N'Guessan Jean Christ Koffi

Il y a ministre et ministre (1)

Nelson Mandela CC Flickr.com

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de visiter le mystère du ministère ou du service. Le ministre est une personne qui se met au service des autres. Exerçant un service public, le président de la République, comme le simple ministre (évidemment) ou toute autre autorité sont tous des ministres. Normalement motivé par des charges et des obligations, le ministre a pourtant tendance à réaliser le contraire de ses fonctions.

On le dit en l’ignorant certainement, le terme ministre vient du latin minister qui veut dire serviteur.

Ça, c’est dans le dictionnaire car dans la réalité  le ministre  semble être : le khalife plus que le khalife ; bien qu’être l’un ou l’autre n’est pas louable, il est à la fois Ali Baba et les 40 voleurs ;  zélé plus que le mot lui-même, il est en même temps les gardes du corps et le corps à garder. En somme, c’est Dieu sur la terre… Des dieux sur  terre, il y en a pourtant de vrais. Pas besoin d’incantations (ces interminables discours démagogiques), d’actions d’éclats (ces lois qu’on ne peut raisonnablement assumer mais qu’on se presse de prendre juste pour se faire voir), ou pire, pas non plus besoin de bouleversements forcés ou violents (en l’occurrence les opérations de déguerpissements impulsives, ou l’usage de la matraque sous prétexte d’émergence ) pour reconnaître ces vrais serviteurs.

Ces dieux  sur  terre, ou ces serviteurs des Hommes, parce que c’est d’eux qu’il s’agit,  sont simplement reconnaissables par la simplicité, voire la douceur, de leur présence. Et la Bible, notamment le premier livre des Rois dans l’ancien testament nous en donne un exemple remarquable à plus d’un titre à travers la rencontre entre Yahvé et Élie pendant que celui-ci se trouvait en difficulté dans le désert, fuyant les menaces de mort de Jézabel après qu’il ait massacré les faux prophètes, ceux de Baal.

 Yahvé répondit : “Sors et tiens-toi dans la montagne devant Yahvé.” Et voici que Yahvé passe. Un vent fort et violent passe en avant de Yahvé, il déchire les montagnes et fend les rochers, mais Yahvé n’est pas dans le vent. Après le vent, un tremblement de terre, mais Yahvé n’est pas dans le tremblement de terre.  Après le tremblement de terre, un feu, mais Yahvé n’est pas dans le feu. Après le feu, ce fut le murmure d’un souffle léger. Lorsque Élie l’entendit, il se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la grotte. Alors une voix se fit entendre : “Que fais-tu ici, Élie ?” » (1Rois, 19, 11-13)

Remarquons que Yahvé, Dieu, que les croyants assimilent au don, ou au service, par excellence n’est pas présent dans le vent fort et violent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. Ces trois éléments (ouragan, tremblement de terre et feu) symbolisent la violence, l’orgueil, la colère, les prétentions… La désolation et les peines que ces derniers infligent aux Hommes décrivent parfaitement les conséquences de leurs actions sur ceux-ci.

Pour les faux ministres, c’est à  dire ces serviteurs de l’État (même les présidents de République) qui sont animés par la violence, l’orgueil, la colère, les prétentions et les comportements similaires, seul compte, comme ouragan, tremblement de terre et feu,  l’exercice de leur autorité. Leur égo est au centre de leurs préoccupations. À cet effet, les « services » des faux ministres  annoncent des échecs patents, ne mènent à rien ou tout au plus à un perpétuel recommencement.  Par exemple :

  • au Burkina Faso, l’arrivée violente (par coup d’État et assassinat) au pouvoir de Blaise Compaoré en 1987 a débouché 28 ans plus tard sur un soulèvement populaire pendant lequel des infrastructures construites pendant son règne ont été détruites ;
  • tous les régimes qui se sont succédé en Côte d’Ivoire après le décès de Félix Houphouët-Boigny en 1993 l’ont tous été d’une façon ou d’une autre dans la violence si bien que leurs pouvoirs ont plutôt contribué à accroitre la pauvreté et rendre ainsi la vie plus dure. En 1993 déjà, une bataille constitutionnelle s’engage entre Konan Bédié (président de l’assemblée nationale) et Alassane Ouattara  (Premier ministre). Le premier (héritier constitutionnel) l’emporte naturellement et devient chef de l’État ; en 1999 le général Robert Guéï accède au pouvoir par coup d’État ; Laurent Gbagbo lui succède l’année suivant dans des conditions désastreuses. Ce dernier laissera le pouvoir à Alassane Ouattara en 2011 après une guerre.

Ces serviteurs de l’État, et les autres  à travers eux,  n’échouent pas sciemment, mais leur accession violente à la tête des pays les conditionne à exercer leur pouvoir de la même façon de sorte que pour se maintenir au pouvoir l’option sécuritaire prime sur tout programme de développement. Ce qui, à court terme, débouche comme en Côte d’Ivoire sur des répressions à n’en point finir et une alternance violente au pouvoir. À long terme, cette situation conduit,  notamment au Burkina Faso, au despotisme, à un soulèvement populaire, des chasses aux sorcières, des velléités de coup d’État, en sommes à des situations qui n’ont rien à avoir avec le développement.


Au Faso

drapeau du Burkina Faso de flickr.com
drapeau du Burkina Faso de flickr.com

Avec la chute du Compaoré du pouvoir et l’arrivée de  Roch Marc Christian Kaboré, le Burkina Faso a entamé une nouvelle page de son évolution. Ce moment crucial de la vie de ce voisin à la Côte d’Ivoire m’a inspiré cette poésie juste pour encourager des frères et sœurs non seulement dans leur marche vers le développement, mais aussi  pour les féliciter pour leur courage.

Au Faso,
Une page s’est fermée
Une autre s’est ouverte,
Finie l’ère Campaoré.
Vive Kaboré !
Vive Kaboré ?
Certainement, mais, VIVE surtout, toi, Burkina Faso !

Tant de pluies
Ne t’ont pas autant fertilisé
Que le sang Kara versé sur ta terre
Tant d’engrais
N’ont pas autant nourri ton sol
Que la sueur de tes filles et fils
Tu es pauvre de pétrole, encore plus de café, de cacao, de forêts tropicales,
Mais tu es riche de ton intégrité
Que l’harmattan de la dictature n’a pu assécher
Tu es riche de tes bras d’hommes et de femmes
Que le vent sec du sahel n’a pu flétrir.
Tu es riche de tes cœurs
Que la barbarie, l’avidité et la violence n’ont pu faire reculer
Tu es riche de cette justice qui, désormais, bat dans ta poitrine
Coule dans tes veines, nourrit tes organes, te pousse à rêver,
Et que tu crois, soignera tes plaies.
Certainement, si elle n’est pas
Un couteau qui servira à remuer dans ces plaies
Pour te donner une gangrène qui mettra en danger ton existence ;
Certainement, si elle ne sert pas à
Une chasse aux sorcières
Qui fera également de toi un éternel sorcier condamné à la potence du perpétuel recommencement avec son corollaire de génération sacrifiées sur l’autel de vanité, avidité, égoïsme, convoitise, gloutonnerie …
Ne commets pas l’horrible expérience d’abuser la justice.
Sinon, de votre union naîtra ce boulet qui, loin de faire ta fierté,
Sera pour toi une honte,
Te maintiendra dans l’abime du sous-développement
Tout en te donnant l’illusion d’être distingué dans l’enfer-mement où tu te trouveras.
Cajole la justice, aime la, adore la, fais lui l’amour, fonds-toi en elle
Deviens par elle cette étoile
Qui, par sa lumière, guidera tous ces peuples africains
En quête de liberté et d’évolution.
Sois juste
Car l’évolution commence avec la justice
Car l’évolution se trouve au bout de la justice
Car la justice est l’autre nom de l’évolution.


Abidjan : « l’ouragan Ahne » a encore frappé

Mercredi 13 septembre 2017. C’est l’aube, à Yopougon, terminus 27, route de la central thermique d’Azito : la petite gare du village Azito est ouverte, les tenanciers des commerces s’installent nonchalamment ; les petites restauratrices et les vendeurs de garba rentrent fraîchement du marché et déballent leurs paquets; les vendeuses de bouillie de mil aux galettes, de sandwich, elles, sont déjà installés et ont commencé à faire de l’argent. Les minis bus, gbakas,  et les taxis communs allant au Plateau  sont également à ce rendez-vous quotidien à ce carrefour majeur de la commune de Yopougon.

Débris après démolition Crédit photos Christ Koffi

C’est le trantran habituel quand autour de 9 h du matin, le climat se gâte, les gbakas et les taxis ont vite fait de décamper en voyant venir l’ouragan Ahne : le Caterpillar du ministère de la l’Environnement et du Développement durable (dirigé par Mme Anne Désirée Ouloto) escorté  par trois cargos des forces armées de Côte d’Ivoire avec Kalaches et tout l’appareillage. vigilance aussi pour empêcher de filmer ou photographier.

Caterpillar en pleine action. crédit photo : Christ Koffi

Une heure après, le Caterpillar et son escorte quittent les lieux sous des regards agars,  après avoir semé l’incompréhension et la désolation : gare rayée de la carte, bouillie renversée, pancartes de cabine cellulaire brisées, conteneurs écrabouillés, baraques fracassées, étales et fours réduits à néant, salon de coiffure démolis, maquis désossés et pouffes éparpillés, devantures de magasins rasées,  fondations tournées, écrasée, retournés et savamment rassemblée en gravats sur lesquelles trônent fièrement de vieilles tôles.

Tel est le spectacle désolant qu’a laissé derrière lui l’ouragan Ahne  ce 13 septembre 2017 à Niangon Terminus 27, comme il avait également fait quelques jours auparavant à Yopougon-Siporex et comme il en est le cas depuis quelques années à travers la Côte d’Ivoire en raison d’une politiques d’assainissement des bordures des grandes voix et artères.

Assainissement et propreté : « OUI » ! Mais Mépris et irresponsabilité « NON ». Car c’est de cela qu’il s’agit.  Depuis, des hommes, des femmes et des jeunes gens dans la désolation ne savent où mettre de la tête car  c’est leur source de revenu qui a été ainsi anéanti par les dents du Caterpillar, surtout en cette période délicate de rentrée scolaire.

« C’est vraiment ça, l’émergence ! »

constatent amèrement certains victimes, quand d’autres jurent que le nombre de vol augmentera bientôt dans la zone. D’autres encore préfèrent récupérer ce qui peut encore l’être.

Les occupants de ces espaces ont-ils été prévenus de cette opération de déguerpissement ?

« Oui, on nous a envoyé des papiers ! »

avouent-t-ils. Certains avaient même déjà pris soins de s’en aller avant.

Mais sérieusement que vaut un simple avis de déguerpissement devant la dignité des ces personnes ?

Il aurait été plus civilisé et responsable de recenser tous les occupants de ses espaces qu’on veut assainir, d’évaluer le préjudice subi, de les dédommager et les relocaliser. La Côte d’Ivoire en a les moyens.

Ou même mieux : « …tout se transforme ». En effet en lieu et place de cette culture de la démolition, il serait judicieux de construire des boxs plus sains et propres sur ces espaces et d’encadrer leurs occupants en les en rendant responsable de la salubrité. Ils seront ainsi transformés en

éco-citoyens responsables.

Mais pour penser à ça, il faut déjà symboliquement déboucher les égouts, et réhabiliter cette voix boueuse par laquelle cette équipe de démolition est venue et est repartie.

« Le chien ne change vraiment pas sa manière de s’assoir »

Une riveraine même s’écrie après le départ du groupe : « Ils sont plus prompts à venir démolir qu’à réparer les routes défoncées de notre quartier ».

 

Voie délabrée menant à la centrale thermique d’Azito. Crédit photo : Christ Koffi

Ainsi va du quartier de Niangon route d’Azito, qui n’en demeure que plus sinistré après le passage de l’ouragan Ahne.

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La vie est Belle

https://www.google.com/search?as_st=y&tbm=isch&hl=fr&as_q=image+de+femme+libre&as_epq=&as_oq=&as_eq=&cr=&as_sitesearch=&safe=images&tbs=sur:f#imgrc=y22nQkLaGys03M:
CC PIXNIO

Un jour on pleure

Un jour on rit

Toujours on vit

La vie est Belle,

Belle est la vie,

Vie est la belle,

La belle, c’est toi :

Jamais, je ne l’aurais pensé,

Jamais, je ne l’aurais imaginé,

Jamais, n’existait pour moi telle  beauté :

Qui es-tu ?

Tu as des yeux si grands et si beaux

A la fois comme un ciel étoilé dans un univers de lait.

Qui es-tu ?

Tu es aussi éclatante

Que toutes les étoiles mises ensemble.

Qui es-tu ?

Tes cheveux sont autant de rayons

Qui  illuminent de leur éclat les environs.

Qui es-tu ?

Ta présence

Transforme les absences en survivance ?

Qui es-tu ?

Faisceau-de-lumière-Grâce-féline-esprit !

Lance-lumière-à-la-pointe-de-diamant

Qui transfigure les cœurs ou défigure les visages.

Chaleur ou  malheur ?

Déesse ou diablesse ?

Ange ou démon ?

Femme !

 

Un jour on pleure

Un jour on rit

Toujours on vit

La vie est Belle,

Belle est la vie,

Vie est la belle,

La belle, c’est toi.

Et toi, c’est moi !


Côte d’Ivoire : après les jeux de la francophonie, place aux jeux de la pouvoirphonie

Après les 8èmes jeux de la francophonie  #Abidjan2017, en Côte d’Ivoire c’est les jeux de la pouvoirphonie, ces jeux de ces hommes et femmes qui ne parlent que pouvoir. Louvoiement, coups de coude, tacles arrières, crocs en jambes, changement des règles pendant le jeu, bon faux départ *:)) Marrant , tout y passe pour conserver ou obtenir le pouvoir en 2020 pour ceux qui ne parlent que pouvoir au sein justement de la coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire.

Plus l’on approche de 2020, plus  la coalition au pouvoir se disloque, chacun jouant pour son propre camp. Tout d’abord, PDCI* et RDR* se débattent, avant certainement de s’affronter dans les urnes.

Le premier défend mordicus le respect de l’accord de Daoukro qui a suscité justement l’appel de Daoukro, et le second est à fond pour l’ignorance totale de cet accord.

Pour rappel, cet accord prévoyait que le Candidat RHDP* à la présidentielle de 2020 soit issu du pdci après que ce dernier ait soutenu le candidat du rdr (Alassane Ouattara, actuel chef d’État) en 2015. (Le pouvoir a vraiment un goût, pour ceux qui s’efforçaient à l’ignorer . *:)) Marrant )

Conséquences : opérations d’intimidation du pouvoir qui procède à une véritable désodorisation de ses rangs de ce qui a une forte odeur pdci. Limogeage de Niamien N’goran, proche de Bédié, super capitaine du pdci, de son prestigieux poste d’Inspecteur général d’État, de Jean-Louis Billon, transfuge du pdci au rdr et qui a finalement retrouvé le pdci, chassé de son poste de président du Conseil régional du Hambol.  Mais le pdci n’envisage pas pour autant déchausser les crampons.

Renforcé par sa jeune garde, ses académiciens que sont  ses fils prodigues, Billon, KKB, Gnanmien Yao, ainsi que la teigneuse Yasmina Ouégnin, Thierry Tano, et d’autres, notamment Gnanmien Konan, qui ne se sont pas encore décidés à rejoindre l’équipe, mais qui finiront par en porter les couleurs, parce qu’apparemment chacun aurait un grand coup à jouer pour 2020 (le jeune Président Emmanuel Macron faisant des émules *:)) Marrant le pdci, par la voix de son capitaine emblématique Konan Bédié qui a encore du souffle malgré le poids de l’âge, et son relayeur de charme comme un Didier Drogba au sommet de son art à Chelsea FC, son charismatique lieutenant Maurice kakou Guikahué *:)) Marrant … le pdci donc persiste et signe :

IL  PRÉSENTERA SON CANDIDAT EN 2020.  (Gnanmien N’goran, pressenti comme candidat pdci, Vs Daniel Kablan Duncan le favori, doivent  sans doute s’en réjouir. Comme quoi : « il y a match dans match »). Enfin soit.

Pour toute réponse donc à l’intransigeance du pdci qui, somme toute, est justifiée, le rdr, en dehors de la grande panique dans ses rangs *:)) Marrant, a pour autre réponse l’aveu de son échec à travers ses relents communautaristes. Pour en effet remobiliser les déçus de son camp, il a simplement prévu créer un fonds de solidarité pour les militants rdr déçus. Quelle sera la source de renflouement de ce fonds pour ses seuls militants qui seraient plus nombreux que les autres ivoiriens  *:)) Marrant? Ce parti  au pouvoir seul le sait, même si on imagine bien… *:-B Crétin

Dans tous les cas, le rdr n’a pas renoncé au pouvoir en 2020. Fini le statu de pacha pour ses cadres, notamment Ibrahim Cissé Bacongo, Adama Bictogo, Mamadou Soumahoro, qui  ont difficilement revêtu le maillot, trop petit pour leur nouvelle taille *:)) Marrant . Ces derniers  descendent sur le terrain, transpirant vraiment et s’essoufflant même (certainement par manque de compétition) à remobiliser les militants justement déçus du rdr qui n’ont pour seule  majorité que leur origine commune, il faut le reconnaître, du Nord du pays.

Ironie du sort, le rdr est pris à son propre jeu communautariste *:-B Crétin
. Les rivalités internes au pouvoir  entre fils du Nord ou plus clairement ente rdr et anciens rebelles, ou précisément entre Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko d’une part et Guillaume Soro d’autre part, réveillent un sérieux concurrent pour 2020  que l’on croyait endormi  sur le banc de touche de la coalition RHDP. Il s’agit de :

 L’ancienne rébellion des forces nouvelles *>:) Démon  et son porte-fanion Guillaume Soro. *:->~~ effrayant

Celle-ci, très pugnace parce que disposant des moyens de son système de jeu, sous-entendu d’une armée et d’armes, le régime FPI en sait quelque chose, le président Ouattara même n’en ignore rien,  avec les mutineries dans l’armée au sujet des primes des mutins et l’affaire Soul To Soul (caches d’armes à Bouaké)*:)) Marrant

L’ancienne rébellion donc  joue à la baballe ou louvoie fortement (création d’une alliance parlementaire nébuleuse, d’une Amicale des Forces Nouvelles *>:) Démon, comme par hasard) avant certainement d’affirmer ses ambitions et se lancer dans la bataille en  avouant la candidature de son ancien capitaine, Guillaume Soro, pour 2020.

Mais Alain Lobognon, ancien ministre et proche justement de Guillaume Soro, véritable libéro des anciens rebelles, annonce les couleurs en répondant du tic au tac aux piques du porte-parole du rdr (Joël N’guessan) les concernant, contre-attaque et attaque même quelque fois en prenant toutefois soin d’épargner le pdci. Sait-on jamais, celui-ci pourrait être, sans doute dans ses rêves *=)) Mort de rire, un soutien à son chef Guillaume Soro en 2020, le temps de passer de l’amicale des anciens rebelles au mouvement politique :

Une véritable Papinade* quoi !  pour ne pas dire une vrai Macronnade… ; mais plus précisement,  une majestueuse Soronade *=)) Mort de rire.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’après les jeux de la Francophonie, se déroulent d’autres jeux en Côte d’Ivoire, ceux de la pouvoirphonie,  de la cacophonie, ou  de l’après Ouattara. Ceux-là, apparemment grotesques, mais vraiment utiles pour la démocratie,  se déroulent au sein d’un même camp avec des risques d’auto goal.  Malheureusement, l’opposition ne peut en profiter car, malmenée par le pouvoir, la cacophonie  règne autant dans ses rangs *X( En colère.

 

PDCI : Parti Démocratique de Côte d’Ivoire.

RDR : Rassemblement Des Républicains.

RHDP : Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix.

Papinnade : reprise d’une balle de volet dont Jean-Pierre Papin était un spécialiste.

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Les 8ème jeux de la francophonie #Abidjan 2017, c’était « un véritable boro d’enjaillement »

Le dimanche 30 juillet, Les lampions se sont éteints sur les 8ème jeux de la francophonie #Abidjan2017. Comme on le dit en argot ivoirien (nouchi) pour exprimer une grande joie, ces jeux, c’était simplement « un boro d’enjaillement », autrement dit, pour ne pas nous répéter, « une somme de grandes joies ».

Danseur lors de la cérémonie de clôture. Crédit photo : Christ Koffi

En dépit de quelques imperfections, notamment les échauffourées entre la police et quelques spectateurs de la finale de foot qui n’avaient pas pu avoir de places à l’intérieur du stade (l’entrée était gratuite), tout ou presque était joie et félicité lors des 8ème jeux de la francophonie #Abidjan2017. Depuis  la cérémonie d’ouverture jusqu’à la clôture en passant par les différentes compétitions et concours, c’était que enjaillement ! =  que du plaisir.

feu d’artifice, cérémonie de clôture, Crédit Photo; Christ Koffi

Assis dans la tribune presse juste à quelques mètres des officielles, Présidents de Républiques, Ministres, Secrétaires Généraux et autres, grandes étaient notre joie et notre fierté, en tant que blogueur,  d’assister à cet événement sportif et culturel dont la cérémonie d’ouverture  en couleur, très cadencée et rythmée était bien à l’image de l’Ivoirien des grands jours, ce personnages jovial, à l’affût du moindre son et qui semble avoir le rythme dans le sang.

Nous n’oublions pas non plus sa légendaire convivialité.  D’ailleurs, la vue de ces délégations de tous les coins du monde n’était pas nouvelle pour l’Ivoirien lambda, car vivant dans un  pays d’hospitalité, c’est au quotidien qu’il côtoie les ressortissants de ces pays sur son territoire.  Une grande joie fut également pour nous de voir tous ces ressortissants de différents pays et continents du monde vibrer à l’unisson à la prestation du groupe ivoirien Magics Système qui ne leur était pas étranger. Quelle joie de se savoir aussi connu à l’extérieur de son pays à travers ces dignes ambassadeurs de la musique ivoirienne ! Un véritable boro d’enjaillement !

Le boro d’enjaillement concerne aussi les compétitions et concours. D’abord les déplacements sur les sites des compétitions, comme des grands quelqu’un, comme on le dirait chez nous pour parler des VIP. Bus climatisés ou spacieux avec wifi à bord mis à dispositions pour le moindre déplacement en compagnie des athlètes ou tout seul avec motards et sirène en avant pour ouvrir la circulation.

De véritables grands quelqu’un quoi !

La ponctualité et le confort, une priorité pour le comité d’organisation.

Comme la cordialité des bénévoles,

prompts à renseigner, diligents  à donner une bouteille d’eau, un verre de café ou de chocolat, à rétablir une connexion internet, à imprimer un texte, à fournir des prises, à débarrasser des ordures, à nettoyer les toilettes, etc., en sommes des jeunes gens très serviables et conscients de ce qu’ils avaient à faire, mais qui ont par-dessus tout répondu à l’appel de leur pays comme le leur rappelle l’hymne national. Grande fierté que ces jeunes gens ! Un véritable boro d’enjaillement  !

Spectateurs de la finale de Football au stade Houphouët-Boigny. Crédit Photo : Christ Koffi

Et que dire des  sites qui ont abrité les jeux ?

  • Un grand et spacieux village des jeux tout en couleur comme un arc-en-ciel de milliers de briques et de bâtiments innombrables qui semblent s’étendre, comme la francophonie, jusqu’aux confins du monde, village de plus convivial et aux impressionnantes infrastructures sportives ;
  • L’espace canal aux bois au nom d’une poéticité digne des concours entre autres de danse  de création et de hip-hop qui  y ont eu lieu sur son  podium tout aussi futuriste ;
  • Le légendaire palais de la culture d’Abidjan, qui a fait peau neuve pour l’occasion afin d’accueillir ses princes et princesses de l’art, conteurs prodigieux et chanteurs talentueux, palais aux salles climatisées et très bien insonorisées ;
  • La bibliothèque nationale et son auditorium rénové, son jardin à la pelouse si accueillante, agréable et propice à la  création. Les sculpteurs et peintres ne diront pas le contraire ;
  • Le palais des sports qui mérite bien son nom où le basket français était bien roi ;
  • Le parc des sports transformé pour l’occasion en arène moderne de lutte au sable fin d’une blancheur immaculée sur laquelle les athlétiques et beaux lutteurs sénégalais ont inscrits leurs noms en lettre d’or ;
  • Les stades Robert Champroux et Félix Houphouët-Boigny, ces vieux de la vieille qui ont pourtant valablement, comme des petits jeunes, servi pour le tournoi de football, l’athlétisme et la somptueuse cérémonie d’ouverture.

Toutes ces infrastructures, j’en ai oublié certainement, ont mis plein la vue.  Un véritable boro d’enjaillement !

Le Canada Nouveau-Brunswick reçoit le drapeau des jeux. Crédit Photo Christ Koffi

Et que dire de la cérémonie de clôture ? C’est :

Le boro d’enjaillement des boro d’enjaillement. Entendez par là une joie incommensurable !

Une cérémonie brève, cependant pleine de symboles et toute en couleur et lumière que des coupures d’électricité avaient manqué de perturber. Mais  comme l’a si  bien dit M. Robert Breugré Mambé, Ministres chargé des jeux de la francophonie,

« La lumière est plus belle lorsqu’elle jaillit des ténèbres ».

Et pour jaillir des ténèbres, elle a magnifiquement jailli des ténèbres, la lumière, si bien que le monde francophone fut encore émerveillé par cette cérémonie rendement mené, en particulier la sa chorégraphie multi-culturelle, exercée dans les règles de l’art, avec fougue et enthousiasme  comme savent si bien le faire les Ivoiriens quand ils le veulent. Véritable boro d’enjaillement !

Un véritable Gbô, entendez par là, « Félicitation ! » à toutes les personnes qui ont contribué d’une façon et d’une autre à la réussite de ces jeux !

Rendez-vous donc en 2021 au Canada Nouveau-Brunswick pour les 9ème jeux de la francophonie. Ce sera encore certainement un Véritable boro d’enjaillement ! 

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L’art oratoire, un concours qui aurait pu avoir sa place aux jeux de la francophonie #Abidjan2017

CC wikipedia

En ralliant, aux premières lueurs du jour, à partir de Yopougon, le palais de la culture de Treichville par le bateau-bus de la sotra*, l’on peut avoir la chance d’effectuer la traversée de la lagune en compagnie de certains personnages à part entière, mais tout de même entièrement à part. Ce sont les gbaeurs, comme on les appelle en Côte d’Ivoire, ou si l’on veut, les bonimenteurs. Mais plus que le boniment, c’est d’une remarquable maîtrise de la parole dont font preuves ces véritables orateurs qui vous proposent des produits allant du dentifrice génial au déparasitant non moins fantastiques en passant par la pommade tout aussi miraculeuse, sans oublier la brosse à dent hors pair. Cela, dans un temps bien calibré : moins d’une dizaine de  minutes ; et par des techniques éprouvées :

Morceaux choisis :

Tout d’abord, pour capter l’attention, le gbaeur saluera gaiement l’auditoire  dans au moins une vingtaine  de langues locales de la Côte d’ivoire comme de la sous-région ouest-africaine : baoulé, bété, dioula, guéré, dan, agni, haoussa, nago, mossi, moré, dan, éwé, wolof, etc…

Pays de brassage, les locuteurs de ces langues se côtoient au quotidien en Côte d’Ivoire. L’anglais et l’espagnol  apparaissent souvent dans cette salutation, sans oublié  le fameux chinois qui arrache automatiquement des sourires et décontracte plus les visages.

Le gbaeur bénira ensuite tout l’auditoire, invoquant sur elle paix, joie,  prospérité, félicité, bonheur, etc.  Avec toutes les péripéties qu’a traversé  le pays, et la condition plus ou moins difficile des uns et des autres, ces prières matinales sont les bienvenues. De légers « Amen » et « Amina » fusent ici et là.

Ayant capté l’attention, geste à l’appui, très bien positionné (au bon milieu) de sorte à se faire entendre de tous, il entre dans le vif du sujet : la présentation de ses produits.

Ce sera pour l’un un médicament  contre les vers intestinaux, très efficace contre la constipation.  À acheter pour éviter d’aller aux toilettes simplement pour les ventiler. Évidemment beaucoup de non-dits dans ces dires arrachent des sourires complices dans l’auditoire.

Ce sera  pour un autre ce dentifrice 3 fois moins cher que son prix initial, mais surtout à se procurer pour soi-même ou pour en faire cadeau afin d’éviter à des gens de toujours descendre au terminus du bus, simplement parce qu’ils ne peuvent demander l’arrêt à cause d’une mauvaise haleine ; Ou encore est  très bon car il revigore les dents si bien  qu’on  évite de croquer dents et os à la fois en voulant croquer simplement les os.

Ce sera pour ce troisième, une brosse à dent certifié iso quelque chose… à avoir pour non seulement remplacer celle reçu en héritage ou qu’on prévoit laisser en héritage, mais aussi à conserver soigneusement, sinon cafards, souris, salamandres et margouillats l’utiliseront également et à tour de rôle. Donc finalement en la réutilisant, on bécote ces bestioles sans s’en rendre compte.

Ce sera enfin pour ce dernier une pommade extra. À utiliser en toute urgence par certaines personnes pour éviter qu’elles soient habillées de treillis sans pourtant être militaires, sinon on pourrait les confondre à des mutins, en clair pour éviter que leur corps soit couvert de dartres.

L’art oratoire fait appelle à une somme de talents : humour, imagination, créativité, etc. Aux prochains jeux de la francophonie, il ne serait pas vain de l’ajouter aux 18 disciplines sportives et culturelles déjà présentes, simplement pour que le public visé par ces jeux, la jeunesse, les cultive, davantage.

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Petit lexique ivoirien #6, quand le nouchi s’invite aux 8ème jeux de la francophonie #Abidjan2017

 

Athlètes ivoirien, très enjaillés (heureux), après les finales de 4 fois 100 m. Crédit Photo : Christ Koffi

Les jeux de la francophonie Abidjan 2017, ce sont des compétitions sportives, des concours culturels, mais aussi des attitudes.  A mi-parcours de cet événement sportif et culturel du monde francophone, pourquoi ne pas également jouer à en faire un point en argot ivoirien, pour ne pas dire en nouchi ?

Toute la Côte d’Ivoire a été impressionnée par le sprinter ivoirien Arthur Cissé Gueu lors des éliminatoires du 100 mètres homme. Très en verve durant cette phase de la compétition pendant laquelle il n’y avait pas l’homme pour lui, entendez par là il n’avait pas d’égal, ou encore il avait dja la foule (impressionné), il a pourtant manqué la médaille d’or en finale.  En nouchi, on dira simplement qu’ Arthur Gueu a fait chef bandit. Tout simplement parce qu’ « au début du film, chef bandit est toujours djaouli », comme le dit un proverbe nouchi.   Parce qu’en se référant à la réalité, on peut bien remarquer que dans les premiers instants d’un film d’action, le bandit est très entreprenant, mais le film se termine pourtant sur son échec.

Le sprinter ivoirien peut, lui, se consoler avec sa médaille d’argent. Ce qui n’est pas le cas pour l’équipe de foot de la Guinée qui a vraiment fait chef bandit. Elle a débuté la compétition en trombe en battant la Côte d’Ivoire sur son terrain, mais pour finir, elle n’a pu se qualifier pour le tour suivant.

Par manque de fair-play certains iraient jusqu’à dire que les footballeurs guinéens sont des plai’antins, sous-entendu des plaisantins.  Face à la Côte d’Ivoire, super favoris, ils se sont comportés en cabri-mort. Ce qui signifie qu’ils n’avaient rien à perdre, ils ont  donc joué sans pression. Ou si l’on veut, on peut également dire que leur cœur n’était mort devant les Eléphants. Au contraire, ils se sont tchou ‘n. Se tchou’n, c’est se donner, se sacrifier, être volontaire.

C’est pour les Eléphants qui était grave. Entendons par là, ce sont ces derniers qui avaient la pression. Cependant, sans doute motivés par ce proverbe nouchi « un chef n’est pas un chiffon », entendez par là « on n’est pas n’importe qui », les Eléphants ont pu se qualifier pour la demi-finale. Par ailleurs Arthure Cissé Gueu a prouvé qu’il est un chef  (a de grandes qualités) en contribuant à la victoire de la Côte d’Ivoire au relais 4 x 100.

L’équipe de Côte d’Ivoire du relais 4 fois 100 m. Crédit photo : Christ Koffi

Ce dernier, selon les spectateurs du stade Félix Houphouët-Boigny, doit d’ailleurs sa défaite à la finale du 100 m à sa distraction. « Il sautait trop ! », disaient-ils, sous-entendu, « il était distrait ». Mais « Premier gaou n’étant pas gaou », au 4 x 100 il est resté tran (concentré). Sinon, une défaite ferait de lui un gnata. Dixit le célèbre proverbe nouchi : « Premier gaou n’est pas gaou, c’est deuxième gaou qui est gnata » : « Une personne avertie en vaut deux ». Les responsables de la fédération ivoirienne de jonglerie devraient s’inspirer de ce proverbe. Leur rouskaskas, entendez par là leur désorganisation, a empêché à la Côte de faire de faire mieux qu’une médaille de bronze à la finale de cette discipline. Ignace Kassio, l’ivoirien, a concouru en individuel, alors qu’en équipe, la Côte d’Ivoire aurait gâté le coin, ou si on veut, aurait fait des merveilles.

Sortons  du cadre des compétions sportives pour les concours culturels, en particulier le gbrabattage, ou si vous voulez le conte. Le grabatteur, entendez par là, le conteur, congolais Moussoki Mitchum a remporté l’or. Il était simplement mauvais ce mercredi soir, très mauvais même !

Attention : être mauvais en nouchi, c’est être très bon, performant. On emploit  mauvais pour reconnaître la valeur d’une personne parce que sa performance ne fait pas l’affaire de ses adversaires.  Il a simplement fait la sauce de ses adversaires. Ou si l’on veut il les a battus.  Dans l’ensemble, le gbrabattage est encore enjaillants de nos jours, entendez par là fascinants, car il draine du monde. Il dja foule, en somme.

Juste pour informer au sujet des activités périphériques à ces 8ème jeux de la francophonie, l’on a bien remarqué que des  bénévoles étaient traités en valval, ou si l’on veut traités sans valeur, avec négligence. Difficile pour eux de se nourrir et se déplacer sur les sites d’affectation, comme l’a rapporté notre confrère. Comme quoi « Gbê est mieux que drap ».  Ce  qui signifie, dire ses quatre vérités pour éviter les humiliations à l’avenir, surtout que la Côte d’Ivoire organisera la CAN 2021. Jusqu’à maintenant aucune nouvelle au sujet de l’amélioration de la situation des bénévoles, ces barrasseurs (travailleurs) de l’ombre. Espérons simplement que ces jeunes ne soient pas traités plus longtemps en ça fait rien, ou si voulez dans l’irrespect et  l’indifférence totale.

Une chose est sûre, malgré quelques djaboudjabou, ou des impairs, les athlètes ivoiriens comme le comité d’organisation des jeux doivent kètèkèté, on si on veut doivent faire des mains et des pieds, pour que le visage de la Côte d’Ivoire ne soit pas versé par terre ; entendez pas là pour que l’image la Côte d’Ivoire ne soit pas ternie.


Jeux de la Francophonie #Abidjan2017, le concours de sculpture au service du développement durable

Edmond B. Kouamé Sculpteur ivoirien. Crédit pohto Christ Koffi

Les jeux de la francophonie #Abidjan2017 ont été placés sur l’égide du développement durable. C’est d’ailleurs en raison de son engagement à organiser des jeux écologiques que la Côte d’Ivoire a obtenu ces 8ème jeux de la francophonie. Et le concours de sculpture qui se tient sur le site de la bibliothèque nationale est là pour le prouver.

Les artistes en compétition utilisent en effet des matériaux de récupération trouvés sur place, à Abidjan, pour la création de leurs œuvres.  Le Camerounais Jean Michel Dissaké par exemple se sert d’un ancien sceau de peinture et des morceaux d’une vieille pelle,  trouvé sur le site du village des jeux,  pour la réalisation de son projet artistique : la confection d’un visage.

Jean Michel Dikassé, sculpteur camerounais, Crédit photo : Christ Koffi

Le Burkinabé Fonana Zamiri Yaya, quant à lui, utilise des vieux tuyaux d’échappement et  du fer à béton trouvés en ville.  Les concurrents luxembourgeois, mauriciens et libanais ont, pour leur part, collecté dans les environs d’anciennes bouteilles plastiques.

 

Fofana Yaya, Sculpteur burkinabé. Crédit photo : Christ Koffi

À un pas de ces derniers, l’ivoiriens Edmond Bahueba Kouamé travaille, et à la tronçonneuse s’il vous plaît, sur un rejet de Merina. C’est du bois blanc, très exploité parce que bon marché. Ses confrères congolais et malgache sculptent également un totem sur ce bois qui doit être protégé, selon Edmond Kouamé sinon, il disparaitra.

Le Nigérien Hamidou quant à lui fait d’une pierre deux coups. Sur une merveilleuse toile fait d’anciens tubes de dentifrice, de coquilles d’escargots, de graines sauvages, de brindilles mortes, et d’autres éléments naturels ramassés ici et là, décrit les mauvais comportements de l’homme sur la nature : déboisement et insalubrité.

L’artiste Nigérien Hamidou. Crédit photo : Christ Koffi

De vieux fils de fer et de l’argile locale sont les matériaux de travail de la canadienne  Emilie-Grâce Lavoie qui a choisi d’en faire un masque, certainement à cause du respect qui doit être accordé à la nature.

La sculpteuse canadienne Emilie-Grâce Lavoie. Crédit photo : Christ Koffi

Non loin d’elle, l’architecte entièrement à part, ou à part entière, c’est selon, Kong Vollac construit, sans aucune autre source d’énergie que sa méticulosité et sa patience, et la précision de ses doigts, un immeuble de brindilles bambou de chine 100% écolo.

Kong Vollac Sculpteur cambodjien. Crédit photo : Christ Koffi

Avec les concurrents du concours de sculpture de ses jeux de la francophonie #Abidjan2017, tout est réutilisé. Les déchets sont en effet transformés en matière première suivant le concept d’économie circulaire cher au développement durable. Cette belle initiative doit inspirer.

Des bouteilles plastiques récuprées. Crédit photo : Christ Koffi

Cependant évitons d’aller si vite en besogne car comme on le dit communément « à quelque chose, malheur est bon ». En effet, selon les témoignages de  nos artistes, ils n’ont  utilisé ces matériaux là qu’en seconde option car tout ce qui leur a été promis comme matériaux n’a pas été disponible.  Chacun s’est donc débrouillé pour trouver ce avec quoi travailler.

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Petit lexique ivoirien #5 : les #jeux de la #francophonie #Abidjan 2017 au parfum du #Nouchi

L’actualité sportive et culturelle de la Côte d’Ivoire, c’est les jeux de la francophonie qui s’y tiendront du 21 au 29 juillet prochain à Abidjan. Le nouchi, véritable patrimoine linguistique et culturel ivoirien, s’y invitera certainement dans les tribunes, les quartiers et les rédactions. Visitons juste un petit peu le nouchi en rapport avec les jeux.

– Avant tout le jeu se dit gbôrôli en nouchi, par exemple : les gbôrolis de tous les gbaeurs de français, entendez les jeux de la francophonie.

Le verbe jouer se dit simplement Gbôrô qui veut aussi dire se laver selon le contexte. Gbôrô désigne jouer parce que c’est une onomatopée qui traduit tant bien que mal les contacts physiques pendant la pratique des sports, collectifs notamment. D’ailleurs un acte rude ou d’anti-jeux vis-à-vis d’un adversaire se dit aussi gbôrô.

À l’origine, gbôrô voulait seulement dire jouer au foot. Mais avec le temps et la pratique d’autres sports collectifs prenant de l’ampleur, son sens s’est aussi élargi. Par exemple : On a beau gbôrô Didier Drogba, ya pas l’homme.

Le plus important est certes de participer à ces jeux, mais la victoire procure plus de joie. Visitons donc le lexique de la victoire en nouchi.

Petite lexique de la victoire

– Battre, vaincre se dit botter en nouchi. Exemple : Les Éléphants footballeurs ont botté les Blacks stars du Ghana  à la finale de la CAN 2015 pour remporter la coupe.

– Être rouge en nouchi, c’est être en pleine forme. Exemple : Ruth Gbagbi, la championne ivoirienne du monde du taekwondo  dans sa catégorie, est très rouge en ce moment. Ses adversaires sont prévenues.

– Le, la meilleur (e) se dit ya pas l’homme (pour) … en nouchi. Exemple : Ya pas l’homme pour le judoka français Teddy Riner dans sa catégorie.

Ya pas l’homme peut aussi se traduire par ya pas d’égale. Cette expression a émergé avec l’artiste ivoirien DJ Arafat qui, pour se vanter, a pour habitude de dire : « ya pas l’homme pour moi », sous entendu : « Je suis le meilleur artiste DJ de la Côte d’Ivoire ». Exemple : Ben Youssef  Méité, le sprinteur ivoirien, Ya pas l’homme !

– Dja  foule ou dja la foule, ou encore dja  c’est impressionner, réaliser des prouesses. Cette expression est composé du terme dja qui signifie tuer et foule. C’est dans l’esprit,  réaliser une tuerie, comme on le dit souvent dans le domaine de la musique pour désigner un titre qui fait vraiment l’unanimité. Exemple : Marie Josée Ta lou, la sprinteuse ivoirienne,  va dja (la foule) lors des gbôrôlis des gbaeurs de français.

Mais attention, dans un autre contexte et à l’origine,  dja foule (sur) veut dire laisser éclater sa colère, gronder quelqu’un. Exemple : les organisateurs des jeux mettent le paquet pour ne pas que le président dja foule sur eux après.

– Synonyme de dja foule : tuer (dans le sens de réaliser une tuerie, un exploit), gâter le coin.  Exemple : On espère simplement que Murielle Haouré va gâter le coin, comme par le passé.

Des jeux, ce n’est pas que la victoire, il y a aussi la défaite.

Petit lexique de la défaite

– Échouer, c’est taper poteau en nouchi.

Cette expression pleine d’histoire est née en 2006 lors des éliminatoires zone Afrique pour le mondial de foot de la même année. A la dernière journée en effet de ces éliminatoires, il suffisait que le footballeur Camerounais Pierre Womé marque un pénalty obtenu par son équipe en fin de match pour qualifier celle-ci au mondial. Mais malheureusement, son tire échoua sur le poteau gauche du gardien égyptien, éliminant du coup son équipe à l’avantage de la Côte d’Ivoire qui avait remporté son match contre le Soudan.  D’où l’expression taper poteau pour désigner la défaite, l’échec. Exemple : Les Éléphants ont tapé poteau à la CAN 2017.

–  Synonyme de  taper poteau : tirer dans l’eau, cogner mur, zaer. Terme voisin : dégba qui veut dire décevoir.

Ce mot est composé d’une syllabe du nom de Laurent Gbagbo et du préfix qui marque la négation. L. Gbagbo qui a inspiré plusieurs mots nouchi n’est donc pas étranger à la création de dégba. Opposant, il enchantait l’auditoire et inspirait succès. Toute attitude contraire n’est donc que dégbaüre (déception). Exemple : Éliminés au premier tour de la CAN, les Éléphant footballeurs ont dégba les Ivoiriens. Du sélectionneur aux joueurs, rien que de la dégbaüre !

Faire quelque chose cadeau : n’obtenir aucun résultat, sous entendu également sans avantage, sans retombée financière. Exemple : On espère que la Côte d’Ivoire n’aura pas organisé les jeux de la francophonie cadeau.

Être un sac, c’est être nul en nouchi. Pourquoi ? Parce que le sac est à la merci des gens. Ils peuvent le transporter comme ils veulent. Exemple : Pour des ivoiriens, les Éléphants footballeurs sont aujourd’hui des sacs, parce qu’ils ne font que taper poteau depuis quelques temps.

Synonyme de sac : plai’antin, sous entendu plaisantin.

Ces jeux, ce ne sera pas que la victoire ou l’échec ce sera aussi tout un univers que traduit également le nouchi.

Quelques expressions diverses

– Enjailler en nouchi, c’est faire plaisir. S’enjailler, c’est se faire plaisir. Enjaillement, c’est le plaisir. Exemple : Les participants aux jeux de la francophonie s’enjailleront et enjailleront aussi. Rien que de l’enjaillement en somme. Ce terme vient de l’anglais enjoy.

– Banquetter : terme très festif en français, en nouchi, c’est tout le contraire, c’est comme on le dit familièrement taper banquette.  Synonyme : casser banc. Dérivé : casseur de banc = banquetteur. Exemple : Pour éviter de casser banc, de nombreux footballeurs ivoiriens ont choisi de jouer avec les sélections de la sous-région.

Foule va dja : ce sera un véritable succès. Exemple : Qu’on ne s’inquiète pas pour ces jeux, foule va dja.

Tuer le cœur : faire peur, inspirer la peur. Exemple : Le Nigérien Issoufou Alfaga Abdoulrazak, champion du monde de taekwondo dans sa catégorie tue déjà le cœur de ses futurs adversaires.

Proverbes nouchi du jour

« Un doyen n’est pas moyen ».  Ce proverbe pourrait avoir pour équivalent « On apprend pas a un vieux singe à faire des grimaces ». C’est un proverbe assez récent qui a vu le jour avec la vie politique ivoirienne animé en général d’hommes d’un certain âge ; mais il a surtout pris de l’ampleur avec les performances du footballeur  ivoirien Didier Drogba malgré son âge avancé pour un sportif de haut niveau, il remporta la league des champions européenne avec Chelsea.

Explication : les anciens tirent toujours leur épingle du jeu. Comme quoi, les jeunes athlètes sont prévenus, « Un doyen n’est pas moyen ».

« Dindinman n’a pas luck » se traduit par « La chance sourit aux audacieux ». Le dindinman, c’est cet individu qui hésite beaucoup. Exemple : les champions ne sont pas des dindinman, tout simplement parce que dindinman n’a pas luck.

Expression nouchi du jour 

Boro d’enjaillement ! : Prenez  ou prends  du plaisir !  Boro est un terme Dioula qui veut dire sac. Cette expression a été détournée pour exprimer quelque chose de positif. Sinon, à l’origine, notamment dans la deuxième moitié des années 90 et sur la première moitié des années 2000, Boro d’enjaillement était le nom d’un jeu dangereux auquel s’adonnaient les lycéens ivoiriens. Ils prenaient en effet plaisir à effectuer des acrobaties sur un bus en marche. Beaucoup en ont trépassé.

Notre plus grand souhait, c’est que ces 8ème jeux de la francophonie soient enjaillants. Bôrô d’enjaillement aux participants, aux organisateurs, à  tous !

Je reste confiant, foule va dja !