N'Guessan Jean Christ Koffi

Le Christ a déjà fait le job, à nous d’en profiter

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Jésus Christ sur la croix CC Wikimedia

Une fois n’est pas coutume, surtout pendant ce triduum Pascal consacré au Christ, penchons-nous juste en quelques lignes sur le mystère de la pâque chrétienne comparativement à notre vécu de tous les jours.

 L’Église catholique romaine se trouve en ce moment dans la semaine sainte qui a débuté le dimanche dernier avec la fête des rameaux ou  l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (Mat 21, 1-11).

Cette entrée dévoile le Courage du Christ face à l’épreuve de l’humiliation, de la souffrance, puis de la mort qui l’y attend. Jésus  est accueilli à Jérusalem en roi. Cela peut être réconfortant pour ce qu’il aura à endurer. Contrairement à  un roi de l’époque se déplaçant dans des chars avec des gardes et tout le faste, Jésus, lui, va sur une ânesse et sur un ânon, même pas un âne, encore moins un cheval ou encore dans un char, mais sur un ânon comme un serviteur. Sa vocation de serviteur ou de ministre est confirmée par le fait qu’il est  accueilli par les laissés pour compte qui lui  lançait des acclamations : “Hosanna pour le fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les hauteurs du ciel !”(Matthieu 21, 9). Entendons par là : « Sauve-nous fils de David ! Béni sois-tu, toi qui est en mission pour le sauveur des sauveurs, sauve-nous par ta grandeur d’âmes et d’esprit. »

Par ailleurs cette entrée humble et pacifique de celui que le simple peuple considère comme son roi tranche avec celle de nos dirigeants actuels, ces nouveaux seigneurs, se déplaçant à coût de milliards dépensés dans d’interminables cortèges de grosses cylindrés et entourée d’une impressionnante garde armée jusqu’aux dents, comme s’il avaient quelque chose à protéger, leur pouvoir certainement et tous les avantages qui y sont rattachés.  Il serait donc difficile de croire que de tels chefs, contrairement au Christ dont la foule couvrait le chemin de rameaux, sont pour la paix.  D’ailleurs, leur quête du pouvoir dans le sang (rébellion armées, guerre civile, conflits tribaux), leur gestion du pouvoir par l’oppression, les injustices, les détournements et leur entêtement à se maintenir au pouvoir vaille que vaille dévoilent des chefs de guerre, contrairement au roi simple et pacifique que représente le Christ qui, déjà, était différent des chefs de son ton temps, militaires qui se déplaçaient à cheval.

Cependant, l’entrée de Jésus à Jérusalem s’adresse à  chacun de nous en ce sens  que nous devons être animés de courage, aller au devant de notre destinée, durcir notre visage pour aller droit, tout droit vers le but, comme le dirait Saint Paul en Philippiens 3 v14. Jésus lui-même le dit : “Celui qui a mis la main à la charrue et puis regarde en arrière, n’est pas bon pour le Royaume de Dieu.” (Luc 9, v62)

Jésus-Christ couronné d’épines wikimedia commons

Ce cheminement n’est pas sans embuche. Et  le premier obstacle, cela peut paraître surprenant pour certains, ne vient pas de l’extérieur ou d’autrui, mais de soi-même. Cela se manifeste par la peur, le doute et l’angoisse qui peuvent nous détourner de notre objectif, par exemple Pierre marchant sur l’eau, mais s’enfonçant une fois animé de peur (Matthieu 14, 30). Mais comme le Christ, au jardin de Gethsémani, il faut demander que la volonté de Dieu se fasse, c’est-à-dire que le succès que nous avons entrevu en nourrissant notre projet, se fasse en dépit de tous les obstacles auxquels l’on sera confronté. Et c’est avec notre accord ou notre apport, celui de notre personne que nous obtiendrons le succès. Il suffit simplement de vivre notre passion, c’est-à-dire de nous donner corps (le Christ flagellé), âme (le Christ couronné d’épines et insulté) et esprit (le christ ne répondant pas aux mensonges et aux lamentations, source de distractions) à ce à quoi nous aspirons, comme quand l’on est par exemple amoureux d’une personne et qu’on est prêt à braver tous les obstacles, même à supporter des humiliations pour avoir les faveurs de celle-ci.

A ce propos Jésus le dit lui-même :

« En vérité, en vérité, je vous dis que vous serez dans le deuil et les larmes pendant que le monde se réjouira. Vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse deviendra joie. / Quand une femme est sur le point de mettre au monde, elle est dans la tristesse car le moment de ses douleurs approche. Mais quand l’enfant est né, sa joie est telle qu’elle ne se rappelle plus son angoisse : pensez donc, un nouvel être est apparu dans le monde ! » (Jean 16, 20-21).

Jésus descendu de la croix, entre les bras de sa mère CC easter resurection sculptur

De quels propos décourageants ne sommes-nous pas confrontés dans la réalisation de nos projets ? Quelles moqueries ne subissons-nous pas ?  Quelle angoisse n’endurons-nous pas ? À quelles  sirènes ne sommes-nous pas tenté de céder, les raccourcis, les distractions et l’abandon notamment ? Mais comme le beau temps après la pluie, ou  comme la naissance d’un nouveau né après 40 semaines de grossesse, ou encore comme la résurrection du Christ après un éprouvant chemin de croix qui déboucha sur une  mort horrible et humiliante sur la croix, ainsi se réalise notre succès au bout de la persévérance. C’est un instant de bonheur qui efface des mois ou des années de sacrifices, de privations, voire de douleur à l’image de la mère heureuse de prendre dans ses bras son nouveau-né après de longues souffrances. Comme quoi, notre chemin de croix est en réalité un chemin de victoire, de succès, mieux de gloire.

Et le lavement des pieds des apôtres par le maître, Jésus, le jeudi saint vient confirmer que le fondement premier  de tout véritable succès est le service. L’Homme doit être au centre de nos préoccupations si nous voulons obtenir le succès comme depuis 2000 ans le message du Christ perdure.  En clair, il faut se faire le serviteur.  Combien d’œuvres et de réalisations aux lendemains des indépendances, dans nos jeunes États d’Afrique n’ont-ils pas été détruits lors de soulèvement populaires, de rebellions armées, de guerres civiles ? Tout simplement parce que l’on veut se servir de ses États pour s’enrichir plutôt que de se mettre au service de ses États par de l’estime et de la considération pour ces populations.

Réfléchissons-y : Quel peuple à l’abri des besoins ou ne subissant pas l’exclusion, les brimades et l’oppression, serait tenté de se soulever ? Comme quoi ce qui s’obtient dans le sang et par la Brutalité disparaît également de la même façon. Alors que ce qui se fait dans le service et le respect de la dignité humaine est perpétuel comme le message humble, pacifiste et simpliste du Christ. Quoi de plus normal que 2000 ans après, sa résurrection soit célébré avec le même faste.

En somme la Pâques, résurrection du Christ ou passage d’un état d’esclave à celui d’hommes libres, ou la victoire du ministre, c’est-à-dire du serviteur sur les prétentions, ou encore le succès de la persévérance, de la confiance, de la foi sur l’empressement et les raccourcis,   vient nous dire que le Christ a déjà fait le job par son ministère et son sacrifice. À nous donc d’en profiter en laissant ce modèle de développement à tous les plans qu’est le Christ pénétrer nos cœur, pour que remplis de la force du serviteur souffrant et l’emportant sur tous esprits malsains, nous allions au devant de nos nobles aspirations de Bonheur  et de Paix pour nous-mêmes, mais également pour l’humanité tout entière.

Bonne fête de Pâques à chacun ; A chacun ? L’on ne peut et ne doit être heureux tout seul. Bonne fête de Pâques donc à tous.

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Qui a dit que le Prado (le Président de la République Alassane Dramane Ouattara) se présentera à la présidentielle de 2020 ?

Ça spécule énormément en Côte d’Ivoire au sujet de la candidature de ce 4 × 4 Tout-terrain politique qu’est le Prado pour un 3ème mandat à la présidentielle de 2020. Le débat ne devrait pourtant pas avoir lieu puisque tout, pour ne pas dire vraiment beaucoup trop  *:)) Marrant dans les manœuvres  du Prado  prouve que lui pense certainement déjà à l’après présidence au terme de son 2nd (et dernier pour certains)  mandat qui prend  fin en octobre 2020.

Alassane Dramane Ouattara by Basile Zoma. Archive : 31 octobre 2010

Dans un premier temps, le Prado, en grand démocrate,  n’est vraiment pas, comme son protégé Compaoré, pour les conduites à risque, notamment le tripatouillage de la constitution  dans le but de s’éterniser au pouvoir ; il est pour l’alternance, puisqu’il en est lui-même le produit. Mieux, il est pour le renouvellement de la classe politique ivoirienne. Il a en effet clairement affirmé son souhait de voir une nouvelle génération à la tête de l’État en 2020.  Il avait même, à cet effet, il y a quelques mois,  invité son aîné et  néo-ancien principal soutien HKB (Henri Konan Bédié) à se joindre à lui. Dans un contexte de début de divorce avec cet indispensable allié politique, il lui avait pourtant lancé un appel sincère et honnête, sans donner l’impression que c’est plutôt ce dernier et non  lui qui était encore intéressé par la fonction suprême *:)) Marrant, comme le pensait certains analystes politiques très avertis.

C’est  parce qu’il veut voir une nouvelle génération à la tête de l’État que le Prado s’est en outre depuis longtemps clairement fait le carburateur  de la jeunesse. La preuve, son gouvernement compte de jeunes ministres, même si d’une part la très grande majorité de ses ministres, comme lui ne sont pas des petits  jeunes et  que d’autre part l’entrée de  certains de ses ministres en politique date de Mathusalem. Mais en fait rien ici ne milite en défaveur de l’amour du Prado pour la régénération de la classe politique. Par conséquent son désire de tenir parole de ne pas se représenter en 2020 pour un 3ème  mandat demeure indubitablement intact *:)) Marrant.

Dans un deuxième temps, pour ceux qui doutent encore de la bonne foi du Prado… Comme la dénomination de l’un de ses ministères, il affirme encore une fois vraiment sa « promotion de la jeunesse ». La nouvelle constitution ivoirienne  a ainsi rabaissé l’âge à la candidature à la présidence à un âge plus jeune (35 au lieu de 40 ans).  C’est vraiment louable même si dans le même temps, le verrou de la limite maximale d’âge fixée à 75 ans dans l’ancienne constitution a sauté dans la nouvelle qu’il a promulguée si bien qu’à un grand âge tout individu peut prétendre à la fonction suprême, lui en premier, en 2020 il aura 78 ans.

Mais diantre, cette malignité ne suffit pas à soupçonner le Prado *:)) Marrant, l’Houphouétiste revendiqué, assumé et fier, d’être nostalgique de l’époque du père fondateur Houphouët qui ne quitta le pouvoir qu’avec son rappel à Dieu !

Prétendre que le Prado avait ingénieusement, par de savant coups de volant, manœuvré pour se relancer sur la ligne de départ de la présidentielle de 2020  serait faire un faux procès à ce sage démocrate qui n’est pas obsédé par  la présidence de la République comme son ancien homologue Abdoulaye Wade en son temps.  Le Prado lui, a en effet, dans un troisième temps, des dauphins. Pas un seul mais plusieurs, comme lui-même l’a confié, au moins 4 qu’il s’est stratégiquement gardé de nommer. Mais bon, l’existence de ces dauphins même et leur nombre encore plus rendent vraiment peu probable sa candidature en 2020 car ce demi dieu pour ses partisans a le choix parmi ces 4 successeurs aussi anonymes qu’inexistants *:)) Marrant

Bon, on l’avoue, il a le choix sans cependant avoir le choix : s’engager pour un 3ème mandat pour la présidentielle de 2020. Car contrairement à certains chefs d’État africains ADOrateur du pouvoir, le Prado aura, lui, le mérite de s’engager pour de nobles causes : éviter les divisions dans son camp, qui ressemble déjà à un panier à crabes, afin de garantir la paix en Côte d’Ivoire ; se passer de la vaine aide d’un Shadary Houphouétiste afin d’espérer toujours contrôler le pouvoir à défaut de le perdre en s’en retirant dignement *:)) Marrant.

Et puis enfin pour ceux qui doutent encore de la bonne foi du Prado,  les dissensions avec le « jeune homme » comme lui-même appelle avec condescendance Guillaume  Soro, son ancienne allié, qui ne fait aucun mystère de sa candidature en  2020… ses mésententes avec ce dernier ne sont donc que de simples divergences de vue entre un éventuel future fils prodigue, mais pour l’heure « fils rebelle » et un père Prado agacé que ce tout jeune ex PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE de Côte d’Ivoire  n’attende pas son heure qui n’existe sur aucune horloge politique *:)) Marrant.

Cette  querelle, pour ces analystes politiques qui seraient tentés de faire des rapprochements hâtifs, ne ressemble pas du tout à celle sournoise d’Œdipe  et son père car jamais  la mythologie grecque ne s’invitera dans la politique ivoirienne, sinon on ne l’appellerait pas « politique ivoirienne » *:)) Marrant.

Pas non plus la peine de rappeler que  cette histoire s’est terminée par un drame car on voit bien que la route qui mène à 2020 ne s’annonce pas du tout tumultueuse pour la Côte d’Ivoire, comme le ne le prouverait d’ailleurs pas non plus les ressentes manœuvres… disons nominations du Prado dans l’armée, ce dernier n’étant pas encore une fois intéressé par un 3ème mandat.

Pas donc besoin d’attendre juillet 2020 pour voir si le Prado fera le plein pour la présidentielle 3 mois plus tard, car là, 16 mois avant, on le voit bien… ses réservoirs débordent  *:)) Marrant !


#Mondochallenge : Il n’y a pas meilleur héritage pour nos garçons que le féminisme

En partant du simple principe que le féminisme est la lutte pour la libération de la femme, pour une grande visibilité de celle-ci dans la société, sinon pour une égalité de ses droit avec l’homme, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il n’y a pas combat plus noble, et il n’y a pas non plus meilleure héritage que l’on puisse laisser à la génération future, au garçon surtout,  car une femme libérée, émancipée et autonome, c’est toute la société qui en profite.  Ces états de fait en témoignent.

1- La femme, première patriote

Plus patriotes que les femmes il n’y a certainement pas. Et le patriotisme de la femme se révèle par exemple d’abord dans les saintes écritures, autant que dans notre histoire récente.

Dans la Bible d’abord, en son ancien testament notamment, le patriotisme de la femme est visible à travers certains personnages féminins  dont l’amour pour la patrie a poussé à  réaliser  des sacrifices et des prodiges pour sauver  celle-ci. Ce sont la reine Esther et Judith ainsi que  Ruth la Moabite.

Ainsi, près avoir été suppliée par son tuteur Mardochée de faire quelque chose pour obtenir les faveurs du roi pour son peuple contre qui se préparait une conspiration en vue de leur extermination, la reine Esther dut jeûner et humilier son corps trois jours de suite :

« saisie d’une angoisse mortelle.  Elle avait enlevé ses vêtements de reine et revêtu des vêtements de misère et de deuil. Au lieu des riches parfums, elle s’était recouverte la tête de cendres et d’ordures. Elle humiliait sévèrement son corps : loin de le parer de bijoux, elle le couvrait de ses cheveux défaits » (Esther 14, 1-3).

Judith également dut abréger son deuil pour sauver son peuple affamé et assoiffé, assiégé qu’il était par la puissante armée assyrienne.

Là où les hommes n’avaient aucun pouvoir ou étaient prêts à capituler, ces femmes ont pourtant obtenu le succès.   Esther obtient du roi, par la grâce de Dieu, que son peuple soit épargné, la conspiration qui le visait se retourna plutôt contre celui qui en était l’instigateur (Aman) ;

Judith,  elle, élimina, grâce à son courage et par la ruse, le général (Holoferne) de l’armée qui assiégeait son peuple. Celui-ci put donc contrattaquer aisément et vaincre ses soldats paniqués et en déroute.

Ruth la Moabite quant à elle nous apprend que la véritable nature du patriotisme n’est  ni la violence, ni le mépris, encore moins la xénophobie ou même le fait de partager  un lien de sang avec des individus. C’est pour cette étrangère au peuple de sa belle mère Noémie l’Israélite,  une mise en pratique de l’amour. L’amour de Ruth pour cette femme qu’elle a suivi dans son pays lui vaudra de faire entièrement parti de  son peuple, de donner, par la loi du lévirat, une descendance à Noémie là où ses propres fils avaient échoué, et d’être même une aïeule de  Jésus Christ que le christianisme présente comme le sauveur de l’humanité.

Dans un environnement aussi patriarcal que celui de la Bible, la femme à le pouvoir de sauver les siens, il va sans dire que plus de liberté pour elle serait un avantage indéniable pour l’ensemble de la communauté.

Et cela d’autant plus que plus proche de nous et dans l’histoire récente de certains pays, en Afrique particulièrement, des femmes ont démontré leur pouvoir de protestation dans des moments de crise a priori sans issus.

À ce sujet, l’on peut se souvenir de deux grèves du sexe menées par les femmes et qui leur ont permis d’atteindre leur but.

  • 2002 : Grève du sexe au Liberia pour établir la paix

Lauréate du prix Nobel de la paix 2011, Leymah Gbowee avait lancé en 2002 une grève du sexe pour obliger le régime de Charles Taylor (président du Liberia de 1997 à 2003) à associer les femmes, jusque-là écartées du processus de négociations, aux pourparlers de paix. Une pression à laquelle ne résiste pas Charles Taylor, ex-chef de guerre devenu président.

  • 2009 : Grève du sexe au Kenya pour forcer au dialogue

« Pas de réforme, pas de sexe ! »,

tel est le mot d’ordre du mouvement lancé, en mai 2008, au Kenya, par l’Organisation de développement des femmes, lasses de voir s’éterniser une crise politique entre le président, Mwai Kibaki, et le premier ministre, Raila Odinga.

« Les grandes décisions sont prises sur l’oreiller, donc nous demandons aux deux dames (les épouses du premier ministre et du président) lorsqu’elles se retrouvent dans l’intimité avec leurs maris, de leur demander : ‘Mon chéri, peux-tu faire quelque chose pour le Kenya ?’ « ,

explique alors Patricia Nyaundi, avocate membre de l’organisation. Très structurées, les femmes kényanes proposent même un dédommagement aux prostituées afin qu’elles s’associent au mouvement et interdisent toute échappatoire aux mâles en manque. Pour la coalition d’ONG féminines, l’objectif de la grève est atteint : le président et le premier ministre, qui ne se parlaient pas depuis des mois, se rencontrent à plusieurs reprises, des rencontres qui permettront une décrispation de l’atmosphère politique, indispensable au développement.

2- La femme, agent de développement

La vie serait moins difficile sous certains cieux s’il y était reconnu en la femme sa capacité à favoriser le développement et si elle était soutenue en ce sens. En Colombie par exemple,  face à la passivité des hommes, les femmes décident de faire encore la grève du sexe jusqu’à ce que les autorités s’engagent à construire une route pour désenclaver le petit village de Santa María del Puerto de Toledo de las Barbacoas, sur la côte Pacifique. Après trois mois de « jambes croisées », les pelleteuses débarquent dans le village.

Il faut reconnaître qu’une femme qui a accès au travail, peut non seulement s’épanouir, mais c’est une source de revenu en plus à la maison et un soutien financier pour son époux et toute  la famille. Il va sans  dire que quand elle est en outre éduquée, c’est son environnement immédiat et toute la société qui gagne en dynamisme à plusieurs niveaux, notamment sur les plans économique et social. En Afrique par exemple de simples vendeuses arrivent à assumer les charges familiales par  leur activité.  Les plus en vue sont les célèbres  Nana Benz du Togo jusque dans les années 90 et toutes ces femmes qui tiennent un petit commerce quelque part sur le continent.

Un véritable accès à l’instruction et à la formation pour ces femmes et jeune filles, loin d’en faire des concurrentes aux hommes, comme on le pense dans des sociétés patriarcales, est un atout grâces aux opportunités économiques qu’elles offrent. La prise en charges de l’instruction et de la formation  de femmes déjà actives économiquement, et même des filles  ouvriraient à la gent féminine la porte à un plus grand engagement en politique.

Ce qui ne serait pas nouveau par exemple pour des femmes africaines. Car en Afrique il a eu des reines. La Reine Abla Pokou, fondatrice du royaume Baoulé, en Côte d’Ivoire,  en est l’illustration  parmi d’autres. La femme en politique sera un réel avantage pour son pays car en raison de sa capacité à porter et à donner la vie,  celle-ci est à même d’être un contrepoids au pouvoir patriarcal,  autoritaire, autoritariste, égoïste et égocentrique des hommes.

Ces derniers ont des femmes pour les conseiller dans le secret de leur chambre pourrait-on objecter, mais celle-ci sont dans l’ombre de leur époux, alors qu’à l’origine, c’est l’homme qui était dans l’ombre de la femme que celle-ci fût reine ou reine-mère. Son opinion comptait car l’on était conscient qu’étant celle qui porte et donne la vie, elle ne pouvait décider ou conseiller qu’au profit de l’intérêt général comme le démontra symboliquement la reine Pokou en sacrifiant, selon la légende, son fils unique pour sauver son peuple.

Avec la modernité et l’ère coloniale cependant, en Afrique, pendant que les femmes était invisibilisées, des hommes parce que simplement homme ou pour avoir lu Marx, Hegel ou à cause de leur grand diplôme en économie ou même pour avoir combattu pendant des guerres de décolonisation, et souvent grâce au plafond de verre qu’ils érigent contre la femme, maintiennent la société sous leur pouvoir.

3- Combattre les injustices subies par la femme, c’est garantir la paix

Mais le féminisme c’est aussi lutter contre les injustices et les inégalités entre femmes, notamment au niveau des sociétés qui pratiquent l’héritage selon le système matrilinéaire. Dans ces communautés, la veuve et ses enfants ne peuvent hériter des biens du défunt époux et père. Ceux-ci reviennent aux enfants de la sœur de ce dernier. C’est une aberration non seulement dans un monde moderne, mais aussi en considérant le fait que  les époux ont été unis par les liens du mariage et que le patrimoine familial que convoite la belle famille de la veuve a été constitué par l’association et  la collaboration de l’homme et de la femme avec quelques fois le soutien de leurs enfants. Dans quelle société peut-il régner la quiétude sociale et la paix avec de telles frustrations et injustices ? En œuvrant  donc pour la  reconnaissance à la veuve le droit que lui reviennent les biens qu’elle et son défunt époux ont constitué, le féminisme se fait une garante de la paix non seulement dans les familles mais dans  l’ensemble de la communauté.

En somme, au delà de la lutte pour les droits de la femme, le féminisme  préserve de tout temps la mère-patrie, est un facteur de développement et  une garante de la paix sociale. Il n’y a donc pas meilleur héritage aux générations à venir, particulièrement à nos garçons exposés à une culture machistes qui  tend à réduire la femme à son corps, notamment à travers une pornographie de plus en plus agressive.


Le cantique des cantiques revisité pour la Saint-Valentin

Personnages  inédits, décor exceptionnel, mais même esprit : l’amour. La fête de la Saint-Valentin est l’occasion toute trouvée de revisiter le magnifique texte poétique du cantique des cantiques dans la Bible ; cet exaltant  dialogue amoureux entre deux amants.

https://www.google.fr/search?as_st=y&tbm=isch&hl=fr&as_q=deux+amoureux+noirs&as_epq=&as_oq=&as_eq=&cr=&as_sitesearch=&safe=images&tbs=sur:f#as_st=y&hl=fr&tbs=sur:f&tbm=isch&q=deux+amoureux+africain&imgrc=uWnSAPNB-H9hVM:
CC pixabay

Lui :

Ma Tendresse, ma Belle, ma Chérie,

tu es aussi fragile qu’un bébé ;

aussi délicate qu’une fleur ;

aussi douce que le bonheur,

mais aussi redoutable

qu’une armée rangée en bataille.

Tu es apparue dans ma vie comme l’aurore.

Tu y rayonnes comme le soleil.

Tu es le clair de lune de mes nuits.

Tu es merveille.

 

ELLE :

Tu es mon soleil !

Mon amour, mon protecteur, c’est toi !

Comme un manguier entre les arbustes,

Tel es tu, toi, mon bien-aimé, parmi les garçons.

J’ai cherché ton ombre, je m’y suis assise…

Ton fruit est d’une saveur inégalable !

Je ne m’en rassasierai jamais !

 

LUI :

Tu es ma fleur,

Tu es mon miel,

Tu es ma fontaine,

Tu es ma Reine.

J’ai ouvert le paradis de mon cœur.

Je t’y ai installée.

Je t’en ai donnée la clef.

Fais en ce que tu veux.

ELLE :

Tu es mon papillon ;

Viens te poser sur moi.

Tu es mon abeille,

Viens bitumer en moi.

Tu es ma colonie de fourmis,

Viens me savourer !

Tu es mon étalon,

Viens t’abreuver à moi !

 

LUI :

Comme un nénuphar  parmi les broussailles,

tel es tu, mon Cœur, entre toutes les filles !

Tes yeux sont grands et beaux

comme un ciel étoilé dans un univers de lait.

Ta peau est un mélange de miel, de lait et de kaolin !

Tu es éclatante de splendeur !

 

ELLE :

Mon mirador, ma tour d’ivoire à la teinte de vigueur,

Et au parfum de chaleur,

Les sofas bruniraient de jalousie devant toi.

La graine de ton amour a germé

Sur la terre de mon cœur.

Son arbre : Passion ;

Ses fruits : Respect, fidélité, désir, sacrifice.

CC public domain pictures

LUI :

Toi et Moi,

Bras dans bras,

Ensemble pour tous les pas,

Rose-Robusta,

Sourire-Ivoire

Qui illumine les soirs

De son regard daigai-arabica.

Toi et Moi

Bras dans bras,

Ensemble pour l’éternité.

 

ELLE et LUI

Oui ! ensemble pour l’éternité !

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« Jeunesse » : c’est juste un concept politique (suite)

Parce qu’elles sont pauvres,  les personnes qu’on appelle « jeunes » sont exposées à la manipulation de politiques démagogues et aux abois. Et ceux-ci en profitent car ils ne s’en souviennent que pour leur politique ; d’où d’ailleurs le caractère uniquement politique du concept « jeunesse ».

  • « Jeunesse« , un concept véritablement politique

En considérant encore une fois les rassemblements dédiés aux personnes qu’on regroupe sous le vocable de jeunesse,   il y a bien, et il faut le reconnaître, des individus de bonne condition sociale, et vraiment qui font  envie, parmi eux. Ceux-là en sont simplement  les organisateurs, avec la caution et les bénédictions du régime en place. Ils ne sont là que par une simple volonté politique, pas par amour pour ces jeunes qui sont supposés être leurs congénères, ou parce qu’ils appartiennent à la même génération que ceux-ci. La preuve, les rassemblements des individus de cette tranche d’âge (qu’on qualifie de jeunes) sous des régimes précédents, ces jeunes de bonne condition sociale là n’étaient pas présents. À cette époque même, ils n’avaient pas cette situation sociale qu’ils considèrent comme modèle de réussite pour ces jeunes. Et c’est  là une autre preuve qu’ils ne doivent pas leur évolution à leur catégorie sociale, mais à leur militantisme politique. Ce qui veut dire que  leur état de jeune est relégué au second plan ou n’existe pas simplement. Ici leur statut de militants politiques est mieux adapté pour les identifier.  Et quand leur état de jeune réapparaît, comme par enchantement, c’est juste un moyen de manipulation des individus de cette tranche d’âge, en raison encore une fois de leur condition de vie difficile.

Et puis à ces rassemblements là ne sont pas invitées les associations de jeunes de l’opposition.   On préfère lancer des invitations globales à l’ensemble des  jeunes sans  les étiqueter politiquement. Cette option serait louable si ce n’était pas l’exception qui confirmait la règle. Qui oserait en effet inviter son adversaire politique à sa table ? Parce que cette foule de jeunes là est bien convoitée comme réservoir de voix et pour d’autres choses encore, il faut s’épargner la concurrence.  C’est là  une preuve que ces rassemblements là sont plutôt politiques que sociaux. Et par conséquent jeunesse est plutôt un concept politique qu’une réalité sociale, d’autant plus qu’il est évoqué par le pouvoir politique pour donner l’impression à des individus d’une  certaines tranches d’âges qu’ils ont du prix à ses yeux.

Que ces personnes qu’on appelle jeunes  se détrompent, elles ne comptent pour aucun régime, sinon pour être manipulées. Parce que si on tenait à elles, on n’aurait pas besoin de crier sous tous les toits l’intérêt et l’amour qu’on leur porte à travers les manifestations qui sont organisées expressément pour elles, puisque les réelles institutions consacrées aux individus de leur tranche d’âge existent déjà. Ce sont au moins les ministères de l’éducation, de la formation technique et professionnelle, de l’enseignement supérieur, de l’emploi ainsi que les organismes publiques chargés de l’insertion professionnelle des diplômés, des chômeurs et des sans emploi. Si ces organismes et institutions étaient mieux organisés et pourvus en budgets (qui au passage sont dilapidés dans des manifestation et un ministère de la jeunesse qui n’a pas sa raison d’être), on ne parlerait pas de jeunes, Mais bien d’individus responsabilisés et responsables parce qu’ils auront été mieux outillés pour le reste de leur vie, à l’image des stars et célébrité et autres travailleurs de leur génération dont la plupart a bien bénéficié d’une formation et d’un encadrement sérieux pour être ce qu’elle est.

Une autre preuve que le terme jeunesse est juste un concept politique : il existe bien, en Côte d’Ivoire  par exemple, un ministère de la jeunesse, alors qu’il n’y a pas de ministères  de la vieillesse ou pour les personnes âgées. C’est vraiment absurde, n’est-ce pas ? Et cela d’autant plus que ne sont pas organisés des manifestations et des rassemblements pour ces vieux et vieilles.

Les institutions et manifestations pompeuses expressément crées et organisées pour la jeunesse (comme par hasard à l’approche des élections)  sont à l’origine illusoires autant que ceux pour qui elles ont été créés. Elles sont de plus discriminantes car  un individu d’un âge moins élevé qui se trouverait dans une situation de pauvreté ne mérite pas davantage de soutiens ou plus d’attentions de la part des autorités  qu’un individu d’un âge plus élevé qui serait autant indigent, tous les citoyens étant a priori égaux devant la loi.

C’est contre la pauvreté qu’il convient de lutter plutôt que pour des individus d’une tranche d’âges, si toutefois ces institutions ont été réellement créées à cette  fin. Car ils pourraient en effet être des institutions sournoises de manipulation d’individus de condition sociale précaire ou qui rêvent d’une ascension sociale fulgurante. Des associations polémiques  de jeunes qui entretiennent des liens avec ce genre d’institution en sont la preuve. Ce sont par exemple les Imbonerakure, cette milice supposée  du régime burundais, l’ancienne fameuse milice GPP (groupement patriotique pour la paix) et  les controversés jeunes patriotes du temps  du régime Gbagbo en Côte d’Ivoire. Et puis on est sans ignorer que ce sont bien ceux qu’on appelle jeune qu’on envoie en guerre.

Ce sont là autant d’arguments pour montrer que  la jeunesse est plutôt un concept politique qu’une réalité social ; de jeunes, il n’en existe que pour être manipulés par les politiques. Sinon,  les individus de cette tranche d’âge sont autant des responsables que d’autres plus âgés, d’autant plus que l’avenir est censé reposer sur eux et qu’avant tout le présent leur appartient.


« Jeunesse » : c’est juste un concept politique (1)

La  « jeunesse » est présentée comme cette phase de l’évolution d’un individu avant l’âge adulte.  Les individus qui composent cette tranche d’âges, la plus grande part des populations des pays du tiers monde et aussi la plus vulnérable, fait l’objet de toutes les convoitises par des politiques qui voient en eux plus un véritable réservoir de voix et des individus manipulables que des personnes dont l’existence procède d’une franche planification. On ne s’en souvient donc quand on fait sa propre politique.

Garçon africain. Cc Pixabay
  • Les contradictions même au sein de ceux qu’on appelle la « jeunesse »

Il y a  en effet d’abord des individus qui normalement devraient appartenir à cette catégorie d’individus qu’on  appelle jeunes qu’on ne compte pas parmi ces derniers, ou qu’on ne voit pas quand on parle des jeunes, en raison de leur réussite sociale. Les plus en vue sont les célébrités, notamment les stars du foot. Didier Drogba, Yaya Touré, Lionel Messi, Chritiano Ronaldo, Samuel Eto’o par exemple sont-ils ou ont-il été  moins jeunes que ceux qu’on classe ou qu’on a classé  parmi ceux qu’on appelle les « jeunes » ? Évidemment pas, ils sont tous de la même génération. Et pourtant on ne  compte pas ces stars parmi la jeunesse. Soit dit en passant, le contraire serait très  embarrassant pour les régimes corrompus qui font brusquement de la jeunesse leur priorité (j’y reviendrai).

Parce que ces célébrités se trouvent à un haut niveau social, le message que je tente de faire passer peut paraître flou, je l’admets, mais on peut redescendre à un niveau social moins impressionnant. Considérons simplement les individus qui se trouvent dans cette même tranche d’âge que  ceux qu’on classe parmi les « jeunes », et qui ont un travail, une femme, des enfants ; même si ces derniers se sentent assez vigoureux et frais ou ont un âge moyen pour faire parti des  « jeunes », ils  se sentent plus, et cela va de soi, comme des  gens qui ont des responsabilités à assumer et des devoirs à honorer,  que comme des individus qui appartiennent à une certaine tranche d’âge ou à cette catégorie sociale appelée  « jeunesse ».

Il faut donc trouver un autre terme pour désigner le groupe d’individus qu’on appelle jeunesse. Et le terme qui conviendrait le mieux pour en parler, c’est bel et bien « pauvre », qui plus est lorsque à des rassemblements ou des manifestations  de jeunes, notamment les récents états généraux de la jeunesse ivoirienne, ne sont présents en grand nombre que ceux qui espèrent en tirer une situation social, en clair avoir une source de revenue pour pouvoir se prendre en charge. « Pauvre » étant, je suppose, assez dévalorisant, on pourrait le remplacer, à travers cet exercice langagier pervers dont raffolent les régimes imbus, par une expression moins honteuse, sinon plus ‘‘respectueuse’’. Les personnes en quête d’une situation sociale irait bien. Si celle-ci suffit à faire évoluer la situation de ces « pauvres », tant mieux. Mais la meilleure façon de résoudre un problème, ce n’est pas de l’édulcorer,  mais de le dévoiler dans toute sa réalité pour mieux l’affronter.

Ainsi c’est plus la situation sociale qui conditionne l’appartenance à cette catégorie sociale appelée jeunesse, que l’âge. En clair tu as beau avoir 50 ans, si « tu  n’a rien » ou « tu n’es rien »,  on te classera parmi les « jeunes », voir les enfants. De même quand tu as  20 ans et que tu as une situation sociale respectable, tu ne te sens pas jeune, mais responsable.

Et parce qu’elles sont pauvres,  les personnes qu’on appelle « jeunes » sont exposées à la manipulation de politiques démagogues et aux abois. Et ceux-ci en profitent car ils ne s’en souviennent que pour leur politique ; d’où d’ailleurs le caractère uniquement politique du concept « jeunesse ».

À suivre


Silence, on émerge en Côte d’Ivoire

Le régime ivoirien a pour projet de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020. À  moins de trois ans de cette échéance,  le constat est pourtant douloureux, car le gouvernement manie davantage le bâton que les projets.

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Pour rappel

L’émergence économique en Côte d’Ivoire n’est pas un phénomène nouveau. Déjà, dans les années 1970, le miracle économique ivoirien avait eu lieu. De nombreuses infrastructures avaient vu le jour : un réseau routier important, des établissements scolaires publics dans l’ensemble des régions, des grandes écoles,  la construction de logements sociaux.

Aujourd’hui, hormis la construction du  troisième pont d’Abidjan (pont HKB) qui ne servira évidemment qu’à Abidjan, le prolongement de l’autoroute du Nord (dont le bitume est déjà dégradé)  jusqu’à Yamoussoukro et un projet de logements sociaux qui peinent à sortir de terre, la Côte d’Ivoire a du mal à faire peau neuve malgré la forte croissance économique.

Après le décès de Félix Houphouët-Boigny, en lieu et place de nouvelles infrastructures ou même de simples entretiens de celles existantes, les régimes qui se sont succédés à la tête de l’État, trop préoccupés à conserver le pouvoir, ont plus œuvré à mettre sur pied la sécurité et la répression que de mener des projets de développement.

Ainsi du temps du président Konan Bédié, la BAE (Brigade anti émeute) vit le jour. Le général Robert Guéï créa le PC Crise. Le régime de Laurent Gbagbo mit le Cecos (Centre de commandement des opérations de sécurité) sur pied. Avec le régime Ouattara, ce sont plusieurs de ces unités qui prolifèrent en ce moment : CCDO (Centre de coordination des décisions opérationnelles), FRAP (Force de recherche et d’assistance de police), GSPR (groupement de la sécurité présidentiel), force spéciale des FRCI (Force républicaine de Côte d’Ivoire) muées  en FACI (Forces armée de Côte d’Ivoire)…

L’émergence en Côte d’Ivoire s’est donc transformée en organes sécuritaires défensifs répressifs de l’État. Malgré la prolifération de toutes ces forces de sécurité, le phénomène des microbes persiste actuellement en Côte d’Ivoire. Il devient si critique que les populations d’Abidjan s’organisent en comité d’auto-défense. Cette situation sécuritaire préoccupante pose la question de l’utilité de toutes ces forces qui patrouillent pourtant dans les rue d’Abidjan, dans des véhicules blindés avec gilet pare-balle, tenues flambants neuves et fusils AK-47 bien visibles.

La situation actuelle

Cependant le front social et politique ivoirien donne un indice de ce à quoi servent ces forces :

– Les forces exécutent des opérations sous haute surveillance face à des populations très remontées devant l’incompétence du pouvoir. Ces mouvements protestent contre l’incapacité du gouvernement à réhabiliter les infrastructures essentielles (réhabilitation de route, construction d’écoles d’hôpitaux, assainissement) et à créer des emplois, à assurer la sécurité.

– Elles provoquent des affrontement entre policiers et étudiants. Les étudiants protestent contre des frais d’inscriptions élevés dans le secondaire, alors que l’école est supposée gratuite en Côte d’Ivoire.

– Elles lancent des mandats d’arrêt contre des opposants soupçonnés de déstabilisation du pouvoir. Les forces répressives veulent couper l’herbe sous les pieds aux opposants, face à l’éventuelle liberté provisoire de Laurent Gbagbo.

Les autorités refusent la moindre protestation comme s’il détenait l’exclusivité de la vérité, comme si elles avaient des choses à cacher. Elles usent d’une dissuasion maladive et d’une répression impulsive. Le régime  i voit rien a plus œuvré à faire émerger le silence en Côte d’Ivoire qu’une société mieux développée et civilisée.


Messe pour la paix à la Cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Bouaké

Comme traditionnellement en fin d’année, en prévision à l’année qui vient, a été célébrée ce vendredi 28 décembre, à la Cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Bouaké, la messe pour la paix, présidée par le représentant du Pape François dans la région de Bouaké, l’Archevêque métropolitain Monseigneur Paul Siméon Awana, qui avait invité convoqué pour l’occasion les autorités administratives, militaires et politiques de la région ainsi que les populations. 

Avant la messe proprement dit,

l’Archevêque de Bouaké a pris soin pendant un peu plus d’une heure de rapporter et d’expliquer le message du Pape François pour la paix dans le monde. Intitulé : La bonne politique est au service de la paix, ce message rappelle  avant tout ce que doit être la mission des hommes et femmes qui se sont engagés à la gestion de la chose publique. Comme les disciples de Jésus, dans l’évangile de Luc, qui ont un devoir d’apporter la paix partout ils sont envoyé en mission (Luc 10, 5) le politique doit également  être une personne de bonne volonté éprise de paix.

En tant que tel il doit s’évertuer à mettre en œuvre la bonne politique, la politique utile, qui a justement pour fondement la paix. Le message précise que Cette bonne politique ne peut être profitable que dans un environnement pacifique, bien qu’elle soit comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres et de la violence, selon une citation du poète   Charles  Péguy.

Le message est plus précis quand il détaille ce que doit être la bonne politique. Elle doit en effet servir, protéger, mettre l’homme au centre de ses préoccupations. Ce sur plan, selon le message du pape expliqué par Monseigneur Awana, la bonne politique rejoint la doctrine social de l’ Église catholique. Faire de la bonne politique, c’est donc exercer un ministère de la charité. Mais, il ne s’agit pas de détourner des fonds pour ensuite se donner bonne conscience et blanchir cet argent en se laissant dans une opération de dons tout azimut et jouer ainsi au généreux.

L’archevêque précise, à partir de cet exemple, que tout individu qui se lance en  politique doit avant tout être sérieux ou  du moins il revient aux populations de donner le pouvoir aux personnes véritablement charitables, généreuse, remplies de vertus. Sur ce l’hymne à la charité dans la Bible (1Corinthien 13, 1-13) est une référence pour  reconnaître le bon politique.

Le message du pape demeure avant tout réaliste selon Monseigneur Awana, car les politiques sont des hommes et des femmes comme tout le monde, c’est-à-dire des personnes qui ont aussi des faiblesses.

À ce sujet,  le message prend soin d’identifier les vices de la politique auxquels pourrait être confronté le politicien. Ce sont la corruption, l’indifférence aux droits de l’homme, le fait de s’accrocher au pouvoir, de contraindre ses adversaires politiques à l’exile, l’exploitation illimité des ressources naturelles, le racisme, la xénophobie.  Cette adresse n’ignore pas non plus la politique vertueuse, la personne humaine doit en effet en être au centre, tout comme elle doit œuvrer pour qu’il n’y ait pas  de laissés pour compte dans les prises de décision. L’avis de chacun compte, et  dans le respect de l’opinion de l’autre. Chacun a un rôle à jouer pour la paix, notamment les militaires (présents dans l’église) dont l’Archevêque a pris l’exemple, s’interrogeant sur  le rôle de ceux-ci. Alors que l’on s’attend à ce qu’ils assurent la défense du territoire contre des attaques extérieures, ils se trouvent que ce sont plutôt eux qui troublent souvent les nuits des populations, particulièrement celles de Bouaké.  

Et quelque soit les mésententes entre les acteurs politiques, Monseigneur Awana, a lancé un retentissant : « Non à la guerre ! ». Toujours dialoguer dans le respect de l’autre, a-t-il insisté. À ce propos le message du pape prend l’exemple du texte de la création. Là où en effet le corps faiblit, l’esprit doit prendre le relais et surmonter les dissensions car c’est par lui que les clivages peuvent être dépassés, à travers notamment encore une fois le dialogue.

L’archevêque a terminé par l’explication du texte : Les béatitudes du politique, présent également dans le message du pape, mais du Cardinal François-Xavier Nguyen.

Il a conclu son exposé, qui avait véritablement une allure d’exhortation de toute la communauté de Bouaké à la paix en 2019 et au delà, en révélant qu’il rédigeait une note destinée à tous les chefs de partis politiques en Côte d’Ivoire. Il les y exhorterait à être et à faire de grands militants de la paix plutôt que à être ou à faire de grands militants de leurs partis politiques, car l’intérêt général  devrait toujours prévaloir sur les intérêts particuliers.

Après l’exposé, il a invité les incrédules, s’il y en avait,  à prendre contact avec son service de communication qui mettrait à leur disposition une copie du message du Pape  François signé sa main.

Il a ensuite présidé la messe comme convenu, entouré de l’ensemble du clergé, des religieux et religieuses de la ville de Bouaké.

 

  • Les béatitudes du politique (La charité du politique)

Heureux le politicien qui a  une haute idée et une profonde conscience de son rôle.

Heureux dont la personne reflète la crédibilité.

Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt.

Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent.

Heureux le politicien qui réalise l’unité.

Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical.

Heureux le politicien qui sait écouter.

Heureux le politicien qui n’a pas peur.


La politique ivoirienne, mieux vaut s’en marrer qu’en pleurer

La politique ivoirienne ne finira pas de défrayer la chronique avec son lot de drames. Mais elle peut aussi, et c’est là sa particularité, faire rire, beaucoup rire même.

CC : flikr.com
  • La politique en Côte d’Ivoire

D’ abord l’expression même : politique ivoirienne  est sujette à interrogation. Oui,  je me dis que ça aurait pu être la  politique en Côte d’Ivoire, genre une politique qui serait faite en notre pays selon les codes universels de la politique… Si toutefois il en existe encore, de ses codes, parce qu’avec les réseaux sociaux, de nos jours tout échappe à tout le monde ; on ne se rend par exemple compte du danger que lorsqu’on est dégommé du pouvoir par le peuple. Blaise  Comparé, l’I voit rien nouveau en sait quelque chose*:)) Marrant. Et puis, ces réseaux sociaux qui servent à mobiliser ailleurs pour des revendications sociales, comme celle des gilets jaunes en France, servent en général en Côte d’Ivoire soit à narcissismer, soit à escroquer, ou encore à critiquer. Ça critique oh, ça critique. Dans des gros français en plus, pour faire savoir depuis son Smartphone ou son clavier d’ordinateur bien assis quelque-part que si ça ment sur nous (on broie du noir) dans le pays, c’est à cause du rattrapage, sinon on connaît papier (on est instruit).

Ça critique donc,  mais ça ne propose jamais rien de nouveau pour le changement. Finalement on critique tellement Ouattara et son pouvoir à longueur de journée sur les réseaux sociaux sans jamais réellement rien proposer pour les contredire, qu’ils ont non seulement plus besoin de publicité, mais ils peuvent également continuer à se la couler douce à Assinie (station balnéaire en Côte d’Ivoire) puisqu’ils n’ont pas d’opposants pour troubler leur nuit, mais des critiqueurs, en d’autres termes des gens qui pestent parce qu’ils ne mangent pas aussi. Certains ont simplement arrêté d’aboyer quand on leur a foutu soit quelque chose dans la gueule, soit un high kick dessus.  Mais, c’est pas désolant, ça ; c’est simplement la politique ivoirienne *:)) Marrant.

  • La politique ivoirienne

L’expression la plus adaptée est donc : la politique ivoirienne. Oui, la Côte d’Ivoire a bien sa manière à elle de faire la politique, selon plusieurs stratégies dignes de quelqu’un qui n’ira jamais perdre son temps à Science po.

Il y a d’abord le  couper-décaler politique : entendez par là la transhumance en politique. À ce sujet,  interrogé par un journaliste sur la raison pour laquelle les I voient rien semblaient voir qu’il  ne séchait ses habits que là où le soleil frappe, un varan*:)) Marrantde la politique ivoirienne répondit au journaliste qui l’interrogeait si ce n’était pas de bon sens de sa part. La batterie du téléphone  dont se servait l’homme des médias pour l’enregistrement de l’entretien se déchargea automatiquement *:)) Marrant.

D’autres faiseurs de la politique, et non des moindres ont fait des jeux de reins dans tous les partis politiques qui se sont succédé au pouvoir en Côte d’Ivoire, le temps de couper (se servir) copieusement, puis de décaler (s’en aller) sans bruit, quand ce pouvoir chute, pour se recaler sans état d’âme avec le nouveau pouvoir.  Pour réussir une telle performance, ce sont évidemment aussi de grands amadoueurs. Expert en flatterie et dotés d’une grande, disons… bouche (pour ne pas donner l’impression d’insulter les gens*:)) Marrant, ils occupent donc généralement le poste de porte-parole du parti au pouvoir…  Ne suivez surtout pas mon regard, vous ne le(s) verrez pas (Je veux pas d’ennuis). Regardez plutôt à l’opposé, vous ne risquez pas de manquer cette espèce qui prolifère aisément en Côte d’Ivoire. C’est le politicus-ventrolocus-alimentlopithèque, il fait parti du patrimoine immatériel de la politique ivoirienne *:)) Marrant, bientôt homologué par l’Unesco. Et dire qu’avec ça le  tourisme ivoirien a du mal à décoller. Vas y comprendre quelque chose. *:)) Marrant

Nous avons ensuite le parasitage politique : action de créer des mouvements au sein de son parti d’origine (qui est de l’opposition) pour le compte du pouvoir…  tout en se réclamant toujours de son parti, en occupant  pourtant des postes de ministre au gouvernement  ou de président d’institution. Ça a l’air compliqué tout ça. Mais c’est bien la politique ivoirienne. Ils  ont beau être radiés de leur parti politique, ces poux politiques persistent et signent, ils en font toujours partie. Le projet est simple : trainer son partie devant le pouvoir, les pieds devant *:)) Marrant. Si ce ne sont pas des parasites politiques, on se demande bien ce que peuvent être ces politiciens dont le signe zodiac est : pou.

« Eh, poux oh, Konan Bédié,  on peut pas s’en débarrasser oh », *:)) Marrant

comme chante l’artiste Zouglou.  Ou bien ce  sont des microbes ? Les microbes de la politique ivoirienne : Des invisibles qui pensent ne pas avoir été repérés parce qu’ils se sont eux-mêmes aveuglés par les grosses black climatisées, les privilèges, le profit…

On voit par exemple au pdci (parti démocratique de Côte d’Ivoire), des mouvements se former : Sur les traces d’Houphouët-Boigny.  Cette dissidence là finira, il en va de soi, au caveau familial des Houphouët-Boigny où le vieux repose en paix jusqu’à ce qu’elle y aille troubler son repos avec ses poches pleines de petites monnaies, si toutefois y a la place pour elle là-bas *:)) Marrant.  Parce que le vieux, lui, ils faisaient pas en jetons mendiants. C’était les liasses avec lui.

Ya aussi cet autre mouvement, nouveau-né mais composé de vieux singes de la politique ivoirienne à qui on n’apprendrait pas à faire la grimace.

Ce mouvement a pour nom Pdci Renaissance. Vraiment, à voir ces vieux primates de la politique ivoiriennes qui se donnent une nouvelle naissance par ce mouvement, on imagine bien comment ils téteront, et aussi qu’ils se contenteront pas que des nichons *:)) Marrant.

« On  voit le dos du nageur »*:)) Marrant

Ce mouvement a pour pseudo : #Jesuispdci. Vraiment, ceux qui prétendent faire de la politique en Côte d’Ivoire n’ont pas froid aux yeux. Se  lancer dans le broutage (escroquerie sur le net) politique ! Faut le faire quoi. Il aurait été plus courageux de baptiser ce mouvement #JesuisCharly,  on les comprendrait moins et ce serait mieux ainsi. Comme quoi, Nos chers brouteurs n’ont pas volé le broutage. Tels vieux, tels jeunes ! Écoutez : « OH. ON N’A FORCÉ PERSONNE À MOURIR À LA TÊTE D’UN MINIsTÈRE OU D’UNE INSTITUTION DE l’ÉTAT ! *:)) MarrantRejoignez vos enfants, qui vous mettent dans le même sac que les parents honnêtes et qui sont si fiers de vous, ils vous comprendront. »

  • Le menu politique

La Côte d’Ivoire est un pays extra… : après avoir tenté l’expérience avec les régions, les ethnies, les communes, les villes, les villages, les maisons, les familles et même les noms… c’est le seul pays au monde où des mets sont associés à des partis politiques. Vous voulez une sauce rdr, on vous servira de la sauce arachide ; une sauce pdci, vous aurez droit à une sauce Djoungbré (gombo séché) ; une sauce fpi,  vous savourerez la sauce graine (pulpe de graines de palme mûres). Avant, on s’amusait à panacher sauce arachide et Djoungbré, (beurk !) mais depuis le divorce pdci # rdr, un tel mélange donne la diarrhée *:)) Marrant. En réalité, c’est un panachage qui a de tout temps fait assiéger les toilettes. Le mélange était dicté par les circonstances, la sauce graine était très lourde à l’époque*:)) Marrant.

Aux dernières nouvelles, actuellement est expérimenté le mélange  Djoungbré-sauce graine. Quelqu’un qui vit  en Côte d’Ivoire sait à quoi s’attendre après un tel mélange : UNE VRAIE SAUCE !!! *:)) Marrant. Seulement, tout dépend de qui cuisine *:)) Marrant.

  • Mathématique et politique

Et puis, c’est ahurissant, mais tous les grands intellectuels que compte la politique ivoirienne (économistes, ingénieurs, universitaire, enseignants, ésotéristes, féticheurs, devins, bonbon pasteurs  et affiliés *:)) Marrant)  sont incapables de résoudre une simple opération mentale, un petit calcul rapide… quand ils sont bien sûr au pouvoir. Bizarre, c’est là où les calculs doivent être corrects et précis pour faire évoluer le pays qu’ils sont vraiment compliqués, et quand ils sont pourtant de plus en plus élémentaires. Vous ne croyez pas ? Eh bien, faites donc l’expérience de demander au pouvoir comment est 1 + 1 par rapport 1. Il répondra automatiquement  et les poings serrés, prêt au combat : « 1et 1 est inférieur à 1 *:)) Marrant». Plus clairement, 1 poids lourd de l’opposition et le second poids lourd de l’opposition mis ensemble sont inférieurs à 1 parti au  pouvoir dont les partisans sont plus ou moins égaux avec ceux de chacun de ses opposants. Apparemment nos chers politiques des pouvoirs  en Côte d’Ivoire  n’ont jamais fait l’école primaire *:)) Marrant.

Mais le pouvoir n’a quand même par tort de dire que 1 est supérieur à 2 car il n’est pas seul non plus hein, il a avec lui : lui d’abord, lui ensuite, et lui encore (entendez ses sou-partis) sans oublier les partis politiques dont les militants ne remplissent pas une cabine téléphonique et tous les combattants de 25ème heure qui ont flairé la bonne affaire présidentielle *:)) Marrant. Le tout mis ensemble fait :

LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE.

C’est donc compréhensible qu’avec une telle dénomination et de plus aussi solennelle, le pouvoir arrive à se convaincre qu’il est plus consistant que toute l’opposition réunie. Les urnes de Grand-Bassam n’ont pas intérêt à dévoiler le contraire, elles en auront pour leur compte : toutes cassées et les bulletins de vote emportés devant les forces de l’ordre.  YA RIEN EN FACE, DEVANT C’EST MAÏS ! ON GAGNE OU ON GAGNE ! UN COUP K.O *:)) Marrant.

Ps : Synonyme de LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE : RHDP* *:)) Marrant

La politique ivoirienne est tellement pleine d’absurdités que pour s’éviter des soucis de santé, c’est donc mieux de s’en marrer que d’en pleurer. Mais attention, tout ce dont on n’avait fait que rire auparavant avait allègrement entraîner le pays dans le pire. L’histoire récente de la Côte d’Ivoire est là pour le rappeler. À bon rieur, grande douleur ! Emoji

 


Côte d’Ivoire : j’accuse

Homme de Dieu de pixabay.com CC
Homme de Dieu de pixabay.com CC

Depuis plusieurs mois maintenant, des « prophètes » et autres serviteurs de Dieu (nous ne doutons pas de leur statut, mais cela reste à prouver) prédisent des troubles en Côte d’Ivoire. On ne peut leur en vouloir d’avoir des visions puisque c’est leur ministère, leur business aussi, mais chaque jour les églises et autres lieux de prière ne désemplissent pas, sur les radios confessionnelles, l’on ne fait qu’également prier pour la Côte d’Ivoire. Mais malgré ce regain de spiritualité et de ferveur chez les Ivoiriens, nos prophètes et autres serviteurs de Dieu ne démordent pas, ils voient toujours dans leurs visions ces mêmes troubles planer sur le pays. On est donc amené à se demander si Dieu est indifférent aux incessantes supplications de ses enfants ivoiriens pour ne pas éloigner de leur pays de nouvelles peines.

Le Dieu dont j’ai connaissance n’est pas ainsi. Rappelons-nous la parabole du bon pasteur abandonnant 99 brebis pour n’en retrouver qu’une seule égarée (Luc 15, versets 3 à 7). Si une seule bête a de la valeur pour le bon pasteur qu’est Dieu, qu’en dire de 22 millions d’individus à ses yeux, dont plus de la majorité ne fait que prier sa miséricorde ? Rappelons-nous également l’enfant prodigue (Luc 15 versets 11 à 24) que ce père accueillit chaleureusement bien que ce fils l’ait déshonoré en réclamant sa part d’héritage de son vivant, et « la vie de désordre » qu’il mena ensuite avec tout ce qu’il avait reçu.

Les Ivoiriens, prenant conscience de leurs égarements ne font que demander la clémence de Dieu. Mais malgré cela, et en dépit du fait que l’on fait pénitence en Côte d’Ivoire, nos « prophètes » et autres serviteurs de Dieu n’en démordent pas. Ils voient toujours le malheur planer sur le pays. On est donc amené à se demander si ces troubles qu’ils prédisent tant ne seraient pas en fait la conséquence de leurs visions.

Alors :

Je les accuse de semer les troubles dans les cœurs et les esprits des Ivoiriens ou de les y préparer, surtout en cette période délicate d’élection présidentielle. Ces « visionnaires » auraient donc des comptes à rendre si l’on vit les mêmes drames que par le passé, notamment lors de la présidentielle de 1995 (boycott actif), 2000  et 2010 ;

J’accuse ces Hommes de Dieu de se servir de Dieu. Ils ont peut-être eu des visions sur la Côte d’Ivoire. Et on leur sait gré d’avoir prévenu le peuple. Mais du fait que ces visions n’évoluent pas malgré les prières, on peut facilement deviner que la volonté de l’Homme a pris le pas sur la volonté de Dieu. En clair, il faut qu’il y ait des troubles pour que l’on dise que Messieurs et Mesdames les « Hommes de Dieu » avaient raison ; ils sont forts ; c’est les meilleurs, etc. A cet effet, Rappelons-nous l’histoire de Ninive dans la Bible.

Selon le livre de Jonas, Dieu envoya ce dernier prévenir les habitants de cette ville pécheresse vouée à la destruction s’ils ne se convertissaient pas. Prenant conscience de leurs égarements, tous, du plus grand au plus petit, du roi aux animaux, firent pénitence. Ils renoncèrent à leurs mauvaises conduites. Ils obtinrent ainsi la miséricorde de Dieu qui les épargna. Mais, Jonas fut mécontent parce que tout ce qu’il avait annoncé ne s’étaient pas passé. Comme Dieu l’a fait avec Jonas en asséchant le ricin sous lequel il avait trouvé de l’ombre et attendait patiemment la destruction de Ninive pour bomber le torse. Après, il couvrira également de honte tous ceux qui prédisent le malheur sur la Côte d’Ivoire et se sucrent sur le dos des Ivoiriens en organisant des programmes de prière dédiés à éviter la guerre. Ce sont en effet de véritables moments de (ra)quêtes en n’en point finir, et des lieux de vente de toutes sortes d’objets de piété pour se protéger contre le prétendu malheur à venir.

Dieu dans son incommensurable Miséricorde a déjà épargné la Côte d’Ivoire, car s’il ne tenait qu’à nos fervents « prophètes »et autres serviteurs de Dieu, notre pays aurait été depuis longtemps rayé de la carte du monde.

Il ne revient plus qu’aux Ivoiriens de croire qu’il n’y a que la conversion véritable, c’est-à-dire, l’oubli du passé douloureux, l’amour du prochain, l’acceptation de l’autre, la recherche de la paix, la patience dans les épreuves, la confiance en l’avenir, etc. qui peut les sauver et non des veillées de prière et des objets de piétés vidés de leur sens. Donc, à eux de faire le choix entre se mettre résolument au travail pour réaliser des percées dans leur vie ou passer le clair de leur temps dans des séances de prière à s’appauvrir, à s’apeurer inutilement et pire, à se préparer à s’entretuer encore une fois. A bon entendeur… Salut.