N'Guessan Jean Christ Koffi

Côte d’Ivoire : les 1000 Ave Maria, la Solution

Chrétiens Catholiques en pleine méditation des 1000 Ave aux pieds de la Vierge Crédit Photo : Christ Koffi
Chrétiens catholiques en pleine méditation des 1000 Ave aux pieds de la Vierge Crédit photo : Christ Koffi

Il n’y a certes pas un monde parfait, mais il y a un monde où l’on se sent bien. S’appropriant cette réalité, des Ivoiriens de confession catholique ont trouvé comme solution à tous leurs problèmes, la neuvaine à Marie qui défait les nœuds. Cette neuvaine est bouclée par la prière des 1000 Ave. Pratiquée depuis 2013 par les paroissiens de Saint-Pierre de Niangon sud (Yopougon/Abidjan), cette prière reste toujours célèbre, surtout en ces temps-ci où, en plus de divers maux, les Ivoiriens doivent faire face au phénomène des enlèvements et meurtres d’enfants.

Ce samedi 7 février 2015, la prière des 1000 Ave est prévue pour débuter à 7 h 30. A ce moment précis, une pluie a vite fait de passer par là. Mais c’est sans compter avec l’opiniâtreté des chrétiens qui, parapluie au-dessus de la tête, s’engagent sous cette pluie battante. Direction : paroisse Saint-Pierre de Niangon Sud. En ce qui me concerne, avant de pouvoir enfin envoyer un billet sur l’enlèvement des enfants en Côte d’Ivoire, il est déjà 10 heures. Deux heures de temps à batailler avec la connexion. Je presse donc les pas vers la paroisse pour prendre part a rassemblement de fidèles.

Comme le veut la tradition, les chrétiens ont à la main des pots de roses rouges, blanches ou jaunes qu’ils offriront à la Vierge. Ils ont aussi des bougies. Rien n’est fait au hasard. Dirigés par la légion de Marie de la paroisse, les 1000 Ave s’effectuent par tranche de 100. À chaque centaine correspondent un ou plusieurs sujets de prières.

L’animatrice du jour, Madame Justine Yao conseille vivement les personnes qui sont concernées par les sujets de prière de quitter leur place pour se retrouver au pied de la statue de la Vierge, faire un cœur à cœur avec leur mère bien aimée, et lui exposer ainsi leurs problèmes en face. C’est ainsi qu’à chaque sujet de prière, la majorité des participants se retrouve au pied de la Vierge. Et, ce ne sont pas des sujets de prière qui manquent : Prière contre la maladie, contre la sorcellerie, contre les infidélités dans le couple, contre le « broutage », contre les divisions familiales, contre la débauche, contre les blessures intérieures, contre Ebola qui déshumanise l’homme… Les prières contre le chômage et l’alcoolisme restent de loin celles qui ont déplacé le plus de monde aux pieds de la Vierge.

Comme toujours, une messe est célébrée pour l’occasion. Très réaliste, le célébrant, le père curé, Monseigneur Camille N’drin, fit comprendre que ces 1000 Ave ne serviraient à rien sans véritable conversion du fidèle ou sans que celui-ci manifeste de l’amour pour son prochain,

Des personnes ayant bénéficié des bienfaits des 1000 Ave ont également témoigné de l’efficacité de cette prière. Ainsi de Madame Apeti Josiane affirme avec conviction  :  « Je veux rendre grâce à Dieu pour tous ses bienfaits, dit-elle (…) je veux rendre témoignage pour mon conjoint. J’ai l’habitude de faire les 1000 Ave. Le Seigneur s’est manifesté, et mon conjoint a eu une promotion ».

La jeune étudiante Bissa Sonia vient également dans un témoignage émouvant confirmer l’efficacité des 1000 Ave : « Je devais composer à la seconde session, le jour des funérailles de mon père, confie-t-elle. J’étais perturbée par la coïncidence de ces deux événements. J’ai donc confié ma compo à la vierge. Je n’ai malheureusement pas pu assister à l’enterrement de mon père, mais Dieu merci, j’ai pu valider mon année, et je passe en année de maîtrise ».

Les 1000 Ave se sont terminés sur une émouvante prière pour les âmes du purgatoire, particulièrement pour le repos des âmes de ces enfants enlevés et tués en Côte d’Ivoire.

Puis, confiants et certains que nos prières seront agréées, nous nous sommes séparés.


Côte d’Ivoire : après la victoire à la CAN, les leçons

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Supporteurs des Eléphants de Côte d’Ivoire Crédit Photo : Christ Koffi

 

La Côte d’Ivoire a enfin remporté sa deuxième CAN (Coupe d’Afrique des Nations), on le sait. Mais, avant la compétition, les Ivoiriens ne vendaient pas chère la peau de leur équipe nationale de foot. Et, ils avaient des arguments pour cela : rumeurs de formation de clans au sein de l’équipe et de palabre autour du brassard de capitaine, retraite internationale de Didier Drogba et Didier Zokora, difficile qualification des Éléphants pour la phase finale, palabre entre le ministre des sports et la FIF (fédération ivoirienne de football) au sujet des fonds alloués pour la préparation des Éléphants, la jeunesse et l’inexpérience de l’équipe, etc. Mais à la grande surprise et à l’immense joie des Ivoiriens, les Éléphants sont champion d’Afrique. Cette victoire n’est pas le fruit du hasard car durant cette CAN, et même avant, les Éléphants ont développés des qualités qui militaient en leur faveur. Et, ces qualités là doivent inspirer les politiques ivoiriens car ces derniers ont plus tendance à faire de la récupération politique qu’à tirer des leçons de cette victoire pourtant pleine de symboles.
« (…) Merci la jeunesse ! (…) » clamait le président Alassane Ouattara au stade Félix Houphouët Boigny le lundi 9 février pour féliciter les nouveaux champions d’Afrique que sont les Éléphants de Côte d’Ivoire. Et, le président ne semblait pas si bien dire car durant la compétition, les jeunes footballeurs ivoiriens ont développé plusieurs qualités.


D’abord la persévérance :
Malgré un début de compétition calamiteux, notamment lors de leurs deux premiers matchs et un passé récent (en coupe du monde et en éliminatoire de CAN) pas du tout rassurant, les Éléphants n’ont pas baissé les bras. Ils ont plutôt persévéré dans le travail au point de tenir tête aux lions indomptables du Cameroun qu’ils finiront par battre. Ils ont ainsi pris leur revanche face à cette équipe qu’ils n’avaient jamais battue sur le terrain et qui leur avait infligé un humiliant 4-1 à Yaoundé lors des éliminatoires.


Ensuite l’abnégation :
C’est de cette qualité que les Éléphants ont fait preuve pour tenir le score contre le Cameroun, pour remonter le score lorsqu’ils étaient menés, mais aussi pour prendre le dessus sur leurs adversaires, notamment en quart et demie finale. On les a tous vu être volontaire sur le terrain se sacrifier et jouer les uns pour les autres.


Puis, la solidarité :
Comme symbole de cette solidarité, j’ai encore en mémoire les belles images de nos footballeurs se tenant et s’encourageant les uns les autres lors de la difficile épreuve des tirs au but à la finale.


L’humilité :
Les stars des Éléphants, comme Gervinho, Bony Wilfried, Yaya Touré et autres ne se faisaient prier pour venir défendre avec leurs plus jeunes coéquipiers de la défense, moins connu que sont Wilfrid Kanon et Éric Bailly ou assurer la couverture de ceux-ci. Les stars ivoiriennes ont de plus été attentives aux instructions de leur modeste entraineur, M. Hervé Renard.
Le plus grand symbole d’humilité chez les Eléphants est sans contexte Copa Barry. Malgré ses 81 sélections en équipe nationale, ses sept CAN dans les mollets et les nombreuses critiques dont il était l’objet, le gardien de but des Éléphants ne protesta jamais. Il occupa sagement le banc de touche, ayant perdu sa place de titulaire au profit d’un plus jeune et moins capé que lui.


Le sens du devoir :
Nous avons encore en mémoire chaque joueur des éléphants, en plus d’être solidaires des autres, faisant ce qu’ils faisaient le mieux sur un terrain de foot : Les attaquants marquant des buts, les milieux défensifs et offensifs jouant leur rôle, les défenseurs jouant le leur, les gardiens de but gardant jalousement les buts, et encore une fois, Copa Barry, l’humble, arrêtant des tirs au but décisifs et marquant même le tir au but victorieux pour la Côte d’Ivoire.
Et la qualité ultime qui, en mon sens, fut le déclic de toutes les autres qualités des Éléphants ne fut pas manifestée durant la CAN. Ce n’est même pas l’un des 23 sélectionnés de M. Hervé Renard qui en fut l’auteur. Cette qualité là, c’est le détachement.


Le détachement :
Les footballeurs qui en sont les auteurs sont les deux Didier : Drogba et Zokora. Après de brillants services rendus à l’équipe nationale de foot de Côte d’Ivoire, ces deux Éléphants ont pris leur retraire internationale pour laisser la place aux plus jeunes. Drogba particulièrement se tint à sa décision malgré les nombreuses démarches pour le faire revenir en équipe nationale.
Par ce détachement, il montra ainsi toute la confiance qu’il avait en ces jeunes successeurs. Il fit ainsi preuve d’une hauteur d’esprit qui, selon moi, est le fondement de toutes les qualités que les Éléphants développèrent pour remporter la coupe. Et c’est ce détachement ou cette « Drogbattitude », qui devrait inspirer les politiques ivoiriens. On a en effet des personnes qui font partie du pouvoir ivoirien ou qui en sont proches attribuer la victoire des Éléphants à la présence du président Alassane Ouattara sur le terrain, pardon, au pouvoir en Côte d’Ivoire. Il en est ainsi de la ministre de la communication, Madame Affoussy Bamba, et du RDR (Rassemblement des Républicains) .


Bref, le président Alassane Ouattara ne croyait pas si bien dire, quand pour féliciter les nouveaux champions d’Afrique, il disait : « Merci la jeunesse ». Et moi, je dis aussi : « Merci la jeunesse ».
Mais, je dis surtout : « Merci grand-frère Didier Drogba ». Cependant, mon souhait est de pouvoir dire bientôt : « Merci Messieurs les présidents, nos papas Laurent Gbagbo, Konan Bédié et Alassane Ouattara ».


Didier Drogba, grâce à sa hauteur d’esprit, a inconsciemment montré le chemin aux « dinosaures » de la politique en Côte d’Ivoire. Il n’y a pas de peur et de honte que ces derniers suivent son exemple car c’est la Côte d’Ivoire qui gagnera. Les Éléphants de Côte d’ivoire, champion d’Afrique, en sont la preuve.


CAN 2015 : Côte d’Ivoire champion, c’est gâté à Babi !

Les Ivoiriens dans les rues d'Abidjan après la victoire des Eléphants à la finale de la CAN 2015 Crédit photo : Christ Koffi
Les Ivoiriens dans les rues d’Abidjan après la victoire des Eléphants à la finale de la CAN 2015 Crédit photo : Christ Koffi

Babi, c’est le petit nom d’Abidjan qui ne se prononce qu’en cas de joie extrême. Et de la joie, comme celle-là, je ne me souviens pas d’en avoir vu chez les Ivoiriens depuis Sénégal 92. Et, il fallait le voir pour le croire, car après deux échecs en finale de CAN, les Ivoiriens désespéraient vraiment de voir leur équipe nationale remporter enfin cette coupe qui les fuyait depuis 23 ans. Mais, depuis ce 08 février 2015, c’est fait, les Éléphants de Côte d’Ivoire sont Champion d’Afrique. Et, Abidjan l’a célébré comme il se doit.
Après le tir au but vainqueur de Copa Barry, le gardien de but de la Côte d’Ivoire, c’est tout Abidjan qui se déverse dans les rues d’Abidjan, particulièrement à Yopougon. Hommes, quelques fois en slip, femmes en short ou pantalon Jeans pour l’occasion et enfants, torse et pieds nues, tous la gorge déployée crient leur joie d’être champion d’Afrique. Certains effectuent des bonds en hurlant leur joie, d’autres se roulent par terre. D’autres tombent dans les bras les uns des autres. D’autres encore courent à travers les rues de la commune vêtus d’orange ou avec de larges drapeaux de la Côte d’Ivoire. Tous expriment leur joie en chantant : « On a débrouillé, débrouillé jusqu’à gagner » ; « Aujourd’hui, Dieu a fait pour nous », « c’est l’année de notre année ». Les paroles qui reviennent la plus sont des « Copa merci, Copa merci » ainsi que ce « merci Seigneur », que crie aussi cette jeune femme au bord de la route, regardant les larmes aux yeux toutes ces personnes criant et dansant leur joie de savoir la Côte d’Ivoire championne d’Afrique de football.

Ivoiriens dansant dans les rues de Yopougon après la victoire des Eléphants en finale Crédit photo : Christ Koffi
Ivoiriens dansant dans les rues de Yopougon après la victoire des Eléphants en finale Crédit photo : Christ Koffi

Comme s’ils s’y étaient donnés rendez-vous, des supporteurs des Eléphants du quartier Niangon sud à gauche (Yopougon) se rassemblent toute la nuit devant un maquis, sur le bitume. Tous les véhicules passant là sont prient d’assaut par les gens euphoriques qui se jettent sur le capot en criant de joie. Des couples s’embrassent sur la bouche. De la bière en bouteille est déversée sur les gens qui en redemandent. Ça crie et ça danse aux sons de l’impressionnant répertoire de soutien aux Eléphants : Gadji Céli, Magic système, les sans façons, Finiti, Magnific, etc. sont joués.

Les Ivoiriens en joie après la victoire des Eléphants Crédit Photo : Christ Koffi
Les Ivoiriens en joie après la victoire des Eléphants Crédit Photo : Christ Koffi

Juste pour chambrer les Ghanéens, les adversaires d’un soir, des Jeunes miment, dans des crie de joie, les arrêts de Koppa barry, puis son tir au but gagnant. Pour l’ambiance, d’autres imitent aussi la danse sur les fesses du gardien de but de la RDC, Robert Kidiaba. Le DJ (Disc Joker) d’un soir y met également du sien en jouant le morceau fétiche « Asec-Kotoko » du groupe Zouglou Poussin Choc. Ce morceau suscite encore plus de cris de joie de la part des Supporteurs. Normal, puisque ce morceau parle avec humour de l’opposition entre un club ivoirien et un autre ghanéen dans les années 90. D’autres morceaux suivent.
Jamais Coupé n’a été décalé que cette nuit là et à cet endroit là. Mais Coupé décalé rivalisait avec Mapouka ; du Mapouka plus séré que déséré, s’il vous plaît.
Tout autour, dans et devant les maquis environnants, C’est gâté : c’est le show, comme l’Ivoirien sait si bien le faire. C’est également un spectacle auquel les plus âgés prennent aussi plaisir à assister. C’est le cas de Madame Balé. Arrêtée au bord de la route, la main sur le cœur, cette quinquagénaire se réjouit de voir tant d’Ivoiriens heureux en même temps : « La joie de tous ces gens me fait plaisir », dit-elle. Assis sur son taxi qu’il a garé pour l’occasion, Monsieur Alexandre Laurougnon, se prend à rêver. Il espère que la coupe des Eléphants « sera une occasion de réconciliation pour les Ivoiriens ». Plus loin, assis aussi sur son véhicule, Monsieur Touré Kafouma, ancien joueur du Stade d’Abidjan que cette victoire remplit aussi de joie, espère la même chose.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que la nuit du 8 au 9 février 2015 a été très courte pour les Abidjanais. Mais ces derniers ne démordent pas car ils prévoient remettre cela les jours à venir. Comme les Ivoiriens le disent eux-mêmes : « Quand c’est gâté, c’est gâté ! », juste pour dire qu’il faut s’éclater à fond quand l’occasion se présente.
Affaire donc à suivre…


Côte d’Ivoire : des mesures contre l’enlèvement d’enfants

 

Des policiers ivoiriens en faction devant une école primaire à Yopougon Crédit photo : Christ Koffi
Des policiers ivoiriens en faction devant une école primaire à Yopougon Crédit photo : Christ Koffi

Il y a une tension perceptible dans Abidjan ces derniers temps à cause du phénomène horrible d’enlèvement et de meurtre des enfants. Des parents refusent même d’emmener leurs enfants à l’école. De simples suspects de ce phénomène ont également été lynchés par la population quand celle-ci ne décide pas de faire la police à la place de la police. Les autorités ivoiriennes tentent de reprendre la main en appelant les populations au calme, mais aussi en prenant des mesures pour endiguer ce phénomène. Et ces mesures sont visibles sur le terrain.
Au début de cette semaine, je suis allé  constater de moi-même de l’effectivité des mesures prises par les autorités ivoiriennes contre l’enlèvement des enfants. Pour ce faire, je fais le tour de quelques écoles primaires dans la zone à risque qu’est la commune de Yopougon (Abidjan). L’intérêt pour les écoles primaires de cette zone étant potentiellement risqué, je décide de regarder les choses de loin. Et même ainsi, le constat est encourageant car des forces de l’ordre sont postées devant les écoles primaires publiques, comme l’école primaire publique Sogefia Lagune 1 et 2 de Niangon sud (Yopougon). A environs 200 mètres de là, le portail de l’école primaire publique BAD reste fermé toute la matinée, surtout à la récréation. Impossible donc pour les enfants, contrairement à leur habitude, de sortir de l’école à ce moment là et gambader dans les rues du quartier.
Pour ce qui est des écoles privées, la vigilance est également visible. Ainsi, les deux grands portails de la paroisse Saint Pierre à l’intérieure de laquelle se trouve le groupe scolaire du même nom, restent hermétiquement fermés toute la journée, même à l’heure de la descente. Désormais, seul un petit portail laisse passer tout le monde.
Ainsi, même si on ne les voit pas toutes, ce simple constat nous fait penser que les 1500 forces de l’ordre promises par les autorités pour accroître la vigilance dans Abidjan et autour des écoles primaires sont au travail. Celles-ci sont d’autant plus au travail qu’elles sont arrivées à déterminer les motivations de ces personnes qui s’adonnent à ces crimes horribles. En même temps, ce n’est un secret pour aucun Abidjanais que ces enlèvements et ces crimes sont en rapport avec la cyber criminalité ou ceux qu’on appelle « brouteurs »  en Côte d’Ivoire.
Cependant, dans le journal Afrique de RFI (Radio France Internationale) une nouvelle motivation est donnée par le ministre de la défense, M. Paul Koffi Koffi. Il s’agit du trafic d’organes. A quelle fin se fait ce trafic ? Il ne l’a pas précisé. Il a laissé néanmoins entendre que des politiques pourraient être impliqués : « On exclut aucune piste. On est en année électorale, la piste politique n’est pas à exclure (…). C’est sûr qu’on trouvera des liens, mais donnez-nous encore du temps », a déclaré le ministre.

Cependant, la traque aux marabouts, fétichistes et autres adeptes de la sorcellerie dans la forêt du Banco à Abidjan nous emmène à croire que ce trafic est réalisé à des fins fétichistes.
Il ne reste plus qu’à la gendarmerie et à la police de mettre la main sur les clients de ses marabouts et autres sorciers pour que les parents et leurs enfants retrouvent la paix. Mais, cette paix là ne sera réelle et durable que si les Ivoiriens renouent effectivement avec les valeurs morales. Mais là encore, c’est un autre débat.


Les Eléphants en finale de la CAN 2015, la température monte à Abidjan

Maillots des Éléphants de Côte d'Ivoire en vente dans le commerce Crédit photo : Christ Koffi
Maillots des Éléphants de Côte d’Ivoire en vente dans le commerce Crédit photo : Christ Koffi

Vingt-trois ans après sa première finale de CAN (Coupe d’Afrique des nations), qu’elle remporta d’ailleurs, la seule, malheureusement, la Côte d’Ivoire disputera sa troisième finale ce dimanche 8 février 2015. Ô que le chemin fut parsemé d’embûches depuis les éliminatoires jusqu’à cette finale. C’est sans doute ce parcours particulier de nos pachydermes qui donnent plus de saveur aux victoires des Éléphants en Côte d’Ivoire. Et ce parcours-là rassure en quelque sorte les Ivoiriens. Ces derniers, d’abord indifférents à leur équipe nationale de foot au début de la compétition, s’y intéressent désormais fortement, mais sans verser dans l’excès de confiance pour celle-ci.

Au coup de sifflet final du match Léopards de RDC- Éléphants de Côte d’Ivoire, les Abidjanais ont manifesté leur joie dans les rues  comme après les victoires contre le Cameroun et l’Algérie. Femmes, hommes et enfants, en dépit de la psychose causée par les enlèvements d’enfants sont sortis à chaque victoire des Éléphants pour manifester leur joie, et jusque tard dans la nuit. Mais, il ne pouvait en être autrement, car des heures avant les matchs des Éléphants, les espaces publics aménagés pour suivre les rencontres de la CAN avaient été pris d’assaut par les supporteurs. La moindre télé sur une terrasse ou dans un maquis attire les foules.

Les supporteurs des Eléphants attendent le coup d'envoi du match Côte d'Ivoire - RDC Crédit photo : Christ Koffi
Les supporteurs des Éléphants attendent le coup d’envoi du match Côte d’Ivoire – RDC Crédit photo : Christ Koffi

Les Ivoiriens aiment leur équipe nationale, mais contrairement aux années passées,  ils n’ont pas versé dans l’excès de confiance. Néanmoins, des signes font bien voir qu’ils ont  retrouvé confiance dans leurs joueurs. Oui, maillots, drapeaux, chapeaux de toutes les tailles, ainsi que bracelets, bandeaux, écharpes, casquettes et autres gadgets à l’effigie de l’équipe nationale de foot sont plus visibles partout dans les commerces. Et, les Ivoiriens se les arrachent comme des gboflotos (beignets), avec le vœu que la coupe vienne enfin sur les bords de la lagune Ebrié. Mais, ce vœu-là, les Ivoiriens tentent tant bien que mal de le rendre secret, car ils ont encore en mémoire les traumatisantes finales perdues de 2006, surtout celle de 2012.
Cependant, les Ivoiriens restent toujours dignes et sereins dans leur soutien aux Éléphants, car comme le dit un proverbe nouchi : « Ce n’est pas toujours qu’on perd » ou encore « Les yeux peuvent couler des larmes de malheur, comme des larmes de bonheur ».
Dans tous les cas, Bonne chance aux Éléphants de Côte d’Ivoire ! Mais surtout, Vivent le foot et les belles émotions qu’il procure à ces fans.


Côte d’Ivoire : enlèvement des enfants, la population entre psychose et colère

rassemblement devant une école primaire Crédit photo : Christ Koffi
Rassemblement de parents d’élèves devant une école primaire à Yopougon Crédit photo : Christ Koffi

 

Depuis plusieurs mois maintenant, la Côte d’Ivoire fait face à l’horrible phénomène d’enlèvement d’enfants. Ce phénomène est d’autant plus ignoble que ces enfants sont retrouvés morts avec des parties de leur corps manquant. J’en avais même parlé dans un précédent billet en décembre. Mais ces derniers temps, ce phénomène a pris des proportions inquiétantes. Les autorités ivoiriennes, jusqu’alors malheureusement muettes, commencent à s’y intéresser au point de prendre des mesures pour rassurer les parents. Mais, apparemment, la population n’est pas rassurée.
Ce jeudi matin, je sors de chez moi à 8 heures. Les gens vaquent normalement à leurs occupations. Après avoir cherché en vain une connexion dans des cybers café de mon quartier, je décide de remettre à plus tard tout ce que j’avais à faire sur le net ce matin là. Aux environs de 11 heures, en train de travailler à la maison, je sens qu’il y a beaucoup d’agitations dehors. En tendant l’oreille, des récits d’enlèvement d’enfants, le matin même, et dans mon quartier, me parviennent. Je décide donc de sortir pour aller me rendre compte de moi-même de ce qu’il se passe.

Parents partis chercher leurs enfants à l'école Crédit photo : Christ Koffi
Parents partis chercher leurs enfants à l’école Crédit photo : Christ Koffi

Dès que je me retrouve dehors, je me rends compte que c’est la panique : des parents rentrent précipitamment à la maison avec leur enfants qu’ils sont allés chercher à l’école et dont ils tiennent fermement la main ou qu’ils portent au dos ou dans les bras.

Je remonte la rue. Devant une première école primaire de mon quartier, il y a une foule compacte et très agitée. Pères, mères, grands frères, grandes sœurs, oncles, tantes ou domestiques sont venus chercher les enfants à l’école. Mais, impossible de laisser partir ceux-ci sans la présentation de la carte scolaire, selon le directeur, lui-même à la tâche au portail ce jeudi matin.
Je décide de faire un tour dans le quartier. C’est la panique partout dans les rues, comme devant les écoles primaires. En allant un peu plus loin, je vois un groupe de femmes en short ou en pantalon et avec de casseroles. Elles tentent d’improviser une marche pour protester contre l’enlèvement des enfants. Mais elles n’auront que leur bouche pour proférer des malédictions contres les auteurs de ces enlèvements. La marche n’a pas eu lieu. Elle s’est plutôt et très vite transformée en contrôle des voitures. Avec l’aide de jeunes gens qui érigent des barrages, ces femmes se mettent à fouiller les voitures qui passent par là, à la recherche des enfants qui auraient été enlevés ce matin là. Les nombreuses déviations dans Niangon (Yopougon) permettent d’avoir un grand nombre de voitures à fouiller. Ces femmes sont par ailleurs décidées à en découdre avec les automobilistes qui montrent la moindre réticence à laisser fouiller le coffre de leur véhicule.

Fouille de véhicules à Yopougon Crédit photo : Christ Koffi
Fouille de véhicules à Yopougon Crédit photo : Christ Koffi

Il est midi.  Un peu plus loin se trouve un centre de protection de la petite enfance ou une école maternelle publique. Les maîtresses causent entre elles devant le portail car elles ont libérés leurs petits élèves depuis bien longtemps.

Ce jeudi après midi, il n’y aura pas cours dans les écoles du quartier, et même ce vendredi, les enfants sont à la maison.
Après avoir tenté de vérifier les informations d’enlèvement d’enfants ce jeudi matin, je me rends compte qu’il ne pourrait s’agir que d’une simple rumeur car le lieu de l’enlèvement des enfants, et le nombre de ces enfants varient selon les personnes et les versions. Il ne faut néanmoins pas minimiser les événements, ni ignorer la psychose et la colère que ce phénomène crée dans Abidjan car à Marcory, Yopougon et attécoubé, des communes d’Abidjan, des suspects ont été lynchés.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que, excédées par la persistance des rapts d’enfants, les femmes ont décidé de faire la police à ces kidnappeurs d’enfants qui les utilisent pour des sacrifices. Selon le ministre de l’intérieur 21 cas de disparition d’enfants ont été signalés aux forces de l’ordre. Les auteurs de ces enlèvements seraient selon Madame la ministre de la famille, de la femme et de l’enfant, Madame Anne désirée Ouloto : « des jeunes gens (…) d’un âge variant entre 15 et 25 ans qui seraient en général menés par des personnes tapies dans l’ombre, des diseurs de bonne aventure qui promettent richesse à ces enfants là (les jeunes gens) ».
Ainsi, comme on le voit, et selon cette déclaration de la ministre, les auteurs de ces crimes sont au moins à deux niveaux : les exécutants et les commanditaires. Ce qui annonce déjà la difficulté à mettre fin à ce phénomène. C’est sans doute pour cette raison que 1500 éléments des forces de l’ordre sont mis à contribution par le ministère de la sécurité et de l’intérieur.
Le clergé ivoirien même n’a eu de cesse d’interpeller les Ivoiriens sur ce phénomène horrible d’enlèvement des enfants dont la motivation est l’enrichissement facile et illicite. Et, les évêques ont enfin formalisé leur répugnance de ce phénomène à travers une déclaration commune dans laquelle ils appellent simplement les hommes politiques à éviter les crimes rituels.
Bref, ainsi se présentait ce jeudi matin dans Niangon. Nous espérons seulement que la mobilisation générale contre le phénomène d’enlèvement des enfants à Abidjan permettra de mettre un terme à cet acte immonde et d’arrêter les auteurs de celui-ci. Dans le cas contraire cette mobilisation créera la psychose parmi la population et la colère de celle-ci avec ce que cela peut engendrer comme victimes collatérales ou drames. Pour éviter cela, il revient aux autorités ivoiriennes d’assurer leur responsabilité : la sécurité des Ivoiriens.


Côte d’ivoire : Réveillon de la Saint Sylvestre plus église que maquis à Abidjan

 

Réveillon de la saint sylvestre dans une église Crédit photo : Christ Koffi
Réveillon de la saint sylvestre dans une église Crédit photo : Christ Koffi

Depuis plusieurs années maintenant, à Abidjan, en période de fête de fin d’année, particulièrement dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les églises et les maquis se disputent les Abidjanais. Il en a été de même cette année encore. Mais, par rapport aux précédentes nuits de la Saint Sylvestre, la dernière a été particulière car entre les églises et les maquis, les Abidjanais ont apparemment fait le choix des églises. D’anciens maquis même à Abidjan ne sont plus que des églises.

Comme toujours, enfin, depuis 10 ans maintenant, je termine mon année à l’office du 31 décembre. Cette année encore, j’y étais, plus précisement à la paroisse Saint Pierre de Niangon sud, à Yopougon.

Ce 31 décembre, en quittant la maison à 20 heures 25 minutes pour l’église, j’avais certes 25 minutes de retard, mais pour moi, ce n’était pas alarmant puisque la messe commençait à 22 heures. Elle serait précédée d’un enseignement que je voulais suivre. Emprunter un wôrô-wôro (taxi communal) pourrait m’éviter de perdre encore du temps, pensais-je. Mais impossible d’en avoir un. Cause : double tarification, trop grande affluence, embouteillage, etc. Je dû donc faire ce kilomètre jusqu’à l’église à pied, et en souliers : pour avoir le paradis, il faut en payer le prix. Et, Heureusement je n’étais pas le seul à l’avoir compris, j’avais des compagnons de marche : qui en taillon à aiguille ; qui, en souliers aussi, etc.

Non loin de l’église, j’achetai avec les servants de messes la bougie avec laquelle je rentrerais dans la nouvelle année. Des gens qui n’avaient rien des petits  servants de messes s’étaient improvisés vendeurs de bougies. Et, je n’allais pas tarder à comprendre pouquoi.

Vingt minutes après mon départ de la maison, j’étais enfin à l’église. Ce fut la surprise. Les balcons et les devantures des bâtiments de l’école primaires de la paroisse : occupés par des gens ; d’ailleurs, toute la cours de l’église était noire de monde. Les 5000 chaises en plastique achetées il y a deux ans par les paroissiens :  toutes occupées, comme les centaines d’autres qu’il y avait avant, ainsi que les dizaines de bancs. Prévoyants, certains paroissiens ont préféré venir avec leur propre siège ; d’autres avec des nattes ou des morceaux de pagne qu’il occupaient à même le sol.

Hommes, femmes, jeunes gens, adolescents, enfants, tous les âges étaient représentés à cette dernière messe de l’année.  Des musulmans et des animistes y étaient même, invités par leur connaissance chrétienne, prouvant ainsi que la Côte d’Ivoire est une mosaïque réligieuse.

Cette forte affluence pourrait s’expliquer soit par le fait que l’année qui s’achevait, marquée par des horreurs, avait été décevante pour beaucoup de ces milliers d’Ivoiriens, ou encore par le fait que tous mettent leur espoir en la nouvelle année qu’aucun Ivoirien n’ignore est une année d’élection en Côte d’Ivoire.

Dans tous les cas, avoir une place assise sur cet espace d’environs 2500 mètres carré relevait du miracle. Pourtant, il a eu lieu pour moi ce miracle car tout de suite après mon arrivée, j’ai eu une place sur un banc.

Durant l’office, nous avons décidé de faire table rase des peines, des douleurs et des rencoeurs de 2014. Nous avons aussi pris de nobles et fermes résolutions pour 2015. Nous avons également et avec ferveur prié pour la paix dans le monde, pour la paix dans notre pays, la Côte d’Ivoire ; dans nos familles, et pour la paix avec nous-mêmes. Puis, nous sommes entrés dans la nouvelle année avec les bougies allumées, mais pas de contact physique pour se souhaiter bonne année, prescriptions contre Ebola obligent.

Nous avons ensuite été aspergés d’eau bénite par le curé et ses vicaires. Puis, nous avons reçu les bénédictions solennelle du curé. Il faut dire que tout le monde, y compris moi, attendait ces deux premiers rites de la nouvelle année avant de quitter l’église. Des personnes qui trainaient dehors se sont même pressées à l’intérieur de l’église pour bénéficier de leur part de bénédiction.

Nous nous sommes séparés au de-là de minuit. les 15-24 ans poursuivirent la fête dans les maquis. Quant aux plus âgés, ayant certainement d’autres chats à fouetter, ils ont préféré rentrer à la maison ou  se rendre dans une église où la veillée continuait jusqu’à l’aube.

Bonne et heureuse année à tous ! Et, que les élections de cette année en Côte d’Ivoire soient apaisés, mais surtout que les Ivoiriens de  tous les bords politiques et de toutes les régions de la Côte d’Ivoire désarment leur esprit pour ne le consacrer qu’à la justice et la paix !

 


Côte d’Ivoire : Abidjan, légendes urbaines et/ou réalité: des enfants et des jeune filles victimes de crimes rituels

 

Une foule autour de la voiture d'un présumé meurtrier de jeunes filles. "crédit photo : Christ Koffi
Une foule autour de la voiture d’un présumé meurtrier de jeunes filles. « crédit photo : Christ Koffi »

Depuis plusieurs semaines maintenant, les Abidjanais vivent dans la psychose. Et, il y a de quoi, des enfants et des jeunes filles sont portés disparus. D’autres sont tués, et des parties de leur corps emportées. Bien que certains auteurs de ces crimes soient simplement mis à mort par la population quand elle les prend en flagrant délit ou rrêtés par les forces de l’ordre, ce phénomène que l’on attribue aux fameux « brouteurs » abidjanais perdure.

Abidjan. Commune de Yopougon, place Ficgayo, à l’aube du 3 novembre 20014, une fillette  de dix ans prénommée Inès, sort verser les ordures dans le coffre à ordure déposé sur cet espace. Soudain, les Abidjan matinaux passant sur la voix principale qui côtoie l’espace Ficgayo situé en contrebas, voient un jeune homme dont la main, tenant un objet, exerce d’étranges mouvements de bas en haut. En observant plus attentivement, ils se rendent compte que celui-ci a en main une machette. Et c’est sur une fillette qu’il exerce de tels mouvements. Ils entendent de plus la petite implorer son agresseur : « Pardon, tonton », supplie l’enfant. Mais, indifférent à ses supplication, le jeune homme poursuit sa basse besogne, aidé par un complice.

Alerté par les pleurs et les cris de l’enfant, et voyant ce qui se passe, les passants accourent. Voyant les gens arriver, le complice de l’agresseur de la petite s’en fuit. Le premier à arriver sur le lieu de l’agression est un chauffeur de taxi communal. Il percute l’agresseur avec son véhicule. Ce dernier tombe, mais se relève et tente d’agresser le chauffeur de taxi qui le percute une seconde fois. Une fois par terre, l’agresseur de la petite est achevé avec des cailloux par les autres personnes qui avaient accouru. Les sapeurs pompiers sont appelés aussitôt. Mais, malheureusement, l’enfant qui avait été sérieusement taillader, et dont les membres supérieurs et inférieurs avaient été sectionnés et qui avait de plus perdu beaucoup de sang, rendra l’âme dans l’ambulance qui la conduisait à l’hôpital.

Cette enfant a perdu la vie dans des conditions atroces. D’autres enfants portés disparus auraient subi le même sort : cette petite de trois ans qui aurait été livré pour 500000 FCFA par un jeune, gérant de cabine cellulaire. Celui-ci aurait expliqué son geste ignoble par le fait qu’il avait besoin d’augmenter ses affaires. La petite aurait été retrouvée morte, ses entrailles emportées ; le corps de ce petit garçon qui aurait été retrouvé, mais dont il manquait la tête.

Ces drames ne toucheraient pas que les enfants. Dans la nuit du 20 au 21 novembre dernier, trois jeunes filles, pendant une soirée arrosée au maquis, dans la commune de Yopougon, auraient accepté l’invitation d’un homme à faire un tour dans sa voiture. Ils partent donc ensemble.  Mais quelques temps après l’une des filles serait  revenue au maquis, toute affolée. Elle y aurait été rejointe par l’homme comme si de rien n’était. Celui-ci aurait certianement voulu mettre la main sur la fille pour l’empêcher de dévoiler certaines choses. Entre-temps, elle aurait pris soin d’informer le gérant du maquis et ceux qui étaient là cette nuit là de ce qui s’était passé. Une fois au maquis, l’homme est pris à parti, jusqu’à l’aube, par les gens qui y sont et les jeunes gens qui habitent les environs. Tout ce monde veut savoir ce qu’il a fait des deux autres filles, surtout que le sang que certains auraient vu dans le coffre de sa voiture en dit long du sort qu’il leur aurait réservé.

le véhicule d'un présumé meurtrier de jeunes filles. "crédit photo : Christ Koffi"
le véhicule d’un présumé meurtrier de jeunes filles. « crédit photo : Christ Koffi »

N’eut été la présence de la gendarmerie venue en renfort à la police, cet homme aurait été lynché par la foule. Les gendarmes qui l’exfiltrèrent ont même été lapidé par la foule en colère. Ce n’est qu’environs une heure après, où le esprits se calmèrent un peu, que la police nationale et les policiers de l’opération des nations unis en Côte d’Ivoire vinrent faire le constat. Les corps des deux autres jeunes filles auraient été retrouvés plus tard. Elle auraient été égorgées, leur partie génitale emportée.

Un fait tout aussi frappant que ces crimes atroces d’enfants et de jeunes filles est qu’ils sont réalisés par des jeunes gens. Ils ont dans la vingtaine, souvent moins. Le jeune âge de ces bourreaux n’est pas surprenant car il s’agirait de certains de ces escrocs du net qu’on appelle communement à Abidjan : les « brouteurs ».

Traqués par la police économique et leurs techniques étant connues de tous, pour escroquer de nouvelles personnes, ces jeunes gens auraient décidé d’ajouter à leur maîtrise de l’outil informatique le mystique, en l’occurence le sacrifie humain. Ce phénomène appelé « Zanmou », réalisé avec la complicité de marabouts et de fétichistes, permettrait aux « brouteurs » d’envouter les personnes qu’ils escroquent sur la toile. Ce qui leur garantirait dit-on de grandes sommes d’argent de la part de leurs victimes, toujours sur la toile.

Cet argent serait blanchi, soit en servant à monter des affaires, notamment l’ouverture de grands maquis, soit à faire simplement la vie. Il n’est donc pas surprenant qu’en cette période de fête de fin d’années, ces crimes rituels, simples légendes urbaines et/ou réalités soient aussi fréquents.

Mais si ces crimes étaient rituels et de plus réels, il ne pouvait en être autrement car le « broutage » n’a non seulement pas été endigué, mais personne ne s’est jamais posé de questions sur l’origine de l’argent qui sert à ouvrir certains grands maquis ou à acheter des voitures pour fanfaronner dans Abidjan.

L’impuissance des autorités ivoiriennes face au « broutage » et ses conséquenses (crimes rituels, blanchiment d’argent, fanfaronnade, etc.) vient certainement du nouveau et malheureux et tournant qu’a pris la société ivoirienne : plus que jamais gagnée par la pauvreté, elle bafoue consciemment les valeurs morales ; elle n’est préoccupée que par le gain, rien que le gain et la satisfaction de plaisirs en tout genre. Et cette mentalité va de tous ceux qui sont munis de la moindre autorité (parents, aînés, autorités politiques, administratives, etc.) jusqu’à ceux qui devaient faire de ces autorités là leurs modèles, ou recevoir de celles-ci une éducation…

Que pouvons-nous dire d’autre, sinon souhaiter que l’âme de ses personnes mortes à cause du gain repose en paix ; mais aussi implorer Dieu de veiller sur nos enfants, nos soeurs, et notre pays en cette dangereuse période de fête et après celle-ci.


Côte d’Ivoire : Bouaké, prévient-on vraiment Ebola ?

 

crédit photo Christ Koffi
Fut d’eau javellisée posé au beau milieu du parking de l’université Alassane Ouattara (ex université de Bouaké) crédit photo Christ Koffi

           Depuis plusieurs mois maintenant, Ebola fait rage dans la sous-région ouest-africaine au point d’avoisiner les 7000  morts. Mais, ayant très tôt pris le taureau par les cornes, les autorités ivoiriennes ont, grâce à plusieurs mesures,  pu éviter l’entrée du virus Ebola en Côte d’Ivoire.

Dernièrement, la Côte d’Ivoire est passée à la vitesse supérieure en déconseillant les serrages des mains, les accolades, etc., mais encore plus en conseillant de se laver fréquemment les mains. C‘est ainsi que lors de la messe, par exemple, l’on ne sert plus les mains pour se souhaiter la paix dans les églises catholiques de Côte d’Ivoire, les élèves comptent parmi leur liste de fournitures scolaires, eau de javel, savon en poudre et gèle hydro alcoolique.

A l’université Alassane Ouattara (ex université de Bouaké), on prévient aussi Ebola. Ainsi un grand fut blanc  (photo ci-dessus) sur lequel est inscrit :  » lavage de mains ici ; eau + javel » attend étudiants, enseignants, employés de l’université et visiteurs. Mais c’est vraiment dommage car c’est à peine si l’on prête attention à ce fut d’eau javellisée.

Autant qu’un malade d’Ebola qui inspire méfiance et crainte, ce fut blanc, tout droit sorti d’un film de science fiction, semble être mis en quarantaine sous le chaud soleil, au beau milieu du parking de l’université Alassane Ouattara (ex université de Bouaké).  Ainsi y-a-t-il prévention contre Ebola puisque ce fut d’eau javellisé ne sert véritablement pas ? Ou bien préfère-t-on plutôt guérir que prévénir ? J’espère que non.

Félicitation  à ces rares personnes qui se lavent les mains à cette eau javellisé, faisant ainsi comprendre qu’on n’a pas besoin de côtoyer des malades d’Ebola pour savoir qu’il faut prévenir cette terrible maladie. Il serait trop tard.


Côte d’Ivoire : Abidjan, Stop à la léthargie, Yopougon se réveille

 

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Les habitants de la commune de Yopougon, à Abidjan, se disent certainement que leurs autorités se réveille d’un autre pied depuis un certains temps.

Quel riverain de Yopougon, celui en tout cas , par exemple, habite le quartier de Niangon, et qui n’est pas atteint d’une quelconque cécité, n’a pas remarqué ces routes barrées, ces déviations, ces monticules de sable de construction, de granite, de vieux goudrons fraîchement grattés, ces engins lourds, ces barils de goudron, ces casques orange et vert-fluo s’affairant sous le chaud soleil, à la lumière même des lampadaires : la voirie de la commune de Yopougon est en train d’être refaite pour le bonheur de son presque 2 millions d’habitants. C’était une promesse de ses autorités municipales. Et, elles la tiennent … après avoir repeinte sa mairie annexe aux couleurs de leur parti politique.

Yopougon se réveille donc. Mais l’habitant de cette commune sait que dans 11 mois, c’est les élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Faut-il donc que les élections soient en vue pour que monsieur et madame tout le monde puisse voir son quotidien s’améliorer ? Simple calcul politique ou démonstration d’une incompétence notoire ?