N'Guessan Jean Christ Koffi

Depuis la Côte d’Ivoire, je vous invite chez moi

La désorganisation du réseau urbainModifier fr.m.wikipedia.org
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Je vous invite chez moi. Chez moi ? Disons plutôt là où je suis, parce que l’honnêteté, la foi en l’avenir et le respect du bien d’autrui ne voudraient pas que je m’attribue ce qui n’est pas à moi ; mais il y a cette dignité, cet orgueil et cette fierté qui se donnent la main pour que je ne paraisse pas ridicule. Contre ceux-là, il y a heureusement l’honnêteté.

Je vous invite donc chez moi … Oh, pardon, je veux dire dans un espace chez ma sœur chez qui je vis. Mais, par abus de langage, pour le discours, et pour ce diplômé que je suis, disons…, j’oubliais, pour aussi ce trentenaire que je suis et ce père, cet époux que j’aurais dû être, disons quand même chez moi.

Je vous invite donc chez moi. Chez moi : 1m 50 sur 1m 80 : matelas. Bon, en vérité natte… Chez moi donc, il y a un labo de langues. Il faut le voir pour le croire, docs sur docs de langues vivantes : Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Portugais, Italien, Chinois, Japonais ; même de langues mortes : Latin. Mais, point de langues… de langues…, enfin, point de Baoulé*, de Bété*, de Guéré*, etc.  Quel jour l’une de nos langues sera-t-elle parlée à l’ONU pour que je l’apprenne et la parle chez moi ? Quand certainement les poules auront des dents *:( Tristesse. Avec l’évolution, les OGM et tout ça, c’est quand même possible. Mais il faut au moins deux personnes, qui en ont de plus la volonté, ou qui en ressentent du moins le besoin, pour échanger dans une même langue.

Chez moi, en plus du labo de langues, il y a aussi le labo de la langue, avec plusieurs parts d’oranges : entraînement d’embrassement : bêtise instinct ou basic instinct ?…

Natte repliée, et moi assis : position cogitation ; ou même, natte laissée en l’état, et moi étendu, labo de langues, puis de la langue devient labo des sciences : Sciences de la Survie sur la Terre ; Sciences Frondamentales et Astiquées , Sciences Frictions , Sciences aux Cultes et Sciences Occultées , Sciences Alimentaires , Sciences Soupérieures. Toutes ces sciences ivoiriennes. Tout passe dans ma tête. Et ce n’est pas la sérénité.

Avec quelques ustensiles et de la matière première, je m’adonne à quelques expériences : bananes plantains séchées, puis réduites en poudre : faire cette découverte qui fera sortir de la galère. Mais, ce n’est pas la sérénité.

Heureusement, hormis le labo de sciences, il y a le labo des sciences, ou en bon français, le labo des manières. Dans ce labo, toutes sortes de réflexions sont menées par l’esprit saint… – ou le Saint Esprit ? dans tous les cas, par mon esprit que je veux sain, et que je m’attelle tant bien que mal à rendre sein pour tout de même nourrir du lait de mes réflexions.

Dans un labo de sciences, et de là tout son charme, l’on forme aussi et surtout sa propre vision du monde. Ainsi, mes sciences sont différentes de celles d’autres personnes, ou encore en Ivoirien, on dira : « Je science différemment des autres ». Mais, que sont les autres, sinon un autre moi ? Donc, je science différemment de cet autre moi qui pourrait être toi, mais que je dois, par honnêteté, assumer être moi.

Natte totalement repliée, puis rangée dans un coin, les labos des langues et des sciences deviennent labo de physique : bouts de fils électriques, films photovoltaïques, batteries, morceau de planches, restes de postes transistors, morceaux de polystyrènes. Arriver à l’invention du siècle, mais surtout du continent africain : une glacière-réfrigérateur fonctionnant à l’énergie solaire. Mais, ce n’est qu’un rêve. Au lycée, j’ai pas eu le choix entre l’électricité, la mécanique et la chimie. Il fallait plutôt choisir entre la physique et l’autre physique, celle des esprits dits achevés : la Littérature. Et le bagage littéraire était plus grand que toute la physique.

Mais, dans le labo de physique, on ne se plaint pas car il y a du rêve, et sans le rêve, le monde ne serait pas. D’ailleurs, sans le rêve, moi, je ne suis pas. Vive donc le labo de physique !

Mais vive encore plus le labo du physique : deux sacs vides de 5kg de riz remplis de sable mouillé + un morceau de bois servant de traverses et reliant ces deux sacs =  un haltère.

Haltères  sur haltères, pompes sur pompes, abdominaux sur abdominaux ; et le résultat est là, présent, visible, palpable, parlant : un corps auquel tout homme rêve. Mais beaucoup plus exaltant, cette réalité : l’effort produit toujours des fruits ; le drame ne serait donc pas de ne rien recevoir, mais de ne rien se donner en attendant de toujours recevoir.

Je vous invite donc pour une journée chez moi, ou là où je suis, ou encore… Appelez-le comme vous voulez, mais dans tous les cas, je vous invite là. Je voudrais en être fier, mais je ne dois pas, parce que j’ai encore beaucoup et mieux à faire, tant que le quotidien s’obstine à rimer avec galère.

*Langues ivoiriennes


Bonne fête, «pas pas»

 

CC de cybercarte.com
CC de cybercartes.com

Dimanche dernier, c’était ‘‘la fête des pas pas’’, ou si on veut la fête des pères. Une vingtaine de jours avant, ça avait été celle des mères. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la célébration de ces deux événements a été très contrastée à Abidjan.

D’abord, au moins une semaine avant la fête des mères, celle-ci se faisait pourtant sentir, notamment dans les spots publicitaires à la télé, comme à la radio. Des produits, des téléphones portables dernière génération notamment, étaient en promotion ; la vente de bouillons de cuisine dont l’achat pouvait permettre de gagner des seaux, des bassines, des paniers, des assiettes, des passoires à l’effigie de ces sociétés de fabrication de bouillons, a redoublé sur les marchés et dans les quartiers. Comme quoi, les clichés sur la femme ont vraiment la peau dure. Dans toujours la mouvance de la fête des mères, les prix des produits avaient connu une hausse formidable, digne de l’enjeu de cet événement : prouver aux mères qu’elles sont aimées malgré les infidélités de certains maris, les impolitesses des enfants, etc. Ça s’organisait donc tant bien que mal dans les quartiers pour célébrer valablement les mères.

Dans mon secteur par exemple, une fête fut organisée en l’honneur des mères le samedi 28 mai, en soirée. Cependant, une mère restant une mère, surtout que c’était sa fête, il y avait les plus petits enfants à pouponner et à aller faire coucher. Et puis, ça doit tout de même donner une bonne image de la femme, la mère ; ça doit respecter le couvre-feu familial, même si celui-ci a été prolongé un peu pour l’occasion ; ça doit donc rentrer pour honorer l’une de ses tâches, ô combien  importante de ministre de l’intérieur : veiller sur la maison et les enfants. *:( Tristesse

Finalement, ce sont ceux qui invitaient ce soir là, c’est-à-dire les pères, qui ont le plus fait la fête, jusque tard dans la nuit. Le mariage en Afrique, c’est vraiment pour le meilleur et pour le père. A l’aube, au jogging dominical, beaucoup de ces pères manquaient à l’appel. Comme quoi, la fête des mères cache toujours celle des pères.

Mais, ce n’était que partie remise car, le lendemain, jour j de la fête, les mères se sont rattrapées des déconvenues de la veille. Des bâches, en effet, avaient été disposées ça et là dans les quartiers. Pour les célébrer, des mères, parées de leurs plus beaux atours, avaient été invitées à déjeuner, au son des musiques en vogue actuellement en Côte d’Ivoire. Elles ont bien mangé, ont reçu de supers cadeaux, ont également merveilleusement bien dansé. Mais après, il y avait la vaisselle à faire. Et qui pour la faire ? Les mères bien entendu. Une mère reste vraiment une mère. D’ailleurs n’est-ce pas elles qui avait cuisiné tout ce qui a été mangé ce jour là ?

Ce 19 juin, c’était donc la fête des pas pas. A-t-elle eu lieu ? Pas autant que celle des mamans, si en tout cas, on considère que les mères avaient été fêtées. Une chose est certaine, aucun signe dans les quartiers indiquait que ce dimanche était la fête d’un père. Mais finalement, des papas n’en avaient pas tant besoin car n’oublions pas qu’ils s’étaient déjà bien amusés à  la fête des mamans.

Et que feraient ces machos d’hommes des égards des femmes dont ils sont les papas des enfants ?

Petite anecdote : Lorsque par exemple certains hommes sont souffrants, leurs épouses sont à leurs petits soins :

« Chéri, qu’est-ce que tu as ? Demain, on ira à l’hôpital. Comment tu te sens ? Qu’est-ce tu veux manger ? Je t’ai fait une sauce gnangnan (sauce bonne pour la santé). Je t’ai chauffé de l’eau. Tu devrais te reposer un peu, tu sais. »

Mais ces derniers, en vrai machos, rejettent cette marque d’affection en râlant :

« Ah, je n’ai rien du tout. Je connais la route de l’hôpital. Un vrai homme ne se lave pas avec de l’eau chaude. Si je me reposais, comment est-ce que je vous nourrirais, tes enfants et toi ? « 

Ces protestations de l’homme sont simplement pour ne pas avoir à rendre cette marque d’affection à la femme en coupant avec l’habitude des longs moments passés hors du foyer conjugal à la descente du travail ou  à la moindre occasion. D’ailleurs, lorsque la femme, malheureusement est souffrante, l’homme prend simplement l’un de ses garçons avec lui. Tous les deux vont à la pharmacie, il achète les médicaments, paie le taxi de l’enfant pour la maison, et continue son route au damier, à l’awalé, au discutoire, ou à son deuxième bureau, entendez par là chez sa maîtresse.

Finalement que les ‘‘pas pas’’ ne soient pas célébrés à ce qui devrait être leur fête n’est pas surprenant. Mais, le drame, c’est de réduire la fête des mères à des cadeaux, des occasions de beuveries et des corvées inavouées. *:( Tristesse  Une mère, comme la femme, se célèbre au quotidien. Et plus que la fêter, il faut l’aimer *:-* Bisou en lui étant fidèle et en lui accordant tout le respect dû à son statut de femme ou de mère.

En conclusion, de véritables fêtes de pères ou de mères, en vérité, il n’y en a pas eu. Dommage !


Côte d’Ivoire-Gabon : de l’ivoirité à la gabonéité : quand il règne une forte odeur de la Côte d’Ivoire au Gabon

 

les présidents Ali Bongo et Alassane Ouattara by re.ivoire-blog.com cc
les présidents Ali Bongo et Alassane Ouattara by re.ivoire-blog.com cc

Dans son dernier livre, le journaliste Pierre Péan dit que le président Ali Bongo n’est pas né gabonais. Je ne m’intéresse de savoir ce qu’est Ali Bongo ou de prendre partie soit pour Monsieur Pierre Péan, soit pour  le clan Bongo. Je remarque simplement qu’un tel discours s’est tenu à une certaine époque en Côte d’Ivoire à propos du président Ouattara, alors opposant. Et jusqu’à aujourd’hui, la Côte d’Ivoire s’en mord encore les doigts. Il serait vraiment dommage que les Gabonais ne tirent pas de leçons de l’expérience malheureuse de la Côte d’Ivoire.

Qu’est-ce de tels propos ont fait gagner à la Côte d’Ivoire ? Tout ce qu’un pays qui court au suicide : désobéissance civile  ; incursion des machettes à l’université ; crise économique (l’opposant Ouattara étant à lui tout seul un projet de société pour ses adversaires politiques, ajouté à l’incompétence de ceux-ci) ; coup d’Etat militaire ; complots sur complots ; insurrection armée ; rébellion ; guerre civile ; partition du pays ; dispersion des richesses humaines et intellectuelles de la Côte d’Ivoire, ainsi que des ressources économiques au quatre coins du monde , sans compter des milliers de familles endeuillées brisées ou en quête de repères.

Aux sorties du débat sur la nationalité, la Côte d’Ivoire n’a en somme gagné que sa condamnation à un perpétuel recommencement.

Son processus d’autodestruction, la Côte d’Ivoire l’a enclenché à partir de la création d’un concept ambigu : l’ivoirité. Ce concept qui en son temps avait fait la fierté de ses initiateurs est désormais bâtard. Ses pères, par honte ou par remord ont du mal à en assumer la paternité, quand ils ne la nient pas carrément.  Ces derniers étaient conscients ou peut-être pas ( j’en doute fort car ils se réclament intellectuels et brandissent à la moindre discussion leurs diplômes obtenus en Occident)… ils étaient donc conscients ou pas du mal qu’ils faisaient à la Côte d’Ivoire en créant un concept culturel qui loin de rassembler les populations autour d’un idéal commun, le développement de leur pays,  a plutôt provoqué (et c’était prévisible à cause du caractère culturel de ce concept dans un pays qui compte 60 ethnies, donc autant de cultures et de visions du monde)   un effilement minutieux du tissu social ivoirien.

Ainsi,  les Ivoiriens étaient divisés (et l’on en ressent encore les séquelles) par la religion, entre musulmans et chrétiens ; par l’ethnie, entre Dioula, Bété, Baoulé ; par grands groupes ethniques entre Malinké, Krou et Akan ; par régions : ressortissants du nord et populations du sud ; par partis politiques : FPI (Front Populaire Ivoirien), RDR (Rassemblement Des Républicains) et PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire) ; le tout alimenté par les commentaires des journalistes occidentaux ignorant les réalité ivoiriennes, notamment le brassage des populations en Côte d’Ivoire.  Ces journalistes, sans le savoir, attisait le feu et conditionnaient les Ivoiriens en accolant à telle région ou telle ethnie, une religion, un parti politique, un homme politique, etc. au point qu’aujourd’hui  encore l’Ivoirien, en fonction de sa région d’origine, de son ethnie, de sa religion, de sa commune et même de son quartier, se définit par le politique qu’il est supposé soutenir.  Ainsi, cherchez un Ivoirien, ou même un être humain en Côte d’Ivoire, vous n’en trouverez pas. Vous verrez plutôt des pro-Gbagbo et des pro-Ouattara, ou encore des militants du RDR, du PDCI et du FPI, ou même des musulmans et des chrétiens, ainsi que des Baoulé, des Dioula, des Bété, des Guéré, etc.

On dit que le président Ali Bongo n’est pas gabonais. Demain, que dira-t-on ? « Il est musulman » ; et le jour d’après ? On dira qu’il appartient à tel groupe ethnique et à telle région. Je ne serai pas surpris qu’après cela, on donne malheureusement naissance à la sœur de l’ivoirité au Gabon : la gabonéité. tous les éléments seraient alors réunis pour une division en règle du Gabon.

Le drame est que l’opposition gabonaise pense avoir trouvé en la question de la nationalité du président Ali Bongo, un contre-argument politique de poids. Mais, la question de la nationalité n’est pas un projet de société. je crois que la Gabonais lambda a d’autres préoccupations que de savoir si Ali Bongo est gabonais ou pas, n’en déplaise à ces opposants dont le comportement s’apparente à de l’immaturité politique, après que ceux-ci aient, par le passé, fait preuve d’égoïsme. Ils ont en effet, rappelons-nous, été incapables de s’unir au seul tour de la dernière élection présidentielle gabonaise pour l’emporter. Pas étonnant que ces prototype de l’opposant africain, dont on imagine aisément ce qu’ils feraient du pouvoir s’ils l’obtenaient, rabaissent le discours politique au niveau de l’appartenance ou non au Gabon.

« Le Gabon n’est pas la Côte d’Ivoire, se leurreraient certains. Tout ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ne risque d’arriver au Gabon, ajouteraient-t-ils ». Mais, que ceux qui auraient de telles pensées et persisteraient à rabaisser le discours politique au Gabon au niveau d’un fait aussi volatil que la nationalité sachent que 1+1= 2, que ce soit en Papouasie nouvelle Guinée, sur la lune, en Amazonie, dans la Grèce antique, etc. Bref, les mêmes causes produisent les mêmes effets quelque soit l’endroit où l’on se trouve, surtout quand son pays recèle de tant de richesses (pétrole, bois, etc.) et fait des efforts pour créer une industrie locale à ses matières premières : la décision du gouvernement d’Ali Bongo d’interdire l’exportation du bois avant transformation favorise l’émergence d’une industrie du bois au Gabon.

Que les Gabonais, les opposants surtout se ressaisissent car l’orientation du débat politique vers  la nationalité entraînera immanquablement des troubles au Gabon, comme en Côte d’Ivoire. Et les vautours, les vendeurs d’armes par exemple,  n’attendent que cela pour profiter de la situation. Mais, à la différence de la Côte d’Ivoire dont la population avoisine les 23 millions, la population gabonaise n’est que de 1,5 millions d’habitants, soit 500 mille habitants en moins  que la seule commune de Yopougon, à Abidjan.

Je touche du bois, imaginons une guerre civile dans ce pays : il disparaîtra. Que le Gabonais lève simplement la tête et regarde autour de lui : Centrafrique : 4,5 millions d’habitants, 1,6 millions d’individus victimes de la crise,  625000  déplacés, un non-Etat ; RDC : guerre interminable, des zones du pays en perpétuel conflit, occupées par ses voisins et les richesses exploitées par ceux-ci ; Côte d’Ivoire : 20 ans de crise, 20 ans d’errance, un Etat aujourd’hui si fragile qu’il pense devoir son salut à des chefs de guerre qu’il laisse régner en maître et s’accaparer ses richesses, reléguant ainsi au second plan les secteurs vitaux pour un pays que sont la santé, l’éducation, la formation et la sécurité.

Il ne s’agit pour les opposants gabonais de faire cadeau au président Ali Bongo, mais d’être raisonnable et de recourir à des procédés purement démocratiques (la critique du programme de gouvernement de son régime et la proposition d’un projet de société) pour animer la vie politique de leur pays. Ils ne doivent par ailleurs accorder le moindre crédit à des propos tenus dans un livre qui n’a (on pourra prétendre tout ce qu’on veut) qu’une visée commerciale (et d’autres desseins inavoués qu’il reste encore à prouver) et dont les bénéfices ne seront jamais reversés à aucune oeuvre caritative que ce soit au Gabon ou ailleurs dans le monde. Personne ne pourra être raisonnable à la place des Gabonais, de l’opposition gabonaise surtout.

Tellement de désagrégations d’Etats existent dans toute l’Afrique qu’il serait vraiment, vraiment stupide que les Gabonais provoque la leur en faisant du débat sur la nationalité de leur président, un débat politique.

S’il ne veut pas sentir de cette forte odeur de cadavre qui empeste encore en Côte d’Ivoire, alourdit notre quotidien et nous tire sans cesse  vers le bas, pour son pays le Gabonais doit faire parler sa raison s’il est incapable d’écouter son cœur pour celui-ci. Mais, la balle reste et demeure dans le camp des Gabonais, des opposants et de la société civile surtout.  Plus que jamais, l’opposition gabonaise a là l’occasion de prouver son désintérêt, sa maturité, sa clairvoyance et sa capacité à diriger un jour ce pays dont les populations ne demandent rien d’autre qu’une existence paisible. Dans tous les cas, si elle persiste à entretenir un débat aussi dangereux que celui de la nationalité, aura-t-elle un jour un pays à gouverner ?  Je croise les doigts pour qu’elle abandonne sa stratégie d’opposition car l’Afrique a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils.


FRCI, départ nouveau, Ivoirien nouveau : ces expressions ivoiriennes qui font réfléchir

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Avec l’accession du président Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, ces expressions ont fait leur émergence (sic) : « FRCI, départ nouveau, Ivoirien nouveau ». Celles-ci, bien que mettant clairement en évidence de nobles objectifs du régime ivoirien, n’en dévoileraient pas moins certaines failles. Découvrons donc de quoi il s’agit.

Tout d’abord :

  • FRCI

Ce sigle, bien que signifiant simplement Force Républicaine de Côte d’Ivoire pour désigner l’armée ivoirienne, ne serait pourtant  pas aussi simple qu’il en a l’air. En effet, le terme « républicain » a lui seul dévoilerait le projet conscient et peut-être aussi inconscient  du régime ivoirien pour l’armée de Côte d’Ivoire. En effet, n’oublions pas que le pays est dirigé par une coalition : le RHDP (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix). Celle-ci est composée du RDR, parti du président de la République. Le sigle de ce parti renvoie exactement à : « Rassemblement Des Républicains ». Le terme « républicain » se trouvant à la fois dans FRCI et RDR, l’on pourrait conclure par une simple opération de correspondance que l’armée de Côte d’Ivoire est l’armée du pouvoir ou plus précisément l’armée du RDR, surtout que c’est à l’arrivée du rassemblement des républicains au pouvoir que l’armée a été baptisée « forces républicaines ».

La présumée appartenance de l’armée à ce parti politique la discrédite automatiquement, faisant d’elle une armée plutôt partisane que professionnelle. Cela reste cependant à prouver, en raison notamment de la conscience professionnelle et du sacrifice des forces spéciales lors de l’attentat de Grand-Bassam.  Toutefois, les accointances, voire l’idylle entre l’armée, dont les anciens rebelles ivoiriens des forces nouvelles sont des chefs (nous y reviendrons) et le pouvoir, pourraient conforter ceux qui doutent de la partialité de notre armée.

L’humour ivoirien pousse même jusqu’à faire croire que cette armée est également régionale et tribale. FRCI est en effet décliné : « les frères Cissé » par des Ivoiriens, à cause des sons de ses lettres, apparemment. Sinon, d’autres raisons pourraient expliquer cet exercice linguistique, en particulier l’origine commune (du nord de la Côte d’Ivoire) des anciens commandants de la rébellion, aujourd’hui chefs dans cette armée. Soumaïla Bakayoko, Shérif Ousmane et Issiaka Ouatarra dit Wattao  par exemple, anciennement à la tête de la branche militaire de la rébellion occupent de grands postes ou ont des titres remarquables dans l’armée ivoirienne. Le premier est chef d’État major général des FRCI, le deuxième commandant en second de la sécurité  du président de la République et le troisième, de caporal est passé lieutenant-colonel (sic).

La suspicion des accointances entre l’armée et le RDR est d’autant plus grande que les forces nouvelles (les anciens rebelles ivoiriens) expliquaient, à l’époque, qu’elles avaient pris les armes pour défendre les droits des populations du nord du pays et protester contre les injustices que subirait alors le premier ministre Alassane Ouattara, originaire comme eux de cette région, et aujourd’hui président de la République.

A  propos des noms donnés à l’armée, faisons un saut dans le passé, particulièrement à l’époque où Laurent Gbagbo dirigeait la Côte d’Ivoire. L’armée ivoirienne, auparavant  simplement dénommée « forces armées de Côte d’Ivoire », sera appelée  forces de défense et de sécurité (FDS) et forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) sous son régime.

Ainsi, avec tout ce que cela comporte comme abus et amateurisme, en tant que « forces de défense et de sécurité » (FDS), les militaires, en plus des fonctions de défense, effectuaient aussi une tâche de sécurité normalement dévolue à la police, comme les policiers exerçaient une fonction de défense en plus de leur occupation naturelle et professionnelle de sécurité. L’appellation « forces armées nationales de Côte d’Ivoire » (Fanci) collait également aux relents nationalistes de l’ancien régime, avec les extrémismes et leurs drames que ce rapprochement aurait pu créer, notamment le bombardement du camp français de Bouaké le 6 novembre 2004.

Ces parallélismes, simplement pour faire comprendre que l’appellation « forces républicaines » donnée à l’armée de Côte d’Ivoire peut certes avoir de bonnes motivations, car c’est tout à son honneur qu’une armée soit républicaine, mais il suffit de faire des rapprochements, de recourir à l’histoire récente de notre pays, pour comprendre que d’autres desseins pourraient motiver ce nom donné à cette armée, par exemple la défense de la cause d’un parti politique, d’une tribu, d’une région, voire d’un homme. Ce qui n’est pas pour redorer le blason de la Côte d’Ivoire, autant que ces autres expressions forgées : « départ nouveau » et « Ivoirien nouveau ».

  • Le Départ Nouveau et L’Ivoirien nouveau

Tout d’abord, par leur forme (substantif + adjectif postposé), ces deux expressions sont d’une ressemblance frappante avec une autre : « forces nouvelles », qui existaient bien avant les deux premières. Cette dernière désignait à l’origine la branche militaire de l’ancienne rébellion ivoirienne aujourd’hui, comme on le sait, parfaitement fondue dans le pouvoir ivoirien.

Troublante ressemblance, je pense, entre l’expression « forces nouvelles » et ses deux petites sœurs. Est-ce donc à dire que « le départ nouveau », dont le pouvoir a fait la promotion, notamment à la réouverture des universités publiques de Côte d’Ivoire en 2013, est celui de ses partisans ? Ou  encore, cet « Ivoirien nouveau » que l’on veut substituer par coup de slogans, de spots et de discours  à l’Ivoirien tout court n’est-il pas en réalité le partisan du pouvoir et ses alliés, avec ce que cette catégorisation comporte comme danger, notamment le favoritisme et la discrimination, voire le tribalisme ? Ça, c’est pour la forme de ces deux expressions. Maintenant, pour leur fond.

Le « départ nouveau » : certainement à cause de toute la subtilité que renferme cette expression surement forgées par les cerveaux du pouvoir *:)) Marrant, est plutôt devenu « le nouveau  recommencement » *:( Tristesse : les détournements des primes des éléphants, au port autonome d’Abidjan, à l’ambassade de Côte d’Ivoire en France, dans la filière de la noix de cajou, l’augmentation sauvage du coût de la vie, les surfacturations des travaux publics nous disent que l’Ivoirien que l’on veut ancien a vraiment la peau dure. Il ressurgit, si tant est qu’on considère qu’il avait disparu. C’est en effet la même classe politique qui dirige la Côte d’Ivoire depuis plus de 20 ans. La preuve, Alassane Ouattara premier ministre en 1990 est aujourd’hui le président de la République ; et, durant tout le règne de Laurent Gbagbo, les grands partis politiques de la Côte d’Ivoire, y  compris le RDR comptaient des ministres parmi les membres de son gouvernement.

Si l’érection de ce concept nébuleux d’ « Ivoirien nouveau » était pour faire la différence avec l’Ivoirien de l’époque du président Laurent Gbagbo, c’est vraiment gagné, si toutefois l’on considère qu’un détournement à l’ère du régime Ouattara est différent d’un réalisé, il y a quelques années, au temps du pouvoir FPI (front populaire ivoirien). La différence pourrait se situer au niveau des motivations. Les actuels détournements pourraient s’expliquer par la volonté des cadres du pouvoir qui sont à la tête des services de l’État de « se payer » pour les longues années passées dans l’opposition.

Cette  attitude n’est pas sans rappeler le fameux « rattrapage », concept utilisé par les détracteurs du pouvoir pour évoquer la part belle qui serait faite aux militants RDR ou aux ressortissants du nord de la Côte d’Ivoire (région d’origine du président de la République et de plusieurs cadres du RDR) pour ce qui est de l’accession à la fonction publique, comme pour la nomination à la direction des services publics. En somme, « l’Ivoirien nouveau » aurait tout de « l’Ivoirien ancien » : corrompu, expert en détournement de fonds, en surfacturation, friand de diverses légèretés, etc.

A l’époque cependant, celle de l’Ivoirien ancien, malgré les restrictions de manifestation à cause de la forte tension sociale que  la crise politico-militaire avait provoquée, des populations sortaient dans les rues crier leur colère contre l’augmentation du coût de la vie (en avril 2008 notamment), au risque quand même de recevoir une balle perdue.

Aujourd’hui, cependant, en période de paix pourtant (sic), quel Ivoirien prendrait le risque de manifester contre les écarts de comportement, pour ne pas dire de gouvernance de « l’Ivoirien nouveau » ? Il serait simplement taxé de menacer la sécurité nationale, comme si ne pas manger à sa faim, ne pas pouvoir se loger convenablement, ne pas pouvoir étudier à cause du coût élevé de l’inscription des universités publiques, subir des taxations fantaisistes et un chômage chronique, voir les aides internationales et l’argent du contribuable détournés, et devoir endurer la forte corruption et un clientélisme tout aussi ambiants sont des gages de sécurité.

Des Ivoiriens soi-disant nouveaux, on peut  confirmer qu’il y en a  vraiment de nouveaux. Les Ivoiriens, les plus jeunes en particulier, ne s’adonnent  plus au bôro d’enjaillement (réaliser des acrobaties sur un bus en marche) d’antan, renouvellement oblige. Mais ils se sont entre temps transformés en microbes, qui pires que leurs microscopiques congénères, se droguent, tuent ouvertement, mais avant ils prennent soins de taillader et voler.  

Oui l’Ivoirien, le moins jeune, le cadre supérieur notamment,  est tellement nouveau qu’il ne détourne pas, mais ne fait que « se payer », en puissant bien entendu dans les caisses de l’État, pour les longues années de galère et de souffrance en tant qu’opposant, pour avoir également cotisé pour un parti qui, aujourd’hui, est au pouvoir.

Cet  Ivoirien que l’on veut nouveau ne vend pas des places  d’accès à la fonction publique ou ne dresse plus de longues listes de partisans à insérer parmi des admis à ces concours. Il ne fait que se rattraper d’une part pour avoir longtemps raté la bonne affaire de la vente des places d’accès à la fonction publique, et d’autre part pour avoir été ignoré avant, lorsqu’il s’agissait d’être recruté dans les services publics. Vous ne serez pas surpris que des places aux concours de l’État soient  marchandées sous cape ou que des officiels s’accaparent des concours pour leurs protégés.

A y voir de près, l’Ivoirien dit nouveau  est comme un ancien téléphone portable dont on n’a changé que l’habillage, sinon il a les mêmes fonctions, pour ne pas dire les mêmes réflexes que  l’Ivoirien que l’on veut ancien. Il est même pire et tellement désespérant, il s’adonne à ce qu’il avait pourtant critiqué sous les régimes précédents lorsqu’il était dans l’opposition.  Il ne reste plus qu’à prouver le contraire.

Comme quoi, l’Ivoirien ancien est mort, vive l’Ivoirien ancien.


Pépé président et l’art du sous-développement

A young boy sits over an open sewer in the Kibera slum, Nairobi.  en.wikipedia.org
enfant assis devant un caniveau à ciel ouvert CC de wikipedia.org

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître et autant qu’existe l’art du chant, de la danse, de la peinture, de l’écriture, de la musique, etc., il y a aussi un art du sous-développement. Découvrons ensemble cet art pratiqué d’un bout l’autre de l’Afrique ainsi que ses grands acteurs que sont les pépés présidents et leurs disciples.

Oui, vous l’avez bien compris : un art du sous-développement. Ou si vous voulez, l’art de l’immobilisme. Ou encore de manière plus pudique, on dira : l’art du changement dans la continuité *:)) Marrant . Et, ce n’en sont pas les acteurs qui manquent.

Ses premiers acteurs et les plus illustres certainement sont ces chefs d’États, adeptes de la présidence à vie. Pour prouver leur génie, certains parmi eux vont de reformes constitutionnelles en reformes constitutionnelles tout simplement pour mettre leurs mandats à zéro. Comme le sphinx qui renaît de ses cendres, mais véritablement, comme une vipère qui fait régulièrement sa mue, ils se redonnent ainsi de nouveaux mandats en toute innocence. Mais l’aspect ne trompe pas, la vipère a beau changé de peau, elle ne deviendra jamais un agneau, même pas un ver de terre.

Pour revenir à nos industrieux présidents, On remarquera ainsi qu’auparavant, d’une situation radicale de parti unique où le président de la République pouvait demeurer à vie au pouvoir, l’on est passé, et pour faire plus civilisé en raison du vent de démocratie qui a soufflé sur l’Afrique au début des années 90, à la limitation des mandats présidentiels à deux. Cerise sur le gâteau, il y a même eu la limite d’âge à la tête de l’État, pépé devant certainement laisser la place aux plus jeunes et consacrer le reste d’une vie vouée au développement de son pays à voir grandir ses petits enfants, justement dans ce beau et grand pays qu’il a bâti de ses propres mains.

Mais hic, de la limitation des mandats, et avec certainement l’évolution *:)) Marrant, certains États en sont passés à l’illimitation, les pépés que le pouvoir n’a pas encore usé voulant vaille que vaille en découdre avec le sous-développement qui perdure dans le pays qu’ils gouvernent depuis des décennies.

Entre nous, qu’est-ce qui n’a pas été fait durant vingt-cinq, trente ans de pouvoir qui pourra l’être dans vingt, trente, voire cinq autres années de pouvoirs, sinon les mêmes errements, surtout qu’au coût élevé des matières premières, notamment le pétrole (plus de 100$ le baril), durant toutes ces années de pouvoir de pépé président suit aujourd’hui des coûts à moitié moins avec de plus l’inflation et tout les reste.

Oui qu’est-ce qui n’a pas été fait durant ce long règne qui pourra désormais l’être surtout qu’à la jeunesse et la bonne santé de pépé président d’il y a trente ans a succédé sa vieillesse avec tous ses ‘‘faux amis’’, mais amis tout de même, que sont Parkinson, Alzheimer, Prostate, hypertension artérielle, Sénilité, etc., sans oublier le bon vieux Arthrose *:( Tristesse. Et lorsque l’on imagine que le pays se réduit à cette personnalité si particulièrement entourée, pas besoin de deviner l’état dans lequel il se trouve. Bonjour l’immobilisme, pour ne pas dire la sclérose étatique.

Ou bien, pépé président se maintient au pouvoir parce qu’il craint qu’en le cédant aux jeunes générations, ses belles et grandes réalisations tombent en ruine. Mais, en réalité et avec plus d’attention, on constatera que pépé président s’est tellement réalisé *:)) Marrant  au pouvoir au détriment du pays, du peuple qu’il n’aura le salut qu’en se maintenant désespérément à ce pouvoir. Et puis en tant qu’ancien rebelle, il n’a pour d’autres choix que la présidence à vie, enfin, en attendant qu’un putsch ou un soulèvement populaire vienne l’en éjecter avant que le bon Dieu veuille le rappeler auprès de lui pour affaire le concernant *:)) Marrant .

En fin génie politique, mais surtout en vieux gorille des forêts brutalement déflorées et quotidiennement violées d’Afrique, à qui l’on n’apprend pas à faire la grimace, la comédie aussi, pépé président sait bien masquer ses propres échecs à la tête de l’État quand il y est encore. Il proclamera par exemple la fin de gabegie, corruption, népotisme, etc. Normal, puisque étant le seul gouvernant du pays depuis des  décennies, lui seul peut proclamer la fin de ce qui a proliféré avec son règne. Mais, en réfléchissant un peu, il saurait que son départ du pouvoir serait déjà un début de la fin du népotisme, de la gabegie, de la corruption, etc. Mais, il se maintient au pouvoir et avec lui tous ces facteurs de sous-développement.

Et, il n’est pas du tout surprenant que ce fin stratège du sous-développement, donc par ailleurs vieux diable… rouge, fasse des émules parmi ses voisins les plus proches, comme lui anciens rebelles ayant fait leur mue pour devenir de jeunes et dynamites présidents. Comme pépé président, vieux diable rouge de la politique dans son pays, ces jeunes disciples rêvent également d’être, mais ça, ce n’est pas du tout évident, les futurs vieux léopards de la politique dans leurs pays. Enfin, sait-on jamais, avec les micmacs politiques et tout ça…

Dans tous les cas, en voyant l’habileté de pépé président à s’accrocher au pouvoir et par conséquent à maintenir son pays dans le sous-développement, on ne peut que s’exclamer : « Quel génie ! ».

Oui, « quel génie ! »  ! Il s’agit de ce génie des eaux, des montagnes, des forêts, etc., bien connu en Afrique et qui ne doit sa longévité qu’aux sacrifices humains qui, dans un monde dit moderne, se réalisent symboliquement par les violentes répressions, les guerres civiles et autres conflits armés ; autant de drames par lesquelles pépé président, véritable artiste du sous-développement, se maintient au pouvoir.*:( Tristesse


Côte d’Ivoire : L’archidiocèse de Bouaké compte deux nouveaux prêtres

https://www.eglisecatholique-ci.org/index.php?page=det_diocese&id=3
Cathédrale St thérèse de l’en Jésus de Bouaké. crédit Photo :eglisecatholique-ci.org

Le samedi 02 avril 2016, à la cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Bouaké, Monseigneur Siméon Haouana, archevêque métropolitain de cette ville a ordonné deux nouveaux prêtres pour son diocèse : les abbés JCKK et APO. « Et puis après ? » pourraient demander certains de mes honorables lecteurs, puisque dans une Côte d’Ivoire à la bouillonnante actualité sécuritaire et politique, cet événement ne semble pas particulièrement passionnant.

Pour moi, en revanche cette ordination sacerdotale est d’un grand intérêt, non seulement parce que l’un des ordonnés est mon frère, l’abbé JCKK, mais parce qu’elle est chargée de symbole qui ne m’ont pas laissé indifférents. Et puis, en tant que croyant, je me sens, autant que les jeunes chrétiens catholiques que j’égratigne quelque peu dans mon billet, particulièrement concerné par cette ordination.

Pour revenir aux symboles, tout d’abord, la jeunesse des ordonnés. Ce sont des trentenaires. Le don de leur personne, de leur jeunesse, de leur vie à l’Église ne s’est évidemment pas décidé du jour au lendemain, comme par exemple quelqu’un qui, par défaut d’occupations et après avoir longtemps trimé, échouerait au service de Dieu juste pour échapper au chômage avec son corollaire de honte de soi-même et d’impression de ne pas exister.  En effet, après avoir obtenus leurs diplômes universitaires, les deux ordonnés ont suivi huit ans durant la formation pour être prêtre. C’est au total au moins onze années de leur vie qu’ils consacrèrent à leur projet, sans oublier le fait que depuis leur tendre enfance, ils ont fait partie de mouvements catholiques. Comme quoi, le service à Dieu est encore une affaire de vocation à l’Église catholique en Côte d’Ivoire.

Dans mon pays pourtant, manquent cruellement des vocations. Pour l’ensemble des fidèles catholiques, le nombre de prêtres est largement insuffisant. Sur ma paroisse par exemple, Saint Pierre de Niangon sud, on a 5 prêtres pour une dizaine de milliers de fidèles. Malgré donc le chômage ambiant, la fonction de prêtre n’est pas une occupation par défaut pour les jeunes chrétiens catholiques ivoiriens. Ceux-ci ont apparemment fait le choix d’être servis plutôt que de servir. Mais, ils ne sont pas à blâmer car tout est une question d’appel de Dieu ; et puis,  en tant que prêtres, on ne gagne pas autant que se voyant ou en étant fonctionnaire du trésor public ou des impôts ou bien en se transformant en tant qu’enseignant en concepteurs doublés de grands vendeurs de fascicules dans un établissement scolaire ou universitaire pour arrondir ou gonfler ses fin de mois.

Je n’oublie pas l’épineuse question de l’impossibilité pour les prêtres de se marier. Elle est l’une des causes, sinon la principale cause de manque de vocations. Or pourtant, de mariages, on peut en compter sur les doigts d’une main. Pour se marier en effet, il faut en avoir les moyens, moyens qu’on ne peut obtenir qu’en ayant une source de revenu, ce que n’ont pas les jeunes chrétiens catholiques. En réalité, si le concubinage était au moins permis aux prêtres, je crois qu’il y aurait plus de vocations à cette fonction. Mais en lieu et place de concubinage, il faudrait plutôt autoriser le papillonnage de fille en fille pour qu’il y ait plus d’abbés… L’Église catholique a beau manqué de prêtes, particulièrement en Côte d’Ivoire, elle a tout de même des principes à préserver. L’augmentation des vocations n’est pas donc pour demain. Malheureusement ou heureusement, c’est selon.

Mais, en réfléchissant un peu, je me dis que ces deux nouveaux prêtres de l’archidiocèse de Bouaké ne sont pas jeunes, ils sont simplement responsables.

Le second symbole de cette cérémonie, est que des gens sont venus de partout pour assister à la cérémonie, que ce soit de la grande famille du village, comme des amis. Et c’est l’une des rares fois où dans la famille, on ne se retrouve pas pour pleurer ou pour souhaiter « Yako ! » (des condoléances), mais pour dire : « Moh ! » (Félicitions !).

Vivement beaucoup de moments pareils dans la famille ! Et, avec les bénédictions des nouveaux abbés, je garde confiance en l’avenir.


Démocratie au Bénin : bien… mais et après

Des partisans de Lionel Zinsou assistent au meeting du Premier ministre ...  rfi.fr
Des partisans de Lionel Zinsou assistent au meeting du Premier ministre … Crédit photo
rfi.fr

Le Bénin vient de voter pour l’élection présidentielle. Là où sous d’autres cieux cet exercice démocratique donne lieu à divers incidents ( coupure des réseaux de communication, fraudes, troubles, crise postélectorale) les choses se sont pourtant bien passées au pays du caméléon, Matthieu Kérékou. Ce n’est pas un hasard. Mais, après avoir relevé le défi de la stabilité politique, le Bénin, pour être complet, doit faire face à un autre, celui de la lutte contre la corruption, premier facteur, en mon sens, d’appauvrissement des populations.

« Vive le Bénin démocratique ! », moi, Ivoirien, je peux crier fièrement, et sans retenu. Du début de son processus électoral jusqu’à la fin, ce petit pays d’Afrique de l’ouest, par rapport à la Côte d’Ivoire, a fait preuve d’une grande exemplarité.

D’abord en amont. Le président Boni Yahi, contrairement à certains de ses pairs, notamment Denis Sassou N’guesso, Paul Kagamé, Abdel Aziz Boudeflikha, etc. n’a pas cherché à modifier la constitution de son pays pour tenter de se maintenir au pouvoir après ses deux mandats constitutionnels. Il faut simplement se référer à l’histoire de ce pays pour expliquer la dignité dont fit preuve Boni Yahi ainsi que son respect des institutions de son pays et de ses concitoyens. Bien avant lui, le caméléon, Mathieu Kérékou et Nisophore Soglo ne se sont pas accrochés au pouvoir.

Toujours en amont de ce processus électoral. Certainement par respect pour les candidats de l’opposition, mais surtout par réalisme politique et à cause de la probité de la commission électorale indépendante béninoise, le candidat du pouvoir, Lionel Zinsou n’a pas cédé à la sirène du « un coup K.O », ce slogan de campagne désormais très prisé par les pouvoirs de certains pays africains et qui masque difficilement de mauvais desseins. Je rappelle qu’il est né en Côte d’Ivoire lors de la dernière élection présidentielle, a été adopté avec succès par la Guinée d’Alpha Condé, n’a malheureusement ou heureusement (c’est selon) pas marché au Niger et vient de faire feu, vraiment feu Au Congo Brazza du président Dénis Sassou N’guesso.

Soit dit en passant, alors que dans certains pays, le candidat du pouvoir parle de « un coup K.O » au premier tour de l’élection présidentielle pour faire accepter aux opposants leur future défaite, ailleurs les visionnaires de la politique en Afrique avait déjà, depuis des années, vu venir la chose en instituant simplement le scrutin à un seul tour. Mais là encore, les choses ne semblent pas s’arranger. En RDC, par exemple, après l’instauration du scrutin à un seul tour, le régime Kabila doit à présent, après ses deux mandats constitutionnels, manœuvrer pour se maintenir au pouvoir tout en se convainquant qu’il ne fonce pas tout droit dans le mur. Or pourtant … : véritable génie politique ou simple bêtise politique *:)) Marrant. Attendons de voir. Soit.

Pour revenir au Bénin, il est resté un modèle de démocratie en Afrique jusqu’à la fin du processus électoral. Comme au Sénégal et au Nigéria, le perdant du deuxième tour de l’élection présidentiel, Lionel Zinsou, a simplement félicité le vainqueur, Patrice Talon, à qui il a souhaité bonne chance.

Par ce simple geste, le Bénin s’épargne non seulement une crise qui plomberait son économie, et le condamnerait à un perpétuel recommencement (lui qui fait déjà partie des pays les plus pauvres de la planète) mais il démontre la maturité et la dignité de ses hommes politiques. Ce dont n’ont pas su faire preuve avant eux certains dirigeants africains, notamment l’ancien président de mon pays, Laurent Gbagbo.

Le Bénin doit néanmoins descendre au plus tôt de son nuage démocratique et s’attaquer aux problèmes de fond, la corruption en particulier. La démocratie à elle seule ne suffira pas à juguler la pauvreté, sinon elle pourrait être considérer comme une simple illusion d’évolution. Durant la campagne électorale par exemple, des ONG se sont plaints de ce que beaucoup d’argent aient circulé pour l’achat de votes. Ce comportement  n’est pas nouveau lors de campagnes électorales en Afrique, mais, dans la vie courante même, le Béninois est obligé de payer un pot de vin pour bénéficier d’un service public. Démocratie oui, mais lutte contre la corruption aussi.

L’Ivoirien en sait quelque chose, lui qui, pour montrer son agacement face à l’accroissement de la pauvreté malgré la construction des ponts et des autoroutes par les autorités, clame haut et fort : « On mange pas goudron ». Le Béninois pourrait aussi dire que ce n’est pas la démocratie qui se retrouve dans les assiettes. Comme quoi l’évolution est un tout.

Autant donc le Bénin demeure un modèle démocratique en Afrique, de même la corruption doit y être combattue pour y réduire la pauvreté. Il en va de l’équilibre de ce petit grand pays qui ne pourra qu’ainsi être un véritable modèle pour toute l’Afrique.

 


Attaque terroriste à Grand-Bassam : Une leçon pour la Côte d’Ivoire

https://fr.euronews.com/2016/03/14/cote-d-ivoire-3-jours-de-deuil-apres-l-attentat-de-grand-bassam/.
crédit photo de fr euronews.com

« Ils étaient armés, ils tiraient de gauche à droite sans réfléchir, sur la plage, sous les paillotes, avec les kalach. »

Tel est le témoignage d’une jeune femme recueilli par le correspondant de RFI (Radio France Internationale) en Côte d’Ivoire juste après l’attentat de Grand-Bassam.

Avant tout propos, je m’incline devant les dépouilles des victimes de cette attaque. Je m’incline aussi devant celles de ceux qui leur ont ôté la vie car toute vie est non seulement sacrée, mais une attitude contraire serait donner à Al-Qaïda, auteur cette attaque, l’impression d’avoir gagné. Or la terreur ne peut l’emporter sur la vie. Que les âmes de tous ces défunts reposent en paix. A tous les blessés, je souhaite beaucoup de courage et prompt rétablissement.

Oui, les terroristes tiraient, ils tiraient sans distinguer la couleur de la peau, sans demander, l’ethnie, la région, la religion, le parti politique de leurs victimes.

Oui, ils tuaient sans se référer à tous ces éléments qui ont contribué d’une façon ou d’une autre aux divisions en Côte d’Ivoire, à ternir la réputation de l’Ivoirien, et aujourd’hui encore servent malheureusement à alimenter sournoisement la corruption au pays.

Nous perdions donc notre temps dans des palabres, pire dans des crises et des conflits armés inutiles sous prétexte que, bien que partageant la même nationalité et vivant sur le même territoire, nous étions différents à cause de nos ethnie, région, religion, bord politique, couleur de la peau.

Le fait que ces terroristes tirent sans distinction doit nous faire comprendre, à nous Ivoiriens, qu’au-delà de nos ethnies, partis politiques, régions, religions, couleur de la peau, etc., et même au-delà de notre nationalité, nous partageons la nature humaine avec tout ce qu’elle comporte de merveilleux : le style de vie, la joie de profiter de chaque aube, l’enthousiasme, la volonté d’aller toujours de l’avant.

J’espère seulement que cet attentat nous fera prendre de la hauteur vis-à-vis de tous ces facteurs a priori de division, de corruption, de discrimination que sont nos ethnies, régions, religions, bords politiques, couleur de la peau, etc.

Il ne s’agit de les nier, mais de se servir fièrement de leur diversité pour affirmer nos richesses sur tous ces plans là, en claire pour montrer que l’Ivoirien est exceptionnel parce qu’il a de l’estime pour l’autre. Nous le devons au moins aux 15 civils de diverses nationalités, victimes des djihadistes, et aux 3 éléments des forces spéciales qui ont perdu la vie en défendant celle des autres. Il n’y a qu’ainsi que les âmes de ceux-ci reposeront en paix et qu’Al-Qaïda n’aura pas atteint ses objectifs en réalisant cet attentat en Côte d’Ivoire.


Compaoré : l’I voit rien nouveau

 

Blaise Compaoré  en.wikipedia.org
Blaise Compaoré
CC de .wikipedia.org

Blaise Compaoré, ancien président burkinabé a été fait ivoirien par Alassane Ouattara, chef d’État de la Côte d’Ivoire. Face aux interrogations et suspicions que suscite cette naturalisation, la ministre de la communication, porte-parole adjointe du gouvernement dira que « Compaoré est Ivoirien un point un trait ». Mais au-delà des émotions que peut susciter l’acquisition de cette nationalité, celle-ci a des implications que cet « I voit rien » nouveau, qu’est Blaise Compaoré semble ignorer.

En attribuant la nationalité ivoirienne à Blaise Compaoré, la Côte d’Ivoire évite, on le sait de devoir extrader celui-ci, un de ses citoyens, vers le Burkina Faso, qui le réclame après les accusations de crime portés contre lui. L’on peut certes reprocher aux nouvelles autorités burkinabés leur partialité (ce qui reste à prouver), mais en adoptant sa nouvelle nationalité, cet I voit rien nouveau qu’est Blaise Compaoré avoue implicitement sa culpabilité des faits graves qui lui sont reprochés dans son pays d’origine : son implication présumée dans la mort de l’ancien chef d’Etat burkinabé Thomas Sankara, tué avec douze de ses compagnons le 15 octobre 1987.

L’on entend de plus dans les commentaires que Blaise Compaoré a été automatiquement fait ivoirien parce que son épouse est ivoirienne, mais aussi parce qu’il a été d’un grand soutien pour Ouattara ces dix, voire ces seize dernières années.

Mais, quel genre de soutien a-t-il été ? Un Soutien pour avoir fait de son pays la base arrière de l’ancienne rébellion ivoirienne aujourd’hui parfaitement fondue politiquement comme militairement dans les autorités de la Côte d’Ivoire ? Ce qui en dit long de la relation entre cette rébellion et Ouattara depuis l’opposition. Ou soutien pour l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara ?

Dans tous les cas, cet I voit rien nouveau semble dans un premier temps ignorer que sa nouvelle nationalité confirme ce que certains politiques et observateurs avaient dit avant à propos de son implication dans la longue crise ivoirienne : il fait partie des déstabilisateurs de la Côte d’Ivoire en ayant fait du Burkina Faso la base arrière des anciens rebelles ivoiriens. Sa nouvelle nationalité ne serait donc qu’une juste rétribution pour service rendu aux anciens rebelles ivoiriens, aujourd’hui alliés du pouvoir.

Cependant, cet I voit rien nouveau ignore dans un second temps que sa nouvelles nationalité fait de lui un caillou dans la chaussure de ses nouvelles autorités. Mais le lien doit certainement être très fort pour que le pouvoir ivoirien accepte de souffrir le martyre. En effet, Blaise Compaoré, en tant qu’ancien soutien de rebelles ivoiriens discréditent en effet ce gouvernement. Sa nationalité diligemment offerte met à nu toutes les contradictions au sein d’un pouvoir qui s’accommode parfaitement d’une association avec d’anciens rebelles dont certains sont accusés de crimes pendant la crise post-électorale (ou réclamés par la justice) alors qu’il clame à longueur de journées, et par de grandes affiches,  la moralisation de la vie publique. Cette nébulosité est certainement la marque de la mentalité de l’I voit rien nouveau dont Blaise Compaoré doit certainement être fier de brandir le certificat de nationalité.

Sans jouer les rabat-joies, nous voulons rappeler à cet I voit rien nouveau que la justice a son temps que ceux qui tentent vainement de lui échapper même ignorent.

Les Autorités ivoiriennes en attribuant a leur illustre hôte la nationalité lui évite, on le sait, d’être extradé au Burkina Faso, lui pour qui elles sont si reconnaissantes. Elles lui font ainsi clairement comprendre qu’elles fonctionnent selon leurs intérêts. Il faudrait donc que le Burkina Faso propose plus (ce qui est improbable car Compaoré en Ivoirien,  c’est un bon débarras pour les nouvelles autorités burkinabés plus portées vers des projets de développement) ou même que Blaise Compaoré soit réclamé avec insistance par la justice Internationale pour son implication dans la guerre civile en Sierra Léone ou dans divers conflits de la sous-région, ou même ailleurs en Afrique pour que les autorités ivoiriennes, soucieuses de leur image de marque et qui ont déjà fort à faire à empêcher la comparution de leurs partisans devant la CPI un jour, lâchent d’une façon ou d’une autre l’I voit rien nouveau.

Devenir citoyen Ivoirien, surtout quand on n’y voit rien, ne met apparemment pas à l’abri de ce pourquoi on a réalisé cette « mue » : les soucis judiciaires.


Ces faux maçons de l’Afrique

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Considérons simplement que l’Afrique représente cet édifice que se sont donnés ses gouvernants pour ambition de construire. Cet état de fait fait automatiquement de ces derniers des maçons, les maçons de l’Afrique. Maintenant, si l’on tient compte des imperfections de l’ouvrage, et du fait même que certaines personnes s’improvisent maçon parce que ce statut déboucherait sur le pouvoir et les privilèges, l’on peut bien voir que des maçons, il y en a de faux parmi les gouvernants africains. Souffrez qu’on ne cite pas de noms, mais qu’on parle simplement des différents types de faux maçons qui pullulent en Afrique.

Les premiers maçons de l’Afrique, il va sans dire, sont les chefs d’État des lendemains des indépendances. L’expression « pères fondateurs » qui se rapporte à eux illustrent bien le rôle de constructeur qu’ils ont joué pour leur pays. Certains s’y sont consacrés pendant près de quarante ans de pouvoir.

Durant ce long règne sur une population peu nombreuse, ils disposaient de la manne financière générée par l’exploitation des matières premières (pétrole, bois, manganèse, etc.) pour faire de leur pays d’imposants édifices. Mais tous ces moyens ont apparemment servi à acquérir malhonnêtement des biens à l’étranger, en Europe notamment, ou alors à se constituer une colossale fortune qu’un nombre aussi impressionnant de descendants se disputent par contestation de parenté et d’état civil.

Plutôt qu’à servir à des causes nobles, humaines et raisonnables, telles que l’éducation, la formation, la santé, à la construction d’infrastructures, ces moyens là étaient également utilisés pour le financement de conflits armés dans des pays frontaliers.

Finalement, ces maçons là ont fait de leur pays une vulgaire bâtisse à laquelle un logement précaire n’a vraiment rien à envier. Aujourd’hui, ces faux maçons doivent certainement n’en avoir cure puisqu’ils reposent dans de superbes caveaux.

Aussi faux maçon qu’étaient ces pères fondateurs, après leur rappel à Dieu, l’entreprise familiale de maçonnerie, pour ne pas dire maçonnique, qu’ils dirigeaient, moribonde pour l’ensemble de la population, mais évidemment très rentable pour eux et leur famille, revient à leurs héritiers, leurs descendants. Ces derniers étaient aussi leurs collaborateurs. Ceux-ci ont donc évidemment été préparés au métier de faux maçons.

Mais la prise de contrôle de l’entreprise familiale par les héritiers n’est pas du tout aisée. Ils se la disputent en effet avec d’anciens collaborateurs de leur défunt père, à coup de répressions des manifestations de ces derniers et d’élections pas très claires. Il faut également avouer que les héritiers maçons arrivent à s’imposer avec l’aide de leurs opposants incapables de faire front commun contre eux. Apparemment, aussi moribonde qu’elle puisse être, et derrière les grand discours sur sa mauvaise gestion et de sa restauration, l’entreprise de maçonnerie suscite tout de même des convoitises pour des intérêts particuliers. Par conséquent, le coup d’État s’offre comme la seule solution pour certains individus à l’exercice de la fonction de maçon pour leur pays.

Et ils s’y adonnent à cœur joie, aux coups de force. Le gouvernant précédent est chassé du pouvoir. Il est quelques fois sauvagement assassiné. Souvent même, soutenus par de puissants partenaires occultes, les adeptes du putsch n’hésitent à prendre la tête de véritables insurrections et à envoyer la guerre jusque dans les centres urbains pour devenir les maçons de la République. Et ils atteignent effectivement leur objectif.

Tenant leur statut de maçon du pays du meurtre, de l’assassinat, de la rébellion, finalement ces hommes forts s’investissent plus à bâtir des stratégies de conservation de leur pouvoir de maçon en chef qu’à élaborer des plans de développement. Sinon, sans leur statut de chefs, on imagine bien le sort qui leur est réservé.

Avec eux, c’est donc plutôt Construction d’une armée fortement tribalisée ou d’une armée (garde présidentielle pléthorique surentrainée et surarmée) dans une armée (armée nationale délaissée, sous-équipée). Politiquement, ils font preuve d’un génie plus occupé à demeurer à vie au pouvoir, qu’à le céder démocratiquement. Pour ce faire ils traquent leurs opposants, fomentent des complots contre les plus farouches, répriment les populations qui ne sont pas de leur bord et les harcèlent pour éviter toute contestation ; les contestataires disparaissent simplement sans laisser de traces.

Ces hommes forts, en véritable maçons malins, se construisent une personnalité d’homme intègre. Ils font simplement croire que l’édifice-pays dont ils sont les maçons en chef se bâtit bien, sinon mieux avec eux. Ils créent ce ciment social appelé immoralité, absence de probité, manque de vision. Ainsi, par exemple n’accède en générale à l’emploi dans la fonction publique (qu’ils considèrent comme leur affaire) que ceux qui ont les moyens pour payer ou qui sont originaire de la même région ou bien ont la même ethnie qu’eux. La formation, le mérite, et la compétence n’étant apparemment réservés qu’aux bâtisseurs des pyramides dans l’ancienne Égypte, il n’est pas surprenant que la pauvreté et son corollaire d’espérance de vie basse gagne du terrain parmi la population. Quel gâchis ! Finalement, ces maçons de l’Afrique semblent plus efficaces à réaliser des tombeaux qu’à construire des pays.

Fondant la construction de leur pays sur le chaos (dictature, détournement, corruption, gabegie, clientélisme, coup d’État, assassinat, intrigues politiques, etc.), certains dirigeants africains sont véritablement de faux maçons, mais le dénominatif de fossoyeurs les iraient bien.