N'Guessan Jean Christ Koffi

Chaîne de prières pour la paix en Côte d’Ivoire à la cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Bouaké (2)

Chapelet catholique. CC Pixabay

Calcul politique, le faux vrai éventuel 3ème   mandat du président Ouattara ou le mythe du pouvoir à une nouvelle génération en 2020

Cette séquence mérite tout un article, mais retenons simplement que l’appel du président Ouattara à Konan Bédié lors du congrès du parti unifié rhdp,

à le  rejoindre à ce parti pour préparer ensemble une nouvelle génération au pouvoir en 2020… ressemble plus au calcul politique sur fond de dénigrement et de mesquinerie. Le président qui prévoyait en effet donner  ce 6 aout  sa position claire sur un éventuel 3ème mandat de sa part en 2020 sous prétexte d’être garant de la paix en Côte d’Ivoire, aurait comme par enchantement renoncé à son projet de candidature à la prochaine élection présidentielle, et comme par hasard après que Konan Bédié, en fin stratège politique, refuse d’intégrer le parti unifié avant les élections de 2020, pressentant l’arnaque politique. À travers son appel à Bédié à le rejoindre au parti unifié rhdp pour préparer ensemble une nouvelle génération au pouvoir en 2020, le chef de l’État donne l’impression que Konan Bédié, 84 ans, prévoit se présenter en 2020 alors qu’en réalité ce dernier ne fait que demander le respect de la parole donnée lors de l’accord qui a suscité l’appel de Daoukro. Et puis, sérieusement,  le rdr grouille de « jeunes loups », ministre depuis près de 15 ans pour certains, qui   peuvent bien se passer d’un stage d’accession au pouvoir sous la direction de Konan Bédié, si c’est à eux que le président pense lorsqu’il parle de jeune génération ; A moins que le ralliement de Bédié au parti unifié rhdp ne soit en réalité le dernier obstacle au 3ème mandat d’un président qui pourrait se sentir suffisamment fort pour franchir le pas, surtout qu’il a le  sentiment d’avoir l’onction de garant de la paix en Côte d’Ivoire. Enfin soit, la politique en Côte d’Ivoire donne l’impression d’être mafieuse. Danger !!!

  • Amnistie, manipulation politique, impunité

Après que son acquittement  pour « crime de guerre » ait été cassée par la cour suprême, Simone Gbagbo bénéficie miraculeusement ce 06 aout d’une amnistie du président de la République avec 800  cent autres personnes dont les condamnations ou les procès sont en lien avec la crise post-électorale de 2010-2011.

C’est apaisant de savoir que des prisonniers politiques qui n’existaient pas (sic) soient bientôt libres ; comme c’est également révoltant de voir que cette amnistie générale sent, et c’est peu dire, la manipulation à mille  lieues.

D’abord elle viendrait abruptement en réponse au rapport confidentiel de l’Union Européenne sur la situation sociale (sic) et politique  désastreuse en Côte d’Ivoire. Ensuite elle proclame sournoisement une amnistie générale pour les crimes commis lors de la crise post-électorale 2010-2011 y compris ceux commis par les partisans du président Ouattara.

À ce propos, Soul to Soul chez qui a été découvert une cache d’arme lors de mutineries de 2017 et dont la condamnation n’a rien à avoir avec la crise de 2010 fait partie du lot d’amnistiés. Mais en réalité, ce pourrait être grâce à ce proche du président de l’assemblée nationale, Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion qui affirment de réelles ambitions présidentielles pour 2020, que tous les autres bénéficient de cette amnistie.

Ce geste de gratitude (sic) envers Soul To Soul évite au président de la République, pense-t-il,  de se mettre à dos  son plus précieux soutien : le président de l’assemblée nationale, ancien chef rebelle, qui garde par ailleurs de très bonnes relations avec ses anciens amis de la rébellion.

Le président ne fait qu’en réalité mobiliser les troupes pour 2020 vu que le pdci refuse de faire un pas de plus avec lui. Ce jeu de calcul politique relance le débat du 3ème mandat d’Alassane Ouattara. Et le fait que ce 6 aout il ait préféré, tacitement, tisser une toile de soutiens autour de lui plutôt que clarifier le monde entier sur sa position claire par rapport à un 3ème mandat voudrait dire que 2020 pour le président, c’est déjà maintenant. Imaginons ce que ce sera effectivement en 2020. Danger.

Au contraire de Simone Gbagbo et de tous ceux qu’on désigne sous le vocable de pro-Gbagbo qui sont passés devant toutes les juridictions ivoiriennes, les partisans du pouvoir accusés de  crimes ne seront pas du tout inquiétés. Au contraire, en plus d’avoir bénéficié de l’indifférence de la justice ivoirienne, ils occupent des postes clés dans l’administration comme dans l’armée ivoirienne. Ils ne pourraient donc pas  hésiter à récidiver si l’occasion se représentait surtout qu’ils ont joui de l’impunité. Et 2020 n’est pas loin. Danger.

Vraiment Que Dieu garde la CI, et il pourrait le faire à travers cette prière de Saint François  d’assise sur laquelle l’on prie à la cathédrale de Bouaké :

à suivre


Chaîne de prières pour la paix en Côte d’Ivoire à la cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Bouaké (1)

Chapelet catholique. CC Pixabay

Sous l’initiative de l’Archevêque métropolitain de Bouaké, les paroissiens de la cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de cette ville ont entamé depuis 5 vendredis maintenant  une chaîne de prières pour la paix en Côte d’Ivoire.

« Nous prierons jusqu’à ce que les signaux rouges que nous voyons là (en Côte d’Ivoire) passent au vert »

a déclaré à ses paroissiens l’archevêque de Bouaké, Monseigneur Paul Siméon Awana, comme pour leur signifier que la tâche à laquelle ils s’adonnent chaque vendredi depuis le 7  juillet 2018 n’est pas une simple routine, elle est plus sérieuse qu’elle en a l’air. Et les derniers développements politiques, sociaux et judiciaires en Côte d’ivoire tendent à donner raison au représentant des apôtres dans la région de Bouaké.

  • Tensions politiques :

Le convoyage  d’électeurs : avec les élections municipales et régionales qui auront lieu  bientôt certains candidats ont fait convoyer lors des enrôlements qui ont eu lieu dernièrement à cet effet, des  électeurs pour effectuer leur enrôlement dans leur zone en vue d’augmenter les votes en  leur faveur. Cette technique machiavélique de gonflage de voix faussera certainement le jeu politique avec le risque qu’elle soit source de conflits.  Danger !

La constitution du parti unifié (RHDP : rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix ) qui en dit long de la conception de la politique en Côte d’Ivoire

Ce parti unifié rhdp en lui-même est rétrograde pour la démocratie en Côte d’Ivoire. Cette constitution n’est motivée que par une garanti de réélection automatique de cette coalition au pouvoir en 2020, sans que les préoccupations des populations soient prises en compte à travers une opposition claire et un jeu démocratique franc et sincère. L’inquiétude est encore plus grandes d’autant plus que ce parti unifié n’est qu’une autre expression du parti unique, comme ça semble le cas actuellement en Côte d’Ivoire car les partis d’opposition, étêtés et empêtrés dans les palabres, sont inexistante. Sans discours contraire, les abus en tout genre, le népotisme, la corruption, le clientélisme, les répressions, les lacunes, la paupérisation sont malheureusement érigés en principe de gouvernance. Danger !

La constitution du parti unifié qui tourne à la palabre  au sein de la coalition, et plus inquiétant au sein même du Pdci :

Il y a d’abord au sein du rhdp  une dissension entre les deux poids lourds, le  pdci (parti démocratique de Côte d’ivoire) et le rdr rassemblement des républicains). Ces désaccords  viennent du non respect de la parole donnée à l’accord qui avait suscité l’appel de Daoukro.  Ce qu’on sait de cet accord, c’est que le rdr devrait soutenir une candidature pdci aux élections de 2020 après que le pdci ait soutenu Alassane Ouattara, le candidat rdr en 2015. Mais quid d’un accord le rdr ne l’entend pas de cette oreille et parle de primaire pour désigner le candidat rhdp aux élections de 2020. Cette mésentente aurait pu être un problème au niveau de leur seule coalition, mais elle suscite l’intérêt de l’ensemble des Ivoiriens car est engagé la moralité de ceux qui gouvernent la Côte d’Ivoire. Ils ne donnent pas l’impression d’être des hommes de paroles. Ce serait simplement des hommes guidés par leurs intérêts personnels. Il y a donc des risques, pour ne juger personne,  que ce soient des individus peu fiables, qui seraient prêt à tout pour demeurer au pouvoir, qui dirigent le pays.  Danger !

Cette crise fait par ailleurs voir le manque de convictions politiques des ‘‘ministres pdci’’ qui demeurent au gouvernement malgré les mésententes, puis la crise ouverte entre le pouvoir et leur parti politique. Leur présence au gouvernement vient plus du goût des avantages et privilèges que d’une réelle conviction politique  sinon ils auraient soit officiellement rejoint le parti du président (le rdr) soit  retrouvé le pdci dont ils se réclament toujours et avec force malgré leur exclusion de ce parti en raison de leur indiscipline.  Cette présence au gouvernement frise donc également la recherche de l’intérêt personnel. Danger !


Quand le foot nourrit le langage quotidien

Le foot, le langage, c’est une histoire d’amour : depuis toujours des actions de jeu nourrissent le langage quotidien, autant que des expressions sont construites à partir du jeu. Eh bien, découvrons-en quelques unes.

Botter en touche : Petite précision, il ne s’agit pas de cette autre expression « mettre en touche » qui consiste justement à mettre le ballon en touche pour permettre aux soigneurs d’entrer sur le terrain et s’occuper d’un blessé. Botter en touche est différent. Imaginons un match de foot et une action chaude dans le camp d’une des équipes. Pour permettre à leur équipe de souffler un peu, les défenseurs, sans se poser de questions, « bottent simplement en touche »,  d’où l’expression botter en touche. Elle vient donc de ce geste salvateur au foot. Au sens figuré, elle signifie éviter des réponses embarrassantes. En politique, botter en touche, c’est par exemple annoncer en situation de crise que des enquêtes sont en cours, pour éviter de devoir répondre à d’autres questions beaucoup plus embarrassantes.

Être mis sur la touche : C’est évident qu’un joueur qui, pendant la rencontre de foot, est au delà des limites du terrain ou sur la touche ne participe pas au jeu. D’où l’expression être mis sur la touche. Comme au foot, elle signifie être écarté du groupe, ne pas faire partie de l’équipe. Et toute la frustration d’un footballeur qui est mis sur la touche vient du fait qu’il est empêché de prendre part au jeu, parce que le foot, c’est avant tout prendre du plaisir en montrant ses capacités.

Un coup K.O : Rappelons-nous cette expression prisée par les politiques africains et mise en avant par ceux-ci ces dernières années pour signifier qu’ils remporteront les élections au premier tour. Cette expression, bien que venant de la boxe, est aussi inspirée du foot. En phase d’élimination directe, notamment à partir des huitièmes de final, on parle de matchs 1 coup KO. Cela désigne des matchs sans manche retour ou à élimination directe. Une élection un coup K.O est donc une élection sans un second tour, comme au Gabon ou en RDC où l’élection présidentielle se passe sur un seul tour.

Une-deux ou one-two en anglais : Phase de jeu lors de laquelle deux joueurs d’une même équipe se passent successivement le ballon par des passes courtes et rapides, en somme ils jouent en tandem.

En Côte d’ivoire, on dira de façon figuré que les alliés politiques Alassane Ouattara et Konan Bédié sont en une-deux ! En effet, on a l’impression qu’ils gouvernent ensemble : le premier consultant régulièrement le second. Mais ces derniers temps, certaines mésententes font que chacun semble jouer perso ou pour son seul camp, à l’image d’un attaquant individualiste.

 Aller droit au but : dans le langage courant, cela veut dire ne pas tergiverser. Dans le langage footballistique, il s’agit de ne pas se perdre dans d’interminables dribbles ou d’innombrables passes, au point de même quelques fois retourner dans son camp avec le ballon, alors que le match se gagne lorsque le ballon est propulsé dans le but adverse.

Entrer dans les 6 mètres d’un individu : c’est pareil que se trouver dans les 5 mètres 50 de l’équipe adverse avec le risque de lui marquer un but. Imaginons la tension à ce moment précis du jeu.  Eh bien, entrer dans les 6 mètres d’un individu, c’est du français typiquement ivoirien ou Nouchi qui signifie importuner un individu, plus clairement le mettre en colère au point de s’exposer aux foudres de ce dernier si bien qu’il usera de tous les moyens pour se défendre. Donc un conseil d’ami : évitez d’entrer dans les 6 mètres des gens, sinon vous risquez d’être… botté … Emoji Comme un ballon de foot,  pour ne pas dire frappé ou battu.

Têter : et non téter qui selon Le Grand Robert de la langue française signifie : sucer (le mamelon, et le sein) de manière  à boire le lait, à aussi… lorsqu’on fait… bon on passe car le dico n’en fait pas cas…Emoji

Têter est donc simplement de l’argot ivoirien ou Nouchi. Le mot vient de cette action de jeu qui consiste justement à jouer le ballon de la tête. On dira par exemple : Samuel Umtiti a têté le ballon dans les filets du gardien belge. Entendons : il marqué de la tête.

Têter a même subi un glissement sémantique. Ainsi têter, dans le « langage courant » nouchi, veut aussi dire donner un coup de tête, un coup de boule. Par exemple Zidane a têté Materazzi à la finale du mondial de foot en 2006. Et même plus têter veut aussi dire se concerter, avoir un tête-à-tête.  Par exemple : Avant le mondial, officiel de la Fifa et les équipes qualifiées pour le mondial se sont têtés à propos de la VAR (Assistance vidéo à l’arbitrage). Entendez par là : ils ont eu une concertation à propos de la VAR. Attention dans un contexte plus bouillant, on pourrait penser qu’ils sont donné des coups de tête, ou se sont battu, à propos de la VAR. Heureusement que ce n’a pas été  le cas, notamment durant la compétition, car le foot est avant tout un jeu.

Conclusion : Le foot est vraiment mondial, il se pratique non seulement à travers le monde entier, par les hommes et les femmes, mais il nourrit en outre les langues officielles comme les argots de ses phases et expression inspirées des actions de jeux.  Y’a vraiment pas l’homme pour le foot. Entendez par là, le foot n’as pas d’égal. Ps : C’est du Nouchi.


Le prix Nobel de la gouvernance 2015

Le Prix Nobel de la gouvernace 2015

Tous les Nobel 2015 on été attribués, sauf celui de la gouvernance. Nous nous autorisons à le décerner à ce gouvernement bien que resserré, mais très efficace. Souffrez tout de même qu’on ne cite personne parce qu’apparemment, ce ne sont pas tous les Nobel qui suscitent des félicitations. Nous ne vous donnons que les portefeuilles de ce gouvernement et ce par quoi ses détenteurs se sont distingués. Cependant, vous aimez jouer ? Amusez-vous donc à mettre des noms, mais c’est à vos risques et périls. *:)) Marrant

 A donc remporté le prix Nobel de la gouvernance 2015, ce gouvernement dirigé par le chef de l’éclat, spécialiste en mesures cosmétiques. S’inspirant des dernières découvertes en matière de dépigmentation, il est arrivé à donner au pays une image de marque depuis l’étranger. Vous ne verrez par exemple pas dans son pays des universités bling bling chinoiserie, mais bien des universités dernières générations, pour ne pas dire androïdes. Il s’est également formidablement illustré comme un véritable président de la répu-brique. Lui, réussit la performance de ne se rassasier que de briques *:)) Marrant, vous savez ces briques sonnantes et trébuchantes qui peuvent se décliner en Euros, en dollars, en CFA, etc. Bonjour la présidence à vie.

Ce gouvernement est composé :

  • Du ministre du culte et des affaires étranges *:)) Marrant. Très croyant devant l’Eternel, ce dernier s’est remarquablement chargé des affaires pas très catholiques entre le gouvernement et certains partenaires occultes.
  • Le ministre des affaires du ventre et du bas-ventre *:)) Marrant, aussi appelé ministre du mangement. Il s’est dévoué corps et âme à nourrir des ventres surtout pendant la période électorale en vue de la réélection de son patron. Du bas-ventre parce que … Bon, à cause des âmes sensibles, nous vous épargnons certains exploits de ce super ministre… Sinon, un dicton africain dit : « A celui qui nourrit le ventre, revient le droit de se nourrir de ce qui se situe en dessous du ventre ».
  • Le ministre des économies et de la finance *:)) Marrant. Ce grand manager a tenu efficacement plusieurs caisses pour constituer à son chef, le président de la répu-brique, des économies consistantes au cas où ce dernier quitterait le pouvoir par arrêt cardiaque de son régime *:)) Marrant, entendez par là un coup d’état. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, il va sans dire que ce ministre ne s’est pas oublié. La preuve il claque des billets de banque en boîte chaque nuit après une dure journée de travaillement (distribution d’argent) sur les populations venues faire des doléances au président de la répu-brique.
  • Le ministre du foot, des affaires sociales, de la santé et de l’emploi. Petite digression : Un dicton camerounais dirait : « Au Cameroun, quand le foot va, tout va au pays. Quand le foot ne va pas. Rien ne va dans les pays des autres, sauf au Cameroun. » Bonjour les « ébats » *:)) Marrantsur les plateaux des télés locales pour s’étendre sur la situation politique de ces pays là. Pour revenir à notre super ministre, ministre du foot, des affaires sociales, de la santé et de l’emploi, disons qu’à cause de ses responsabilités, il était assis sur des braises toute l’année, avec la CAN (coupe d’Afrique des nations) et tout le reste. Mais grâce à ses qualités, il a pu emmener le « chef de l’éclat » à venir à son aide en mettant à sa disposition, pour le foot bien entendu, une partie à la fois des budgets de la santé, de l’emploi, des affaires sociales, etc. Et aussi généreux qu’il est, le président de la répu-brique a même donné de l’argent de sa propre poche afin que le foot atteigne tous ses buts. Et grâce aux bons résultats de l’équipe nationale, la société est plus paisible que jamais : les citoyens sont en bonne santé, les indigents ne le sont plus et les chômeurs ne se plaignent plus de leur situation, etc.
  • Le ministre des intérieurs, de la fonction publiques et des agents sucrés *:)) Marrant. Gynécologue à ses heures perdues, ce qui est louable, pour les hautes fonctions qu’il occupe, ce « cadre en haut » est parvenu à créer des privilégiés parmi les fonctionnaires. Ainsi, grâce à lui certains bénéficient de primes régulières et des opérations immobilières quand les autres ont déjà la chance d’avoir un travail et un toit où se reposer, même si celui-ci se transforme en piscine pendant la saison des pluies et en fournaise en période de chaleur.

Lequel de ces ministres est le meilleur, selon vous ? Il sera exceptionnellement décoré par le président de la repu-brique pour service rendue à la nation durant toute l’année 2015. J’attends les votes.


Le Lycée Moderne Dominique Ouattara de Kong célèbre l’excellence

La fin de l’année scolaire rime généralement avec bilan de l’année écoulée, bal de fin d’année, mais aussi  éventuellement récompense des élèves qui se sont distingués par leur travail tout au long de ces 9 mois d’apprentissage. Ce dernier événement était  pour la première fois une réalité ce samedi  2 juin 2018 au Lycée Moderne Dominique Ouattara de Kong depuis sa création en 2008. Une cérémonie de distinction des mérites et de l’excellence y a été en effet organisée ce jour là.

Les Prix spéciaux. Crédit Photo : Christ Koffi

Ouverte par des prières, un défilé des classes et  des poésies, parrainée par Monsieur le Ministre des Affaires présidentielles et Député-Maire de Kong, et placée sous la présidence de M.Soumahoro Soualiho, Préfet de département de Kong et Représentant du Ministre, la cérémonie a mobilisé les autorités politiques, administratives, militaires, éducatives, religieuses, les chefs de services et les parents d’élèves du département.

Au total, ce sont 172 personnes (élèves, membres des personnels, personnes ressources) qui ont été distingués, primés et remerciés pour les uns pour leur travail scolaire et pour les autres pour leur  engagement dans l’atteinte des objectifs de l’année et la promotion de l’éducation à Kong. Parmi les récipiendaires, il faut compter les 3 premiers de chacune des 18 classes, soit 58 lauréats ; les 6 majors de niveaux dont le nom des prix porte le nom de Prix spécial Téné Birahima Ouattara. Les autres prix sont repartis entre le personnel et les concours organisés durant l’année scolaire.

les majors du lycée avec l’élève racice Badisson Brice(à g). Crédit photo : Christ Koffi

L’élève Racine Badisson Brice, en classe de 6e3 s’est distingué comme meilleur moyenne de l’année avec une note annuelle de 18,16/20. Il a reçu de nombreux lots et un ordinateur ainsi que le Prix spécial de la première Dame Dominique Ouattara.

Le Prix spécial Bernard Daingui récompensant le Meilleur chef de classe et la classe la plus propre est revenu à l’élève Bamba Djiba Berthé,  de 6e3 et sa classe. Messieurs Touré Issiaka, responsable de la Bibliothèque ; Coulibaly Mibé, Éducateurs ; Coulibaly Aly Badra Ladji, professeur de philosophie et président du comité d’organisation de l’évènement ont respectivement reçu les prix spéciaux Jean Pierre Sory pour l’efficacité dans le travail pour le premier, Ouattara Fangaman de l’efficacité dans la discrétion pour le deuxième cité. La dernière cité a reçu deux prix. Notamment, le Prix spécial Effimbra K. Nicolas  de l’entreprenariat et de l’initiative et le Prix spécial Honorable Diomandé Abdul Karim, du dévouement et de la disponibilité.

Les six majors de niveaux. Crédit Photo : Christ Koffi

Le lycée a aussi primé les mérites des groupes, classes et Club. Ainsi, le Conseil d’enseignement SVT a été désigné comme meilleur comité éducatif de l’année et à reçu le Prix spécial Zié COULIBALY. Dans la foulée, le prix du Meilleur Club de l’année est revenu au Club de philosophie et le Club bénévolat a reçu le Prix spécial Anne Désiré Ouloto de l’action citoyenne pour la protection de l’environnement et du développement durable. Enfin le COGES (comité de gestion scolaire) a reçu le prix spécial Alara Marie Louis Collon de la meilleure collaboration.

Mme le Proviseur, Alara Marie Louise Collon, dans son discours a félicité son personnel et l’ensemble des bonnes volontés qui soutiennent l’établissement qu’elle nourrit le rêve de hisser au rang des établissements d’excellence du pays. Elle a aussi exhorté les parents à suivre les enfants à la maison pour davantage de meilleurs résultats :

Mme le Proviseur du LMDOK, Crédit photo : Christ Koffi

Promouvoir l’excellence, c’est promouvoir les vertus du travail, du mérite et de l’effort élevées à leur plus haut niveau dans la société. C’est inscrire la quête constante et permanente de la qualité au cœur de toutes ses initiatives.»

a-t-elle rappelé à l’assistance.  

Le Préfet de département M. Soumahoro Soualiho, a, au nom du Parrain, salué l’initiative et invité les parents à plus d’effort dans l’encadrement des enfants inscrits à l’école, pour une formation complète des futurs citoyens. Selon ses propos :

Arriver à une cérémonie et voir son ou ses enfants primés est un honneur et un privilège…Seul le travail paye. Et il n’y a de mérite que pour ceux qui travaillent .

La cérémonie a été aussi une occasion d’hommage à tous les personnels, de démonstration de talents artistiques et de sensibilisation. Les troupes de théâtre du Lycée composées d’élèves et d’enseignants ont sensibilisé sur l’obligation de veiller sur les biens publics et  la nécessité d’atteindre  l’objectif de zéro grossesse en milieu  scolaire.

les majors de classe. Crédit photo : Christ Koffi

Vivement que cette initiative se répande dans l’ensemble des établissements scolaires de la Côte d’Ivoire, le système éducatif ivoirien en serait revalorisé.



La Côte d’Ivoire n’a pas volé son élimination pour le mondial de football Russie 2018

Archive. Les Éléphants lors des jeux de la francophonie Abidjan 2017. Crédit photo : Christ Koffi

Ça spécule beaucoup, dans les causeries et les médias ivoiriens, au sujet des causes de l’élimination des éléphants de Côte d’Ivoire pour le mondial de football Russie 2018. Or pourtant, à y voir de près, le football ivoirien n’est que le reflet de certaines pratiques sociales qui mènent la Côte d’Ivoire à l’immobilisme, voire à la décadence.

Une odeur de clientélisme

Dans un premier temps, le choix du sélectionneur des Éléphants est d’une suspicion remarquable. Alors qu’une cinquantaine de candidats avaient répondu à l’appel à candidature pour le poste de sélectionneur, le choix de Marc Wilmots avait été acté sans que celui-ci  n’ait fait parti des postulants.

Cette situation est tout simplement pareille à certains admis aux concours de la fonction publique ivoirienne (aux compétences qui laissent à désirer) qui ne prennent pas la peine de composer ou même de déposer un dossier de candidature, tout simplement parce que leur nom est inscrit à l’avance sur la  listes des admis en échange d’une forte somme d’argent.

Nous ne disons  pas qu’il y a eu un deal entre Marc Wilmots et les responsables de la fédération ivoirienne de football, mais son choix est d’autant plus suspect que son échec n’est pas surprenant. Pour preuve, Hervé Renard qui avait remporté la coupe d’Afrique des nations avec les Éléphants en 2015 avait en son temps été choisi parmi d’autres candidats au poste de sélectionneur, donc selon des critères sérieux. Comme par hasard, cet entraîneur sérieux,  rigoureux, travailleur et honnête quittera son poste à la suite de certaines mésententes avec les responsables de la fédération.

Le goût du raccourci

C’est l’esprit de cet individu qui veut accéder au pouvoir sans passer par l’épreuve des élections, ou même pour emprunter une image toute simple à la Bible, il s’agit de ce personnage qui veut prendre part à des noces sans être vêtu des habits de la noce (Matthieu 22,12). Et de tels arrivistes ne manquent pas en Côte d’Ivoire, tribalisme, rébellion et favoritisme aidant.

Il s’agit en l’occurrence de l’exemple de l’ancien défenseur des Éléphants, Kolo Touré, qui, après avoir mis fin à sa carrière de footballeur à seulement un peu plus de 30 ans, désire embrasser celle d’entraîneur en passant évidemment par le poste d’assistant à Marc Wilmots. Ce à quoi l’a aidé la fédération ivoirienne de football en le nommant adjoint du sélectionneur des Eléphants.

Un entraîneur, même un assistant, ne s’improvise pas quels que soient son désir, son talent, ses relations ou sa notoriété (le grand Diego Maradona qui échoua avec l’Argentine en 2010 ne dira pas le contraire).

Comme Zinedine Zidane et d’autres, l’aspirant a l’humilité, l’intelligence, mais surtout le courage de suivre auparavant la formation d’entraineur, il obtient ses diplômes,  puis devient adjoint pour avoir enfin les compétences de ses nouvelles fonctions et servir valablement.

A l’image du mutisme de l’intrus à la noce à la question posé par le roi dans la Bible, (Il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement des noces ? Et l’autre ne répond rien.) l’incapacité de contrecarrer l’équation footballistique imposé à eux par Hervé Renard et son assistant, Patrice Beaumelle, en dit long sur les compétences de Kolo Touré, son sélectionneur et tous les charlatans qui grouillent autour des Éléphants.

Ainsi, faire de l’équipe nationale de football un laboratoire pour apprentis entraîneur et un théâtre d’opération pour sélectionneur-mercenaire conduit  naturellement à la débâcle qu’ont subi les Éléphants samedi dernier.

La  démission et les egos

La démission et les egos ont enfin brisé l’excellente dynamique de victoire des Éléphants acquise à la Can 2015. Au lendemain de leur victoire, certains cadres de l’équipe, et non des moindres, notamment Kolo Touré, Yaya Touré, Koppa Barry et d’autres ont décidé de mettre fin à leur carrière internationale.

Certes, ils ne joueront pas éternellement au foot, mais leur présence dans l’équipe en tant qu’anciens, champions de surcroît, aurait été une source de motivation pour les nouveaux et les plus jeunes qu’ils auraient pu encadrer. Leur âge (à peine un peu plus de 30 ans) n’aurait pas non plus été un obstacle à leur présence sur le terrain, car des joueurs plus vieux qu’eux poursuivent leur carrière.

Mais nos footeux ont démissionné à la poursuite d’autres challenges, l’idée qu’on ne les voit qu’en champions était apparemment plus forte que tout. Ils se sont donc contentés d’un titre de champion de la CAN et d’une gloire factice qui malheureusement semblent aujourd’hui aussi être la cause du déclin du football ivoirien.

En somme, les causes de l’élimination des Éléphants sont plus en amont. Le faux jeu  et la débâcle qui a suivi n’en sont que des conséquences logiques. Et le cinéma du limogeage en règle de Wilmots n’est qu’un arbre qui ne peut cacher la forêt des fantaisies et de l’amateurisme à partir desquelles l’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire est administrée depuis la fédération ivoirienne de football.


Relation Ouattara-Soro en Côte d’Ivoire, « Rendez à Ouattara ce qui est à Ouattara et à Soro ce qui est à Soro »

https://www.google.com/search?hl=fr&tbm=isch&source=hp&biw=1024&bih=491&ei=RtkCWv_QE5e9gAbI_bngAg&q=image+alassane+ouattara+et+guillaume+soro&oq=image+alassane+ouattara+et+guillaume+soro&gs_l=img.3...51851.87438.0.88469.42.30.0.0.0.0.7054.11052.4-2j7-1j1j1.5.0....0...1.1.64.img..37.2.1604.0..0.0.YVig2lwCKdc#imgrc=rfdeRgkOU7-oAM:
Alassane Ouattara (g) et Guillaume Soro (d) Crédit photo, rfi.fr

Ce titre rattaché  à la Côte d’Ivoire, mais qui fait échos à la réplique de Jésus, dans la Bible, aux Pharisiens et aux Hérodiens (“Rendez à César ce qui est de César, et à Dieu ce qui est de Dieu.”[Marc 12, 17]) venus le piéger, prête certainement à sourire. Cependant, le message de justice qu’il transmet aux Ivoiriens paraît suffisamment sérieux, clair et porteur pour ne pas  s’en amuser.

Par cette réplique donc, Jésus critiquait l’hypocrisie de ses interlocuteurs. D’ordinaire opposés, Pharisiens et Hérodiens ont pourtant fait fi de leurs contradictions et se sont allié ici pour le prendre en défaut afin d’assouvir leur dessein, le livrer au gouverneur et à son tribunal.

Actuellement où la tension entre le président de la République, très jaloux de son pouvoir, et le président de l’assemblée nationale, soupçonné de  beaucoup trop convoiter ce pouvoir, semble s’exacerber, on est tenté de se demander des deux, que tout unit et oppose (ça pu déjà l’hypocrisie entre les deux, comme par hasard), qui a raison ?  Eh bien :

  • « Rendez à Ouattara ce qui est à Ouattara… »

Alassane Ouattara, c’est certes le chef de l’État de Côte d’ivoire, mais par rapport à Guillaume Soro,  il est avant tout le symbole de la deuxième génération de dirigeants après les indépendances que connaissent son pays, et l’Afrique en général. Une génération d’hommes et de femmes  qui a passé les 70 ans.

Sérieusement ! La contribution de tous est nécessaire pour le développement de nos pays, mais comment comprendre qu’alors que l’âge de la retraite est tout au plus de 60 ans, des individus qui ont passé cet âge sont à la tête des États, alors que les autres travailleurs du service public dans ce cas ne sont plus en fonction ou doivent quitter la fonction publique, si toutefois on admet que président de la République est une fonction de l’administration publique ?

Ces dirigeants, notamment celui de Côte d’Ivoire, qui ont passé l’âge légal de la retraite ont aussi droit au repos. Il faut donc ‘‘rendre’’ à Ouattara ce qui est à Ouattara : la retraite, sinon le service public deviendra sa chose entre les mains d’un vieux dirigeant qui se croira indispensable. C’est également valable pour les dirigeants dans son cas : Alpha Condé (soupçonné de vouloir faire un 3ème mandat en Guinée), Robert Mugabé (despote  de son État), Jacob Zuma ( le patriarche sud-africain empêtré dans d’innombrables et incessants scandales), Abdelaziz Bouteflikha (vieux et malades à la tête de l’État et dont l’entourage gouverne à la place), etc.

Reconnaître à Ouattara son droit à la retraite lui permettra, et à travers lui, tous ces dirigeants qui ont passé l’âge de la retraite ou qui ont épuisé leur temps de gouvernance, de profiter de leurs vieux jours, mais cette action débarrassera également la scène politique d’une génération de politiques (qu’on veut immortels)  qui symbolisent plus le passé que le présent ou encore l’avenir.   De plus, on sera également débarrassé de ses chiens de garde et autres sbires politiques qui, tapis dans l’antichambre du pouvoir, attentent rageusement leur heure. Ces derniers passeront en première ligne et favoriseront du même coup la régénération de la scène politique. Comme quoi du sang neuf pour des partis politiques et à la tête des pays qui veulent évoluer dans le temps, ce n’est vraiment pas mauvais.

A Ouattara, l’on doit également  rendre le respect et les honneurs. Ses fabuleuses (sic) réalisations à la tête de L’État (construction de barrages, création d’autoroutes, sécurité renforcée) l’impliquent. Cependant, ses partisans  qui ont été accusés d’exactions, voire de crimes graves lors de sa prise de pouvoir en 2010-2011, ne sont aucunement inquiétés par la justice sous son régimes alors que les partisans par exemple de Laurent Gbagbo sont passés en jugement.

En conduisant enfin ces oubliés (sic) de la justice devant celle-ci, lui qui n’a plus rien à perdre à 3 ans de la fin de son second et dernier mandat (sic), débarrassera la Côte d’Ivoire d’une gangrène. Tout le pays lui vaudra ainsi encore plus respect et honneurs. A moins qu’il ait décidé avec responsabilité (sic) de laisser les Ivoiriens se débrouiller, après son règne, avec ses hommes encombrants (sic), également proches de son désormais rival politique virtuel : Guillaume Soro.

  •  » et à Soro ce qui est à Soro »

Soro, président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire, c’est le symbole d’une jeunesse dynamique. On pourra polémiquer sur les moyens de son ascension politique et sociale,  n’empêche qu’à seulement 45 ans,  il a gravi les échelons de la République à une vitesse fulgurante. Successivement ministre, premier ministre et depuis plusieurs années chef de parlement. C’est inédit en Afrique.  Son accession à la tête de l’État achèvera de faire de lui un surdoué de la politique dans un environnement où la présidence de la République revient aux individus d’un certain âge. Il faut donc rendre à ce « jeune homme », comme le désigne négligemment Ouattara, voire avec mépris, respect et honneurs pour avoir montré que des personnes de son âge peuvent exercer de grandes fonctions, sans être d’abord  patriarches.

Mais notre surdoué ne  sera un véritable modèle pour la jeunesse ivoirienne que si l’on lui rend également  un élément qui lui revient de droit, en l’occurrence la justice. Rendons donc Justice à Soro, car ayant exercé de hautes fonctions à la tête de l’État, par conséquent garant de l’ordre et du respect des institutions, il serait vraiment injuste d’épargner cet homme d’État de son droit de répondre devant la justice de certains faits. Il s’agit en l’occurrence de l’exécution des gendarmes de Bouaké et des membres de leur famille par la rébellion du temps où il en était le chef ; il y a aussi le casse des agences de la BCEAO  (banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest) de Bouaké, Man et Korhogo du temps aussi de son règne dans l’ancienne zone rebelle…

En somme, à Ouattara et Soro qui dansent une danse d’hypocrites à la tête de l’État, les Ivoiriens (qui ne sont pas moins hypocrites, (peut-être impuissant ? Mais surtout fatalistes )) doivent mettre l’un à la retraite et l’autre à la disposition de la justice  pour une évolution saine et sereine de la Côte d’Ivoire. Comment y parvenir cependant dans un environnement où l’hypocrisie est la norme et l’injustice la règle ?


Il y a ministre et ministre (3)

Le vrai ministre enfin se met naturellement, humblement et automatiquement au service des gens.

Nelson Mandela CC Flickr.com

Pour en revenir à la Bible,  Jésus, que ses apôtres appelait maître, lava pourtant les pieds de ces derniers (Jean 13, 2-9) pour leur  faire l’enseignement du vrai service.

Mieux, il pratiqua son enseignement en n’hésitant pas à se rendre au domicile de ceux qui sollicitaient son aide, notamment Jaïre dont il ressuscita la fille (Luc 8, 40-56), en aidant même automatiquement sans qu’on le lui demande, il guérit par exemple le paralysé de la piscine de Betesda (Jean 5, 1-8). Il ne prenait pas non plus le temps de manger tant le service n’avait pas de limites avec lui comme le montre l’évangile.

En véritable Premier Ministre, dénomination qui n’est pas fortuite car elle signifie premier serviteur à la différence de président qui a une connotation de despote,de tyran, de profiteur, Jésus donna une leçon de service par cette affirmation :

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jean 15, v13).

Il ne revient pas d’appliquer à la lettre ou avec zèle cette affirmation pour s’en conformer. C’est simplement que l’on doit donner de soi, sans retenue,  pour aider l’autre, surtout lorsqu’en tant que serviteur de l’État ou autorité, on en a la charge ou le devoir.

Ainsi il revient par exemple, qu’en ces temps de catastrophes naturelles, des gouvernants retroussent les manches, bouleversent leur emplois du temps chargé, font des mains et des pieds pour aider les victimes ; de simples citoyens donnent de leur argent ou mettent leur biens à contribution pour aussi aider.

Paradoxalement cette grandeur que recherchent les faux ministres en oppressant et  en s’imposant, ils pourraient l’obtenir par un service franc, désintéressé et sincère, comme l’a dit Jésus :

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous, qu’il soit le serviteur de tous. » (Marc 9, 35).

Mandela qui s’était mis au service de l’unité de l’Afrique du Sud en est l’exemple. Il ne s’est de plus jamais vengé des 27 ans de prison qu’il a subis. C’est le modèle des modèles. De son vivant, quel grand de ce monde n’avait pas voulu se prendre en photo avec Mandela ? C’est simplement la preuve qu’il était plus grand malgré son humilité.

En somme plusieurs indices permettent de différencier les bons ministres des imposteurs. Il revient à présent aux populations, particulièrement celles de la Côte d’Ivoire, de  vraiment discerner avant de faire le choix des personnes qu’elles élisent à la tête de leurs États, surtout que le débat pour l’élection présidentielle de 2020 bat déjà son plein sur les bords de la lagune Ébrié.


Il y a ministre et ministre (2)

Pour revenir à notre court extrait de la Bible :

« Yahvé répondit : “Sors et tiens-toi dans la montagne devant Yahvé.” Et voici que Yahvé passe. Un vent fort et violent passe en avant de Yahvé, il déchire les montagnes et fend les rochers, mais Yahvé n’est pas dans le vent. Après le vent, un tremblement de terre, mais Yahvé n’est pas dans le tremblement de terre.  Après le tremblement de terre, un feu, mais Yahvé n’est pas dans le feu. Après le feu, ce fut le murmure d’un souffle léger. Lorsque Élie l’entendit, il se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la grotte. Alors une voix se fit entendre : “Que fais-tu ici, Élie ?” » (1Rois, 19, 11-13),

Comme Yahvé vient à Élie dans cette brise légère, ainsi les vrais ministres viennent vers les opprimés, ceux qui souffrent ou même les personnes qu’ils veulent aider… ils viennent donc vers celles-ci en toute humilité avec avant tout la volonté de les écouter.  C’est le cas par exemple de mère Theresa  à Calcuta en Inde, ou encore ces ONG et ces missionnaires qui chaque jours travaillent à l’amélioration des conditions de vie des personnes en situation précaire.

Nelson Mandela CC Flickr.com

L’Homme ou l’autre est ainsi au centre des préoccupations des vrais ministres. Avec eux tout est une question de logique car en effet, comment peut-on venir en aide à une personne sans l’écouter auparavant pour connaître sa souffrance parce que ce qu’on peut voir ou qu’on semble savoir d’une personne n’est pas forcement la réalité ? A cet effet, dans des zones où le pragmatisme est de rigueur, les projets publics sont précédés d’enquêtes d’opinions où les points de vue des  futures bénéficiaires sont pris en compte au sujet de tel ou tel projet ; et les citoyens sont encouragés à faire des propositions  car nul, en dépit de son autorité, ne détient le monopole de la réalisation du bien-être. Dieu, lui-même omnipotent, omniprésent, donc qui est supposé tout savoir, dans notre court extrait, a l’humilité de s’informer auprès d’Élie :

“Que fais-tu ici, Élie ?”

Le vrai ministre sait en outre s’effacer car le pouvoir use et s’use. Le grand prophète Élie qui fit tant de miracles (ressuscita notamment le fils de la veuve de Sarepta (1Rois 17 17-23)) bien que n’ayant pas réussit symboliquement  à débarrasser le peuple d’Israël de ses idoles ne s’imposa pas, il consacra Élisée, son serviteur, comme prophète à sa place comme le missionna Yahvé. Cerise sur le gâteau, selon la Bible, il gratifia Élisée de deux fois sa puissance (2Rois 2 9-14) en lui laissant symboliquement son manteau.

Comme lui Élisée fera aussi des choses remarquables. Un parallèle avec le monde réel fera remarquer que Nelson Mandela, le héros de la lutte anti-apartheid, le patriarche, le père de la nation arc-en-ciel, le Prix Nobel de la paix 1993, si aimé et estimé de tous, qui avait tous les arguments pour se maintenir au pouvoir en Afrique du Sud et y mourir même laissa pourtant la place  à la nouvelle génération. Thabo Mbeki qui lui succéda réalisa une bonne performance au pouvoir en relevant l’économie sud-africaine dans un pays auparavant réconcilié et apaisé grâce à son prédécesseur Mandela. Comme son prédécesseur Thabo Mbeki ne s’accrochera pas au pouvoir lorsqu’il sera mis en cause pour des interférences judiciaires.  À l’image de l’humus, le vrai ministre, comme Mandela, nourrit et enrichit sa patrie, voire l’humanité.

Les ministres de la trempe de Mandela ne meurent pas. Comme un Élie qui, symboliquement, « monta au ciel dans un tourbillon » (il ne connu pas le pourrissement du tombeau ou la perte de son souvenir) le souvenir en bien de Mandela demeure et demeurera.  Ce n’est évidemment pas le cas de Blaise Compaoré, qui ne peut s’aventurer dans son pays après avoir été chassé du pouvoir.  Ce n’est pas non plus forcement le cas (ne nous voilons pas la face) d’Houphouët-Boigny, en Côte d’Ivoire, qui mourut au pouvoir après 33 ans de règne.

Son héritage politique et en terme d’infrastructure en souffre encore aujourd’hui. Sait-on jamais, la réputation de la Côte d’Ivoire de pays stable en Afrique avec le Sénégal se serait encore raffermi s’il avait comme MandelaLéopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, quitté le pouvoir sans que la mort s’en mêle. Il aurait été un garant de cette stabilité. L’actuelle situation politique désastreuse au Togo dont l’ancien despote, Yassingbé Eyadema, mourut également au pouvoir en est la preuve. Le Cameroun n’est pas à l’abri de cette situation.

Pour revenir à la Côte d’Ivoire, sa classe politique, au pouvoir comme dans l’opposition semble tenir son goût du pouvoir de son premier président.  Ce goût  est si grand que cette classe politique s’investit plus dans la violence et la répression que dans les programmes de développement ou même le simple entretient des infrastructures déjà existantes : mépris de la loi, coup d’État militaire, insurrections armées, rebellions, massacres, complots, abus de pouvoir,  justice à deux vitesses, répression des opposants et de manifestants en sont l’illustration. Mais au fond, en Côte d’ivoire une génération monopolise le pouvoir si bien que le pays est condamné à un éternel recommencement, chaque président de cette génération voulant se rattraper de ce qu’il aurait subi de la part de ses prédécesseurs. Pas étonnant que l’alternance se déroule dans la violence.