N'Guessan Jean Christ Koffi

A la plus belle…

Rose de pixabay.com
Rose de pixabay.com

Qui ne fais-tu pas rêver ?
Qui n’aimerait pas avoir
Ta main pleine de chaleur
Et de douceur
Dans la sienne
Refroidie et crispée par les peurs du quotidien
Et un avenir incertain ?
De l’Afrique à l’Amérique,
De l’Orient à l’Occident,
La simple évocation de ton nom
Fait battre des cœurs d’espoir
Car à la place de la main,
Tu as un cœur.
Alors que certaines donnent,
Toi, tu te donnes.
Laisse-moi donc te découvrir.
Je remuerai ciel et mer
Rien que pour sentir ton parfum
Fait de paix et de joie
De sérénité et de bonté.
Méchanceté, aigreur, Barbarie et bestialité
Me harcèlent,
Mais, dans mon cœur,
C’est toi ou personne.

Je transpire d’amour pour toi.
Vois mes yeux rouges d’amour pour toi
Tu me colles à la peau.
Je t’ai dans mon sang.
Tu es incrustée dans mon cœur.
Tu es celle pour qui je vis
Tu es ma vie,
Tu es mon âme sœur,
Oui, Humanité, socle de ce monde,
La place que tu occupes dans mon cœur
Est plus vaste que tout l’univers.

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Le Front Populaire Ivoirien (FPI) ou le socialisme à la socialiste I voit rien

https://www.flickr.com/photos/stefanmeisel/5281604116/in/photolist-93HATW-93HAN7-9d9rkq-93Ewpv-9d9qU5-9PBVAV-9CgETa-gG4ahC-93HAFA-bMTwzt-9sGKNf-cMsoPu-awGQPc-9z5FHp-9sHhhL-9z8Gn9-4rsMsn-9sHgTq-9sDNzr-9Pv3kU-9sEocK-8vjv6o-aQPTRp-9PvCKb-9sEpTR-9sEfn2-9wDh7D-9QZZtM-8vjvb1-9xjsv1-6NPvo2-9sDLMa-9sGMaQ-9sEf18-edCnw3-9smL4z-5QNYAK-6SHsyG-9x8TnS-7fMPXM-9sEprM-cMsoGo-9sEoX8-9hmr73-baAUqD-9x5QT3-9wDmme-9LCMJx-9R3RQh-4rwLLS
Meeting de Charles Blé Goude, Abidjan-Marcory, Côte d’Ivoire, 21.12.2010 de Stefan Meisel CC flickr.com

Le socialisme est une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir l’intérêt, le bien général sur les intérêts particuliers. C’est officiellement la doctrine du FPI, parti politique ivoirien, qui se réclame justement de gauche. Mais la pratique du socialisme, notamment par l’une des tendances (la plus dure, la plus écoutée  et la plus nombreuse) du FPI est d’une complexité déconcertante.

  • Petit Rappel historique

Au temps fort de la crise ivoirienne, lorsqu’il était au pouvoir, le FPI appelait à sortir manifester pour la Côte d’Ivoire. En octobre 2000 déjà, à l’appel de Laurent Gbagbo, des personnes aux mains nus sont pourtant sorties manifester contre le régime militaire qui tentait de tripatouiller les résultats des élections présidentielles et maintenir le pays dans un régime liberticide ;

Laurent Gbagbo CC flickr.com

En octobre 2002, moins d’un mois après le déclenchement de la rébellion, à l’appel des leaders d’opinion pro-FPI, des foules ont arpenté les rues du pays pour  manifester contre cette forme archaïque de revendication qui compromettait l’avenir du pays. Des cursus scolaires ont été perturbés, voire interrompus pour la cause de la mère-patrie qu’il fallait défendre, pire des vies ont été perdues.

Des gens arrêtaient toutes activités et campaient devant le site de la télévision ivoirienne, avec le consentement et les encouragement des socialistes, à l’époque au pouvoir, pour protéger ce bien national prétendument des assaillants ;  d’autres personnes encore, des jeunes majoritairement, ont perdu la vie à Abidjan, devant l’hôtel ivoire, sur les deux ponts, lors des événements de novembre 2004, « pour  notre pays la Côte d’Ivoire et l’avenir de nos enfants » comme tendaient à le leur faire croire les responsables des syndicats Estudiantins pro-FPI lorsque ceux-ci les appelaient à sortir en masse manifester contre les militaires de la force Licorne.

Ces actions parfaitement menées par le FPI méritent bien une observation.

  • La mention

Très bien !  Telle est la mention que l’on peut attribuer au FPI qui, en tant que parti rattaché au socialisme, a réussi à éduquer les populations à la réalité du socialisme : Le réalisme-socialiste

  • Le réalisme-socialiste

D’inspiration Marxiste, le réalisme-socialiste accorde en effet la primeur à l’intérêt, au bien général sur les intérêts particuliers, individuels ; ou encore, le réalisme-socialiste, c’est la priorité au collectif, à la communauté sur l’individu.

Faut-il encore le préciser ? C’est le sacrifice de l’individu pour la survie de la communauté, le sacrifice de sa personne pour l’intérêt général. Rappelons-nous à cet effet Abla Pokou, la Reine des Baoulé, peuple de Côte d’Ivoire. Celle-ci, selon la légende, sacrifia son fils unique pour la survie de son peuple. Quelle plus grande preuve d’amour pour son peuple et de dévotion à celui-ci que ce geste par lequel cette grande femme, par ailleurs avant-gardiste du réalisme-socialiste, se prive de son fils, l’objet de son affection !

Mais son geste, quand il n’est pas perverti, n’appartient plus qu’à la légende ; Regardons autour de nous, et en Côte d’Ivoire en particulier, des jeunes gens sont en effet envoyés à la mort pour obtenir le pouvoir ou le conserver,  soit comme rebelles, soit comme jeunes patriotes. Ces seconds étaient les partisans du FPI au temps fort de la crise ivoirienne.

Jeunes patriotes de Stefan Meisel CC flickr.com
  • Le FPI et le socialisme-réalisme aujourd’hui

Aujourd’hui en effet plus que jamais, le Front Populaire Ivoirien a l’occasion de faire preuve de socialisme, plus précisément de réalisme-socialiste comme il le faisait par le passé ; lorsqu’il était au pouvoir, il appelait au sacrifice pour le pays. Ce parti socialiste pourra pratiquer le réalisme-socialiste  en mettant de côté les intérêts particuliers et individuels en son sein pour l’intérêt général, l’intérêt du pays. Mais que constate-ton ?

La lutte pour l’individu Laurent Gbagbo est devenue plus importante que la survie même du parti ; et au-delà, cette lutte individuelle prime sur le bien-être des 23 millions d’Ivoiriens pour qui le FPI, en tant que parti politique, qui plus est socialiste, prétend pourtant travailler.

Cette lutte est menée par l’aile dure du FPI. C’est la tendance non officielle, mais qui compte le  plus grand nombre de militants, il faut le reconnaître. Pour cette tendance dirigée par un président intérimaire, Abou Drahamane Sangaré en attendant certainement que Laurent Gbagbo revienne pour en occuper la présidence ; pour cette tendance là donc, c’est « Gbagbo ou rien ». Visiblement, l’individu prime sur le collectif. Dès lors, où est donc le réalisme-socialiste qui est supposé faire prévaloir l’intérêt général sur l’intérêt particulier ?

Depuis la Haye, Laurent Gbagbo même, que certains de ses partisans présentent comme le messie pour la Côte d’Ivoire, refuse pourtant  le sacrifice ; il n’appelle pas à mener le combat politique (contre les injustices sociales, les écarts de gouvernance, les choix économiques hasardeux, etc.) pour le bien des Ivoiriens, au détriment de sa personne.

Entre s’opposer au pouvoir ivoirien pour le bien-être du peuple dont fait également parti Laurent Gbagbo, et combattre pour ce dernier en qui tous les Ivoiriens ne se reconnaissent pas certainement, le courant Gbagbo ou rien du FPI a fait son choix.

Les implications de la tendance Gbagbo ou rien

Ne nous leurrons pas, comme pour Alassane Ouattara du RDR et Konan Bédié du PDCI, des gens ne sont au FPI que parce qu’ils sont la même ethnie ou de la même région que Laurent Gbagbo, ou en sont de bons amis.

Pascal Affi N’guessan, nouveau président contesté du FPI Credit: Marc-André Boisvert/IPS flickr.com

Lors de l’élection présidentielle de 2015, il n’a donc pas été surprenant que le FPI Gbagbo ou rien ignore complètement le FPI modéré qui présentait Pascal Affi N’guessan contre Alassane Ouattara. Affi, l’ancien premier ministre de Laurent Gbagbo, n’a pourtant pas été soutenu par ce FPI sans quoi il aurait pu, avec une facilité déconcertante, accéder au pouvoir à l’issue de cette élection. Même pire, cette tendance Gbagbo ou rien aurait fait campagne  lors des  dernières députations pour ses adversaires du RHDP* contre les candidats FPI tendance Affi N’guessan. Aussi surprenant que cela puisse paraître, et c’est pourtant la réalité, la bataille politique des socialistes ivoiriens est plutôt entre ces socialistes *:)) Marrant.

 

Votez Pascal Affi N’guessan Crédit Maxence Peniguet flickr.com

En pensant lutter pour la libération de Laurent Gbagbo, au détriment du combat politique national, les socialistes I voient rien ne voient pas dans un premier temps qu’ils ne font qu’alimenter le statut quo le concernant et par conséquent l’enfermer davantage. On imagine mal Alassane Ouattara qui  a savamment organisé le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI (Cours Pénale Internationale) user d’une quelconque influence pour que celui-ci soit libéré. Pourtant, un président de la République du même bord politique que cet illustre prisonnier aurait bien pu faire son affaire. Mais  tribalisme, émotion et ignorance aidant, le FPI Gbagbo ou rien, dans ses rêves les plus fous, n’imagine personne d’autre au pouvoir en Côte d’Ivoire sous la bannière du FPI que Laurent Gbagbo.

Nos socialistes ne voient pas dans un second temps que leur choix de l’individu favorise le maintien au pouvoir du RDR et son allié PDCI, même vomis par l’ensemble des Ivoiriens, leurs partisans y compris. Les taux de participation douteux, pour ne pas dire faibles, aux récents scrutins par rapport à la présidentielle de 2010 en sont la preuve.

Enfin bref, les socialistes I voient rien, malheureusement les plus nombreux et les plus écoutés, ne voient vraiment pas que leur politique de l’individu pour le peuple fait évidemment l’affaire du régime qui se maintient paisiblement au pouvoir malgré tous ses égarements : endettement démesurées, détournements, clientélisme, gabegie, absence de débats politiques, attribution de marchés gré à gré, inflation galopante, culture du deux poids deux mesures entre agents de l’État et anciens rebelles insérés dans l’armée,  etc.

Le premier à partir de ce socialisme est cet illustre socialiste que se réclamait Laurent Gbagbo, il demeure inexorablement   en prison.

 

PDCI : Parti Démocratique de Côte d’Ivoire

RDR : Rassemblement Des Républicains

 

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Côte d’Ivoire : Bouaké, ville martyre

 

 

Batiment délabré au quartier ahougnassou de Bouaké, crédit photo : Christ Koffi
Bâtiment délabré au quartier ahougnanssou de Bouaké, crédit photo : Christ Koffi

Bouaké, la deuxième ville de la Côte d’Ivoire, naguère connue pour feu son grand marché, parti en fumée en 1998 et dont l’espace  n’est plus qu’un vaste dépotoire, pour sa piscine municipale, sa bouillante semaine commerciale, son célèbre carnaval, etc. n’est plus remarquable que par les événements dramatiques  qui s’y sont déroulés, notamment pendant la crise de 2002 (massacre des gendarmes et de leurs garçons) s’y déroulent  (grand nombre de viols à Bouaké : 80 depuis  Janvier selon la délegation des nations unies à Bouaké )ou, je touche du bois, pourraient s’y dérouler.

Loin de moi l’idée de replonger les Ivoiriens dans un passé douloureux qui, d’ailleurs semble se répéter (Révolte des soldats du 18 novembre 2014 à partir de Bouaké), mais quel Ivoirien n’a pas été témoin du martyre qu’a souffert la ville de Bouaké, comme d’autres d’ailleurs de Côte d’Ivoire, durant les  longues années de crise qu’a connues leurs pays ?

Située au centre de la Côte d’Ivoire, Bouaké est une ville carrefour où l’on pouvait voir, à l’époque, une forte communauté des originaires des pays de la sous-région ouest-africaine, et où commencent heureusement à se retrouver les ressortissants de toutes les régions de la Côte d’Ivoire. Elle est également une ville scolaire. Elles compte d’innombrables établissement scolaires dont certains de renom comme le Collège Moderne Nimbo de Bouaké (ex COB). Elle a également une université qui, malgré le fait qu’elle avait été déplacée et ballotée dans Abidjan entre 2003 et 2013, puis replacée à Bouaké, reste parmi les plus performantes en Côte d’Ivoire.

Au de-là de tous ces atouts, Bouaké était, et de là vient peut-être son malheur, la capitale des forces armées de Côte d’Ivoire : les vestiges d’un camp commando, d’un camp de gendarmerie, d’un camp de sapeurs pompiers militaires, d’une citée de douaniers, d’une école des forces armées, d’une école des sous-officiers, d’un hôpital militaire, etc. y sont visibles. Le camp génie, le bataillon de l’armée de terre et la brigade de gendarmerie de Bouaké, heureusement reprennent petit à petit vie après avoir longtemps été des repères de serpents, de perdrix, de rats et pis, de brigands.

 

Un des bâtiments délabrés du camp pompier de Bouakés
Vestige du camp des sapeurs pompiers militaires de Bouaké, crédit photo : Christ Koffi

La vie reprend  donc à Bouaké. Mais, elle n’est pas aussi rassurante que par le passé ; et rien ne dit qu’elle le sera à l’avenir. En effet, dès que l’on foule le sol de la ville de Bouaké, on a les larmes aux yeux : des maisons délabrées, de nombreuses maisons délabrées de simples citoyens surgissent de toute part ; et vous pouvez en voir un nombre impressionnant si vous avez la force et le courage de parcourir cette immense  ville. Vous ne pouvez tourner la tête à gauche ou à droite, ou même regarder tout droit devant vous sans en voir une. Et, il y en a de tous les standings : de grandes villas aux simples maisons sans oublier les appartements.  Le plus effrayant, mais aussi le plus consternant, c’est que ces habitations délabrées semblent vous demander :  » Que sont devenus nos propriétaires ? Qui viendra enfin nous réhabiliter, nous, comme les bureaux du trésor public, des impôts et des douanes ? Comme les bureaux de compagnie d’électricité et d’eau, et ceux de la caisse de prévoyance sociale, ainsi que les résidences du préfet et du président de la république, qui l’ont tous été en un rien de temps ? Qui ? Qui pensera enfin à nous après douze  ans ? Nos propriétaires ? Quand ils ne sont pas morts parce que n’ayant pu supporter le choc de perdre les sacrifices de toute une vie, à cause de la guerre, ils ont juré de ne plus  jamais y remettre les pieds car à jamais traumatisés, ou n’ayant pas les moyens de nous restaurer. Leurs enfants ? Beaucoup n’ont pas de travail. Et d’ailleurs qui reviendrait dans un endroit dont il garde les pires souvenirs, et que personne, en l’occurence les autorités, n’encourage moralement et/ou financièrement à regagner ? Qui viendra nous réhabiliter ? Qui ? Qui ? Nous attendons toujours. Mais, le dernier soulèvement de soldats FRCI (Force Républicaine de Côte d’Ivoire) à partir de Bouaké et les échanges de tirs, toujours à Bouaké, entre militaires et gardes pénitentiaires semblent nous dire que nous au moins qui avons vu Bouaké être la capiale de la rebellion sommes habitués au délabrement ; nous ne souffrirons pas d’autres troubles ; Pitié pour ces maisons qui pourraient être comme nous dans l’avenir …, pitié pour le CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Bouaké dont les deux étages supérieurs risquent de rester à jamais délabrés « 

Oui, en dépit du fait que Bouaké refait petit à petit peau neuve (bitumage des voie, réparation des feux tricolores),

Réparation d'un feu tricolore de Bouaké
Feux tricolores de Bouaké, en pleine réparation, crédit photo : Christ Koffi

les vestiges de la ville, en plus des nombreux viols qui y ont lieu, ainsi que les non moins nombreux accidents de motos, désormais reines à Bouaké, sont là pour nous dire qu’à Bouaké, le passé douloureux et le présent prometteur auquel aspirent ses nombreux élèves et étudiants sont en perpétuel combat.

Accident de motos à Bouaké
Accident moto vs voiture à Bouaké, crédit photo : Christ Koffi

Il n’est pas surprenant que sur plus de trente ans, il n’y ait rien eu de nouveau à Bouaké que la souffrance et la désolation : la disparition de son grand marché, la guerre et aujourd’hui des étudiants se logeant par leur propre moyen. Qui dans une maison délabrée ; mais un peu nettoyée, avec les moyens de bord ; qui dans une chambre hors de prix, dans des condition sanitaires qui laissent de plus à désirer. Pourtant les citées universitaires de la ville de Bouaké ont entièrement été restaurées depuis 2 ans, mais demeurent extraordinairement inoccupées.

Est-ce faire trop d’honneur à un être humain que de lui offrir le moindre confort ? Dans tous les cas, à Bouaké, il y a tellement de contradictions et de désolations que nous ne pouvons que dire :  » Pitié pour une ville ! » Mais, ne dit-on pas que la graine ne peut germer sans avoir auparavant pourrie ? C’est ce que l’on dit. Mais, puisque l’attente est désormais le bien le plus précieux de l’Ivoirien, nous attendons donc pour voir.

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Trump à la maison blanche, comme un éléphant dans un magasin de porcelaines

Donald Trump amenaza Apple a cambiar su lugar de producció… | Flickr flickr.com
Donald Trump CC flickr.com

Le nouveau Président des États-Unis, Donald Trump vient officiellement de prendre fonction ce 20 janvier 2017. L’entrée du tonitruant, exubérant et généreux *:)) Marrant milliardaire à la maison blanche, non sans avoir déjà été surprenante, fera certainement du bruit et beaucoup de casse aussi. Mais pas besoin de « wait and see » car le spectacle a bel et bien commencé et compte se poursuivre.

Sa journée de prestation de serment, Donald Trump l’a symboliquement entamée par un office religieux, en tant que  chrétien (rire). Mais sa présence dans cette église n’était certainement pas pour le symbole, car au même moment, j’imagine qu’intérieurement le Président élu des États-Unis, ce milliardaire, se voyait bien faire preuve de charité (rire) vis-à-vis des millions d’Américains qui, grâce à l’Obamacare, bénéficient d’une couverture maladie. Il se voyait en effet signer un décret abrogeant cette loi. Ce qu’il fit toute de suite après avoir prêté serment.

Comme quoi, c’est de la faute des Américains pauvres s’ils le sont. Et puis, ils peuvent bien crever ceux-là, ça fera moins de charges pour l’État. Quelle preuve de charité pour le chrétien Trump qui prévoit d’ailleurs de construire un mûr entre son pays et le Mexique ! Le comble, ce projet qui vise à empêcher l’immigration clandestine des Mexicains aux États-Unis, Trump le businessman qui ne veut pas perdre inutilement de l’argent, compte le réaliser aux frais du Mexique. Telle charité chrétienne de l’homme supposé le plus puissant de la planète doit certainement faire faire des cauchemars  au pape François.

En s’attaquant tout de suite à l’Obamacare, Trump annonce la couleur. Il donne en effet l’impression que sa présidence est plus dirigée contre une personne, le président Obama dont il a longtemps  mis en doute la nationalité américaine, Obama étant Kenyan de par son père.

Mais au delà d’Obama, en plus de faire le lit de la discrimination par ses préjugés  au sujet des Américains des couches défavorisées et des minorités, ce sont ses relents xénophobes que le nouveau Président des États-Unis a du mal à dissimuler, lui qui déjà ne fait aucun mystère quant à son opinion vis-à-vis de la femme. Sexiste devant l’Eternel, la femme, Trump l’aime, mais dans un rôle de subalterne… Mais c’est pour faire plus raffiné, sinon la femme, il la préfère à la cuisine simplement. On dira qu’il a nommé des femmes à des postes à responsabilités ou dans son gouvernement, mais ce n’est que l’exception qui confirme la règle.

En politique internationale, Trump prendra certainement son pied car il a beaucoup, vraiment beaucoup à casser sur ce plan là. Ainsi son désir de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, s’il n’est pas resté un simple slogan de campagne pour s’attirer le vote juif-américain, mettra à mal la paix déjà relative au Proche-Orient, et alimentera les extrémismes tant du côté des Israéliens que des palestiniens. Les « marchands de morts » ne s’en frotteront que davantage les mains.

Et que dire de sa remise en cause du rapprochement États-Unis-Iran et de la levée des sanctions contre ce pays ? Dans ce monde civilisé, avec les Droits de l’Homme et des peuples, les conventions internationales, et tout ça, Trump n’aura certainement pas le courage d’envahir l’Iran comme Bush fils, républicain comme lui, l’avait fait pour l’Irak. Mais sait-on jamais. Un conflit avec l’un des grands producteurs de pétrole ferait bien s’envoler les prix du baril, à l’avantage en particulier de l’Arabie saoudite, alliée des États-Unis dans la région et qui entretient de difficiles rapports avec l’Iran, et dont l’économie est mise à mal par la chute du coût du baril de pétrole. Mais ce n’est certainement pas pour les beaux yeux de l’Arabie Saoudite que Donald Trump pourrait durcir le ton contre l’Iran, au pire lui faire la guerre, car une envolé du prix du baril ferait bien l’affaire des sociétés américaines du domaine. Et quand l’on sait que le Président américain est avant tout un homme d’affaire, qui plus est obsédé par la cause de l’Amérique –« America first », dit-il – il ne serait pas étonnant qu’un tel projet lui effleure l’esprit. Il ne reste plus  qu’à prier que ce n’en soit pas le cas, sinon cette région du globe serait non seulement déstabilisée, mais le reste du monde pourrait sérieusement en pâtir avec une autre crise économique et des envolés du coût de la vie.

Les barrissements nationalo-patriotiques de Donald Trump, il est surprenant, n’épargnent pas non plus l’Europe. Trump y a plutôt fait le choix de ses proches cousins anglais en saluant le Brexit. Pour le reste de l’Europe, l’Allemagne est accusée par Trump de profiter de l’Euro aux fins d’une plus grande compétitivité commerciale. La France quant elle, sous-traitante militaire des USA sur certains terrains d’opération, notamment en Libye, est simplement ignorée par le néo-Président Américain. Tant mieux, pourraient dire les Français.  Mais Trump ne fait que diviser pour mieux régner car une Europe davantage unie pourrait bien damer le pion aux Américains sur le plan économique. La compétitivité de l’Allemagne, tête de pont de l’UE, pourrait en effet être un sérieux obstacle aux projets économiques de Trump pour son Amérique.

Obsédé par le protectionnisme contre l’Europe, la Chine, le Mexique, le Vanuatu, la Papouasie nouvelle Guinée, le Soudan du Sud, Zanzibar,  la Bordurie (Voir dans  Les Aventures de  Tintin) etc., *:)) Marrant le milliardaire-Président Trump doit certainement se dire qu’il n’y a  que l’argent au monde.  Il oublie les relations militaires, diplomatiques, culturelles, scientifiques  et au plan de la recherche que les nations entretiennent entre elles, et même les simples relations humaines. Elles peuvent simplement être reléguées aux calendes populo-nationalistes. Trump peut faire voler en éclat les relations des USA avec ses partenaires traditionnelles, et se fermer à toutes coopérations nouvelles au risque de susciter de nouvelles vocations terroristes, il n’en a que faire. L’Amérique peut en effet se suffire et n’a pas à s’émouvoir des malheurs d’autres peuples.

Au cas où ça coincerait pour l’Amérique au plan diplomatique et au plan international, Trump n’aura aucun souci à se faire car il a un soutien de taille en la personne du président russe Vladimir Poutine.

Grand admirateur de Vladimir, il ne serait pas surprenant que Donald se laisse embrasser sur la bouche par celui-ci. Il pourrait même aller plus loin avec le Président du pays qui a subi des sanctions de l’administration Obama et de L’UE pour avoir envahi l’Ukraine. N’oublions pas que la Russie a fait la guerre à la Géorgie et est même accusé par la CIA d’ingérence dans les élections américaines. La Russie n’est certes pas à diaboliser éternellement, mais en tant que première puissance mondiale, l’Amérique doit préserver certaines valeurs. Mais avec Trump tout cela semble voler en éclat.

Le coup de trompe rageur, Donald le réserve certainement à la presse. Il accuse les journalistes de mensonges  si bien qu’il casse de la presse tous les jours. Lorsqu’il ne les traite pas de tous les noms, il livre simplement les journalistes à la vindicte populaire. Ses différents avec les médias, Trump préfère régler ses problèmes dans un meeting et dans la rue plutôt qu’en justice, comme lors de ce meeting électoral où sous son impulsion, près de 30 000 de ses militants huèrent une poignée de journalistes.

Qui l’eut cru ? Avec le nouveau Président américain, l’Amérique donneuse de leçons fait un bon spectaculaire de plus de 50 ans en arrière. La marche des femmes contre Trump aux États-Unis et à travers le monde n’en est que très parlante. A cette allure, il ne serait pas étonnant que tous les acquis sociaux, économiques et diplomatiques de l’ère Obama fassent simplement partie du passé, mis à néant consciemment ou inconsciemment par l’indélicat Trump. Et ce ne serait pas un précédent pour les États-Unis car l’ère du républicain Bush a été un drame pour l’excellent héritage économique de l’Administration Clinton.


La Côte d’Ivoire est un pays riche

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Crédit Photo Financialafrik.com

Or donc la Côte d’Ivoire est un pays riche. Avec dans un premier temps la modification des institutions ivoiriennes créant la 3eme République ainsi que dans un second temps la mutinerie d’ex-rebelles de l’armée régulière, et l’accession au pouvoir à leur revendication de primes, les Ivoiriens  ne peuvent que faire ce constat heureux : Or donc la Côte d’Ivoire est un pays riche. Oui #OrdonclaCôtedIvoireestunpaysriche.

Les Ivoiriens ne peuvent qu’être heureux de savoir que leur pays n’est pas pauvre. La croissance de près de 10 % depuis plusieurs années était déjà un indice. Enfin soit. Dans le même temps, ils sont écœurés de savoir que leur pays a été longtemps qualifié de pauvre. Pour quelles raisons ? Seuls les griots de la pauvreté aux pourtant interminables cortèges de 4× 4, et à l’insolant train de vie le savent : vraie sorcellerie.

Dans tous les cas, la Côte d’Ivoire est un pays riche. Sinon, comment comprendre que le régime ivoirien ait décidé de changer les institutions nationales, changement qui engagent de nouveaux frais pour l’État. En plus des cabinets du président de la République et du premier ministre, il va en effet falloir un budget pour le cabinet du vice-président, poste qui n’existait pas auparavant. En plus également de l’assemblée nationale, il va également falloir un  budget pour le sénat, chambre parlementaire qui n’existait pas non plus auparavant en Côte d’Ivoire. Ce n’est pas avec des cailloux que ces nouvelles institutions qui ont été créés alors qu’on crie à longueur de journée que le pays est pauvre ou que l’on feint cyniquement d’ignorer que le pays est riche fonctionneront.

En réalité, le pays est soudain pauvre quand il s’agit de satisfaire les besoins des citoyens dits lambda : Vraie sorcellerie.  Mais quand il s’agit de créer des postes pour contenter ses fidèles non fatigués de cumuler des responsabilités à la tête de l’État,  ce pays là en a comme par magie les moyens : Vraie confrérie. La preuve comment comprendre qu’avec le chômage ambiant, des diplômés qui ne manquent pas, plutôt que de créer de nouveaux postes d’enseignants par exemple, l’on préfère simplement former les étudiants de l’école normale supérieure dans deux spécialité à la fois. Ainsi, un future prof d’Anglais par exemple est également formé pour remplacer le prof d’éducation physique et sportive si jamais ce dernier avait un empêchement ; comme dans le même esprit, un prof  d’une certaine matière  est également formé pour enseigner une autre matière dans laquelle il n’a, à l’origine, pas de compétence. Il ne serait pas surprenant au fil du temps qu’un enseignent se retrouve à plein temps à enseigner deux matière à la fois : Vrai bricolage qui cache mal de mauvaises intentions et un manque de considération sans pareil : faire des économies sur le dos de ceux qui sont certainement trop heureux d’avoir un travail dans un pays supposé pauvre très endetté.

Un autre exemple probant : cette année le concours d’instituteur ordinaire a été suspendu pour celui d’instituteur adjoint car un instituteur ordinaire coûterait cher à l’État.  Deux instituteurs adjoints en effet valent en coût de formation et en salaire un instituteur ordinaire. Mais en réalité sur le terrain et dans les zones reculés du pays notamment, deux instituteurs adjoint formés en tant que tels feront pourtant deux instituteurs ordinaires  avec le salaire d’adjoints et la compétence d’adjoint : savant calcul de sorciers, surtout que ce poste d’instituteurs adjoints avait, à l’époque, été supprimé par le gouvernement sous prétexte que les candidats n’avaient pas le niveau. Ces derniers ont soudain le niveau en 2017 pour des raisons d’économie. A croire que la Côte d’Ivoire est dirigée par des économiseurs, peut-être des rats de la  gouvernance : grignoter ici et là sur le revenu de citoyens déjà éprouvés par la vie chère en augmentant par exemple le coût des factures d’électricité ou en créant des taxes fantaisistes, en augmentant le coût des concours si prisés d’accès à la fonction publique. Toute cette tragédie, pardon, stratégie de gouvernance afin de constituer le budget national (budget national ? mon œil ! plutôt un véritable butin du pouvoir), financer des projets, et surtout payer des dettes, notamment les primes de guerre des ex rebelles. Bonjour le cycle infernal de la pauvreté.

La grève des fonctionnaires n’en est que plus compréhensible, surtout qu’elle est elle, justifiée, et  que le gouvernement a décidé de se faire des sous sur le corps des fonctionnaires défunts qui malheureusement meurent avant d’atteindre l’âge de la retraite. La famille du défunt ne pourra en effet toucher la pension du défunt que lorsque celui-ci aura atteint les 60 ans de travail dans sa tombe, déjà que l’espérance de vie est très faible. Ainsi lorsqu’un fonctionnaire décède alors qu’il lui reste par exemple  15 ans de service, sa famille ne pourra profiter de ce qu’il a cotisé pour sa retraite que dans 15  ans lorsque l’âge de la retraite aura été atteint. Ses enfants devront se débrouiller ou attendre dans 15 ans pour continuer les cours : vrai cynisme doublé d’une véritable sorcellerie. Avec cela, on pense bêtement que les sorciers sont aux villages. Ils sont plus que jamais en ville, en costume cravate ou dans de chic tailleurs, circulant dans des cortèges de grosses cylindrés, et toute la journée soit dans leur demeure climatisée ou leur bureau climatisé, qui plus est aux frais de l’État. Celui qui grimpe dans le manguier n’a vraiment que faire avec ceux qui sont aux pieds du manguier et attendent les mangues. Les opposants d’hier ont vraiment la mémoire courte. D’ailleurs, quand l’on est obsédé par l’argent, de quoi d’autre peut-ont se souvenir ? Le drame, c’est le mutisme de la société dite civile. Normal, qui peut parler la bouche pleine, surtout lorsqu’il mange à la table du roi ?

Mais que les fonctionnaires, les chômeurs, les sans-emplois, les élèves et étudiants dont les frais d’inscription ne font que croitre au fil des ans ; en somme, que les Ivoiriens se tranquillisent ; jamais plus de soucis liés au coût élevés de la vie car la Côte d’Ivoire est un pays riche.  Et le gouvernement en donne plus que jamais la preuve avec l’accession, en un temps record et avec effets plus qu’immédiats, aux revendications  de 8000 à 8500 anciens rebelles reversés dans l’armée régulière dont chacun percevra 12 millions de francs CFA pour service rendu à …, à …, à …, aidez-moi s’il vous plaît.

Dans tous les cas le président Alassane Ouattara …, pardon l’État de Côte d’Ivoire déboursera des dizaines milliards de francs CFA pour honorer  ses engagements (Sic)  vis-à-vis des anciens insurgés, les soutiens d’alors du premier ministre Ouattara. Or donc la Côte d’Ivoire est un pays riche. Oui #OrdonclaCôtedIvoireestunpaysriche.


Femmes, vous avez le pouvoir ! (2)

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Femmes, vous avez le pouvoir. Les saintes écritures, notamment la Bible, dévoilent clairement le pouvoir de la femme à travers le décret de Dieu, depuis la genèse,  établissant justement le pouvoir de la femme sur les forces destructrices. Certains personnages bibliques, Esther, Judith, Ruth, et la Vierge Marie mettront en œuvre ce décret divin. Plus proche de nous dans le temps et dans l’histoire récente de l’humanité des femmes ont également montré le pouvoir de la femme.          

La femme a d’abord un pouvoir fondateur. Il s’agit en l’occurrence de la princesse du Yennenga du Burkina Faso dont la soif de liberté a été la source de la fondation du royaume Mossi. La légende se déroulerait entre le onzième et le quinzième siècle dans une région de l’actuel Ghana. Le père de cette princesse, le roi Nedega, refuse sa  main  à tous ses prétendants. Aucun d’eux, selon lui, n’était digne d’épouser sa belle et intrépide fille, dont il était si fier, alors que cette dernière brûlait de l’envie de se marier.

Face visiblement au refus de son père de la laisser quitter la cours familiale, par son mariage, la princesse prendra la fuite  sur un cheval.  Elle atteindra une région où elle rencontre un jeune homme Rialé qui lui offre l’hospitalité. Elle  partage la tente de celui-ci. Ce dernier  ne se rendra compte qu’il s’agit d’une  jeune femme qui plus est  très belle que le lendemain. Les deux jeunes gens s’unissent et il nait de cette union Ouédraogo. Rialé dira à la suite de cette naissance cette célèbre phrase qui est à la base du sens du peuple Mossi : « Je suis venu seul dans ce pays, maintenant j’ai une femme et j’aurai beaucoup d’hommes ».

Plus tard, après la naissance de son fils, Yennenga, nostalgique de son enfance à Gambaga, ressent le besoin de présenter son fils à sa famille. Elle décide de l’envoyer rencontrer les siens.

Lorsque le roi Nedega rencontre Ouedraogo son petit fils, il est pris d’une émotion intense. Il reconnait en lui le visage de sa fille qu’il n’a plus jamais revue. Le vieil homme est  tellement heureux qu’il organise en l’honneur de son petit fils de grandes festivités.

Sur son chemin de retour, Nedega fait accompagner son petit fils par une escorte de guerriers Dagomba. Il couvre Ouedraogo de présents et en rapporte à ses parents. Ces guerriers finiront par s’installer dans la région des Boussanés et c’est cette rencontre entre les Dagomba et les Boussanés qui donnera naissance au peuple Mossi.

En bambara, « beaucoup d’hommes » se traduit par « Morho-si » ou « Mogo-si » , Moro signifiant « homme » et Si « beaucoup ». Le village fut donc appelé Morosi  qui par déformation devient Mossi.

Sans le goût de liberté et l’intrépidité de la princesse du Yennenga, le royaume Mossi n’aurait certainement jamais vu le jour, d’où le pouvoir fondateur de la femme à travers celle-ci.

Ce pouvoir se retrouve également chez la reine Abla Pokou, fondatrice du royaume Baoulé, peuple de la Côte d’Ivoire. Chez cette reine, en plus du pouvoir fondateur, se retrouve également le pouvoir politique. Au 18em  siècle, Fuyant une guerre de successions dans le royaume Ashanti de l’actuel Ghana, la Princesse Abla Pokou, accompagnée de ses fidèles arrivent au bord du fleuve Comoé. Ce fleuve qui sépare l’actuelle Côte d’Ivoire et le Ghana est immense, effrayant et impossible à traverser  d’une façon ou d’une autre. Les hommes qui tenteront de le traverser à la nage seront emportés par le courant. Ce cours d’eau déchainé face à ces hommes en détresses ne serait pas simple.  Atteindre l’autre rive était synonyme de liberté pour Abla Pokou et ces hommes, femmes et enfants surtout que leurs poursuivants ne sont plus loin. Mais impossible de traverser le fleuve qui constitue un obstacle à la liberté. Consulté par le devin de la Princesse sur ce qu’il réclame pour les laisser passer, le génie du fleuve ne demande rien d’autre que ce que cette petite communauté a de plus cher. Il s’agit en l’occurrence du prince héritier, Kouakou, le fils unique de la princesse Abla Pokou. Sans hésiter et face à la dangereuse avancée de leurs poursuivants et la détresse qui se lit les visages de ses fidèles, la princesse prend son fils et le jette à l’eau en sacrifice . Automatiquement les eaux se calment et selon la légende des hippopotames se rangent dos à dos pour permettre aux fugitifs de traverser le fleuve. Ce qu’ils font  et atteignent l’autre rive.

Une fois la communauté en sécurité, la princesse est en pleure : « Ba ou li », dit-t-elle dans ses gémissements. Les autres se mettent aussitôt à pleurer avec leur princesse : « Ba ou li », ce qui veut dire en langue baoulé, « l’enfant est mort ». Cette Communauté sera dès lors baptisée Baoulé en référence au sacrifice de Pokou, qui est également  faite Reine par le peuple qu’elle a sauvé d’une extermination certaine grâce au sacrifice de son fils.

Par le sacrifice donc de son fils la princesse Abla Pokou donne non seulement naissance à un peuple, mais considéré comme leur messie, elle est également faite reine de ce peuple par ce peuple.

Il convient cependant d’apporter quelques éclairages : Abla Pokou n’est pas élevée au rang de messie parce qu’elle sacrifie son fils, sans quoi elle serait une infanticide,  mais plutôt parce qu’elle sauve son peuple. Pokou préfigure la femme africaine moderne pour qui la maternité peut être secondaire. Il n’en demeure pas moins que la femme, sans être rattaché à l’enfantement, y est attachée. La preuve Abla Pokou pleure son fils qui est le martyre dont le sacrifice assure la liberté au peuple. Pokou ne sacrifie donc pas son fils pour le pouvoir, mais pour le peuple selon la vision socialiste-réaliste accordant la priorité au collectif sur l’individu.

Ainsi avant même que le marxisme (choix du collectif pour l’individu) ne voit le jour au 19em siècle, une femme le pratiquait déjà quelque part en Afrique de l’ouest un siècle auparavant. Le sacrifice de son fils  fait de la reine Pokou un personnage politique hors pair car celle-ci sacrifie son intérêt personnel (son affection pour son fils) pour l’intérêt général, la survie du peuple.

Cette reine représente le politique modèle pour qui l’intérêt de la communauté doit prévaloir sur les intérêts personnels quels qu’ils soient. Et la capacité de la femme  à porter et à donner la vie pourrait être la cause de son sacrifice pour sa progéniture. A partir de l’exemple de la reine Pokou la femme devrait, je pense, davantage s’engager en politique. En raison de leur instinct maternel, les femmes  sont à même d’être plus sensibles aux souffrances des populations que les hommes animés de l’esprit de domination et toujours en quête de pouvoir. D’ailleurs, c’est le goût du pouvoir d’un vieil oncle qui déclenche la guerre de succession à la base de la fuite de la reine Abla Pokou et ses fidèles.

En plus du pouvoir fondateur et du pouvoir politique, la femme a aussi le pouvoir de  protestation. À ce sujet, l’on peut se référer des événements plus factuels. Il s’agit des différentes grèves du sexe menées par les femmes à travers le monde et qui ont atteints leur but.

  • 2002 : Grève du sexe au Liberia pour établir la paix

Lauréate du prix Nobel de la paix 2011, Leymah Gbowee lance en 2002 une grève du sexe pour obliger le régime de Charles Taylor (président du Liberia de 1997 à 2003) à associer les femmes, jusque-là écartées du processus de négociations, aux pourparlers de paix. Une pression à laquelle ne résiste pas Charles Taylor, ex-chef de guerre devenu président.

  • 2009 : Grève du sexe au Kenya pour forcer au dialogue

« Pas de réforme, pas de sexe ! », tel est le mot d’ordre du mouvement lancé, en mai 2008, au Kenya, par l’Organisation de développement des femmes, lasses de voir s’éterniser une crise politique entre le président, Mwai Kibaki, et le premier ministre, Raila Odinga. « Les grandes décisions sont prises sur l’oreiller, donc nous demandons aux deux dames (les épouses du premier ministre et du président) lorsqu’elles se retrouvent dans l’intimité avec leurs maris, de leur demander : ‘Mon chéri, peux-tu faire quelque chose pour le Kenya ?' », explique alors Patricia Nyaundi, avocate membre de l’organisation. Très structurées, les femmes kényanes proposent même un dédommagement aux prostituées afin qu’elles s’associent au mouvement et interdisent toute échappatoire aux mâles en manque. Pour la coalition d’ONG féminines, l’objectif de la grève est atteint : le président et le premier ministre, qui ne se parlaient pas depuis des mois, se rencontrent à plusieurs reprises.

  • 2011 : « Pas de route, pas de sexe » en Colombie

Face à la passivité des hommes, les femmes décident de faire la grève du sexe jusqu’à ce que les autorités s’engagent à construire une route pour désenclaver le petit village de Santa María del Puerto de Toledo de las Barbacoas, sur la côte Pacifique. Après trois mois de « jambes croisées », les pelleteuses débarquent dans le village.

En somme, Femmes, vous avez le pouvoir de sauver les vôtres, de préserver leur dignité, de jouer un plus grand rôle dans les questions de notre temps, de favoriser le développement, de fonder des communautés. Vous êtes des politiques hors pair en puissance en raison de votre instinct maternel. Par-dessus tout, et comme le réclame votre nature, vous avez le pouvoir de donner la Vie. Exercez-le donc, votre pouvoir, puisque femmes, vous avez le pouvoir !


Femmes, vous avez le pouvoir ! (I)

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Femmes ignorées, femmes spoliées, Femmes abusées, femmes exploitées, femmes violées, femmes battues, femmes esclaves sexuelles, telles sont des réalités révoltantes de femmes dans certaines sociétés. Et ces dernières tendent souvent à les y enfermer. Elles y arrivent quelques fois malheureusement avec le consentement de femmes elles-mêmes obligées d’accepter de subir et parfois complices de leur propre réification pour avoir de quoi survivre. Mais cette situation est certainement due au fait que ces femmes ne savent pas qu’elles ont un  pouvoir ; mieux qu’elles ont le pouvoir. Eh bien,  sachez-le, femmes, vous avez le pouvoir.

Dans la Bible déjà, le pouvoir de la femme est clairement affirmé depuis la création. C’est elle qui, selon le livre de la Genèse, succombe la première à la tentation, avant d’entraîner l’homme dans sa chute (genèse 3, 6). Il n’est pas louable que, selon la Bible, ce soit la femme qui ait chuté la première. Mais, le plus intéressant est le pouvoir de la femme sur l’homme qui, sans protester, mange comme le dit la Bible, du fruit de l’arbre que lui donne sa femme. La femme a donc dans un premier temps le pouvoir sur l’homme. Ce dernier le confirme par sa réponse à la question de Dieu (Genèse 3, 11-12) : « Aurais-tu mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? », l’homme dit : « La femme que tu as mise avec moi m’a donné du fruit de l’arbre et j’ai mangé ».

Dans un second temps, lors du Jugement après avoir mangé du fruit de l’arbre, la femme reçoit de Dieu le pouvoir sur le Serpent. Celui-ci « […] symbolise (entre autres) l’imagination vaniteuse qui s’insinue et empoisonne le psychisme » à l’image de la folie des grandeurs qui anime dans nos pays les chefs d’États dirigeants et autres autorités qui organisent des fêtes grandioses soit pour un anniversaire, un mariage, un baptême ou pour d’autres raisons fantaisistes, alors que les populations croulent dans la misère. Plus clairement, la femme qui  a le pouvoir financier ne l’utilisera pas pour  fanfaronner, réaliser des dépenses fantaisistes ou encore se trouver ‘‘un second bureau’’  alors que ses enfants meurent par exemple de faim. Ainsi est libellé l’autorité que reçoit la femme sur le Serpent : « Je mettrai la discorde entre toi (le Serpent) et la femme, entre ta race et sa race, elle t’écrasera la tête, et toi tu la blesseras au talon » (Génèse 3, 15). La genèse traduit clairement le pouvoir de la femme et de sa descendance sur le séducteur, le tentateur ou les forces susceptibles d’entrainer la perte de l’humanité, notamment l’irresponsabilité dont font par exemple preuve les polygames. La polygamie, à y voir de près, n’est que le symbole de la convoitise, de l’égoïsme, la tendance à la domination, en somme de la bassesse. Et la femme a justement obtenu autorité sur ces défauts depuis la genèse, même si elle est y également confrontée au quotidien. Dans ce cas, sa nature responsable, parce que c’est elle qui porte la vie et la donne, lui permet de prendre le dessus.

La femme a donc un pouvoir sur les forces supérieures négatives en plus de celui qu’elle avait sur l’homme à la chute. A ce niveau, il faut rappeler que Dieu inverse en quelque sorte les choses dans la sentence infligée à la femme. Celle-ci, après avoir montré son pouvoir sur l’homme,  sera désormais dominée par lui : « Tu ne pourras te passer d’un mari, et lui dominera sur toi. » (Genèse 3, 16).

Les hommes gouvernent, épousent, exercent leur autorité, certes, mais des femmes manifestent pourtant leur pouvoir, notamment tout au long de la Bible et durant l’histoire également.

Dans la Bible, nous avons tout d’abord la reine Esther. Cette femme d’une beauté exceptionnelle, réagit contre les menaces de massacre qui guettaient son peuple, le peuple juif. Elle fit preuve d’un pouvoir remarquable ; elle se montra très courageuse et très influente vis-à-vis du roi Assuérus pour éviter la mort à son peuple. A cet effet, elle fut très entreprenante. Grâce à son sacrifice (trois jours de jeûne sans manger, ni boire, ainsi que la mortification de son admirable corps) et l’organisation d’un festin et à son intervention, le roi épargne les Juifs. Il met plutôt à mort l’instigateur du projet de les massacrer. Cette femme fit ainsi preuve de patriotisme en sauvant, par son sacrifice, son courage, ses privations et son humiliation ainsi que son humilité, son peuple de l’extermination.

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Un deuxième personnage biblique, Judith, fait également preuve de ce patriotisme en mettant à mort par la ruse, le tout puissant général de l’armée de Nabukodonozor,  Holoferne qui menaçait son peuple d’extermination. Rappelons que l’armée que commandait ce dernier après avoir assujetti tous les peuples alentour, s’apprêtait à soumettre le peuple juif de Béthuli dont il assiégea la cité pendant quatre jours. Mais elle n’eut pas le temps de réaliser l’assaut final car Judith, la veuve, une Israélite, s’était entre-temps courageusement fait accepter  dans le camp des ennemis, particulièrement par ce général subjugué par sa beauté remarquable  et qui nourrissait le projet de coucher elle. Holoferne organisa un grand festin pour ses conseillers auquel il invita Judith afin  d’assouvir ses bas desseins. Mais, à cause de la grande beauté de Judith et son charme : «  Holoferne était si joyeux de sa présence qu’il but énormément de vin, beaucoup plus qu’il n’en avait jamais bu en un seul jour depuis sa naissance » (Judith12, 20).

Noyé dans son vin et laissé seul dans sa tente avec Judith qu’il convoitait, cette dernière, courageusement,  le décapita et regagna discrètement son peuple avec la tête de ce dernier. Le corps sans  vie et sans tête du tout puissant général sema le trouble parmi ses troupes, et celles-ci furent anéanties par les populations qu’elles étaient venues soumettre. Le plus merveilleux est que son butin de guerre, les mobiliers d’Holoferne, Judith l’offrit au temple pour qu’il bénéficie à tout le peuple. Comme quoi, le dévouement de la femme pour sa patrie ne comporte pas seulement le courage, mais aussi le désintérêt. Ce qui doit parler à nos dirigeants, autres chefs d’États et toute personne munie de la moindre autorité.

La femme est ainsi subtilement présentée comme celle sur qui repose sa patrie, et dans une vision plus large la vie.

Il ne peut en être autrement puisque c’est elle qui porte la vie et la donne en perpétuant le genre humain. Mais il faut relever que ces femmes ne purent réaliser ces exploits qu’après une savante préparation spirituelle. Esther jeûna 3 jours sans rien manger ni boire, « saisie d’une angoisse mortelle.  Elle avait enlevé ses vêtements de reine et revêtu des vêtements de misère et de deuil. Au lieu des riches parfums, elle s’était recouvert la tête de cendres et d’ordures. Elle humiliait sévèrement son corps : loin de le parer de bijoux, elle le couvrait de ses cheveux défaits » (Esther 14, 1-3). Elle pria aussi beaucoup.

Judith jeûna aussi, s’humilia en mortifiant également son corps. Elle  pria également beaucoup.

Ces attitudes et postures qui symbolisent la pureté et l’humilité et qui traduisent ce passage biblique qui dit : « celui qui s’élève sera abaissé et celui qui s’humilie sera élevé. » (Luc 14, 11 ; Mt 23, 12) ne pouvaient que préparer ces femmes aux succès, comme celui que connut Ruth la Moabite.

Ruth fut la femme d’un des fils de l’Israélite Noémie immigrée dans le pays de Moab.  A la mort des fils de Noémie, Ruth qui avait pourtant la possibilité de se remarier dans son pays, comme le lui avait d’ailleurs demandé sa belle-mère décide pourtant de suivre cette dernière qui rentrait chez elle.  Ruth s’occupa de sa belle-mère. L’amour de cette jeune femme pour celle-ci voudra qu’on dise d’elle qu’elle vaut pour Noémie mieux que 7 fils. Autrement dit, Ruth a pour  sa belle-mère une valeur inestimable, car elle donna à cette dernière un petit fils selon la loi du lévirat, petit fils qu’aucun des fils  de Noémie  ne lui avait donné. Ruth fit ainsi la fierté de Noémie là où ses fils morts avant de pouvoir lui donner un petit fils, avaient échoué. Grâce à elle, la lignée de Noémie ne disparaîtra pas, et Ruth l’étrangère, la Moabite, sera même l’aïeul du Christ.

Il faut également relever que cette jeune femme, sans recourir à quelque artifice, put s’unir avec l’homme qu’elle avait choisi, Booz. Elle marqua ainsi son pouvoir de décision, non pas en s’imposant, mais en faisant surtout preuve d’humilité.  Elle affirma à Booz sa volonté d’être sa femme, selon la loi traditionnelle du lévirat. Et lui ne put qu’accéder à sa demande, en raison de ce qu’il entendait dire de bien de cette femme, et n’eut qu’à s’atteler pour qu’elle soit son épouse.

Ces femmes eurent le pouvoir soit de protéger leur patrie de l’extermination ou de la soumission soit de préserver la dignité  grâce à leur charme, leur fidélité, leur dévotion et l’amour pour leur prochain. Ces caractères, seules les femmes peuvent plus les manifester, raison pour laquelle l’homme plus vulnérable à l’infidélité, animé de l’esprit de domination, fier et orgueilleux par-dessus le marché, a un moindre pouvoir par rapport à la femme.

A ce propos, à la création, la femme a certes chuté en mangeant du fruit de l’arbre et en en donnant à l’homme, mais c’est ce dernier qui a beaucoup plus fauté. Rappelons-nous que selon la Bible  Dieu créa la femme à partir de la côte de l’homme : « Yahvé Dieu fit alors tomber sur l’homme un profond sommeil pour qu’il s’endorme, il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place.  Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, Yahvé Dieu fit une femme … » (Genèse 2, 21-22). Bien que crée par Dieu, la femme était avant tout tirée de l’homme selon le texte biblique. L’homme était donc plus responsable vis-à-vis de Dieu que la femme. C’est lui donc qui avait  plus de comptes à rendre à Dieu que la femme. Malheureusement, il désobéit  au créateur et mange du fruit de l’arbre que lui donne sa femme. Par cette attitude il se montre en quelque sorte infidèle à Dieu, son créateur, en ignorant l’interdit de celui-ci de manger du fruit de cet arbre.

Ce qui nous emmène à évoquer le personnage biblique encore plus vaillant qu’Esther et Judith. Il s’agit de Marie, plus précisément de la Vierge Marie, dont la Virginité symbolise la pureté de cœur, d’âmes, d’esprit et de corps, en somme l’humilité. Rappelons-nous, à la création, la femme fut tirée de l’homme, et le projet divin de faire vivre l’Homme dans un paradis éternel échoua  avec la consommation d’abord par la femme, rappelons-le tirée de l’homme, du fruit interdit. L’homme en mangera ensuite. En somme, la présence de l’homme en amont du projet divin ne garantit pas le succès de celui-ci.

En revanche la présence de la femme au début de l’entreprise de Dieu apporta le succès. Je fais en l’occurrence allusion à la Vierge Marie qui mit au monde celui  que les saintes écritures présentent comme le sauveur de l’humanité, Jésus. Ce dernier naquit, exerça avec loyauté son ministère, souffrit docilement, comme un agneau, sa passion pour l’humanité, fut mis à mort, mais fut ressuscité   d’entre les morts, selon les évangiles. En résumé, Jésus, obéissant, fidèle à Dieu revient à la vie après avoir connu la mort, alors qu’Adam et Ève désobéissant et infidèles sont morts pour toujours.

La saison 2, pourrait-on dire, du  projet divin pour l’humanité dans le nouveau testament fut un succès, par le pouvoir d’une femme, d’une vierge plus précisément. Cet état symbolise son infaillibilité, infaillibilité qui fut un atout pour celui à qui elle donna la vie car celui-ci réalisa sa mission en tout sans faillir.  A cet effet rappelons-nous la sentence infligée au Serpent : « Je mettrai la discorde entre toi et la femme, entre ta race et sa race, elle te blessera à la tête, et toi tu la blesseras au talon ».

La femme, à travers la Vierge Marie a non seulement écrasé la tête du serpent en se conservant pure, mais son fils, Jésus, également, de même race qu’elle, c’est-à-dire ayant les mêmes caractères que sa mère, l’emporta  aussi sur le serpent et tout ce qu’il symbolise par son sacrifice, sans protester, pour l’humanité et sa résurrection d’entre les morts, selon la Bible.

Bref, l’homme, infidèle, au commencement du projet divin à la création, celui-ci échoua ; mais la femme, fidèle, en amont, en portant Jésus, l’entreprise de Dieu fut un succès. La femme porte donc en elle le pouvoir de la réussite en raison de sa fidélité ou son humilité.

Ce n’est pas pour autant que la femme surpasse l’homme ou que femme et homme sont opposés, au contraire, ils sont des partenaires sociaux pour le bonheur de l’humanité, comme dans le système matriarcal où l’homme est le géniteur, le  protecteur et le défenseur de la famille  (A cet effet rappelons-nous le rôle protecteur de Joseph pour la Vierge Marie et son fils Jésus dans la bible) ; et la femme est y celle qui transmet l’héritage et les droits politiques, et peut même comme l’homme accéder au pouvoir si l’héritière par exemple du trône est un femme.

Il n’en demeure pas moins que la femme a un atout majeur en raison encore une fois encore de sa capacité à donner la vie et son attachement à celle-ci à cause de sa grande sensibilité et des sacrifices qu’elle peut réaliser pour préserver le fruit de son sein. D’où le pouvoir de la femme. Ce que comprit d’ailleurs Aragon qui dit « La femme est l’avenir de l’Homme » ou encore Napoléon : « Donnez-moi une femme, je vous donnerai une patrie », Rialé également l’époux de la Princesse du Yennenga : « Je suis venu seul dans ce pays, maintenant j’ai une femme et j’aurai beaucoup d’hommes ».

Dans l’histoire, des femmes ont également manifesté leur pouvoir exceptionnel.

À suivre                      


Noir, mais fier d’être Moi !

 

Rama Yade en compagnie d'une athlète française de flirck.com CC
Rama Yade en compagnie des athlètes françaises de flirck.com CC

Je suis Noir,
Mais je suis fier d’être Moi
Fier avec mes qualités et mes défauts
Surtout mes défauts,
N’en déplaise à Robert Mugabe et ses disciples
Pour qui l’Occident est la cause
De tous les malheurs de l’Afrique.

Je suis fier d’avoir de la compassion
Pour un homosexuel
Qui ne fait que vivre sa vie,
Plutôt que d’offrir mon affection
À un politique qui, à cause de son avidité,
Des hommes sont arrachés à la vie.

Je suis fier de mon intelligence
Qui ne féconde pas le monde, certes.
Heureusement, je ne suis pas doté de ce génie
Qui, loin de faire évoluer l’Afrique,
La tire sans cesse vers le bas.

Je suis fier de ne pas élever
Des barrières autour de mon cœur
Lorsqu’Ebola sème pleur et peur
Au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée
Et quand mes semblables sont engloutis
Par la Méditerranée.

Pharaons, Soundjata, Samory Touré,
Houphouët-Boigny, Mugabe, etc.
Soyez fiers
Que je vive pleinement mon présent,
Que je sois tourné vers l’avenir.

Je suis Noir,
Mais je suis fier
D’être Moi !


Petit lexique ivoirien (2)

Dans l’article ‘‘ petit lexique ivoirien’’, nous vous avons fait découvrir un peu le parler français ivoirien : le nouchi. Dans cet article-ci nous vous proposons simplement d’approfondir vos connaissances dans ce langage propre à la Côte d’Ivoire.

Avant de commencer, je vous demande : « C’est comment ? » Cette petite interrogation fait office de salutation. Elle peut être utilisée à tout moment de la journée. En même temps, c’est un moyen de prendre de vos nouvelles. Ainsi vous pouvez répondre : « C’est mou » quand ça ne va pas en général, ou : « C’est feuh » ou encore « c’est pôtchôh » quand vous avez des soucis d’argent. Vous pouvez aussi répondre : « Voilà moi » juste pour laisser votre interlocuteur se faire une idée de votre situation en vous voyant.

Mais, généralement, on répond « voilà moi ! » pour ne pas donner l’impression d’être résigné quand ça ne va pas, ou par humilité quand sa situation est quand même enviable. On peut également répondre : ya fohi !, ou ya likéfi !, juste pour dire que tout va bien. Littéralement, c’est deux expressions, inspirées du Dioula et du Baoulé (ethnies de Côte d’voire) veulent dire : ya rien ! Comme pour dire : « Tout est OK ! » autrement dit : « Ça va ! ».

Dans le domaine familial

Le komo, c’est le père de famille ; son féminin la komote, est la mère ; quant à la grande sœur ou au grand frère on les appelle, le/la kôrô. C’est un terme malinké qui veut dire « grand ». Le petit frère se dit simplement petit comme dans  mon petit pour dire affectueusement « mon petit frère » ; quelques fois aussi, on dit mon petit à une personne dans une dispute pour montrer qu’on est plus âgé ; Petite sœur se dit péi sère. Généralement toutes les filles dont on est plus âgés sont nos péi sères.

Mais à côté des parents officiels ou avec qui on a un lien de sang, il y a les membres de la grande famille du quartier ou les connaissances pour qui on a de l’affection, de l’admiration ou du respect, ou encore de qui on reçoit quelques fois des conseils, ou même qui nous dépanne de temps en temps. C’est ainsi qu’il y a au quartier les vieux pères : les grands frères ou les tontons du quartier ; les vieilles mères : les grandes sœurs ou les tanties du quartier ;  les bons petits : les cadets très respectueux et serviables ;  les bonnes petites : les cadettes respectueuses et serviables.

Mais généralement les bons petits et les bonnes petites sont au courant des affaires les plus intimes de leurs vieux pères ou leurs vieilles mères. Ils sont en effet très souvent des intermédiaires entre ces aîné (e) s et un homme ou une femme que ceux-ci courtisent ou avec qui ils entretiennent une relation amoureuse discrète.

Dans le domaine des relations amoureuses

La petite amie se dit en nouchi : la go ou la gomi ou encore le way ; le petit ami : le gars.

Pour parler de leur partenaire quand la relation qu’elles entretiennent paraît sérieuse, certaines personnes préfèrent dire mon mousso pour les femmes et mon môgô pour les hommes.

Ainsi une femme dira mon môgô, pour mon compagnon, et un homme, mon mousso, pour ma compagne. Ce sont des termes du Malinké.

A côté des ces mots, nous avons également une gnanhi qui renvoie à une couga ; un petit pompier qui désigne ce jeune homme qui sort avec une gnanhi, cette femme qui pourrait avoir l’âge de sa mère ou une femme simplement beaucoup plus âgée que lui.

Il y a aussi les V.I., abréviation de : Vendeurs d’Illusions. Ce sont des hommes qui mentent aux filles à leur sujet, ou font miroiter des choses à celles-ci pour avoir leur faveur.

Soit dit en passant, d’autres termes désignent simplement un menteur. Ce sont grabatteur et donneur. Ainsi les verbes grabatter et donner veulent dire mentir. « Un menteur est un voleur », dit-on communément. Et bien, le voleur en nouchi est appelé un frappeur. C’est généralement un petit larcin ou des enfants qui volent de l’argent en famille. Ainsi un frappeur peut avoir des frappes. Mais avoir des frappes dans un nouchi plus moderne désigne un mythomane. Les frappes sont de gros mensonges.

Ainsi donc Frapper, c’est voler, comme le verbe monmon. Mais en plus de désigner des vols plus graves, monmon est plus d’un ancien nouchi. Remarquons tout de même que ce terme est composé de deux fois du déterminant possessifs mon, comme pour dire que monmon, c’est, à l’image voler, prendre le bien d’autrui comme sa propriété. De monmon vient les mots monmonli et monmonseurs. Le premier veut dire : vol ; et le second : voleur

Pour revenir à la relation homme-femme, tomber amoureux de quelqu’un en langage nouchi se dit être fan ou être enjaillé de cette personne. Mais être enjaillé veut aussi dire : enchanté ou content de faire votre connaissance. Ainsi lorsque vous entendrez vous dire « je suis enjaillé » par quelqu’un à qui vous venez d’être présenté, entendez par là : enchantée, heureux de faire votre connaissance ou encore tout le plaisir est pour moi.

Mais le « Je suis enjaillé » exprime plus de l’admiration pour la personne à qui on vient d’être présenté. A côté de cette expression, il y a le mot « enjaillement ». Il veut dire plaisir, joie, bonheur, etc. Ainsi l’expression nouchi bôrô d’enjaillement (littéralement sac de joie) est un souhait de joie, de bonheur, de plaisir, etc. S’enjailler : s’amuser, prendre du plaisir ; être enjaillé de quelque chose : aimer cette chose. Ainsi quand je dis : « ça m’enjaille », je veux simplement dire : «  ça me plaît ».

Ce mois ayant débuté par la fête du travail, nous vous donnons quelques mots du langage nouchi relatifs au travail. Mais faisons une petite précision avant de poursuivre : Il y a travailler, terme français qui veut dire exercer une profession et travailler sur, expression nouchi qui a pour sens : déverser des billets de banque sur les gens, juste pour sa propre notoriété.

Cette expression est née dans les années 2000 avec le couper-décaler ivoirien. Doug Saga, par exemple, travaillait sur le public lorsqu’il était en prestation. On pourrait aussi dire que : le président Alassane Ouattara a travaillé sur les éléphants après leur victoire à la coupe d’Afrique des nations. Mais les monmonseurs de la République ont monmon leur jeton (prime de match). Ils pensaient certainement que, parce que les éléphants ont déjà gbringbrin (l’argent), leur monmonli allait rester gbanzan (sans suite). Mais, ils ont pris drap. (Prendre drap = en avoir pour son compte). Leur Hobahoba (grande gueule) là ne les a pas soutra (aider).

Pour vous faire pratiquer seul le nouchi, je vous propose de traduire vous-même cette dernière phrase qui résume l’actualité au sujet de la prime des éléphants dont une partie a été détournée.

Ceci dit, revenons-en au travail officiel. Ainsi travailler, c’est bara en nouchi. C’est aussi grigra. Le travail, c’est le grigali ; le travailleur : le grigrasseur, ou le grouilleur. Tous ces termes sont relatifs à un travail dur dont les gains ne sont pas évidents. Le terme chercher désigne aussi travailler durement, voir dans l’incertitude. Un cherchère désigne ce travailleur là. Ainsi, il y a une différence à faire entre le « chercheur » et le cherchère. En effet, le chercheur, s’il a trouvé ou pas, a ses fins de mois garanties, alors que le cherchère, lui, a plutôt intérêt à se retrouver au jour le jour, sinon il va prendre drap (il risque d’en pâtir).

Lorsque le cherchère vaque à ses occupations, on dit qu’il va dans ses cherchements, ou encore il se cherche. Mais se chercher, dans un autre contexte, veut dire prendre ses jambes à son coup, s’enfuir. Dans ce contexte se chercher à un grand nombre de synonymes. Ce sont : fraya, pan, dizap, gagner en temps, ou encore rentrer en brousse. Mais rentrer en brousse signifie aussi disparaître de la circulation soit pour se cacher des autres, de ceux qu’on aurait par exemple grugé ou pour chercher à améliorer sa condition.

Ainsi pour coller à l’actualité, on dira par exemple : après que le coup d’État au Burundi ait zahé (échoué), le chef des mutins est rentré en brousse, ou encore ce dernier a gagné en temps après l’échec du coup d’État.

Rentrer en Brousse peut aussi vouloir dire faire un hors sujet, se tromper dans ses jugements ou encore échouer.

Quelques expressions nouchis

… n’est pas … comme dans l’expression enjaillement n’est pas enjaillement qui veut dire que le plaisir est extrême. Ou encore beauté n’est pas beauté : une extrême beauté ; dans un nouchi pur, cette expression sera kpata n’est pas kpata  ; ou même gnanli n’est pas gnanli : extrême laideur (littéralement : laideur n’est pas laideur).

Tchokotchoko : d’une façon ou d’une autre, comme dans cette phrase, parole de la chanson d’un artiste togolais ayant grandi en Côte d’Ivoire : Tchokotchoko, ça va aller, ça va aller !

Ya pas l’homme (pour quelqu’un) : cette personnes n’a pas d’égal, elle est la meilleure. Cette expression a une histoire. Elle a été créée par l’artiste ivoirien DJ Arafat qui a l’habitude de dire : « ya pas l’homme (pour moi) », en clair : « Je suis le meilleur »

Chauffer le rognon de quelqu’un : taper sur les nerfs. Exemple : A cause de leur manie de s’accrocher au pouvoir, Certains présidents africains chauffent mon rognon, mais ils vont prendre drap.

Un dès que dès que ou kaba-kaba : séance tenante, vite : Après avoir été déclaré vainqueur des élections en 2010 par le président du conseil constitutionnel, Laurent Gbagbo s’est empressé de prêter serment : il a fait un dès que dès que ; ou encore il a fait kaba-kaba

Dinmain-dinmain : jouer des mains et des pieds, se débrouiller. Par exemple : les grigrasseurs dinmain-dinmain pour avoir à manger.

Se têter : se parler en aparté, avoir un tête-à-tête, se concerter. Mais têter peut aussi vouloir dire donner un coup de tête comme dans l’expression : têter quelqu’un. Exemple : les sommets de L’Union Africaine sont une occasion pour les chefs d’Etat de se têter.

C’est pas affaire : c’est désespéré, c’est un casse-tête. Exemple : Pierre N’kurunziza, renoncer à son 3e mandat ? C’est pas affaire.

Désciencer : décourager, décevoir : Alors qu’ils sont sur le point de se battre, Mamadou lance des kiailles (cris) pour désciencer Ali.

Le jour de son jour : son heure. Cette expression a été créée par l’artiste ivoirien docteur Vis-à-vis, plus connu sous le nom de Mrêklé et très remarquable à cause de son grand âge. Il serait, selon lui, centenaire. Il a un adage très célèbre en Côte d’Ivoire duquel est tirée cette expression : « Personne ne connaît le jour de son jour ».

Nous espérons que vous avez pris du plaisir à connaître davantage le nouchi et à vous y exercer. Rendez-vous pour  mon prochain billet sur le sujet. Vous y aurez à nouveau l’occasion d’approfondir vos connaissances du parler français ivoirien. Bien de choses à vous !


Petit lexique ivoirien

 

Dictionnaire de Moreri de commons.wikimedia.org
Dictionnaire de Moreri de commons.wikimedia.org

La Côte d’Ivoire est un pays francophone. Mais toute personne parlant le français qui y met pour la première fois les pieds est tout de suite déroutée par le parler français ivoirien. A travers ce billet, nous vous proposons de faire un peu connaissance avec ce parler, communément appelé : le nouchi.

Le nouchi est le langage populaire ivoirien. Il est d’une grande richesse. Il comprend des proverbes, de simples expressions et une multitude de mots. Tous sont inspirés des ethnies locales, du français et des langues étrangères, notamment l’anglais.

D’abord les proverbes :

  • – « Premier gaou n’est pas gaou, c’est deuxième gaou qui est gnata », Ce proverbe a été rendu célèbre par le groupe Magics system dans son tube planétaire « premier gaou ». Il veut dire qu’une première erreur est excusable, quelle qu’en soit l’ampleur, mais persister dans l’erreur, c’est se montrer idiot.
  • – « Dindinman n’a pas luck » : la chance sourit aux audacieux.
  • – « Gbè est mieux que dra » : littéralement : la vérité, quelles qu’en soient les conséquences, est mieux que la honte.
  • – « Au commencement du film, chef bandit est toujours djaouli » : au commencement du film, le chef bandit est très entreprenant.

Le sens de ce proverbe nouchi est que l’on ne doit pas se laisser désemparer par un début difficile, car c’est la suite des événements qui compte. En effet, à la fin du film, le héros prend toujours le dessus sur les truands. Simplement pour nous faire comprendre qu’avec le temps, l’on arrive à se sortir des difficultés, ou à prendre le dessus sur les personnes qui nous voudraient du mal. Ces dernières sont symbolisées dans le proverbe par les truands, ou « le chef bandit ». Ainsi, quel que soit le problème, l’on doit garder son calme, rester confiant et éviter de commettre l’irréparable, se suicider par exemple.

Ce proverbe s’apparente à un autre : « C’est l’homme qui a peur, sinon y a rien ». En clair, l’on est victime de ses propres angoisses. Il faut donc toujours oser.

  • « Cabri mort n’a pas peur de couteau »  : une personne qui se trouve dos au mur, ou qui n’a plus rien à perdre, n’a pas froid aux yeux. Il faut donc éviter de pousser les gens à bout. Sinon, cela pourrait nous être préjudiciable.
  • – « C’est quelqu’un qu’on ne connaît pas qu’on appelle Eh » : Une personne avertie en vaut deux.
  • – « Gros cœur mange pas su riz chaud » : La colère est une mauvaise conseillère.

Ensuite le décompte de l’argent :

C’est l’un des aspects les plus remarquables du nouchi, car il fait appel à l’intelligence de l’interlocuteur. Le contexte d’emploi contribue énormément au décryptage de ce qui est dit.

Ainsi togo en langage nouchi correspond à 100 ou 100 000 F CFA. Togo correspondra à l’une ou l’autre somme d’argent selon le contexte ou la valeur de ce dont on parle. Par exemple, 100 F CFA peut se rapporter à une tasse de café, alors qu’une télévision ou un téléphone portable ne sera jamais à 100 F, mais plutôt à 100 000 F. Mais de nos jours, on utilise plus : « plomb » pour désigner 100 F CFA à cause de la couleur de cette pièce d’argent.

La somme de 2 togos correspond à 200 ou 200 000 F, et ainsi de suite jusqu’à 9 togos = 900 ou 900 000 F. Attention ! 500 F se dit gbèsse depuis l’apparition dans les années 2000 de la pièce de 500 F. Cette appellation est une onomatopée. Elle reproduit tant bien que mal le bruit que fait cette pièce d’argent en tombant au sol.

Attention ! 1000 F CFA se dit : « barre », et non 10 togos. Cela, en raison d’une appellation moderne. Celle-ci est plus utilisée que la traditionnelle « krikat» ; 2 000 francs peut se dire 2 barres. Mais l’on préfère utiliser l’appellation traditionnelle pour désigner les multiples de 1000, de 2 000 à 999 000. Ainsi 2 000 F se dit 2 krikats, 3 000 F 3 krikats, ainsi de suite. Mais 5 000 F se dit plus : « gbonh » de nos jours et 10 000 F se dit simplement 10 ou 10 krikats.

En raison d’une appellation moderne, 1500 francs se dit barre fixe. On peut aussi dire krikat cinq. Mais, c’est dépassé. Barre fixe désigne aussi par abus de langage 15 000, 150 000, ou encore 1 500 000 F. Il revient à l’interlocuteur de faire la différence, selon le contexte, entre les barres fixes.

Fixe désigne 500F dans une somme d’argent. Par exemple 2 500 F se dira 2 barres fixes ; 3 500 = 3 barres fixes, etc. Mais selon un langage codé, notamment lors d’un marchandage, l’on préfère dire simplement 250 pour 2 500 F et 350 pour 3 500 F, etc.

Pour ce qui est de la petite monnaie, 5 francs se dit : « moro » comme dans l’expression « al moro », qui veut dire « le moindre centime » ; 25 F se dit : « grosse » à cause de la forme de la pièce de 25 F qui est large et épaisse. 50 F = 2 grosses ; Attention ! 75 F = Sogban (une déformation de soixante-quinze) ; 125 F = togo grôs(se) ; 150 F = togo cinquante, 250 F = 2 togos cinquante, etc. Mais 550 francs ne se dit pas gbèsse cinquante, mais  plutôt 5 togos cinquante.

Ainsi 3 550 F se dira en nouchi : 3 krikats 5 togos cinquante ; 500 000 F = 5 togos ou 500 krikats ; 1 750 F se dira krikat 7 togos cinquante. Mais, par économie de langage, et quand on n’a pas besoin de coder, on préfère utiliser la formule la moins longue. Dans cet exemple, on pourrait dire simplement 1750.

Outre l’argent, il y a aussi des mots chargés d’histoire :

Nous avons par exemple gbagboter. Ce verbe qui a pour racine de nom de l’ex-président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, veut dire marcher sur de longue distance. Il a ce sens en référence aux nombreuses marches de protestation que cet homme politique ivoirien organisait à l’époque où il était opposant.

Il y a aussi le gbagbo : ce terme désigne une petite serviette dont on se sert pour s’éponger de temps en temps le visage. A l’époque où il était opposant, lors des meetings notamment, Laurent Gbagbo avait constamment une serviette au cou pour s’essuyer le visage, d’où le baptême de la serviette avec son nom.

Ensuite Gbaer qui veut à la fois dire, selon le contexte, parler éloquemment et sécher les cours.

Gbaeur est un beau parleur, un grand orateur. Il désigne aussi un bonimenteur comme on en rencontre aux gares de bus et dans les cars de transport.

Blissi, ou banane plantain braisée au charbon de bois. Son coût varie entre 50 et 100 FCFA. Blissi vient du nom d’un célèbre artiste ivoirien qui a été surpris en train de s’offrir cette sorte de fast-food ivoirien généralement prisée par les personnes au revenu modeste. Dans l’imaginaire de l’Ivoirien, l’artiste gagne suffisamment bien sa vie pour se nourrir de bananes braisées. Blissi est donc née de la volonté de moquer cet artiste, et pour faire comprendre que les personnes mangent de la banane braisée parce qu’elles ne roulent pas sur l’or.

Le kouadio : c’est la bourse des étudiants. C’est à l’origine le nom de l’agent du Trésor chargé de payer la bourse des étudiants sur le campus. Et depuis des dizaines d’années, les étudiants ivoiriens utilisent ce terme pour parler de leur bourse.

Comme on le voit, le langage nouchi, à l’image des langues du monde entier, vit. S’inspirant du quotidien des populations habitant sur le sol ivoirien, il évolue constamment. Au moment où je publie ce billet, des nouveaux mots sont créés quand d’autres deviennent désuets. Les mots nouchi qui arrivent à résister au temps sont ceux qui sont chargés d’histoire et décrivent mieux les réalités ivoiriennes.