N'Guessan Jean Christ Koffi

Quand la vérité sort de la «bouche» de Madame campagne électorale

Logo de campagne du RHDP (2010) de wikimedia.org CC
Logo de campagne du RHDP (2010) de wikimedia.org CC

Malgré les appels, pendant de longues semaines, d’opposants ivoiriens à la constitution d’un gouvernement de transaction, pardon, de transition … Mais pourquoi pas de transaction ? Vous savez, ces gouvernements de très larges ouvertures dans lesquels cohabitent baleines, requins, crabes, vipères, singe, loups, panthères, hyènes, tigres, éléphants, etc., ces gouvernements où tout le monde gouverne sans que personne ne réponde d’écart de gouvernance, en clair ces gouvernements où les convictions, la morale et la justice sont bonnes pour la poubelle, privilèges obligent… Malgré donc les appels d’opposants à la Constitution d’un tel gouvernement, ce qui de facto annulait l’élection présidentielle, la Côte d’Ivoire se dirige petit à petit vers ce scrutin. Nous sommes même en pleine campagne électorale.

Et le plus merveilleux en ce moment, c’est que la campagne électorale parle. Il ne s’agit pas de discours de candidats et de candidates qui prennent l’allure de bonimenteurs lorsqu’ils et elles promettant tapis rouge, monts et cieux aux Ivoiriens, oubliant ainsi l’essentiel : la perpétuation de la vie ou une lutte acharnée contre tous les actes dégradants, notamment la corruption, le tribalisme, le clientélisme et toutes les sortes de violence. Il est plutôt réellement question ici de madame campagne électorale elle-même.

Oui, elle parle Madame campagne. Elle dit par exemple que la Côte d’Ivoire, pays que les autorités veulent énervant… pardon, émergent, est une terre de contrastes édifiants. Et cela, ils le montrent, ces interminables cortèges de 4 × 4 aux vitres teintées et aux passagers (des gardes du corps aux candidats en passant par le staff de campagne sans oublier les bénévoles-rapaces pour l’occasion) si élégamment vêtus circulant sur ce qui reste d’un bitume qui est à la fois un mélange de sables, d’eaux stagnantes et d’écoulement d’excréments. Avec en bordure de route les populations dans leurs oripeaux et certains petits enfants en haillons. Parmi ces gens, certains sont euphoriques quand d’autres observent simplement, le temps que les barrages soient levés et la voix soit rouverte à la circulation.

A voir ces cortèges dignes d’une campagne à l’américaine, on est vraiment étonné de savoir que la Côte d’Ivoire est un pays pauvre très endetté. En même temps, l’on n’est pas surpris que la Côte d’Ivoire ploie sous le poids de la dette, car on imagine aisément à quoi sert son endettement, et dans le même temps, à quoi il ne sert pas. Certains politiques l’ont si bien compris qu’ils se sont octroyé une part du gâteau*:)) Marrant . Rappelons que chaque candidat à la présidentielle a reçu la somme de 100 millions de francs CFA pour sa campagne de la part du président de la République sans qu’aucun texte, ni aucune loi ne confèrent de la légalité à un tel don.

Et comme toujours en Côte d’Ivoire, quand on a le moindre profit, valeur, probité et raison partent à la poubelle. En clair, il n’y a eu personne, en particulier parmi les candidats à l’élection présidentielle, pour protester contre la légalité d’un tel don qui a un fort relent d’achat de conscience.

Par ailleurs, d’autres candidats, après s’être retirés de la course à la présidence, n’ont pas fait cas de cette centaine de millions qu’ils avaient reçue à cet effet. Ils n’ont jamais manifesté la volonté de restituer cet argent à l’État. Mais pourquoi rendre au contribuable ivoirien ce qui représente l’État… C’était plutôt, rappelons-le, un don du président de la République *:)) Marrant. Il est quand même surprenant que des personnes qui prétendent présider aux destinées du pays, qui doivent donc être d’une bonne moralité et d’une grande probité (comme le réclame la Constitution en son article 35) conservent cette somme d’argent qui n’a aucun fondement juridique et qui a donc un fort relent de corruption.

Dès le départ, aucune voix ne s’est élevée parmi les candidats notamment, pour protester contre ce cadeau d’un autre genre. Une attitude tout à fait compréhensible quand on considère le bien de l’Etat comme le sien. Et puis, payer une caution de 20 millions qu’on n’est pas sûr de retrouver (1) pour recevoir ensuite 100 millions… Quelle bonne affaire, la politique en Côte d’Ivoire ! *:(( En pleurs

En clair, Madame campagne nous dit qu’en tenant compte des opposants comme des gouvernants, la Côte d’Ivoire a encore du chemin à faire pour être non seulement un État d’hommes et de femmes de convictions et de probité, mais aussi un État où l’intérêt général prime sur les intérêts égoïstes et particuliers.*:( Tristesse

Merci donc à Madame campagne électorale. Elle nous fait certes voir la face hideuse de certains politiques ivoiriens, mais il faut reconnaître qu’au fond, elle nous montre également (notamment à travers l’audition des candidats à la télévision nationale) qu’en Côte d’Ivoire il y a des hommes et des femmes capables de rendre la vie plus agréable dans ce pays. Tout est cependant une question de justice envers eux-mêmes et de vision.

 

(1) : L’article 24 du Code électoral ivoirien dispose que ‘’ toute candidature est assortie d’un cautionnement qui doit être versé dans une caisse du Trésor public dans les trois jours suivant le dépôt de candidature ».‘’Le cautionnement est restitué à tout candidat ou liste de candidats ayant obtenu dix pour cent au moins des suffrages exprimés. Dans le cas contraire, il reste acquis à l’État »


Ça sourd au Congo

de Wikipedia.org CC
de Wikipedia.org CC

Ça sourd au Congo.

Depuis n’importe quel point du globe,
On voit bien que ça sourd au Congo,
La volonté de se maintenir à vie au pouvoir.
Comme du pétrole sous pression
S’échappant de terre,
Ça sourd vraiment au Congo,
Au risque de souiller à nouveau,
Comme dans les années 1990
Ciel, fleuve, terre et mer.
Et que dire du cœur de ces mères
Dont l’existence n’est que peur et pleurs,
A cause des brasiers qu’engendrent
De tels projets hautement inflammables ?
Gardez courage,
Mères du Faso aux cœurs déchirés
Par la disparition de la chair de votre chair
A cause de la vanité de fossoyeurs en chef,
Eux-mêmes prisonniers de l’illusion du pouvoir éternelle :
Reposez en paix, Samuel Doé !
Bonne retraite anticipée quand même, Blaise Compaoré.

Oui, ça sourd au Congo vraiment,
L’accrochage vaille que vaille au pouvoir,
Comme obus sur obus
Crachés par ces hélicos à l’allure inquiétante ;
Comme également ces venins de feu de cobras
Stoppant net dans son élan tout contestataire ;
Comme encore ces sauts, ces kicks et ces kiaye meurtriers de ninjas
Qui rappellent que la vie ne tient qu’à une cartouche : 6 dollars
Oui, ça sourd vraiment au Congo
Ce génie par lequel on arrivera
A faire du neuf avec de l’usé
Du jeune avec du vieux
Et certainement aussi des oubliés avec des jeunes.
Ou peut-être du cadavre avec du jeune ?
Dans tous les cas, ça sourd au Congo

Présidence à vie :
Entraîner la nation avec soi
Dans sa sénilité,
Dans ses soucis de santé,
Dans les hôpitaux à travers le monde entier,
Pire, à la morgue,
Puis dans sa tombe.
Pauvres enfants et malheureuse jeunesse
Que l’on veut faire avancer dans le temps à reculons.
Ça sourd au Congo,
Plus que jamais  Black bazar .


Allez, on lève les rideaux en Côte d’Ivoire…

Image de rideaux de pixabay.com CC
Image de rideaux de pixabay.com CC

2015 est une année électorale en Côte d’Ivoire mais l’atmosphère sociale est si particulière, sinon explosive, qu’on a l’impression qu’il se prépare petit à petit des scènes auxquelles les Ivoiriens ont habitué le monde.

En Côte d’Ivoire, à l’approche de l’élection présidentielle de 2015, on lève les rideaux et le spectacle peut commencer. En 2010 déjà, les Ivoiriens s’étaient retrouvés dans la situation ubuesque, ridicule et honteuse d’avoir deux présidents de la République à la tête de leur pays. Ces derniers, hommes d’un certain âge, hauts cadres, hommes d’État et pères de famille de surcroît, n’ont pu se départager qu’après les bruits de bottes, de basket et de sandales de toutes les pointures ainsi que le déploiement et les crépitements de toutes sortes d’armes.

Oui, ce spectacle peut commencer comme durant ces longues années où le pays était divisé en deux, entre nord et sud, entre zone rebelle et zone loyaliste, entre « jeunes patriotes » et « forces nouvelles », entre orateurs des ‘‘Parlements’’ ou agora à Abidjan et orateurs des ‘‘Sénats’’ à Bouaké, entre miliciens et rebelles. Entre militaires républicains et assaillants …

Aujourd’hui encore, c’est vraiment reparti pour ce spectacle comme en 2000 lors des débats irresponsables au sujet du « et » et du « ou » à propos de l’éligibilité à la présidence de la République. Ou bien comme le 24 décembre 1999, ce jour où des Ivoiriens saluaient le premier coup d’État dans leur pays et dansaient au son des compositions musicales à la gloire des jeunes mutins, « moutons », « bovins » et autres « porcins » qui leur faisaient ainsi vivre le meilleur Noël de leur existence. Ils offraient même à boire à ces sauveurs quand ils ne s’affichaient pas avec eux sur des clichés larges sourire aux lèvres. Et pourtant, dix mois après, notamment à la suite de la présidentielle d’octobre 2000, les sauveurs d’hier, voulant coûte que coûte s’accrocher à ce pouvoir qui ne les intéressaient pas *:)) Marrant se transformaient en bourreaux.

Eh oui, cette tragi-comédie peut enfin avoir lieu comme dans les années 2000 où dans les Parlements et autres places publiques. A la défunte ‘‘Sorbonne’’ du plateau, notamment,  on se félicitait chaleureusement que la Côte d’Ivoire fasse enfin partie des grandes nations du monde, à l’image de l’Irak et de l’Iran, tout simplement parce qu’il avait été voté à l’ONU un embargo sur les armes en Côte d’Ivoire.

Notre pays, c’est du pain béni pour les amateurs de dramaturgie. Rappelons-nous les remous causés par l’appel de Daoukro au sein du vieux PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) ; et que dire de ces tiraillements chez l’intellectuel FPI (Front populaire ivoirien) ? nous n’oublions non plus ces grands *:)) Marrant calculs politico-judiciaires du pouvoir ivoirien pour sauver la tête de ses partisans qui auraient commis des crimes lors de la crise post-électorale de 2010-2011. Mais, la Côte d’Ivoire, c’est surtout une somme d’incompréhension pour l’Ivoirien lambda que je suis.

Aussi vrai que les mêmes causes produisent les mêmes effets, on ne peut être qu’amer quand l’on se rend compte que les Ivoiriens semblent ne rien retenir du passé, mais surtout donnent l’impression de n’accorder aucune importance à leur avenir. Le débat qui a précipité la Côte d’Ivoire dans la guerre, l’a couverte de tant de honte resurgit à quelques semaines de la présidentielle. Il s’agit de la question de l’éligibilité à la présidence de la République ou l’exclusion d’une frange de la population ivoirienne à cette fonction suprême. Et il n’y a vraiment rien de surprenant que ce débat refasse surface. C’était en effet prévisible.

Est-ce par mépris, par arrogance, par excès de confiance ou simplement par manque de sérénité que l’on a fait semblant d’ignorer la cause des crises successives qu’a connue la Côte d’Ivoire ? Dans tous les cas, 13 ans après qu’elle ait connue une rébellion armée et 5 ans après la crise post-électorale et des milliers de morts, le vieux démon refait surface : l’inéligibilité d’Alassane Ouattara qui serait né d’un parent non ivoirien et se serait prévalu d’une autre nationalité alors que la constitution ivoirienne dit que ne peut être candidat à l’élection présidentielle un individu qui se trouverait dans de telles situations.

Ce débat nauséabond, irresponsable, honteux et effrayant ne referait pas surface si les autorités ivoiriennes avaient eu le courage de crever l’abcès en proposant une modification de la Constitution. Non pas pour l’adapter à la situation d’un quelconque politique, mais pour permettre à la Côte d’Ivoire d’assumer son histoire de pays d’immigration, pays qui ne serait pas en avance dans la sous-région ouest-africaine sans l’apport de ces personnes que l’on désigne des décennies après, et avec mépris, comme des étrangers alors qu’elles font partie intégrante de la population ivoirienne.

Cette réforme constitutionnelle fera de la Côte d’Ivoire un pays responsable. Elle pourrait, en outre, non seulement lui éviter d’autres morts et des conflits à venir, mais aussi elle mettrait effectivement à sa disposition tous ses fils et filles quelle que soit la région du monde dans laquelle ils se trouvent.

On opposerait à cette proposition que ce n’est pas en étant forcement président de la République que l’on peut se mettre au service de son pays.
Ce n’est pas faux, mais il faut garantir la paix sociale en évitant que des gens se sentent exclus et veuillent accéder au pouvoir par des moyens autres que pacifiques. Et puis, en ayant à l’esprit que seul le développement de notre pays doit prévaloir, développement qui mettrait à l’abri de la pauvreté ou aurait des implications positives, il serait vraiment absurde de se priver des compétences qui permettraient d’atteindre ce but. Par ailleurs, envoyer les Ivoiriens à se prononcer par référendum pour une réforme constitutionnelle les rendraient par-dessus tout responsables face à leur choix quel qu’il soit… J’en suis convaincu, même si j’ai en souvenir qu’en 2000, des politiques avaient fait preuve de mauvaise foi en appelant à voter « oui » pour la Constitution actuelle bien que conscients qu’elle ne faisait pas leur affaire. Soit.

Dans une Côte d’Ivoire qui se veut en émergence, ce n’était pas mauvais de construire des ponts, mais il aurait d’abord fallu s’occuper du problème de fond (la Constitution) pour éviter à la Côte d’Ivoire d’être de nouveau la risée du monde. Ces manifestations, ces troubles et ces morts d’hommes après la validation de la candidature d’Alassane Ouattara par le Conseil constitutionnel n’augurent rien de bon. *:-S Inquiétude


La foire à la jeunesse

Entré d'un marché aux puces de wikipedia.org CC
Entré d’un marché aux puces de wikipedia.org CC

Venez voir, venez voir,
Il y a foire :
C’est la foire à la jeunesse.
Vous voulez de la jeunesse ?
Faites pas preuve de paresse,
Venez donc voir,
C’est la foire à la jeunesse.
Il y en a de toute sorte :
Jeunesse patriotique : il y en a ;
Jeunesse nationaliste : ça manque pas ;
Jeunesse militante et militaire : on n’en parle pas ;
Jeunesse tribale : ça, c’est en solde totale,
Il y en a même en stock ;
Jeunesse méritoire : c’est pas donné,
Mais on peut s’arranger :
Un diplôme douteux par-ci,
Un peu de népotisme par là,
Ou une bonne dose de tribalisme,
Et le tour est joué.

Venez voir, Venez voir,
C’est la foire à la jeunesse.
Il y en a pour toutes les situations :
Chefs d’État, vous voulez demeurer éternellement au pouvoir ?
Je vous propose la jeunesse patriotique.
Gouvernants, vous voulez être bien vu de tous les jeunes ?
La jeunesse méritoire ferait bien votre affaire.
Politiques, vous voulez vous imposer à vos adversaires politiques ?
La jeunesse militante et militaire
Ainsi que la jeunesse tribale sont toute indiquées pour vous.

Venez voir, venez voir,
C’est la foire à la jeunesse.
Des jeunes, il y en a à la pelle,
Mais surtout pour tous les prix :
Vous avez un héritage encombrant ?
Venez acheter de la jeunesse gogo,
Surtout que les élections, c’est pour bientôt.
Les jeunes, y en a à gogo.
Pour une boîte de sardine, du pain, des tee-shirts de campagne électorale,
Des cannettes de bière ou des billets de banque, etc.,
Vous aurez tous les jeunes que vous voulez.
Promettez tout et n’importe quoi,
Comme du miel qui attire des colonies de fourmis,
Ainsi serez-vous pour la jeunesse.
Pour toute la jeunesse ?
Pour une certaine jeunesse dans tous les cas.
Sinon, pour des jeunes détachés et responsables,
Pour ces jeunes qui prennent de la hauteur
Vous pouvez passer votre chemin.

Venez voir, venez voir,
Y a foire.
C’est la foire à la jeunesse qui sait tout,
Sauf qu’elle est une force contre son propre désœuvrement.


Moi, candidat à la présidentielle ivoirienne…

image d'un Africain de flickr.com CC
Image d’un Africain de flickr.com CC

Moi, candidat à la présidentielle ivoirienne, et égrainant certainement fièrement devant les caméras et sur les ondes mon parcours académique et professionnel, je battrais campagne pour la démocratisation de l’éducation en prônant l’école gratuite du primaire au supérieur. Il n’y a en effet qu’une formation accessible à tous qui puisse garantir un développement véritable et solide à la Côte d’Ivoire.

Moi, candidat à la présidentielle, je garantirais une bonne santé à tous les habitants de la Côte d’Ivoire, car le moindre souffle de vie est un atout pour son évolution. Pour ce faire, des ressources de l’État, c’est-à-dire, des ressources de l’ensemble des habitants de la Côte d’Ivoire serviront à les soigner plutôt qu’à dédommager leurs proches à cause de diverses négligences et leur acheter des cercueils après leur mort. Ces moyens serviront également à mettre les agents de santé dans les conditions de travail.

Moi, candidat à la présidentielle, je proposerais gratuitement (parce qu’ils ont déjà payé de plusieurs années de leur précieuse vie) le rattrapage académique à toutes ces Ivoiriennes et tous ces Ivoiriens qui ont décroché du système éducatif à cause des longues années de crise qu’à connues notre pays. Pour ceux qui n’en auraient pas la volonté ou qui se trouveraient trop âgés pour retourner sur les bancs, on leur proposerait une formation pour qu’ils puissent s’installer à leur propre compte. Ils contribueraient donc à la prospérité de la Côte d’Ivoire.

Moi, candidat à la présidentielle, je battrais campagne pour que chaque habitant de mon pays puisse manger à sa faim, qu’il puisse avoir un toit où se reposer, qu’il dispose de moyens de déplacement accessibles à sa bourse et dignes d’un être humain.

Moi, candidat à la présidentielle, les questions de l’environnement seraient une priorité. Pour éviter un désastre écologique et sanitaire à notre pays, il va falloir mettre un terme au déboisement sauvage, mettre sur pied une politique de reboisement sur l’ensemble du territoire national. Autre préoccupation, améliorer l’habitat pour éviter à nos enfants le spectacle indigne et dégoûtant de l’écoulement de nos excréments sur le bitume, quand il y en a bien sûr.

Moi, candidat à la présidentielle, je ne promettrais pas de décrocher la lune, encore moins le soleil aux Ivoiriens ou encore d’étendre le ciel à leurs pieds. Je leur ferais simplement comprendre que seuls le travail bien fait, la lutte continue contre la corruption et la recherche sans relâche de l’égalité des chances élèvent toute personne.

Moi, candidat à la présidentielle ivoirienne, je ne battrais pas campagne sur la région, l’ethnie, la religion ou les supposées origines de tel ou tel autre candidat au risque de faire faire à mon pays un bon de 1 000 ans en arrière.

Moi, candidat à la présidentielle, je n’accorderais pour rien au monde la responsabilité des retards de mon pays à tel ou tel autre individu. Je proposerais plutôt dans un projet de société sérieux des solutions pour que le quotidien de chaque Ivoirien soit un moment de joie et de victoire sur le sous-développement.

Moi, candidat à la présidentielle ivoirienne…


La politique africaine pour les nuls (1)

Manifestants africains de anticapitaliste.net CC
Manifestants africains de anticapitaliste.net CC

Sans être prétentieux, je veux tout simplement expliquer certains aspects de la politique africaine à ceux qui n’y comprennent pas grand-chose ou à ceux qui pensent en connaître beaucoup, mais que cette politique finit pourtant par dérouter ou encore à ses experts qui ne finissent pourtant pas de se tirer les cheveux à cause d’elle.

 

Dans la politique en Afrique, tout part d’un phénomène : le fait que l’intérêt particulier prime sur l’intérêt général. Cela se manifeste chez le gouvernant par son refus de céder le pouvoir. Il s’y éternise donc, pour ses propres intérêts bien entendu, y empêchant ainsi toute alternance au grand dam de tous ceux qui rêvent d’accéder à cette fonction suprême. Il s’en suit des affrontements entre gouvernants et opposants à travers leurs partisans respectifs.

Ainsi, les uns, (partisans des gouvernants) meurent en défendant leur pouvoir, les autres (militants de l’opposition) perdent la vie au nom du droit, quelques fois en défendant une éventuelle victoire à des élections auxquelles ils ont été déclarés perdants.

Mais l’on ne peut ignorer un fait : la persistance de la corruption, des détournements, de la gabegie, etc. dans les pays. Et cela, malgré quelques fois les quelques rares alternances au pouvoir qu’a connues l’Afrique. En clair et pour résumer, quelque soit la tendance au pouvoir, la male gouvernance persiste.

Ainsi en se référant à cette évidence et en nous rappelant les conflits politiques, les disparitions de ceux qui transforment le front politique en champ de bataille peuvent être formulées autrement. En effet, les premiers, c’est-à-dire les partisans du pouvoir perdent la vie pour défendre becque et ongle leur pain. Les seconds, les opposants meurent pour défendre leur droit que ce pain leur revienne coûte que coûte. Souvent, après s’être copieusement entretués comme de vraies brutes, mais sachant que le pouvoir ne profite qu’aux vivants, et comme eux n’aimeraient pour rien au monde faire partie des prochains qui n’en connaitront pas la saveur ( le mort ne ‘‘mangeant’’ pas), gouvernants et opposants s’entendent pour partager le pouvoir dans des gouvernements d’union nationale ou des gouvernements de partage régional, ethnique et tribal de portefeuilles ministériels et de services publics.

Ces gouvernements sont encore appelés gouvernement de large ouverture, en d’autres termes gouvernement de légalisation de la corruption nationale. On peut également leur donner le nom de gouvernement de manducation. En Ivoirien, on dira objectivement gouvernement de ‘‘mangement’’. Un fois dans les arcanes du pouvoir, chacun s’occupe de ‘‘manger’’ sans état d’âme, sans se poser de questions.

Ainsi pour éviter que le pays ne sombre dans de graves troubles sociaux, voire dans des guerres qui attireraient non seulement les regards sur leur régime, mais les empêcherait de traire en toute quiétude cette vache que représente le pays pour eux, les gouvernants s’arrangent à ce que le pouvoir ne soit pas entre les mains d’un seul individu, d’une seule région, d’une seule ethnie, d’une seule tribu. En fins stratèges politiques, ils ont donc inventé à cet effet le partage du pouvoir. Cette générosité politique est communément appelé gouvernements d’union nationale, gouvernement que l’on peut considérer comme la légalisation de la répartition des services publiques par régions, par tribu ou par ethnie comme si un pays était une addition de régions, de tribus ou d’ethnies, et comme si encore tout ce monde peut vivre des seuls services publiques, surtout lorsque ceux-ci ne sont pas rentabilisés.

Mais le fait est que ces services là font tout de même courir des gens. Certains ont apparemment fait le choix d’être les corrompus plutôt que les potentiels corrupteurs. Mais au fait, pour corrompre, ne faut-il faut pas en avoir les moyens, et surtout avoir des projets ? Tout cela, ceux qui font de l’accession à la moindre parcelle de pouvoir une question de mort ou de mort ne l’ont pas.

Lorsque des prédateurs n’arrivent pas chacun à s’emparer d’une proie pour soi, ils se la partagent. Tel est le cas de ces pays africains que tout le monde gouverne sans que personne n’y soit responsable de quelque chose, ou encore où tout le monde est responsable sans que personne ne réponde d’aucun délit (de malversation, de népotisme par exemple) devant la justice. Ne soyez donc pas surpris que certains ministères et services publics soient des représentations d’une ethnie, d’une tribu ou d’une région. Cependant, certains ministères et services de l’État étant plus juteux que d’autres, ne soyez pas non plus étonnés que les violences ne prennent jamais fin dans un tel agrégat d’ethnies, de tribus et de régions.

Le cycle de violence est, il va de soi, la conséquence de ces gouvernements de prédation nationale, encore appelé gouvernement d’union nationale, ou gouvernement de corruption nationale, ou encore gouvernement de ‘‘mangement’’.

Avec un tel système politique, de plus très huilé, on se demande bien où certains africains trouvent encore la force de crier, et sur tous les toits, que c’est l’Occident qui empêche l’Afrique d’évoluer. Ignorance ou mauvaise foi ?

Une chose est sûre, et autant que cette règle est valable pour chaque individu, tant que l’Afrique ne se remet pas en cause, elle ne sera pas digne de se développer. Elle ne fera que tourner en rond, s’étant condamné à un éternel recommencement.

 


Mois de juin en Côte d’Ivoire : mois des percées !

Fidèles catholiques au terme du mois des percées. CC Jean Christ Koffi
Fidèles catholiques au terme du mois des percées. CC Jean Christ Koffi

En Côte d’Ivoire, le slogan, c’est : « Un pays émergent à l’horizon 2020 ». Mais, le pays en lui-même ne peut se développer si sa composante, c’est-à-dire sa population, demeure dans la torpeur. Pour susciter la dynamique de l’évolution, le mois de juin a été décrété « mois des percées » sur la paroisse Saint Pierre de Niangon Sud (Yopougon/Abidjan). Cette paroisse qui ne cesse d’œuvrer pour l’amélioration de la condition de ses fidèles.

Tout le mois de juin, c’était jeûne, mini veillée et rencontre de prières pour les paroissiens de Saint Pierre. Il y avait de plus méditation du chapelet du Crucifié, suivi d’un Jéricho, le tout organisé par l’éveil missionnaire catholique (qui pour l’occasion a publié L’Auréole, un bulletin d’enseignement et de prières, mais surtout un véritable facteur d’évolution pour quiconque prend au sérieux ses enseignements). Toutes ces manifestations étaient animées par son fondateur le prédicateur ivoirien Valentin Memel Ly. Mais ce programme religieux, et c’est là tout son charme, était largement agrémenté d’enseignements sur le thème :      «  (…) Tout ce que tu entreprendras réussira ». (Psaume 1, 3)

Loin de paraître comme une utopie, ce thème devrait constituer une source de motivation pour toutes les personnes qui ont des projets, mais ne peuvent les mener à terme ou tout simplement, pour une raison ou pour une autre, n’ont pas le courage de les débuter. En effet, selon le prédicateur ivoirien Valentin Memel Ly, et avec des passages bibliques à l’appui, le succès d’une entreprise, quelle que soit sa nature, comporte plusieurs étapes. Ce sont :

  • 1- Avoir une vision claire de ce qu’on a comme projet.

Et cela, parce que chacun dispose d’un talent qui le dispose à trouver du bonheur et prospérer dans une activité précise. Et, seule la prière peut révéler cette vision. La rencontre entre Dieu et projet n’est pas fortuite, car selon l’orateur : « Quand ton projet croise la vision de Dieu, il te donne ce que tu demandes, plus que ce qui est nécessaire, pour réaliser ton projet ». Le prédicateur a ainsi dans un premier temps pris l’exemple de Néhémie dans la Bible, dont le projet, la construction des remparts de Jérusalem dans l’antiquité, lui a non seulement été révélé après plusieurs mois de jeûnes et prières, mais il a bénéficié de l’aide de Dieu pour le mener à bien. Pour ce qui est de la vision qui croise celle de Dieu, l’exemple d’Anne, mère de Samuel, est très parlant. Stérile, celle-ci promet à Dieu de lui consacrer le fils qu’il lui donnerait. Dans le même temps, Dieu recherche un nouveau prêtre pour remplacer le vieux Héli, dont les enfants n’étaient pas dignes de lui succéder à cette fonction. Dieu, non seulement, agrée les prières de Anne car la vision de celle-ci croise la sienne, mais cette dernière aura par la suite 5 autres enfants. La fécondité de cette femme que l’on traitait de stérile n’est que le symbole de la prospérité des entreprises qui entrent la vision de Dieu. Autrement dit, les projets qui sont au service de l’humanité prospèrent forcément.

  • 2- Commencer

A quoi pourrait en effet servir d’avoir des projets si ceux-ci n’étaient pas mis en œuvre ? Commencer son projet est la condition sine qua non pour pouvoir un jour le voir prospérer. Et à ce niveau, l’obstacle majeur du début d’une entreprise, il va de soi, est le manque de financement. Mais, le prédicateur ivoirien a rappelé que l’on n’a pas besoin de grands moyens pour se lancer dans un projet. Il faut éviter d’être présomptueux. Il a donc objectivement conseillé de commencer petit pour pouvoir au fil du temps avoir la pleine mesure de son projet. Et à ce propos, l’être humain est un exemple, il ne naît pas adulte. Il est bébé, enfant, adolescent, jeune avant d’être adulte.

  • 3- Vaincre la peur.

Pour le prédicateur ivoirien, il faut neutraliser la peur, car selon lui, la peur est l’élément qui anéantit la foi et par conséquent toute entreprise. Saint Pierre est une illustration de ce fait (Matthieu 14, 22-31). Invité par Jésus (qui marchait sur l’eau) à le rejoindre, Pierre (motivé par le souvenir de l’épisode de la pêche miraculeuse pendant laquelle sur instruction de Jésus, il jeta son filet et pris une quantité impressionnante de poissons en Luc 5, v4-v6) se lance sans hésiter, marche aussi sur l’eau, mais : «  il voit que le vent est fort et il a peur, et comme il commence à s’enfoncer, il crie : “Seigneur, sauve-moi !” ». La peur fait perdre pied à Pierre. En établissant un rapport entre cette scène et entrepreneuriat, le fondateur de l’éveil missionnaire catholique conseille tout simplement d’éviter d’écouter les gens (symbole du tumulte des eaux). « Il faut marcher selon la parole de Dieu, celle que Dieu nous a mise à cœur, selon lui. Ce n’est à ce prix là que le succès est obtenu ». Mais la réussite ne saurait être totale sans cette dernière évidence.

  • 4 – Oser.

Oui, il faut oser. Comme Pierre symboliquement, il faut apprendre à marcher sur l’eau. En d’autres termes, l’on doit commencer à apprendre à être audacieux. L’on doit garder confiance et oser car l’on travaille avec Dieu. Il faut donc oser et se relancer malgré les échecs, a encouragé l’homme de Dieu.

L'Eveil Missionnaire Catholique et son fondateur, Valentin Memel Ly, en blanc CC Jean Christ Koffi
L’Eveil missionnaire catholique (EMC) et son fondateur, Le prédicateur ivoirien Valentin Memel Ly, en blanc. CC Jean Christ Koffi

A la fin, le prédicateur ivoirien a invité les chrétiens à ne pas hésiter à solliciter de l’aide pour réaliser leur projet. A cet effet, l’État constitue un aide indéniable, car des fonds sont mis à disposition par les différents gouvernements ivoiriens pour la réalisation de projets. Le gouvernement actuel ne déroge pas à la règle. Il  a ainsi alloué 26 milliards de FCFA à la réalisation de projets. Mais parce que la politique en Côte d’Ivoire crée des clivages, les Ivoiriens qui sont soit d’un bord politique différent de celui du gouvernement, soit d’une autre région que celle du président de la République, ou encore d’une religion différente de la sienne ne se sentent pas concernés par ces fonds, des fonds qui pourtant proviennent des taxes et autres impôts que paient les Ivoiriens sans distinction de parti politique, de région ou de religion. Ainsi, à cause d’une certaine politique, des personnes qui ont des projets qui pourraient améliorer leur condition de vie se privent volontairement, et c’est malheureux, de ce qui leur revient de droit.

Mais le message fondamental du prédicateur est que les chrétiens doivent se décharger de tous les fardeaux, fardeaux de mépris, d’animosité, de suspicion, de manque de cordialité, ces fardeaux qui les empêchent non seulement de retrouver les autres, mais leur font rater des opportunités.

Ce n’est qu’en remportant cette victoire sur l’orgueil, et tous les sentiments malsains vis-à-vis de l’autre qu’ils auront de l’aide pour réaliser leur projet. Ajoutée à de l’abnégation, il n’y a aucune raison qu’ils ne connaissent pas de percée.

La ferveur avec laquelle a pris fin ce mois destiné à encourager les chrétiens à s’engager dans des entreprises libérales et de garder confiance que celles-ci réussiront me pousse à croire que les personnes ont été très réceptives à ces enseignements. Nous ne pouvons que leur souhaiter bon courage !


Lutte contre le travail des enfants en Côte d’Ivoire : Bien mais doit mieux faire

Enfants Exploités, de ar.wikipedia.org CC
Enfants Exploités, de ar.wikipedia.org CC

Le 22 juin dernier, les forces de l’ordre ivoiriennes, Interpol et l’OIM (l’Organisation Internationale pour les Migrations) ont libéré une cinquantaine d’enfants des mains des personnes qui les exploitaient. Cette action est louable, mais le champ de telles entreprises est tellement vaste en Côte d’Ivoire qu’il serait dommage que les autorités s’arrêtent en si bon chemin, surtout que notre pays nourrit l’ambition d’être émergent à l’horizon 2020.

Qu’elle ne fut ma joie d’entendre sur les antennes que des enfants ivoiriens ainsi que d’autres originaires des pays comme le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et exploités dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire ont été libérés des mains de leurs bourreaux. Mais, ma joie pourrait virer à de l’amertume si après leur libération, ces enfants étaient abandonnés à eux-mêmes. Il viendrait ainsi grossir le lot des enfants de la rue, et malheureusement aussi des petits brigands, comme ces fameux microbes d’Abidjan.

Que les autorités ivoiriennes ne donnent donc pas l’impression que la libération de ces enfants constitue un autre coup d’éclat à l’ivoirienne. Pour prouver leur sincérité, elles doivent libérer tous les enfants exploités en Côte d’Ivoire. Et, ces enfants là, il n’y en a pas qu’en brousse, dans les plantations de cacao. Il y en a à travers le pays, en ville, comme en campagne, dans les endroits que nous fréquentons au quotidien, dans notre voisinage, dans notre entourage comme dans nos familles.

Il suffit de ne pas faire preuve d’hypocrisie, ou simplement d’ouvrir les yeux pour les voir. Ce sont : ces gamines qui sont pourtant utilisées comme nounous pour les enfants de leurs patrons ; Ou encore, ces petites filles en âge pourtant d’aller à l’école qui sont réduites à accompagner d’autres enfants, ceux de leurs employeurs, à l’école ; ce sont toujours ces petites filles qui travaillent dans des restaurants où elles assistent la cuisinière, assurent le service, nettoient les tables, font la vaisselle, balaient, etc. ; ce sont aussi ces petites filles, vendeuses ambulantes dès six ans. En plus d’être exploitées, toutes ces filles sont également exposées aux abus sexuels.

Les garçons sont également victimes d’exploitation. Ce sont : ces talibés dont on ne parle pas beaucoup en Côte d’Ivoire, mais que l’on peut facilement voir dans les quartiers populaires d’Abidjan et de Bouaké par exemple ; ces petits apprentis mécaniciens ; ces enfants qui passent la journée à faire les égouts, les décharges d’ordures, et les gros caniveaux à la recherche de fer qu’ils vendront pour avoir de quoi participer aux dépenses familiales.

Il va sans dire que la majorité de ces enfants, filles comme garçons, finiront analphabètes et sans aucune formation. Or la Côte d’Ivoire à être émergente dans 5 ans. Pour faire donc de ces enfants une force d’émergence et non une charge indéfinie pour la Côte d’Ivoire, il revient aux autorités ivoiriennes de poursuivre sur leur lancée, et de libérer véritablement tous les enfants exploités du pays. Elles ont également la responsabilité de mettre fin aux réseaux d’immigration destinés à fournir les exploitations agricoles ivoiriennes en enfants originaires de la sous-région ouest-africaine.

Mais l’élément fondamental qui, en mon sens, permettrait de mettre fin au travail des enfants en Côte d’Ivoire, serait de lutter contre la pauvreté. C’est en effet leur situation défavorable qui emmène les parents à faire travailler leurs enfants à bas âge ou à les abandonner entre les mains de personnes qui promettent de s’en occuper, mais les exploitent.

Et, il n’y a pas plus grande arme contre la pauvreté que la formation, la lutte contre la corruption et l’égalité des chances. Il n’y a qu’ainsi que l’on arrivera à endiguer ce phénomène absurde et honteux d’enfants esclaves et que la Côte d’Ivoire pourra un jour se vanter d’être un pays émergent.


Papa président, le sauveur (II)

Superman png by yberHades from Flickr.com CC
Superman png by yberHades from Flickr.com CC

Véritable personnage de la politique africaine moderne et démocratique, l’héritier des présidents fondateurs et autres pères de la nation qu’est papa président, le sauveur ne cessera décidément de surprendre. D’une spiritualité incommensurable et d’une sagacité du même genre, papa président prouve encore une fois qu’il est celui qui sauvera l’Afrique, à condition bien sûr qu’il fasse autre chose que de la politique*:)) Marrant . Ce qui évidemment n’est pas à l’ordre du jour. Soit, voyons à présent des exploits du sauveur, papa président.

Papa président, nous le savons, est surtout un chef d’État. Quand il réalise une bonne action, comme faire des largesses fiscales aux investisseurs étrangers *:)) Marrant pour en attirer davantage et que, n’ayant pas le choix, on lui lance tout de même des fleurs, il veut qu’on lui jette la flore, et quelques fois la faune avec. Mais quand, de toute part, il reçoit comme des flottes (critiques et autres), il ne se dit pas que c’est parce que sa politique a pu être un flop, il crie sur tous les toits que contre lui ça complote. Il crie même à l’insurrection, à la rébellion, voire au diable.

N’oublions pas que papa président, le sauveur est le pasteur de ses brebis, le peuple. Après qu’il ait échappé à un coup d’État ou qu’il en soupçonne, faites l’erreur de parler de Jésus Christ et du pardon à ce pasteur de papa président il vous répondra simplement :

« son père, Dieu, avait déjà dit : « Œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied » ».

Tentez d’approfondir la conversation, et vous saurez de papa président, le sauveur qu’il n’est pas vindicatif vis-à-vis de ceux qui tentent de le chasser du pouvoir parce qu’il ne veut qu’avoir au moins un mandat présidentiel bonus. Il ajoutera qu’il n’est pas injuste contre ces derniers qu’il traite d’ennemis de la nation, il ne fait que respecter la loi ; et puis, il y a le fauteuil présidentiel :

« Ce n’est pas un banc »,

vous dira-t-il. De plus, il n’y en a qu’un.

Apportez la réplique à ce pasteur au relent de loup ravisseur en lui disant que Jésus Christ a dit :

« Si on te frappe sur la joue droite, présente encore l’autre joue ».

Il vous demandera simplement :

« Et si on veut te prendre ton pouvoir ? »

parce que pour papa président, le pouvoir est non seulement sa propriété, mais le perdre, c’est pire que recevoir une gifle. Et puis, il n’y a pas deux fauteuils présidentiels, imaginez la réaction de papa président. Mais de réaction, il se donne le luxe de ne pas en avoir puisqu’il sait prévenir les gifles, lui. Pour ce faire, il actionne sa stratégie de défense préventive contre la perte du pouvoir : complot contre ses plus fidèles et compétents qu’il considère en son for intérieur comme des rivaux ; meurtre, disparition et emprisonnement de ses opposants affirmés. Protestez contre cette gouvernance malveillante, il vous demandera :

 « Ne suis-je pas papa président, le sauveur ? Depuis quand est-il mal de combattre le mal ? ».

En homme vraiment aimant dont la principale préoccupation est de sauver son peuple, il retire de l’esprit de celui-ci toute idée de le renverser un jour du pouvoir. Il faut dire que pour lui, la moindre manifestation pour l’alternance au pouvoir est synonyme de coup d’État.

Pour éviter donc à son peuple le désastre de ne plus l’avoir comme chef d’État, papa président met ce peuple à l’abri de ce qui pourrait les emmener à ne plus vouloir de lui comme président. Il les prive en effet de besoins, dans le mauvais sens, bien entendu. Ayant une véritable connaissance du genre humain, Il ne  fait pas sentir aux  populations un semblent de goût de commodité parce qu’elles pourraient lui demander plus. Pour ce faire, en bon pasteur, il applique, selon sa compréhension et en fonction de ses ambitions bien entendu, toutes les lois bibliques d’amour du prochain.

Ainsi, il s’arrange à ce que les populations ne connaissent rien d’autre que le froid et le dénuement, il leur prend leur manteau, ne leur laisse même pas leur tunique, le caleçon est un luxe pour d’autres ; il ne leur fait pas miroiter un tout petit repos et du répit, il les rend corvéable à souhait notamment lors du service militaire obligatoire ; le comble, il trouve quand même le moyen de toujours réclamer effort économique sur effort économique à ce peuple à travers taxes, impôts et autres. Et quand l’on veut emprunter à papa président pour se lancer dans des entreprises, sans même vous le dire, vous comprenez qu’il ne prête pas aux pauvres.

Papa président, le sauveur, en tant que gouvernant modèle, a l’imagination très fertile. Il a en effet des projets plein la tête. Pour les rendre réalistes, il leur donne des noms. C’est d’abord :

 « Les douze chantiers de l’éléphant d’Afrique ».

Il se voit en hercule de la savane et de la jungle africaine. Mais à cause de tous les boulets qu’il traîne (détournement de deniers publics, tribalisme, pots de vin, abus de pouvoir, etc.) quoique éléphant, il est incapable de faire un seul pas avec sa première brique. D’ailleurs lui-même est déjà embourbé dans la gabegie, la malle gouvernance et la corruption pour pouvoir mener à bien un quelconque projet. Mais là encore, il crie au complot international, national, tribal, voire familiale. *:)) Marrant

Comme projet, il y a aussi :

« la Refondation ».

Papa président a tellement confiance en lui, ou peut-être est-il autre chose ?, dans tous les cas, en détruisant les anciennes fondations de la maison-pays pour en construire de nouvelles, il oubliait qu’il était à l’intérieure de cette même maison. Mais, papa président a tous ses sens, il est même ingénieux. Se rappelant qu’en procédant ainsi la maison peut s’écrouler sur lui, et emporter prématurément le sauveur de son peuple qu’il est, il décide donc de procéder autrement : oubliée la refondation, place à la reconstruction, mais sur les anciennes fondations de corruption, de détournement, de tribalisme, de régionalisme, etc.*:)) Marrant  Mais pour construire dans ces conditions, il faut détruire. En tant que personnage politique industrieux *:)) Marrant, quand il ne s’installe donc pas confortablement au pied du mur pour le détruire, il est simplement bien assis dessus. Imaginez la suite dans les deux…. *:)) Marrant

Un troisième projet enfin de papa président, le sauveur, le plus impressionnant certainement, c’est :

« l’Émergence »,

il s’agit plus clairement de l’émergence du pays. Cette émergence renvoie à la remontée des profondeurs abyssales, profondeurs qui symbolisent toutes les situations défavorables dans lesquelles peut se trouver le pays.

Mais étrangement, sous le règne de papa président, le sauveur, le pays est plus énervent qu’émergent. Il y règne toute sorte d’inégalité et des contractions absurdes. A la croissance économique par exemple y suit un accroissement de la pauvreté. La vie y devient de plus en plus chère pendant que le pouvoir d’achat des ouailles de papa président ne fait que maigrir comme peau de chagrin.

Papa président le sauveur, en super pompier, vient donc éteindre le feu qu’il allume lui-même ou qu’il contribue à attiser en étant un fervent défenseur conscient ou inconscient des monopoles. Gagne-t-il quelque chose à promouvoir les monopoles ? Dans tous les cas, papa président s’y connaît en monopole puisque lui-même s’accroche bec et ongle, souvent même avec les dents, au pouvoir. Quelques fois, il met également sa langue à contribution, au propre comme au figuré.

Pour revenir au feu de papa président, pour donc l’éteindre, en grandissime sauveur, il prend par exemple soin de revaloriser les salaires. Youpi ! Mais papa président, homme cultivé et grand amateur d’adage sait qu’

« à malin, malin et demi ».

En fin stratège politique, et en homme toujours d’un génie extraordinaire, il ne lui reste plus qu’à adapter cet adage à la situation. Ce qui donnera :

« à augmentation, augmentation et demi ».

En clair, augmentation des salaires des agents de l’État, dans le même temps, augmentation du coût de l’électricité par exemple, et du coût de la vie en général.

Ainsi papa président, homme généreux devant l’Éternel, te fait un don à midi, et te le reprend à midi une minute. En terme plus religieux (de la religion de papa président, le sauveur, bien entendu), ce que donne sa main droite, sa main gauche le lorgne.

Il n’y a vraiment rien de surprenant puisque papa président, il aime l’argent plus que les gens. *:( Tristesse


Djaément de foule d’un Abobolais !

 

Dessin homme triste de pixabay.com CC
Dessin homme triste de pixabay.com CC

Le djaément de foule, c’est une expression nouchi qui veut dire : « coup de gueule ». L’Abobolais est l’habitant de la commune d’Abobo à Abidjan (Côte d’Ivoire). Il est le prototype du citoyen lambda. Laissé pour compte, il subit tous les pouvoirs, ceux par exemple des papas présidents, sauveurs et celui des agents corrompus de l’État. Les uns ignorent l’Abobolais tant qu’il n’y a pas élection au pays ou tant que ce dernier ne proteste pas contre leur pouvoir, et les autres, eux, sont indifférents à sa souffrance. Au contraire, l’Abobolais est une vache à lait pour ces corrompus impénitents. Monsieur l’Abobolais peut ainsi se retrouver en chacun de nous. Constamment éprouvé, il ne croit plus en l’avenir. Face à cette absence de perspective, il exprime à sa manière son désarroi, mais aussi ses vœux. Il ne nous reste plus qu’à l’écouter nous ouvrir réellement, mais vraiment réellement, son cœur. Pour nos lecteurs qui ne le comprendront pas du premier coup, une traduction de son djaément de foule suit…

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
Quéssia même,
Et puis on peut pas être enjaillé dans son propre pays ?!

On a bougô quoi même, hein
Dja, Allah, Lago, Gnanmien, Zéh, God ?
On a fait quoi,
Et puis les môgônis nous prennent
Comme en bas de chaussure, hein ?
Côte d’Ivoire, Burundi, Soudan du Sud, tout ça-là…
Politique a plus de valeur que l’homme.
A cau’ de politique, l’homme
Est devenu chien.
Il n’a pas komo
Il n’a pas komote
On le dja,
Et puis, ya fohi.
Ça reste gbanzan.
A cau’ de politique, ya les djaélis
A cau’ de politique, ça fraya du pays
A cau’ de politique, l’homme est devenu mangement :
On te dja pour garder pouvoir : mangement
On te fait gbagboter pour avoir pouvoir : mangement
Si tu as pris gros cœur contre PR
Tu vas prendre drap,
Il va te montrer que
C’est lui qui a payé
Toss, kalache, zagazaga, matraque
Et puis lacry pour policier :
Proproli sur proproli
Bougôli sur bougôli,
Djaéli sur djaéli,
Frayali sur frayali,
Et puis ça va pas quelque part.
Eh Dja, mauvaiüre n’est pas mauvaiüre !

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
Quéssia même,
Et puis on peut pas être enjaillé dans son propre pays ?!

Même pour grigra,
Pour avoir ton dabali,
Dabali seulement là,
Ça aussi, c’est pas affaire.
Si ta figure ressemble
Pas à pour eux là,
Mon cher,
Faut avoir moral :
Jette Bic, cahier, diplôme, tout ça-là ;
Buy ta machette, ta daba, Et puis, fonce au létche.

Eh Dja, mauvaiüre n’est pas mauvaiüre !

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
Quéssia même !
Et puis on peut pas être enjaillé dans son propre pays.

Le môgôni gbaille il vient bougô politique
Pour notre enjaillement,
Or que nous tous,
On est drap que c’est l’a’ent
Qui a gbé son mind :
Gombo va le tuer :
Monmonseur en Béze.

Le môgôni kouman il veut être boss
Pour djobidjo pour nous.
Or que nous tous,
On est drap que c’est l’a’ent
Qui a gbé son mind :
Gombo va le tuer :
Monmonseur en Béze.

Le môgôni pleure :
« Yé’eux djobidjo » ; « Yé veux bara »
« Yé ‘eux grigra » ; « Yé’eux travailler ».
Tout ça
Pour qu’on le voit
Pas en nouci au carrer
Or que nous tous,
On est en drap que c’est l’a’ent
Qui a gbé son mind :
Gombo va le tuer :
Monmonseur en chemise pagne.

Des môgôs malhères com’ent !
A cau’ d’eux :
Tu veux dabali : Bingue est mieux ;
Tu veux grigrali : Bingue est mieux ;
Tu veux schooler : Bingue est mieux ;
Mais avant d’arriver derrière l’eau,
Tu vas chercher visa, non ?
Si ça zaille,
Tu vas traverser l’eau, non ? :
C’est là Django sera souffert !
Douffeli sur douffeli !

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
quéssia même ?!
On a fait quoi
Et puis on peut pas être enjaillé, hein ?

Mais blêblê :
Gbè est mieux que drap, hein :
C’est paé on fait rien qu’on est rien ;
C’est paé on se tchou’n pas
Pour nous mange pas.
Mais le last même,
C’est paé on a pris l’homme
Pour faire notre Dieu
Que l’homme là aussi
Nous montre qu’il est notre Dieu en bri :
Il nous montre que sans lui là,
Nous, on est rien !
Si tu marches pas avec lui,
C’est que, tu es contre lui
Ya pas midi quatorze :
Proproli sur proproli
Djaéli sur djaéli
Frayali sur frayali
Mauvaiüre n’est pas mauvaiüre !
POLITIQUE, SORCIERE !
GBOSSEUR DE L’HOMME A MIDI CHAUD CHAUD
POLITIQUE, SA MERE !

Eh Dja, c’est comment ?
Faut nous soutra !
Mais gbè est mieux que drap :
C’est paé on est fait rien,
On est dans souffrance.
Mais faut sciencer quand même !
Donne-nous fangan pour quitter dans ça !

TRADUCTION

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il
Pour que l’on ne soit pas heureux dans son propre pays ?!

De quoi sommes-nous coupables, hein
Dieu, Dieu, Dieu, Dieu, Dieu, Dieu ?
Qu’avons-nous fait
Pour être autant méprisé ?
Côte d’Ivoire, Burundi, Soudan du Sud, etc.
La politique a plus de valeur qu’un être humain
A cause de la politique, L’être humain
Est devenu un chien
Il n’a pas de père
Il n’a pas de mère
Il est tué,
Et puis, il n’y a rien.
Aucune sanction.
A cause de la politique, il y a les tueries
A cause de la politique, il y a des réfugiés
A cause de la politique, l’être humain a été transformé en pain :
Tu es tué parce qu’on veut conserver le pouvoir : du pain
Tu es incité à manifester parce qu’on veut accéder au pouvoir : du pain
Brave le président de la République :
Tu en auras pour ton compte,
Il te fera comprendre que
Pistolets, kalaches, mitrailleuses, matraques
Et gaz lacrymogènes ont été achetés à la police par lui :
Course poursuite sur course poursuite,
Bastonnade sur bastonnade,
Tuerie sur tuerie,
Fuite sur fuite,
Et personne ne s’en émeut.
Mon Dieu, Quelle méchanceté !

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il ?!
Pour que l’on ne soit pas heureux dans son propre pays ?!

Même travailler,
Pour avoir simplement à manger,
La nourriture vitale pour tout homme
Ça encore, c’est un casse-tête.
Tu ne leur ressemble pas ?
Alors, très cher,
Soit fort mentalement :
Jette stylo, cahier, diplôme, etc.
Achète-toi une machette, une daba,

Et rentre au village.
Mon Dieu, quelle méchanceté !

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il ?!
Pour que l’on ne soit pas heureux dans son propre pays ?!

Cet homme raconte qu’il fait de la politique
Pour notre bonheur,
Alors que
Nous savons tous que
Son esprit est l’argent :
Son souffle vie : les pots de vin :
Voleurs à col blanc.

Cet homme explique qu’il veut être le boss
Pour se mettre à notre service
Alors que nous savons tous que
Son esprit est l’argent
Son souffle de vie : les pots de vin :
Voleurs à col blanc.

Cet homme pleure :
« Je veux travailler » ; « Je veux travailler »
« Je veux travailler » ; « Je veux travailler »,
Tout cela
Pour ne pas être mal vu au quartier,
Alors que nous savons tous que
Son esprit est l’argent
Son souffle de vie : Les pots de vin :
Corrompu.

Quels hommes de malheur !
A cause d’eux :
Tu veux à manger ? Immigre en Europe ;
Tu veux du travail ? Immigre en Europe ;
Tu veux faire des études ? Immigre en Europe ;
Mais, pour pouvoir mettre pied en Europe,
Il te faut un visa, N’est-ce pas ?
Si tu n’arrives pas à l’obtenir,
Tu traverseras la mer, n’est-ce pas ? :
Prépare-toi au pire !
Morts sur morts !

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il ?!
Pour qu’on ne soit pas heureux, hein?!

Mais, doucement :
La vérité ne tue pas :
C’est parce que nous ne faisons rien ;
C’est parce que nous ne nous donnons pas
Que nous stagnons.
Mais, le pire,
Nous avons fait d’un être humain notre Dieu
Si bien que pour lui,
Il est forcément notre Dieu :
Il nous montre que sans lui,
Nous ne sommes rien !
Oppose-toi à lui,
Il te considérera comme son ennemi
Il ne cherche pas midi à quatorze heures :
Course poursuite sur course poursuite
Tuerie sur tuerie
Fuite sur fuite
Quelle méchanceté !
POLITIQUE, SORCIERE !
MANGEUSE D’HOMMES EN PLEIN MIDI
LA POLITIQUE, SA MERE !

Mon Dieu, je te salue.
Viens-nous en aide !
Mais, la vérité ne tue pas :
C’est parce que nous ne faisons rien,
Que nous sommes dans la souffrance.
Mais, prête-nous tout de même attention
Donne-nous la force de nous en sortir !