côte d’Ivoire, l’un des plus grands groupes ethniques est celui des Akan. Et le plus grand groupe Akan est celui des Baoulé.  Chez les Baoulé, il existe une série de noms et prénoms utilisée selon le jour de naissance, la position dans la famille ou les conditions de naissance. Voici pour vous, un aperçu de cette belle culture.

Fête en pays baoulé. Crédit photo : Côte d’Ivoire Tourisme

1- Noms selon le jour de naissance (Homme / Femme)

– Lundi: (Kouassi, Akissi).
– Mardi: (Kouadio, Adjoua).
– Mercredi: (Konan, Amenan).
– Jeudi: (Kouakou, Ahou).
– Vendredi: (Yao, Aya).
– Samedi: (Koffi, Affoué).
– Dimanche: (Kouamé, Amoin).

2- Noms selon la position dans la famille

– 3ème enfant d’une succession d’enfants de même sexe : N’guessan.
– 4ème enfant d’une succession d’enfants de même sexe : N’dri.
– 9ème enfant d’une mère : N’goran.
– 10eme enfant d’une mère : Brou.
– 11ème enfant d’une mère : Loukou.
– 12ème enfant d’une mère : Toungbin/Abonouan.

3- Noms selon les circonstances de naissance

– Atoumgbré : Enfant né pendant que la mère était hors de la maison
– Ahoutou : Enfant né la tête tournée vers le sol
– N’da : Enfants jumeaux :
– Amani : Enfant né à la suite des jumeaux  
– Allaly: Enfant inspirant la quiétude / né dans la paix.
– N’gonia : Désespoir. Pour conjurer le mauvais sort.
– Atiman : Enfant prématuré.
– Djaha : Rouquin.
– Gbamlé : Rouquin/Albinos.

4- Noms faisant référence aux éléments naturels

– Yobouet : Caillou, Pierre.
– Akpoué : Roche.
– Allah : Iroko (chloroflora excelsa).
– Bla : Fontaine.
– N’zué: L’eau.
– Faitai : Lac.
– N’go : Huile de palme (personnes de teint clair).
– Djué : Poisson.
– Bohoussou  : Génie des forêts.
Etc.

« Entre parenthèses : Pourquoi un individu, à l’origine, porte le nom de tel élément naturel plutôt que d’un autre ? Cela relève simplement de sa spiritualité ou du rapport mystique qu’il entretient avec cet élément. Et cette relation s’étend dans la descendance de cet individu, que les personnes de sa lignée portent encore ou non le nom de cet élément naturel, le plus important c’est le lien spirituel ».

5 – Noms de caresse

– Atôwla =  Kouassi.
– Abo =  Konan.
– Kôlou  =  Kouakou.
– Adammo  =  Yao.
– Akpôlè  =  Koffi.
– Bly  =  Kouamé.
– Atchouè = N’guessan.
– Gadeau = N’dri
– Sialou = Amenan.

En ce moment, où l’on écrit, dans une famille Baoulé un « Kouassi » ou  une « Akissi » ont vu le jour.

Nb : Ces noms et prénoms ne sont pas exhaustifs, surtout qu’avec la modernité, les nouveaux parents composent eux-mêmes des prénoms pour leur enfant en fonction de leur situation et de ce qu’ils veulent pour lui ou elle.

Source :  #FondationBJKD


La politique africaine pour les nuls (2)

Quelqu’un dirait que si on vous explique la politique ivoirienne et que vous avez compris quelque chose, c’est la preuve que vous n’avez rien compris. Cette remarque est étrangement valable pour la politique africaine en général. Mais celle-ci a beau être animée par des magiciens, ce n’est finalement pas sorcier, quiconque peut la comprendre.

Pouvoir démocratique, moderne et inclusif ou pouvoir villageois, traditionnel et patriarcal ?

En dehors du Swaziland qui a au moins l’honnêteté de ne pas s’identifier à la démocratie, la majorité des pouvoirs africains s’en réclament. En tant que tels, ils sont supposés modernes et inclusifs comme leurs répliques occidentales. Mais le constat est que ces pouvoirs, qui siègent dans des palais somptueux, en plein centre ville, et censés tenus par des lettrés, sont pareils, comme par hasard, à ceux des villages africains oubliés par le train du développement et qui ne fonctionnent que selon une certaine tradition.

Du Maghreb au Cap, du golf de guinée à la corne de l’Afrique, il n’y a rien de nouveau sous le soleil de la politique africaine. Ces pouvoirs africains sont en effet exercés par un groupe d’individus, généralement des mâles d’un certain âge et qui entretiennent des affinités ethniques, tribales, régionales et souvent amicales. Et pour ne pas donner l’impression d’être des pouvoirs qui excluent, mais leur ingéniosité confirme pourtant la règle (le pouvoir exclusifs de vieux mâles usés), ils incluent certains jeunes gens et des femmes. Ceux-ci font non seulement en général partie du clan, mais aussi n’ont de jeune et de femme que leur apparence, parce qu’ils ont le même esprit que ces patriarches de la politique : l’égocentrisme.

Il est en effet difficilement compréhensible que des individus qui appartiennent à des catégories sociales marginalisées prennent plaisir à s’asseoir à la même table 🍗🍗🍗 que ceux dont la vision, le manque de vision, sinon la cécité politique, est un obstacle à leur épanouissement, voire à l’évolution de tout un pays. Les adeptes des « honneurs passagers », comme les appellent feu Bernard Dadié et de biens mal acquis se servent donc de ces jeunes gens et femmes pour créer une diversion sans laquelle leur pourvoir disparaîtrait. À ce sujet, la transition inclusive préconisée par un pouvoir Bouteflika archaïque aux abois et vomi par l’ensemble des Algériens est très significative. Mais…

« Chasser le naturel, il revient au galop »

L’exclusion est tellement flagrante que ces chers patriarches sont obligés de faire croire qu’ils dirigent des États et non leurs villages. Pour masquer leur clanisme, tribalisme, ethnocentrisme et autre, ces pouvoirs africains là usent de la technique du saupoudrage.

 Le Saupoudrage ou le leurre d’une intégration nationale

Le saupoudrage, évoqué pour la première fois par l’artiste ivoirien Alpha Blondy, est cette stratégie politique qui consiste à réaliser un leurre d’intégration nationale. Plus clairement, le saupoudrage, c’est lorsque le régime met en évidence dans son pouvoir et avec soin quelques individus appartenant à certaines régions du pays autres que la sienne.

Avec soin parce que ces saupoudrés là, comme leur nom l’indique, sont censés être peu consistants, de plus en surface, à la merci des intempéries politiques, des remaniements ministériels par exemple, alors que nous savons tous, et les corrompus du pouvoir en tête, que le plus jouissant se trouve à l’intérieur, en profondeur, dans les coins et recoins, notamment dans les ministères, les directions des services publics, les procédures d’octroi de marché public, la réalisation et la supervision des travaux publiques, etc.

Et lorsque, quelques fois, le navire du pouvoir, sous le poids déséquilibrants de ses propres injustices, malversations et détournement en tout genre tangue sérieusement au point de se renverser, les premiers et les seuls à être jetés à la flotte pour sauver ce navire là sont les corps  étrangers ou les saupoudrés. Ils sont remplacés par d’autres corps étrangers ou d’autres saupoudrés (qui en bavaient) en attendant que le navire tangue de nouveau aussi dangereusement sous le poids de ces mêmes injustices et autres (et ainsi de suite jusqu’à la chute de ce régime).

Mais pourquoi les saupoudrés peuvent-il accepter un tel jeu de dupe ?

D’abord, ce sont des saupoudrés, ils honorent donc leur statut. Et puis, autant le saupoudreur n’a rien et n’est rien sans le pouvoir, de même le saupoudré n’aura rien et ne sera rien sans le saupoudrage. Et puis encore, le saupoudré est un corps étranger qui, comme tout le monde, veut s’en sortir. N’étant pas spécialement compétent, et ne pouvant indéfiniment attendre que le pouvoir revienne enfin à sa région (où il n’a par ailleurs aucun poids traditionnel, économique et politique), il ne devra son salut qu’au saupoudrage. Même si à la chute du pouvoir qui l’a saupoudré, il risque d’être un paria dans sa région d’origine. Mais, heureusement, il aura lui aussi (comme son boss le président qui l’a saupoudré) pensé à préparer son avenir en ayant pris soin de détourner les deniers publics copieusement et méticuleusement, sans état d’âme.

Et si jamais dans un moment de lucidité passagère, le saupoudreur remarque que le saupoudré en fait trop au point de compromettre son pouvoir, il peut à la rigueur, au cas où il n’aurait pas d’autres individus à saupoudrer sous la main… mais plus parce que ce saupoudré fait parti d’une véritable stratégie politique (être par exemple l’explication d’un futur supposé vote massif de sa région en faveur du pouvoir par reconnaissance, plébiscite qui cache en réalité une véritable fraude), le saupoudreur fin stratège, déplace donc son saupoudré détourneur de deniers publics d’un poste plus juteux à un poste non moins juteux.

Ce jeu de promotion mal voilée s’explique au fond par le fait que le plus important aux yeux du régime est non seulement de ne pas perdre son leurre d’intégration nationale en l’écartant complètement de son pouvoir, mais surtout et avant tout de ne pas attirer l’attention sur ses propres malversations en mettant celui-ci à la disposition de la justice. D’ailleurs, comme on  peut bien le remarquer, de tels pouvoirs font plutôt la promotion des injustices que de la justice…

Ainsi en est-il de la politique africaine. Vraiment nul.

 

Retrouvez la partie 1 ici.


En politique africaine, la meilleure place du dauphin, c’est derrière le requin

Avec la désignation par Joseph Kabila de son successeur à la candidature à la présidentielle en RDC, la politique africaine s’est enrichie du terme de dauphin. Ce mot n’y était certes pas courant, mais les individus qui l’incarnent, eux, sont présents depuis des lustres. Seulement, ne demandez pas aux dauphins de passer sur le devant la scène car ils préfèrent rester dans l’ombre, derrière le requin, cette personnalité importante et imposante à qui ils sont supposés succéder. Cette « humilité » sans bornes a bien ses raisons.

Couronne. Cc Wikimedia commons

  • Le pouvoir de la gérontocratie

Bien que l’Afrique d’aujourd’hui se veuille moderne et que ses dirigeants aient fait leurs études en Occident ou, comme Alassane Ouattara, y aient réalisé la grande partie de leur carrière professionnelle, les pouvoirs « démocratiques » africains, aussi surprenant que cela puisse paraitre, demeurent un prolongement des pouvoirs villageois africains.

Ces pouvoirs, comme au village, sont ceux des vieux. De l’Algérie au Zimbabwe en passant par la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Cameroun, le Nigeria, le Congo Brazzaville, etc., les chefs d’État sont au moins septuagénaires. Le plus inquiétant c’est que leurs opposants les plus en vue (notamment en Côte d’Ivoire) ont également le même âge. Ce qui revient à dire que c’est la même génération, celle des vieux, qui anime la vie politique de la majorité des États africains, et qui y détient donc le pouvoir.

Entre parenthèses : la relative jeunesse de certains chefs d’États africains ne les différencie pourtant pas de leurs homologues d’un certain âge. Ils sont en effet tous, jeunes et vieux présidents, animés du même esprit, celui de l’Afrique villageoise : le pouvoir sans partage ; sinon il y aurait par exemple en RDC une réelle alternance, ou même au Burundi, une alternance simplement. Finalement, jeunes et vieux dirigeants africains ne sont pas différents, incarnant tous une certaine Afrique traditionnelle.

Les pouvoirs des vieux à la tête d’États en Afrique auraient été louables s’ils ne flouaient pas les valeurs traditionnelles d’unité, de paix, de préservation des personnes et des biens. Mais il aurait été surprenant que ce n’en soit pas le contraire car ces vieux présidents, justement animés de l’esprit du village, préservent la paix, l’unité, les personnes et les biens au sein de leur propre clan au moyen des biens et services publics.  Et cela, au détriment des États modernes qu’ils dirigent, États composés de plusieurs régions, ethnies, tribus, religions, classes d’âge, voire d’individus d’origines diverses. Ces pouvoirs-là portent même atteinte aux valeurs occidentales d’intégration, d’inclusion, d’égalité des chances et de régénération qui ont présidé à leurs formations professionnelles et intellectuelles, car ces vieux ont soit fait des études, soit mené des carrières professionnelles en Occident, et souvent les deux.

Ces vieux qui verrouillent le pouvoir peuvent être identifiés comme de véritables requins, des requins de la politique. Ils sont toutefois conscients qu’ils ne resteront pas éternellement au pouvoir à cause d’obligations démocratiques, même de façade. Ils se choisissent donc des dauphins.

  • Le dauphin, un autre requin

Oui, ces sages d’Afrique, dont la sagesse ne tient qu’à leur grand âge et à la blancheur de leurs cheveux, quand ceux-ci ne sont pas noircis au yomo ou réduits à néant par le rasoir, ont pourtant des dauphins qu’ils se gardent bien de désigner (qui boit de l’eau par ses narines ?) pour ne pas légitimer et exciter certaines ambitions *:)) Marrant.

D’ailleurs, le dauphin même s’accommode très bien de ne pas être propulsé ou de ne pas se présenter de lui-même au devant de la scène, car avec le vieux, le doyen, ce requin à la tête de l’État, la meilleure place est bien derrière celui-ci.

Ce positionnement est tout à fait naturel pour le dauphin, faut éviter de se prendre un coup de mâchoire dans le dos de la part de ce requin qui ne veut pas laisser la place ; et surtout que derrière le requin, on peut se gaver en toute quiétude de ce qui déborde de sa gueule. Et puis, aussi dauphin qu’on est, on peut aussi jouer le petit requin derrière le vieux requin sans risque qu’il puisse vous demander un jour des comptes (si ce miracle se produisait*:)) Marrant) sans se compromettre lui-même. Parce qu’au fond, un requin ne met pas au monde un dauphin, mais bien un requin. Bonjour les détournements de deniers publics et les pratiques digne de la mafia, au vu et au su du vieux requin qui ne s’en émeut pas parce que ça détourne justement l’attention du petit requin du vrai pouvoir déjà occupé par lui, le requin usé,  vieillissant et sénile.

Mais attention, car dans certaines situations, comme en Côte d’Ivoire avec Guillaume Soro, il arrive que le dauphin soit fatigué de la dauphinité, se révolte,  revendique ouvertement sa requinité, et veuille se positionner en avant du vieux requin. Mais là, c’est une autre histoire.


Papa président, le sauveur

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Superman by semihundido cc flickr.com

Après la période du père de la nation et du président fondateur des lendemains des indépendances, l’Afrique connaît aujourd’hui celle du papa président. Faisons donc connaissance avec cet étrange personnage de l’Afrique démocratique et moderne.

Papa président, comme son nom l’indique, est un chef d’État.

Mais, attention, il y a également des papas présidents, présidents de partis politiques d’opposition.

Ainsi, papa président est avant tout le père de tous ces concitoyens, des plus âgés comme de ceux qui ont le même âge que lui. Après tout, n’y a-t-il pas des pères à l’Église catholique ?*:)) Marrant

Mais le « papa » de l’appellation « papa président » est plus inspiré par l’Église évangélique. Ainsi autant, il y a des « papas pasteurs », par exemple en Afrique, autant, il y a des « papas présidents ». Papa président est donc le pasteur de ses brebis. Il ne reste plus qu’à savoir s’il est le bon pasteur de la Bible, c’est-à-dire ce berger qui est prêt à donner sa vie pour sauver ses brebis face au loup.

Mais en regardant papa président de plus prêt, vous verrez que sous son costume de grand pasteur se cache en réalité le loup ravisseur *:)) Marrant. Ainsi, il ne s’embarrasse pas de prendre des vies pour sauver son pouvoir quand celui-ci est menacé. Il ne se prive pas non plus de livrer des vies pour accéder au pouvoir.

Quand il est au pouvoir, vous le verrez faire preuve d’une consternante indifférence, voire d’une arrogance sans borne, quand les agents de sécurité dont il est le chef suprême tuent des manifestants contre son pouvoir. Et quand il est opposant, président de son parti politique, il se plaît dans le décompte macabre des cadavres de ses partisans tombés sous les balles de l’armée de son adversaire politique. Quelquefois, papa président opposant et papa président gouvernant se disputent les victimes. Lequel en aura le plus pour discréditer l’autre et s’attirer la sympathie de la communauté internationale. Mais généralement, c’est papa président gouvernant qui sort perdant de ces calculs mortuaires, ayant la répression pour seconde nature, parce que lui, est fait pour gouverner.

Revenons à papa président gouvernant. Pour lui, les populations sont des éternels enfants. Pire que des enfants ce sont des attardés qui sont incapables d’évoluer tout seul. Papa président, dans son immense amour de son prochain, et avec le plus grand désintérêt du monde *:)) Marrant, se propose donc de leur tenir la main en se transformant en président à vie. Mieux, en président éternel, car même après sa mort, les populations ressentent sa présence, aussi désœuvrées, délaissées et endettées qu’elles soient.

Lorsque l’un des membres du gouvernement de papa président est soupçonné d’acte immoral, de détournement de deniers publics par exemple, papa président, homme intègre et grand garant de la justice devant le peuple et l’Éternel réagit avec la dernière énergie contre cet écart de gouvernance. Il fait tout simplement changer de poste à son ministre *:)) Marrant, le faisant passer d’une occupation très juteuse à une autre non moins juteuse.

Ça, c’est quand il n’est pas scandalisé. Sinon, quand il est vraiment indigné, il préfère ne pas ennuyer son ministre. Mieux vaut éviter de chercher anguille sous roche, sinon on pourrait plutôt y trouver ses propres casseroles*:)) Marrant.

Que disons-nous ? Papa président, hyper père de famille, est tout de même un homme de grande probité. Il a d’ailleurs juré loyauté au peuple la main gauche sur la Bible, la droite sur les yeux, un pied sur la Constitution et l’autre sur la déclaration universelle des droits de l’homme et des peuples. Il est si loyal qu’il évite de créer des problèmes à son ministre spécialiste en détournements de fonds. Quoi de plus normal puisqu’il ne fait que témoigner reconnaissance à un camarade de lutte, camarade de lutte qui, quelques fois, est un ressortissant du même village ou de la même région que lui.

Papa président est aussi un grand rassembleur. Il arrive ainsi à mettre ensemble marabouts, pasteurs, féticheurs et sorciers, autour de lui. Il est à lui tout seul une synthèse des religions.

Et que dire de sa connaissance des réalités de son pays ? Demandez-lui le prix d’un ticket de bus, il s’étonnera qu’il y ait des gens qui empruntent encore le bus au troisième millénaire. De sa voiture présidentielle, il croyait que ces gros engins motorisés étaient des poubelles mobiles. Quoi de plus normal puisque le pays est en voie d’émergence. De plus l’aspect de ces engins les prête vraiment au transport d’ordures.

Demandez à papa président la température qu’il fait au pays, il vous répondra promptement :

« zéro degré ».

Il ne peut en être autrement puisque pour se rendre de son domicile climatisé à son bureau très climatisé en passant par l’ascenseur autant climatisé, papa président emprunte son véhicule non moins climatisé. Finalement pour lui, le pays est super climatisé. Ceux qui se plaignent de la chaleur à cause des délestages, et des embouteillages au passage de son cortège, papa président les traite de jaloux. Ceux-là vont maigrir, selon lui. Et il a même une sentence qui démontre qu’il est maître de la situation :

« Le chien aboie, la caravane passe ».

N’oublions pas que papa président est le sauveur. Il travaille donc à restaurer l’économie de son pays si bien qu’en période de crise, il sollicite la bonne foi de ses enfants, pardon ses administrés. Il leur demande simplement de se serrer la ceinture, alors que sa ceinture à lui, il a des difficultés à la boucler .*:)) Marrant

Papa président est si altruiste qu’il n’hésite pas à entrer en conflit ouvert avec l’Occident qu’il accuse d’être la cause des retards de développement de son pays. Il est même l’auteur de ces formules qui ont marqué l’histoire et qui ont fait des émules. Comme formule nous avons par exemple :

« Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage ».

Mais ces propos peuvent être reformulés ainsi :

les populations préfèrent la pauvreté dans la liberté à l’esclavage dans la richesse,

parce que papa président lui, se gave des mets les plus succulents derrière la clôture de la présidence pendant que les populations, elles, crèvent la dalle dans leur taudis. Et, ces mêmes Occidentaux qu’il accuse de tous les maux, papa président en reçoit nuitamment pour la signature de juteux contrats, à son profit et à celui de sa famille bien entendu.

Ainsi en est-il de papa président, le Sauveur. Pour être un sauveur, on peut dire qu’il se tire vraiment du péril .*:)) Marrant Et, ce ne sont pas les populations désœuvrées dont il serait le  sauveur qui diront le contraire.*:(( En pleurs


Quand les neuf défunts soldats français de Bouaké parlent au président de la République française

Monsieur le président de la République française,  notre ancien compatriote, quelle joie, quelle honneur, quelle fierté ressentons-nous en ce moment ici dans l’au-delà d’avoir été honorés par vous à travers cette cérémonie de commémoration qui nous a été destinée, sur le lieu de notre décès, à l’ancien site du lycée Descartes de Bouaké, ce 22 décembre 2019 ! L’initiative est digne d’une nation reconnaissante, civilisée avec de braves autorités, qui n’oublie pas ses fils et filles, même morts, auparavant honorés, enterrés et dont leurs familles et leur nation ont déjà fait leur deuil ! Oui quelle fierté pour nous ici dans l’au-delà de voir une stèle dévoilée et fleurie pour notre souvenir et de nous savoir ainsi aimés des nôtres, même si les conditions réelles de notre disparition demeurent encore suspicieusement obscures, même 15 ans après !

Dans le même temps, quelle tristesse ! Et même quelle honte pour nous de ne pas pouvoir partager cet honneur que vous nous faites avec tous les autres défunts des crises que la Côte d’Ivoire  a vécues ! Nous pensons  en particulier à tous ces autres morts de la ville de Bouaké, brutalement arrachés à l’affection de leur proche et dont la mémoire n’a jamais été honorée. Silence coupable ? Nous ne saurions le dire même en étant là-haut.

Dans tous les cas, nous les voyons ici, ces défunts qui ne le sont pas officiellement, mais qui ont bien été rappelés à Dieu : les dizaines de défunts gendarmes de la compagnie de Bouaké et leurs garçons adolescents, ainsi que leurs proches de sexe masculin, massacrés en octobre 2002 dans des cellules du 3e bataillon de Bouaké et enterrés dans des charniers, les danseuses d’Adjanou (danse traditionnelle) de Sakassou, dans la région de Bouaké, exécutées par les anciens rebelles, tous ces Bouakéens du quartier N’gattakro, non loin de la résidence du chef de l’État, qui sont morts des suites d’affrontements intercommunautaires en octobre 2002.

Nous voyons aussi ici d’autres défunts ivoiriens dans une grande tristesse, ils ne demandent rien d’autres qu’à être simplement honorés : ces morts de Monokozohi ; ces morts de la répression qui a suivi notre décès et les mécontentements après la destruction des aéronefs ivoiriens, sur les deux premiers ponts d’Abidjan, dans  la zone sud de cette ville et devant l’Hôtel Ivoire ? C’était de tous jeunes gens comme nous. Et plus tard en 2010, ces morts de la crise postélectorale de 2010-2011, dans Abidjan ; les morts de Duékué en mars 2011, etc.

Ce sont toujours toutes des âmes errantes au-dessus de la Côte d’Ivoire. Nous n’en sommes pas moins, nous dont notre mémoire semble instrumentalisée à des fins économiques et politiques et ouvrira de grandes blessures chez des Ivoiriens. Méfiez-vous des manipulations, de quelle nature et quelle origine qu’elles soient… Ne sous-estimez pas les gens.

Vous êtes une autorité, nous sommes honorés de la considération que vous nous accordez, mais croyez-nous, il n’y a pas un meilleur mort qu’un autre. Toute mort est mort. La preuve, aucun des défunts des crises en Côte d’ivoire n’est sur terre. Nous sommes tous des disparus pour vous les vivants. 

Vous avez dévoilé et fleuri la stèle que vous nous avez dédiée. Nous ne vous demandons pas d’en faire de même pour tous ces défunts ivoiriens de l’insurrection armée ; il en va de leur dignité puisque vous n’en êtes pas l’autorité. Mais vous avez été sur leur territoire et vous semblez entretenir de bonnes relations avec leurs gouvernants actuels qui ont la chance de contrôler tout le territoire.

Convaincus de votre amour pour nous et de votre maturité malgré votre jeune âge, nous plaidons auprès de vous, d’user de votre influence pour convaincre leurs compatriotes avec qui vous avez dévoilé et fleuri notre stèle et qui n’auraient pas votre clairvoyance… convainquez ces derniers de leur accorder, à tous ces défunts ivoiriens les mêmes honneurs que vous nous manifestez en leur chaleureuse compagnie. C’est à votre avantage. Ce courage, croyez-nous,  vous évitera bien d’embarras et de honte dans l’avenir, particulièrement en 2020 lors de l’élection présidentielle dans leur pays.

Demandez-leur de se faire violence, de souffrir que ce ne soit pas une sélection ou un étiquetage macabre des morts : soit de tel camp ou de tel autre camp. Que ce soit une commémoration nationale de tous les morts des différentes crises en Côte d’Ivoire, sans couleur politique, ethnique, régionale, et même de nationalité, etc. Juste une cérémonie destinée à rappeler le souvenir des morts sur leur territoire pendants ces moments difficiles. Et vous verrez que l’esprit de mort qui rode sur le territoire ivoirien depuis des décennies disparaîtra.

Ce ne sont pas vos oignons, certes, mais ce sont vos amis qui gouvernent ce pays. C’est en tout cas ce que nous avons semblé voir durant votre visite officielle. Vous y avez d’ailleurs reçu des présents, sans compter que vous avez aussi été fait chef traditionnel, donc garant de paix ; qui plus est lorsque votre nom de chef : Ndjekouale, ou le faiseur de paix, l’ouvrier de paix, traduit fidèlement la nouvelle identité que les chefs traditionnels ivoiriens vous ont donnée.

À Kolea Ange Armel, dit Mel, et tous les défunts connus et anonymes de la crise socio-militaro-politique en Côte d’Ivoire.


15 novembre en Côte d’Ivoire : journée nationale de la paix ou journée nationale de l’hypocrisie ? (suite)

L’absence de guerre ne signifie pas présence de paix

Ceux des Ivoiriens, étrangement proches du régime,  qui ont vu leur situation, comme par enchantement, évoluer extraordinairement à l’accession justement d’Alassane Ouattara au pouvoir ne le reconnaîtront certainement pas, mais trop de frustrations et d’injustices existent encore en  Côte d’Ivoire pour prétendre que les Ivoiriens sont véritablement en paix.

Dans un premier temps,  des personnes qui ont perdu leurs biens dans les anciennes zones assiégées, ou même qui sont par exemple impuissantes devant le délabrement de leur maison là-bas, faute de moyens pour pouvoir les réhabiliter ne peuvent prétendre être en paix, habitées par l’incertitude, rongées par l’amertume  laissées pour compte qu’ils  ont.

Ensuite les dividendes de la remarquable croissance économique dont se vante le pouvoir ne profitent pas à l’ensemble des Ivoiriens alors que l’inflation, elle, est bien réelle autant que le chômage et la paupérisation grandissante d’une  population dont près de la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté dans un pays gangréné  par la corruption et réduit au silence par l’autoritarisme du pouvoir. Il va sans dire qu’un quotidien aussi éprouvant  est non seulement source de tourments personnels, mais n’est pas une garantie de paix, qui plus est quand c’est seulement le clan présidentiel qui profite des bénéfices de la croissance. Ces nouveaux riches donnent ainsi l’impression que le pays, bien commun, est leur business personnel, mais encore plus grave ils font bien voir qu’ils construisent leur bonheur sur la misère et les malheurs des populations.

Les dernières élections municipales et régionales émaillées de fraudes, de troubles et pire de morts d’hommes sont enfin une confirmation de l’incertitude que couve sournoisement la Côte d’Ivoire. Elles incitent à tirer sur la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. Pour avoir malheureusement subi des pertes en vie humaines pour de simples élections locales qui n’ont d’ailleurs pas mobilisé l’électorat, on imagine bien ce qui pourrait se passer  lors de l’élection présidentielle de 2020 qui s’annonce très disputée comme celle de 2010 : le pire encore une fois.

En voyant toutes ces négligences et ces injustices persistantes que personnes n’ignorent, y compris les autorités, qui ont le pouvoir de les corriger mais demeurent dans une indifférence consternante et angoissante, il est tout à fait raisonnable de dire  que la journée nationale de la paix en Côte d’Ivoire y est plus une journée nationale  de l’hypocrisie. Visiblement, en Côte d’Ivoire, la paix n’est pas un comportement, mais plutôt de vains mots.


15 novembre en Côte d’Ivoire : journée nationale de la paix ou journée nationale de l’hypocrisie ? (1)

Avant tout propos, je m’incline en mémoire de toutes les personnes  qui ont perdu la vie lors des différentes crises qu’a connues notre pays.

Le 15 novembre dernier, était célébrée la paix en Côte d’Ivoire, comme à cette date depuis 1996. Les beaux discours prononcés ce jour, lors de manifestations pompeuses présidées par des autorités en grand apparat et fanfaronnant, qu’applaudissait une assistance sur son 31, cachent pourtant mal la laideur d’une Côte d’Ivoire, si prompte à faire la fine bouche lors de célébrations, en particulier pendant celle dédiée à la paix, mais dont le cœur demeure ténébreux.  

« Léopard est joli, mais son cœur est mauvais »

Rappelle historique de la date du 15 novembre

Le 15 novembre a été décrété journée nationale  de la paix en Côte d’Ivoire en 1996 par Henri Konan Bédié, alors président de la République. Ce décret  a été pris un an après les troubles lors de l’élection présidentielle de 1995 qui, à  l’époque déjà, avait causé des morts d’hommes. Il avait été motivé par la volonté de rappeler le besoin d’œuvrer pour la paix dont le premier président de République, Houphouët-Boigny, s’était fait le chantre. Ce dernier avait d’ailleurs cette phrase pour illustrer le fait que la paix engage tout l’être :

« La paix n’est pas un vain mot, c’est un comportement ».

Ce 15 novembre dernier était donc la 22ème journée nationale de la paix. Et quand l’on sait les crises que la Côte d’Ivoire a traversées durant tout ce temps, on ne peut que constater  que cette  journée avait été plus une journée de l’hypocrisie que de la paix, et malheureusement, elle l’est encore aujourd’hui.

Bien que la mort fasse partie de l’existence des hommes, lorsqu’elle frappe, ce n’est pas un événement banal, le temps semble s’être arrêté. Dans plusieurs communautés à travers le monde et particulièrement dans celles d’Afrique, singulièrement en Côte d’Ivoire, en cas de deuil, un nombre de rites ont lieu, des attitudes sont adoptées, avant que la vie puisse reprendre son cours normal.

  • Une période de deuil

Il s’agit effectivement dans un premier temps de vivre une période de deuil. Pendant celle-ci on adopte une attitude qui nous fait rappeler qu’on est dans  un moment particulier, un moment douloureux.  Ce temps est marqué entre autres par une grande retenue dans le comportement à travers  une restriction au niveau de la  nourriture, une abstinence sexuelle et un changement de l’habitude vestimentaire, non seulement réduite juste à l’essentiel, mais dominée par les couleurs noir et sombre pour dévoiler l’état de tristesse intérieure que cette disparition nous fait endurer.  On adopte en somme une attitude d’affliction.

  • La levée de deuil

Après ce temps de douleur, il y a dans un second temps la levée de deuil. Pendant cette cérémonie,  la communauté se retrouve. On  se débarrasse des habits de deuil, pour des vêtements aux couleurs plus gaies, rassurés qu’après avoir été honorée, l’âme du défunt repose en paix. Les visages auparavant fermés deviennent moins tristes et s’ouvrent petit à petit à la gaieté. Mais que constate-t-on en Côte d’Ivoire ?

  • Ignorance, Hypocrisie, mépris

Après tant de morts depuis l’an 2000, et même avant, qui ont atteint un pique sans précédent en 2010   avec plus de 3000 morts

officiellement, aucune période de deuil à l’échelle nationale n’a  été   observée à  la mémoire de tous ces disparus, comme s’il n’y avait jamais eu de tels morts en Côte d’Ivoire, ou comme si ces pauvres défunts n’avaient jamais été des êtres humains, ou même comme si leur disparition était normale. Il va sans dire que la levée de deuil n’a jamais été à l’ordre du jour. Est-ce par ignorance, par hypocrisie… ou par mépris ?

On ne saurait le dire.  On  sait pourtant que chacun à son niveau, en particulier nos autorités qui ont le devoir de garantir la quiétude sociale, se soumettent à ces obligations et rites lorsqu’elles perdent un proche.

Alors il serait louable de les réaliser pour de simples personnes avec qui nous étions liés par la terre ivoirienne, mieux avec qui nous partagions la condition humaine. On gagnerait à le faire pour que les âmes de ces personnes violemment arrachées à la vie et inhumées pour certains dans des conditions déplorables quand leur cadavre n’a pas été dévoré en pleine forêt par les rapaces, reposent définitivement en paix, leur mémoire ayant été reconnue et honorée par ceux qu’elles ont précédés dans l’au-delà.

Il nous serait avantageux d’effectuer ces cérémonies  car elles nous feront prendre conscience des méfaits de toutes les entraves à la paix, et partant de l’impériosité d’une véritable culture de la paix.

Il ne sert à rien d’ignorer ces  simples cérémonies ô combien essentielles pour le repos de l’âme de nos défunts au profit malheureusement d ’opération d’indemnisation  des victimes de guerre et des ayants droit des défunts.

Ces démarches  responsables sont à féliciter. Mais il n’y a pas que les indemnisations, surtout que celles-ci  sont source de polémiques qui soulèvent cette problématique : dans un pays qui, pendant près de 20 ans a subi la crise du Nord au sud, de l’est à l’ouest  sans oublier le centre,   où chacun à son niveau  a d’une façon ou d’une autre enduré ces moments tragiques, y-a-t-il des gens qui sont moins victimes d’autres ? C’est une autre  question qui nécessite un article complet …

Seulement le constat est que nos défunts sont ignorés quand des personnes injustement écartés  des indemnisations ne sont pas plus considérés. Finalement  défunts et vivants ont de quoi ne pas être en paix, même si les seconds peuvent bien se convaincre du contraire car le pays n’est pas en guerre.  Mais absence de guerre ne signifie  pas présence de paix.

à suivre