N'Guessan Jean Christ Koffi

Bouaké : cette ville ivoirienne en attente

Bouaké, 2ème  ville de la Côte d’Ivoire, capitale de l’ancienne rébellion ivoirienne, ville martyre, était encore sous les projecteurs ces derniers temps avec  la mutinerie des anciens rebelles intégrés dans l’armée ivoirienne. Ces derniers ont, et avec la manière obtenu, leur prime. Mais qu’a bien gagné dans tout ça cette grosse ville qui semble pourtant  en éternelle attente ? Un bref séjour à Bouaké est très parlant à ce sujet.

Un des bâtiments délabrés du camp pompier de Bouakés
Vestige du camp des sapeurs pompiers militaires de Bouaké, crédit photo : Christ Koffi

Déjà même le trajet Yamoussoukro-Bouaké, remarquable par des camions de transport de marchandises transfrontaliers, avec leurs contenus, renversés dans la broussaille le long de la voie à cause des nids de poules et de l’étroitesse du bitume préfigure d’une ville laissée à l’abandon, en attente qu’elle est d’un accès plus aisé.  100 km de zigzag entre les crevasses dans le bitume sur cette route pourtant internationale, et au trafic très dense, c’est pas donné. Mais, une fois en ville, surprise : les voix principales sont en meilleurs états, réhabilité, et même  créées au lendemain de la présidentielle de 2010 à la faveur du programme présidentiel d’urgence.

Facilité de circulation, pourrait-on penser, mais c’est sans compter avec les nués de motards, pour certains aux chasubles orange, que comptent la ville. A la faveur de la rébellion armée en effet dans le nord du pays un nouveau mode de transport en commun a émergé en ville et ses alentours : ce sont les motos-taxis. Ces fameuses motos chinoises qui transportent souvent quatre à cinq personnes avec bagages en bonus. Bonjour les accidents, déjà que le code de la route est un mythe pour ces autodidactes du pilotage de moto à vitesse.

Ce moyen de transport en commun est un véritable casse-tête chinois pour la ville partagée entre le combattre et le réglementer. Une chose est sûre, dans cette zone de la moitié nord du pays aux industries d’antan mangée par les années de rébellion, donc  aux sources de revenus qui laissent à désirer, on préfère faire avec les accidents de motos que  de nouvelles vocations de gangstérisme. Encore que l’on peut se faire agresser simplement pour sa moto ou trouver la mort à moto.

Enfin soit, pas besoin de marcher longtemps en ville pour voir les vestiges des années de la rébellion : les nombreuses villas délabrées des quartiers air France 2 et 3 envahies par la broussaille ; les routes dans les quartiers Habitat-nimbo et de la caisse où les rigoles, les champs de maïs, d’arachide (selon la saison) et la broussaille ont pris la place du bitume en attendant certainement que les autorités municipales de la ville se souviennent que c’est bien la route.

En sortant du quartier Nimbo pour entrer à l’air France, les anciens de la ville seront surpris de voir que l’ancien petit marché, le seul du sud de la ville, n’est plus qu’un vaste espace broussailleux, encore, au milieu duquel trône fièrement un coffre à ordure fatigué de vomir ses ordures tout autour. Mais où sont passées les vendeuses de l’ancien marché ? Un peu plus loin, sur un jardin publique en attendant depuis des années maintenant que leur marché soit reconstruit comme l’ont promis les autorités municipales, plus prompts à faire déguerpir qu’à construire.

Pareil pour le marché d’Ahougnanssou, à l’ouest la ville. Les femmes se débrouillent aussi depuis des années dans les ruelles d’à côté, en bordure de route et dans un bas-fond tout proche en attendant encore que la fabuleuse photo du futur marché devienne réalité.  Il en est de même pour le naguère et légendaire grand marché de la ville complètement parti en fumé en 1998, et aujourd’hui vaste dépotoir, et toute aussi grande toilette à ciel ouvert au cœur de la cité du Gbêkê. Pas surprenant pour une ancienne capitale d’une rébellion.

En remontant vers le nord de la ville, au delà de la fameuse villa du tout aussi néo-célébrissime (malgré lui) Soul To Soul, la zone industrielle de la ville vous accueille avec ces anciennes usines aux grands portails défraichis, maintenant gagnés par la rouille, en attendant certainement de nouveaux repreneurs.  Plus loin à environs 2 km, après une montée, puis sur le côté, le port sec, plus sec que jamais, au milieu de nulle part.

D’autres infrastructures de la ville, notamment l’ancien camp Commando de Bouaké, et des habitations de particuliers attendent encore leur réhabilitation. Mais l’élément fondamental  que la ville semble attendre, c’est son exorcisation total de son statut de capital d’ancienne rébellion. Ce que ne favorise pas son statut de nouveau centre de mutineries et de fief des anciens rebelles qui y ont poussé racines et y ont apparemment fait des émules.

Ce statut encombrant qui semble être la cause de  tous ses malheurs, la ville ne peut en être débarrassé que grâce à la fin de l’impunité. L’affaire Soul To Soul est un véritable test en ce sens pour le gouvernement.

Elle lui offre, même si cela semble invraisemblable et irréalisable pour lui, l’occasion de débarrasser la ville des anciens chefs  rebelles, vieux démons et maîtres sournois de cette cité. Mais en a t-il le courage ? Bouaké, dont l’université porte depuis quelques années, le nom du Président de la République, est en  attente.


Petit lexique ivoirien #4

Toujours à la découverte du nouchi dans un lexique en rapport avec  l’actualité, voyons comment ce langage des centres urbains ivoiriens, en général, rend à sa manière, l’actualité politique de la Côte d’Ivoire. Surtout que cette actualité est bouillonnante ces temps-ci…

CC Pixabay

La politique se caractérisant par des prises de parole, intéressons-nous d’abord, et particulièrement, au lexique de la parole en nouchi.

Lexique  de la parole en nouchi

Panpan : selon le contexte, c’est  se vanter avec l’idée d’impressionner un adversaire ou menacer par la parole. Exemple : le chef d’état major des armées avait beau panpan, les mutins de l’armée ivoirienne ne rentrèrent dans leurs casernes qu’après avoir obtenu leurs primes.

Synonyme de panpan : sauter. Exemple : RDR* et ancienne rébellion peuvent bien sauter, Konan Bédié, président du PDCI*, reste ferme, le candidat de leur coalition (RHDP*) à l’élection présidentiel de 2020 sortira de son parti.  

Sauter est synonyme de panpan, certainement parce qu’en Dioula (dialecte ivoirien), pan qui compose le terme panpan signifie sauter, bondir. Le terme pan lui-même signifie s’enfuir en hâte en nouchi. Exemple : Un grand nombre de mutins n’ont plus donné signe de vie après n’avoir reçu que la première tranche de leur prime, ils auraient pan, parce que paraît-il, ce serait des mercenaires.

Synonyme de pan : tailler. Ces derniers auraient taillé dans leur pays d’origine.

–    Panpanseur : vantard, fanfaron, par extension démagogue. Exemple : visant la présidence en 2020, le camp Soro promet monts et merveilles aux Ivoiriens, alors qu’on sait bien ce qu’il a fait de Bouaké, l’ancienne capitale de leur rébellion : une ville martyrisé. Rien que des panpanseur.

– Déchirer sa bouche : faire des aveux, rapporter ou moucharder, trahir.  Exemple : malgré un interrogatoire soutenu à propos de l’origine des armes trouvées dans sa villa, Soul to Soul refuserait de déchirer sa bouche.

N’kou-n’kou : commérer, commérages,  Exemple : en Côte d’Ivoire, ça N’kou-n’kou au sujet d’Emmanuel Macron et son épouse, de 25 ans son aînée.

Des frappes (toujours au pluriel) : mensonges. Exemple : Soro Guillaume a démenti dans les journaux être impliqué dans l’affaire des armes trouvées dans la villa de son chef de protocole. Pour certains spécialistes, ce sont des frappes.

Gbaer : parler, tenir un discours, s’exprimer. Terme chargé d’histoire puisqu’il vient du nom du seul véritable opposant au tout puissant Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire. Il s’agit de l’ex président Laurent Gbagbo, par ailleurs connu pour être un grand orateur. Exemple : après les en avoir plusieurs fois empêchés au début de son règne, le pouvoir ivoirien laisse désormais les opposants gbaer ouvertement.

Cependant, en raison du décalage des fabuleuses promesses de L. Gbagbo dans l’opposition et de son action au pouvoir, le sens de Gbaer a aussi pris un coup pour être également péjoratif. Sur ce plan, il signifie bavarder, bonimenter. Exemple : la présidentielle ivoirienne de 2020 aiguise tellement les appétits que déjà ça gbaille oh, ça gbaille.  Quelle promesse n’entend-t-on pas ?

ATTENTION : Gbaer, c’est aussi sécher les cours . Cela, simplement parce qu’il n’y avait pas cours lors des grèves et des manifestations des années 90, grèves et manifestations auxquels Laurent Ggbagbo n’était pas étrangers en tant qu’opposant, d’où la composition de ce verbe à partir de son nom.

Gbaeur : selon le contexte, signifie grand orateur ou bonimenteur, ou encore élève qui sèche les cours. Exemple : en prévision de la présidentielle de 2020, les gbaeurs de la politiques ivoirienne s’affrontent déjà par gbaement interposés.

Gbaement : discours, boniment, bavardage. Exemple : les gbaements des défenseurs de Guillaume Soro ne perturbent aucunement Jeune Afrique qui a réaffirmé tout ce qu’il a dit sur ce dernier.

Proverbes nouchi du jour

  • « C’est quelqu’un on connaît pas, on appelle « eh » !». Traduction : « Une personne avertie en vaut deux ». Exemple : après la découverte des armes chez son chef de protocole, le Président de l’assemblée nationale ivoirienne, ancien chef rebelle, se défend d’en être le propriétaire. Mais le pouvoir l’a à l’œil,  c’est quelqu’un on connaît pas on appelle « eh ! ».
  • « Cabri mort n’a pas peur de couteau ». Explication: une personne qui se trouve dos au mur, ou qui n’a plus rien à perdre, n’a pas froid aux yeux. Elle peut s’avérer très dangereuse. Exemple : soupçonné par le camp Ouattara de velléité de coup d’État, désigné par Jeune Afrique comme un loup caché sous une peau d’agneau, et recadrer par Konan Bédié, le Président de l’assemblée nationale de Côte d’ivoire et ancien rebelle, ne sait plus où mettre de la tête. Mais attention à lui : cabri mort n’a pas peur de couteau.
  • « C’est pas parce que bras est en haut qu’il va penser qu’il est grand-frère de pieds ». Explication : ce proverbe appelle à l’humilité des aînées, au partenariat ainés et plus jeunes, à la communion entre générations, à l’esprit de discernement également. Exemple : toutes les décisions de Konan Bédié, président du PDCI qui en est par ailleurs le principal financier, ne doivent souffrir d’aucune contestation, même quand elles vont contre les intérêts du parti qu’il dirige. L’appel de Daoukro tant contesté par la jeune garde du PDCI, mais qui a fini par s’imposer à elle, en est l’exemple, c’est pas parce que bras est en haut qu’il va penser qu’il est grand-frère de pieds.
  • « Même quand c’est mort, ça pisse ». Explication : proverbe sexuel relatif au sexe masculin qui veut dire que la verge ne sert pas qu’aux rapports sexuels. Plus clairement, l’impuissance n’est pas synonyme d’inutilité. Exemple : en dépit de son incarcération à la Haye, Laurent Gbagbo a une forte influence sur la politique en Côte d’Ivoire. Même quand c’est mort, ça pisse.
  • « Son gros oh, son petit oh, ça pisse » : Proverbe sexuel également. Explication : l’utilité du sexe ne dépend pas de sa grosseur. Interpelle aînés et jeunes gens. Appelle les premiers à  de la considération pour les seconds, incite les jeunes gens en la confiance en leur capacité.  Exemple : « Difficile de voir des jeunes  gens influents en politique en Côte d’Ivoire. Les plus en vue sont : Konan Bédié, 80 ans, Alassane Ouattara, 75 ans et Laurent Gbagbo 72 ans. Or pourtant « Son gros oh, son petit oh, ça pisse ».
  • « Qui connaît papa de chien ? » Explication : une chienne errante s’accouplant ici et là, il est vraiment difficile de connaitre le père de ses petits. En clair, les projets malsains n’ont pas de père ou l’irresponsabilité est un fait. Exemple : les fréquentes mutineries en Côte d’Ivoire ont réveillé des mauvais souvenirs dans l’esprit  des Ivoiriens qui n’ont de cesse de se demander qui est le père de la rébellion de 2002, source de tous leurs malheurs. Qui connaît papa de chien ?
  • « Est-ce qu’on demande si ya blancs en France ? » Explication : il ne souffre d’aucun doute qu’un pays d’Europe est habité de blancs. Ce proverbe signifie : « c’est une évidence ». Exemple : après avoir été secrétaire général de syndicat, chef rebelle, ministres, premier ministre, et en ce moment président de l’assemblée nationale, Guillaume Soro vise le poste de Président de la République. Est-ce qu’on demande si ya Blancs en France ?

Expression nouchi du jour

  • « Montrer qui a mis l’eau dans coco. » C’est une retranscription littérale d’expression en langue locale qui interpelle sur le réel créateur du monde, celui qui est à l’origine de toutes choses. Dans sa pratique, il signifie aussi : rendre son compte à quelqu’un, ne pas faire de cadeaux. Exemple : Avec leurs différentes mutineries qui se soldent par une satisfaction de leurs revendications, les mutins ivoiriens montrent sans cesse au pouvoir qui a mis l’eau dans coco.

Le nouchi, ce langage ivoirien qui apparemment n’a rien d’académique, est pourtant d’une subtilité et d’une densité remarquable.  Que ce soit par les mots, les proverbes ou les expressions, il rend avec une précision chirurgicale, souvent insoupçonnée, ce qu’il exprime, notamment  l’actualité politique ivoirienne.

*RDR : rassemblement des républicains. PDCI : parti démocratique de Côte d’Ivoire. RHDP : rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix

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Initiative citoyenne en Côte d’Ivoire : les scouts Les Siamois et l’ONG Jade donnent l’exemple

L’initiative citoyenne est une stratégie de développement fondée sur des actions de citoyens lambda.  Le groupe scout Les Siamois et l’ONG jeune en action pour le développement (jade) l’ont si bien compris qu’à leur initiative une cérémonie de récompense des meilleurs élèves du primaire et des lauréats des concours du programme Recréation  de l’Excellence a été organisée le 27 mai 2017 au groupe scolaire Fé-N’djé d’Aboboté (Abidjan).

Deux lauréates de cette journée de l’excellence. Crédit photo Aly Coulibaly

Lors de cette cérémonie, les lauréats, les trois premiers du cours préparatoire au cours moyen ainsi que les vainqueurs des concours Mini Bagnon (plus beau garçon) et Miss ont reçu une attestation et des kits scolaires. Peu, serait-on tenté de dire. Soit, car l’initiative était non seulement bonne et instructive, mais de cette cérémonie ressort également plusieurs enseignements.

  • Une initiative bonne et instructive

Le projet d’organiser cette cérémonie de récompense est louable et sert de modèle à plusieurs titres.

Elle éveille dans un premier temps l’intérêt des plus grands, des jeunes gens qui en sont  les initiateurs et  organisateurs (Les Siamois et l’ONG jade), pour les plus petits (les écoliers), les lauréats. Le resserrement des liens entre grand-frères et petits frères n’en est que plus affirmé, surtout dans un environnement social où par manque de modèles ou de repères et abandonnés à eux-mêmes les enfants sont des proies faciles pour les bandes de microbes (petits délinquants d’Abidjan) qu’ils sont tenté de rejoindre. N’oublions pas que le groupe scout, Les Siamois, l’ONG jade et les lauréats sont tous de la commune d’Abobo, le nid des microbes à Abidjan.

Cette cérémonie dévoile dans un seconds temps la capacité des jeunes gens à s’occuper, qui plus est de projets à long terme, sans attendre une quelconque aide de la part du gouvernement (qui a d’autres chats à fouetter avec les primes aux mutins). Il va sans dire que c’est déjà pour ces jeunes gens une formation pratique aux initiatives citoyennes  et des perspectives d’entreprises et d’emplois.

Chapeau aux Siamois et à l’ONG jade dont le représentant est l’illustre chef Badra, qui par cette simple initiative, arrivent à sortir de la peau de l’éternel jeune et désœuvré qui est à la merci des politiques bombes et  de l’immigration. Ils arrivent ainsi non seulement  à endosser le statut de Responsable, mais le plus merveilleux, ils y préparent, par la même occasion leurs petits frères en les stimulant au travail par leurs dons. Encore une fois toutes nos félicitations !

Lauréate recevant son prix. Crédit photo Aly Coulibaly
  • Les enseignements

Le premier enseignement que dévoile cette cérémonie est qu’il y a également du talent dans les quartiers défavorisés de nos villes et communes, tant pour les études que pour les activités culturelles. Et c’est peu dire car quand il s’est agit de danser lors des battles en danses, ou lors de simples imitations, ou encore pendant  les prestations, les enfants ont fait preuve d’un génie et d’un savoir-faire extraordinaire à faire noircir de jalousie les artistes et autres danseurs professionnels.

Pour ce qui est des études, l’enseignement principal à tirer est que les filles sont plus brillantes que les garçons car elles ont raflé la majorité des prix, de plus avec des mentions très bien. Raison de plus pour le lancement de campagnes de scolarisation à 100 % des fillettes tant dans nos campagnes qu’en ville car à Abidjan même, malgré  le fait que l’école soit désormais obligatoire en Côte d’Ivoire, l’on a encore des fillettes vendeuses ambulantes ou filles de ménages dans les maquis ou encore employé de maison. Il faut également plus d’attention pour les garçons. Tiraillés que sont ces derniers entre les études et les actions culturelles,  notamment la danse, et même le football et quelques fois les bricoles, ils finissent par ne réussir dans aucun de ces domaines quand ils ne s’adonnent pas à la drogue. C’est en somme d’un véritable programme éducatifs mettant très tôt l’accent sur les compétences de l’enfant dont ont besoin les écoliers.

Jeune lauréat pour la photo. Crédit photo : Aly Coulibaly

– Un autre enseignement et non des moindre, c’est la valeur des initiatives citoyennes. Les prix reçus par les lauréates et lauréats n’étaient certes pas extraordinaires, mais à la lecture de l’émotion sur les visages tant des enfants que de leurs parents, on peut prétendre que pour eux c’est déjà une fierté de savoir leurs efforts reconnus et récompensés. Comme quoi, les gens ne veulent pas de milliards, mais juste de la considération et de l’estime. Et c’est ce dont a fait preuve le groupe Scout les Siamois et l’ONG jade ce 27 mai 2017. C’est certain que l’engouement qu’a suscité cette cérémonie de récompense stimulera encore plus les enfants dans leurs efforts scolaires.

Vivement  l’édition 2018 de cette belle initiative citoyenne à laquelle la famille Mondoblog était symboliquement représentée par  des mondoblogueurs !

Scout Siamois, ONG jade, journalistes et Mondoblogueurs pour la photo de famille. Crédit photo :Aly Coulibaly

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Petit lexique ivoirien 3, encore le Nouchi

Avec la récente mutinerie en Côte d’Ivoire, le grand public a certainement fait connaissance avec un parler français entièrement à part à travers les interventions de mutins dans les médias. C’est le fameux Nouchi que  je vous ai déjà fait découvrir dans les billets précédents : le petit lexique ivoirien 1 et ; et de façon plus pratique dans les billets : Vive la francophonie : au cœur du parler français ivoirien  1 et 2  ainsi que dans cet autre billet : Depuis le territoire quivoirien : Exclusivité, dans le secret des négociations gouvernement-mutins. Je  vous propose encore de découvrir le Nouchi mais cette fois-ci selon un lexique en rapport avec l’actualité ivoirienne.

Lexique de la guerre

  • Gbangban: le gbangban, c’est la guerre, les troubles graves comme dans cette phase : « Après une dizaine d’années de gbangban, la Côte d’Ivoire renoue encore avec ses gbangbans en raison des récentes mutineries dans l’armée ».

Ce terme, comme en indique la sonorité, est une onomatopée. Ce n’est qu’une retranscription des bruits de canon et d’armes à feu. Il faut préciser à ce titre que gbangban a pour synonyme Froufrou terme dioula signifiant être dessus-dessous. En nouchi, on pourrait dire : Avec les mutineries, y’avait froufrou au pays ou, littéralement, tout était mélangé au pays.

  • Dja: tuer ; les djaerie : les tueries. Exemple : Quatre personnes ont dja (ont été tuées) pendant la dernière mutinerie en Côte d’Ivoire. Le pays a ainsi renoué avec les djaeries.
  • Fraya: s’enfuir ; le frayali : la fuite. Exemple : Avec l’arrivée de Ouattara au pouvoir, des pro-gbagbo ont fraya du pays. Certains auraient emporté des milliards pendant leur frayali.
  • C’est gâté … : situation invivable. Exemple. Pendant la mutinerie, c’était gâté à Bouaké pendant 4 jours !
  • Lorsque l’on entend : « C’est gâté à Babi ! » (Babi = petit nom d’Abidjan parce que ses habitants seraient des frimeurs) pas la  peine de chercher à savoir ce qui se passe, faut tout de suite djo dans pisce (rentrer chez soi) parce que ya gbangban.
  • Le sens de cette expression dépend cependant du contexte : C’est gâté à Babi signifie en effet aussi : la joie est immense à Abidjan si bien que tout est permis. Exemple: Après la victoire des Éléphants à la CAN 2015, les jeunes ivoiriens s’écriaient : « C’est gâté à Babi !  » et c’était vraiment gâté à Babi toute la nuit.
  • Expression voisine : gâter le coin: émerveiller, réaliser des prouesses. Cette expression peut être péjorative, notamment dans cet exemple : Les mutins de l’armée ivoirienne ont gâté le coin par leurs prouesses langagières.
  • Violer ou abuser sexuellement d’une personne, nouvelle arme de guerre, s’exprime en Nouchi. Il se dit bri-mougou. Composé de deux mots bri = brigand et mougou= avoir des rapports sexuels. Littéralement, bri-mougou peut se traduire : avoir des rapports sexuels forcés, c’est à dire violer. Exemple : Au plus fort de la crise ivoirienne, dans l’ouest du pays notamment, des femmes, des hommes et même des enfants ont été bri-mougou.
  • Mono: le soldat. Les mutins ivoiriens étaient des monos.
  • Gaumon: policier. La confrontation gaumon-démobilisés à Bouaké a fait quatre morts du côté des démobilisés.
  • Tosse: un pistolet
  • L’adjectif bombe: exemple dans les expressions : un président bombe, un footballeur bombe, une go bombe, un gars bombe, etc … simplement pour signifier que la personne qu’on qualifie de bombe n’est pas fiable. Elle pourrait vous mettre dans des situations embarrassantes. Exemple : Il n’a fallu que quelques heures après la cérémonie de pardon pour qu’ADO (Alassane Dramane Ouattara) sache que des anciens rebelles demeurent des militaires bombes.

Un lexique plus ludique

  • Tchatcho ou se Tchatcho, ou simplement se Tcha: se dépigmenter. Exemple : En Côte d’Ivoire, il n’est pas rare de voir des moussos (femmes), même des môgôs (hommes) se tchatcho pour paraître Zo (plus belle ou plus beaux).

Tchatcho est le surnom d’un célèbre artiste congolais, pour ne pas citer son nom, au teint suspectement clair. Les mélomanes l’ont certainement reconnu.

Tchatcholi : la dépigmentation. Exemple : Le tchatcholi devient la mode en Afrique, à Babi particulièrement.

  • Gaou: personne peu civilisée. A pour féminin gaoise et pour synonyme : brézo. Exemple : premier gaou n’est pas gaou
  • Être dans pain : avoir des ennuis : exemple :  Soul To Soul  est dans pain depuis la découverte d’armes dans sa villa.
  • Tracer: marcher sur une longue distance. Exemple : Si jamais gbangban te trouve loin de chez toi, tu seras obligé de tracer pour rentrer. Synonyme  de tracer : déchirer ou gbagboter (du nom de l’ex président de la Côte d’Ivoire dont l’opposition au pouvoir d’antan a été marqué par des marches de protestation, d’où  le verbe gbagboter)

Proverbes nouchi du jour

  • « Enfant de bosse, c’est bosse ; ami de bosse, c’est ropero»

Explication : l’ami du riche ne sera jamais son parent, au contraire, c’est un profiteur. Donc, mieux vaut (se chercher) chercher à se réaliser que de se lier d’amitié avec un riche avec l’espoir de profiter de sa richesse, c’est une perte de temps.

Ropéro =  profiteur. Ce proverbe a pour auteur le rappeur ivoirien Suspect 95.

  • « C’est « non» qui envoie palabre.»

Explication : la roublardise permet de se débarrasser d’interlocuteurs gênants.

Exemple : Plutôt que de rejeter les revendications des démobilisés,  le ministre de l’intérieur les a trouvées compréhensives sans pourtant promettre de les satisfaire. Ces derniers sont rentrés gentiment chez eux, c’est « non » qui envoie palabre.

Le Nouchi, langue officieuse ivoirienne des centres urbains, dévoile encore une fois sa richesse grâce à son caractère apparemment entièrement à part, mais qui en réalité est le résultat du vécu des Ivoiriens, de leur pratique du français et des langues locales.


Depuis Le territoire quivoirien : Exclusivité, dans le secret des négociations gouvernement-mutins

En début de semaine dernière, les mutins quivoiriens ont regagné leurs casernes après quatre jours de terreur, mais surtout après avoir obtenu « leur argent » : le reliquat de leur prime. Mais ce que l’on ignore, c’est comment se sont déroulées les négociations avec le gouvernement quivoirien. Ce que nous vous dévoilons maintenant en exclusivité car comme le diraient les célèbres « sorbonnards » du quartier des affaires : « Vous, vous regardez la télé, quant à nous, nous  regardons dans la télé » *:)) Marrant. Ceci dit, on y va pour ces négociations, comme si  vous y étiez.

https://www.google.fr/search?site=&tbm=isch&source=hp&biw=1024&bih=489&q=image+de+mutins+ivoiriens&oq=image+de+mutins+ivoiriens&gs_l=img.12...546268.553003.0.556541.25.17.0.0.0.0.1120.2135.2-1j1j1j7-1.4.0....0...1.1.64.img..21.1.1110...0j35i39k1.kDXUImbPrkM#imgrc=2gKA_L68rxFKUM:
Crédit photo RFI

Sont  présents à ces négociations :

Pour le gouvernement quivoirien :  Warry Fatchè alias papa de l’argent : le Président quivoirien ; Monbon Petit : le ministre quivoirien de la défense, assisté des dignitaires quivoiriens du parti présidentiel, éventuellement interprètes entre officiels quivoiriens et mutins. Il faut souligner qu’en tant que nouveaux riches, ces dignitaires peuvent également servir à autre chose, ce pour quoi Warry Fatchè, sans le leur faire savoir, les a invités à assister à ces négociations.

– Pour les mutins quivoiriens : Commando Légé ; Mahandou AK47 ; Moutcho RPG ; Corbillard Sans Moteur, Je suis pas dans discours, Astou Grenade.

Salle de crise du palais présidentiel pour les affaires qui font transpirer beaucoup, rendent en bouillie tout ce qui se trouve dans l’estomac et font aller au water toutes les 10 minutes. Ça fait aussi faire les valises en attendant, parce qu’on ne sait jamais *:)) Marrant. Tout le monde est présent. Warry Fatchè et Monbon Petit ainsi que  les dignitaires sont assis à une table en face des représentants  des mutins qui sont debout.

Warry fatchè  est très en colère, aux mutins,

Oui ! (Soudain tirs en l’air des mutins et cris de joie. Warry Fatchè, Monbon Petit, et les dignitaires, apeurés  plongent sous la table.) *:)) Marrant

                  Warry fatchè, très en colère et apeuré à la fois,  aux mutins,

Ya quoi ? !!!

Commando Legé est surpris,

Ah Baba (papa), Mais tu as dit « oui », non ?

Moutcho RPG

Tu as accepté de donner le reste nous l’argent, non ? Nous on est enjaillé (content), c’est pour ça on zagazaga en l’air.

                                   Warry Fatchè semble ne rien comprendre  

                                              aux dignitaires,

Qu’est-ce qu’ils disent ?

Les dignitaires, en chœur, tout bas

Les sauvages ! *:)) Marrant(Puis, plus haut) On ne parle plus leur langage depuis bien longtemps. Mais on peut tout de même tenter de traduire. Ils tirent en l’air de joie, parce qu’en disant « oui », pour eux tu as accepté de leur reverser de ce que tu leur dois.

Warry Fatchè est scandalisé,

Qui est-ce qui leur doit ? (Puis catégorique) En tout cas, moi je ne dois à personne dans ce pays.

                                    Mahandou AK47 pointe son arme vers les dignitaires qui manquent de faire ça sur eux

Baba, eux là, c’est des mateurs (menteurs), des noucis (malhonnêtes) comme ça ! Faut gbaer (discuter) avec nous en live, chap chap (au plus vite), sinon bouche de kalache là va changer de direction (Il pointe son arme en direction de Warry Fatchè soudain pris d’une forte transpiration.)

Les dignitaires sont comme soulagés, à Warry Fatchè

Ah Baba, nous, on enlève notre bouche dans votre affaire.

Warry Fatchè ne comprend pas,

Moi, mon affaire ?

Les dignitaires supplient,

Baba, faut causer avec eux.

Corbillard Sans Moteur, à Warry Fatchè

Ah Baba, faut causer avec nous, sinon gbangban n’est pas gbangban  (il y aura pire). Nous, on n’est pas les maudits de démobilisés qui n’ont pas kalaches là.

Warry Fatchè est plus calme, aux mutins,

« Oui » veut simplement dire : « Je vous écoute ».

Les mutins sont surpris, en chœur,

Ah ! (Puis  pointent leurs armes sur Warry Fatchè qui transpirent à grosses goutes)  Bon, le reste de nous l’argent !

Warry Fatchè, avec regret,

Ya pas l’argent.

IB Lance Roquette

Safroulaye !!! *:)) Marrant

Corbillard sans moteur

Ah Baba !!!

Je suis pas dans discours

A ko di ? (Il dit quoi ?)

Moutcho RPG

Tu n’a qu’à le demander.

Warry Fatchè s’empresse de répéter,

Ya pas l’argent…

                     Mahandou AK47 pointe son arme sur Warry Fatchè dont le costume ne demande qu’à être séché,

Mais toi, tu manges quoi ? (Il pointe ensuite son arme vers les dignitaires qui tremblent sur eux-mêmes) Eux là aussi, ils mangent quoi ?

 Warry Fatchè

Vous n’avez pas appris que les cours du cacao ont diminué ?

IB Lance Roquette

Non, nous, on veut pas lot *:)) Marrant, c’est notre jeton qui nous intéresse.

Warry Fatchè, ne comprend pas,

Monbon Petit, est agacé, aux mutins,

C’est pas affaire de maison. Président veut dire que prix de cacao a diminué.

Les mutins, en chœur

Est-ce que nous, on plante cacao ? *:)) Marrant Notre cacao, c’est la guerre !

Mahandou AK47 est très énervé,

Nous, on a fait guerre à crédit. On a kètèkètè (s’arranger) pour avoir avance. Premier gaou n’est pas gaou, c’est le reste de jeton là on veut que Baba n’a qu’à nous donner kabakaba (dès maintenant) avant de fraya (quitter le pouvoir), c’est tout !

Astou Grenade

Sabari (pardon) show là, nous on n’est pas dedans. On n’est pas des gnata (idiots). (Elle crie) Notre jeton, ou bien gbangbnan (des troubles) !!!

Warry Fatchè est presqu’en larmes, aux mutins,

Vous voulez me honnir une troisième fois devant la communauté internationale ? Après tout, je suis pour vous un père.

Je suis pas dans discours est  très remonté, à Warry Fatchè

Le père (grand-frère en nouchi), On ‘a te mettre dans pain (créer des ennuis) si tu donnes pas le reste nous jeton *:)) Marrant. (Il pointe son arme vers les dignitaires) Tous les môgô-malheur (oiseaux de mauvais augure) là vont être condiments. (Il donne un bisou à sa Kalache) Eh Djah (Dieu), on va faire plaisir (Ce sera un jeu d’enfants) ! Nous, on n’est pas les démobilisés là  oh.

Warry Fatchè,

Ya pas l’argent,  vous ne comprenez pas ? Le cacao ne marche plus comme avant. On est en surproduction si bien que  le prix a baissé sur le marché international.

Astou grenade

Je comprends pourquoi mon komo  (père) va vendre pour lui de l’autre côté de la frontière. (Elle crie)  Et puis d’ailleurs,  faut pas nous prendre pour bête : c’est le cacao de qui qui est venu s’ajouter à pour nos parents, pour qu’aujourd’hui, soudain on produise plus que d’habitude ? (Elle pointe son arme vers les dignitaires et crie plus fort) Vous-là, qui a caché son cacao pour espérer gagner quand le prix allait être élevé sur le marché ?

                                             Warry Fatchè sursaute, mais avec émotion pour calmer les mutins

Les paysans souffrent, et vous, vous voulez de  l’argent ?

Moutcho RPG, à Warry Fatchè,

Et jeton de nouveau CAISTAB là ?

Warry Fatchè sursaute encore,

Vous êtes sûrs que vous êtes des mutins ?

Les dignitaires, à Warry Fatchè,

Baba, ça pourrait être tes opposants qui ont loué des treillis !                                    

Astou Grenade

C’est le ventre du nageur on voit pas, sinon on voit son dos.

Corbillard Sans Moteur

Donc, on vous voit. C’est pas parce que tu  as cassé tes yeux que tu vas penser qu’on te voit pas. C’est toi qui vois pas ho, sinon nous, on te voit.

                                    Les mutins pointent leurs armes vers les dignitaires, puis en chœur,

Ya pas jeton, et puis les maudis là sont devenus paquet  paquet (ont pris du poids) et puis ciré ciré comme ça ?

Warry Fatchè

Vous êtes vraiment sûrs que vous n’êtes pas des opposants ? Je sais,  c’est un coup monté.

Les dignitaires  sont très alertes,

Oui ! Baba, c’est un coup monté par les opposants qui sont à la CPI (cours pénale internationale).

Warry Fatchè est suppliant, aux mutins,

Les enfants, le cacao ne marche plus sinon, j’allais vous donner votre argent. Je suis un homme de parole. Vous  me connaissez.

Mahandou AK47

Cacao marche plus, non ? Si on fabriquait chocolat que les gens pouvaient payer au pays ici, si on faisait liqueur de cacao, sirop de cacao ; avec cabosse là même on peut fabriquer et puis faire beaucoup de choses encore ; si on faisait tout ça là, est-ce qu’on allait avoir problème avec cacao aujourd’hui ?

Warry Fatchè

Vous prétendez être des mutins, alors que vous êtes des opposants*:)) Marrant. Ça suffit, vous aurez votre argent sinon, vous finirez par me déshabiller devant mes compatriotes quivoiriens et le monde entier.

Les mutins sont très graves,

Et puis chap chap (au plus vite) !

Warry Fatchè

Avec votre diarrhée verbale là, situation oblige : chap chap est mieux. Chap chap.

Les mutins crient de joie

C’est propre ! (mission accomplie !)

Warry Fatchè  crie, aux dignitaires,

C’est le moment de passer  à la caisse ! Allez, la contribution de chacun !

Les dignitaires sont dépités,

Ah baba !!!

Warry Fatchè est très en colère, crie,

Quoi, ah baba ? Qui étiez-vous avant que je sois au pouvoir ? Où avez-vous eu l’argent qui vous as permis de créer vos structures, vos sociétés, de construire des immeubles, de posséder des terres, etc. ? Qui vous octroie les marchés publics ? Qui vous vend les sociétés d’État, de plus à bon prix ?  Et d’ailleurs, où vont vos bénéfices ? Un rond, je ne vous ai jamais réclamé. C’est le moment de passer à la caisse. Vermine !

Les dignitaires murmurent,

Ce n’est pas grave ; ce qui est sûr, nous sommes toujours  au pouvoir, nous allons nous rattraper. (Ils font sortir des chéquiers et signent des chèques qu’ils tendent ensuite à Warry Fatchè).

Épilogue.

Et les mutins qui voient plus qu’ils en ont l’air obtinrent l’argent. Et depuis, ils ont rangé leurs kalaches et font à nouveau des folies, le temps de reprendre ces kalaches pour d’autres revendications. Dans un communiqué, Warry Fatchè, le président quivoirien, expliqua ses largesses vis-à-vis des mutins par la paix sur le territoire quivoirien dont les syndicats, après l’épisode des mutins, jurent de faire bouillonner le front social pour obtenir la satisfaction de leur revendication car, apparemment, la Quivoirie est un pays riche. Avec ces manifestations qui s’annoncent, Warry fatchè aura vraiment l’occasion de prouver que la paix est sa priorité en Quivoirie ; surtout que les démobilisés quivoiriens, qui de leur côté,  voient rien venir comme argent, se mobilisent pour immobiliser le pays. D’autres négociations croustillantes s’annoncent.

 

Ps : Cette scène est une fiction

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Fin des mutineries en Côte d’Ivoire : Et si la démission de « ADO La Solution » était la solution

Le mercredi 10 mai 2017, s’est tenue au palais présidentiel d’Abidjan, une cérémonie de pardon, au chef de l’État. Lors de celle-ci, les délégués des soldats mutins du mois de Janvier ont renoncé aux  7 millions de francs CFA de  reliquat de la prime de 12 millions que le président de la République s’était engagé à leur payer. Coup de théâtre parmi les soldats : oui pour le pardon à un père, mais non pour le renoncement au butin de guerre. Et depuis, les bruits de bottes se font encore entendre  à travers le pays, notamment à Bouaké. Les Ivoiriens, déjà traumatisés par de longues années de crise, sont naturellement fatigués de cette situation. Cependant, le tout n’est pas d’être fatigués, mais de trouver une solution contre ces fréquentes mutineries. Et La solution pourrait venir du premier citoyen, le président  Ouattara, dont la démission mettrait un terme aux sauts d’humeur des anciens rebelles reversés dans l’armée ivoirienne.

https://www.google.fr/search?as_st=y&tbm=isch&hl=fr&as_q=alassane+dramane+ouattara&as_epq=&as_oq=&as_eq=&cr=&as_sitesearch=&safe=images&tbs=sur:f#imgrc=jh2aEpu2031dxM:
Alassane Ouattara, CC Wikimedia Commons

Les anciens rebelles reversés dans l’armée ivoirienne, parce que c’est bien d’eux qu’il s’agit, n’ont le courage de réclamer des primes que parce que c’est  Alassane Ouattara qui est au pouvoir.  Pour comprendre cela il suffit de faire un retour dans le passé.

  • Petit rappel historique

En 2002, Les rebelles expliquaient  leur insurrection par le prétexte que les populations originaires du nord de la Côte d’Ivoire, dont ils se réclament, étaient marginalisées. Il leur était par exemple compliqué d’avoir des cartes d’Identité. Mais le principal argument qu’ils avançaient pour expliquer leur prise des armes était que, à cause de l’ivoirité, l’un des leurs, à l’époque le premier ministre Alassane Dramane Ouattara, était empêché, d’accéder à la tête de l’État.

Quinze ans après et lors de son 2nd mandat présidentiel, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’objectif poursuivi par les anciens rebelles, a été bel et bien atteint. D’où certainement ces fréquentes saugrenues revendications au régime Ouattara car il va sans dire que  c’est à lui qu’a profité la rébellion.

Forces spéciales ivoiriennes Crédit photo rfi.fr

L’entêtement des mutins  à recevoir leur prime s’explique d’autant plus que bientôt, dans trois ans exactement, comme l’exige la constitution ivoirienne, et comme il s’est également engagé à la respecter, Ouattara quittera le pouvoir. Pour les mutins c’est donc Maintenant ou jamais, surtout que le président  n’aurait pas non plus exclu de quitter le pouvoir avant la fin de son mandat.  Pourquoi pas maintenant ?

  • Retour dans le présent

Apparemment là où Alassane Ouattara s’était présenté comme la solution à  tous les problèmes de la Côte d’Ivoire, les anciens  rebelles tendent à faire de lui le problème pour la Côte d’Ivoire. Il a néanmoins l’occasion de rester Solution en démissionnant, car un nouveau président, d’un autre parti notamment, en l’occurrence le vice-président Kablan Duncan, ne serait redevable de rien aux anciens rebelles. Ces derniers se contenteront des places qu’ils ont gracieusement obtenues prioritairement dans l’armée, la gendarmerie, la police, les douanes, l’administration publique, etc. à la suite de la crise.

Le président Ouattara doit être conséquent. En démissionnant, c’est sûr que le plan de vie et de retraite de certains  dignitaires de son parti est compromis, mais il a l’occasion de prouver que la modification des institutions, notamment la création du poste de vice-président n’est pas juste pour tempérer l’impatience du PDCI (parti démocratique de Côte d’Ivoire) d’accéder  au pouvoir, ou pour éloigner le pouvoir du président de l’assemblée nationale, Soro Guillaume, ancien chef de la rébellion dont ce sont comme par hasard, les anciens éléments qui se mutinent sans cesse, et qui entretient un conflit sournois avec le régime dont il est censé être l’allié. Vraiment, chasser le rebelle, il revient au galop. enfin, soit.

  • Le merci de la nation à un grand bosseur

Que le Président Ouattara n’ait aucune crainte en démissionnant,  la Côte d’Ivoire se souviendra de lui comme celui qui a éloigné du pays, le sceptre de la déstabilisation et de l’instabilité durant tout son mandat…  Et que dire toutes ces réalisations que les anciens régimes n’ont pu effectuer à cause de l’instabilité politique : La rénovation des universités publiques, Prolongement de l’autoroute du Nord jusqu’à Yamoussoukro, le troisième pont d’Abidjan, la réhabilitation des voix à Abidjan comme à l’intérieur du pays; et que dire de la fameuse croissance à deux chiffres  qui ne profite certes pas aux populations, mais qui pourrait s’annuler en cas de nouvelle déstabilisation. Il  y a certes des limites à son régime, mais il ne pouvait réaliser plus qu’il en était capable.

  • Quand l’histoire est têtue

Pour terminer, en décembre 1999, c’est par des revendications d’argent que le régime de Konan Bédié prit fin  à la suite d’un coup d’État militaire. Et comme par hasard, ce sont ces mêmes militaires, qui réclament  encore de l’argent. Pire, ce sont les hommes de certains acteurs du coup d’État de 1999, les fameux éléments de l’ancienne FIRPAC (Force d’intervention rapide para-commando : Chérif Ousmane et autre…

Il vaut donc mieux  pour le président  de sortir par une porte, aussi petite soit-elle, que de sortir par la fenêtre avec tout ce que cela comporte comme conséquences. Ses trois prédécesseurs  à la tête de l’État en savent quelque chose.

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Côte d’Ivoire : quand La Solution devient Le véritable problème

Ce titre doit bien faire jubiler car la solution, c’est l’un des mille et un surnoms d’Alassane Dramane Ouattara, le président ivoirien. C’est le petit nom qu’il avait choisi lors de la présidentielle de 2010 : « ADO, La Solution », disait on. Les TSO (tout sauf Ouattara), les DAO, (déçus d’Alassane Ouattara) et autres assimilés doivent  se réjouir en lisant ce titre car pour eux le véritable problème de la Côte d’Ivoire serait son président actuel. Et c’est vraiment là le problème.

https://www.flickr.com/photos/stephanegoue/2919680420/in/photolist-bnXZsZ-5s18gA-6oMw53-aHHPJr-9LJRr4-dNtcQ5-dNnKpa-5rTg4x-9qCT4F-5rZptN-9qDapH-urgtWQ-tuD35Y-urT39z-urSGaB-tuNd4g-9qGcLd-9qCRRP
Manifestation contre la cherté de la vie à Abidjan en avril 2008 de Stephane Goue Credit Commons flickr
  • La critique comme solution contre les limites de gouvernance du régime, un véritable problème

La seule solution qu’on a trouvée contre les limites de gouvernance est la critique plutôt que la proposition.  L’on reproche par exemple au régime actuel de la Côte d’Ivoire de faire du rattrapage ethnique et régional.

Ceux qui en parlent disent qu’il s’agit de la nomination des ressortissants de la même région que le président de la République à des postes de responsabilité dans l’administration publique et  à la tête des institutions nationales. Peu importe que cela soit vrai ou faux. Le plus important en mon sens, c’est : Que propose-ton comme solution pour éviter telle dérive si elle a vraiment cours, et toutes les autres qu’on pourrait également reprocher au régime ?

Pour toujours rester dans l’exemple  de l’esprit du rattrapage ethnique, dans le passé, les opposants au régime du parti unique d’Houphouët-Boigny, puis du régime de Konan Bédié les avaient accusés de s’accaparer le pouvoir, concentré paraît-il dans le groupe akan, groupe ethnique auquel appartenait le premier et dont fait parti le second. Il en a été le cas pour le régime de Laurent Gbagbo, que ses critiqueurs ont qualifié de tribalistes, comme c’est le cas actuellement pour le régime Alassane Ouattara à qui ses critiqueurs font le même reproche.

Finalement, à force de critiquer et de reprocher sans rien proposer en retour, on finit par réaliser également ce qu’on reprochait aux autres quand on accède au pouvoir puisqu’on n’a rien formé de constructif dans son esprit. Et c’est le piège pernicieux dans lequel les opposants des régimes (ce qui reste à démontrer car ils sont plus critiqueurs), et du régime Ouattara en particulier, tombent sans le savoir.

Mais entre nous, une telle stratégie d’opposition n’est pas simple ou inconsciente.  Elle traduit l’intérêt que tous ces critiqueurs ont  pour le bien commun à leur seul profit. Pour parler plus simple, disons qu’on ne pense pas à proposer des solutions parce qu’on est également intéressé par ce que s’accaparent ceux qui gouvernent lorsqu’on sera aussi au pouvoir ou quand un cousin, un oncle ou un neveu y accèdera et qu’on sera bombardé par leur soin à un certain poste. En clair, on est tenté de réaliser également ce que l’on reprochait aux autres. Sinon, comment comprendre qu’en Côte d’Ivoire, ce sont les mêmes choses qu’on reproche (toujours le reproche) aux régimes qui se succèdent à la tête de l’État : tribalisme, népotisme, gabegie, détournement de deniers publics, abus de pouvoir, etc. ?

Avis aux jeunes internautes et autres férus de Facebook  qui font des réseaux sociaux un canal  de critiques de ce qu’on reproche aux régimes. Plus tôt que de faire une pub gratuite, sur ces puissants canaux de communication, pour des régimes dont on ne partage pas les méthodes de gouvernance ou le projet de société, il serait plus utile non seulement de dénoncer leurs dérives, mais également de prendre de la hauteur, de marquer la différence en  parlant de ce qu’on propose contre ce qu’on leur reproche. Ce mouvement ou ce changement de mentalité n’a l’air de rien du tout, or c’est pourtant là une condition sine qua non pour une véritable mutation sociale car il s’offre sans cesse des alternatives.

La solution ne serait alors plus le problème, mais une véritable perspective de progrès pour le pays, ce bien commun par excellence. Et l’ascension spectaculaire du tout jeune président français Emmanuel Macron pourrait constituer une source de motivation supplémentaire  à faire des propositions qu’à verser dans le reproche.

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1er mai, fête du ‘‘travaillement’’ en Côte d’Ivoire

Des billets de banque de Flirck.com CC
Des billets de banque de Flirck.com CC

Sans doute avez-vous déjà entendu parler de ce phénomène qu’est le « travaillement ». Pour rappel, c’est le fait de déverser des billets de banque sur des personnes, juste pour faire le show, du « m’as-tu vu », en clair. Il est né dans les années 2000 avec le couper-décaler ivoirien : en plein spectacle Doug Saga (chanteur ivoirien) jetait des billets de 10.000 francs CFA sur les spectateurs. Cette générosité a fait de lui, de son vivant, l’un des artistes les plus populaires de Côte d’Ivoire. Mais le « travaillement » n’est pas que l’affaire des artistes. Il est vraisemblablement entré en politique.

Oui, le 1er mai, le président Alassane Ouattara a annoncé de grandes mesures en faveur des travailleurs ivoiriens. Des travailleurs ? Disons plutôt des fonctionnaires. Selon le site officiel du gouvernement, je cite :

« Le Chef de l’État SEM Alassane Ouattara a annoncé vendredi 1er mai, le déblocage du salaire de tous les fonctionnaires ivoiriens dès ce 1er mai. Le président de la République qui présidait pour la première fois depuis sa prise de fonction une cérémonie officielle de la Fête du Travail a annoncé au cours de celle de ce vendredi que cette mesure va toucher, en plus des 38.000 dont le salaire a été débloqué en 2014, 113.432 fonctionnaires dont 92.223 enseignants, 14.803 agents de la santé. Cette mesure représente un effort budgétaire de 77, 6 milliards de FCFA consenti par l’Etat, a ajouté le Chef de l’Etat. “ C’est un effort considérable mais nous avons entendu vos cris de cœur, a soutenu le Président Alassane Ouattara devant les représentants des cinq centrales syndicales du pays ».

C’est louable que des pères et des mères de famille aient leur travail rémunéré à sa juste valeur. Et, ce serait faire preuve de mauvaise foi de ne pas reconnaitre que les autorités ont font preuve de justice sur ce plan là. Mais il n’y a pas que les fonctionnaires en Côte d’Ivoire.

Il y a en effet les travailleurs du secteur privé, les paysans, les travailleurs et travailleuses du secteur informel qui composent la majorité des travailleurs. Il y aussi et surtout ces jeunes gens qui, après leurs études, espèrent et doivent avoir un premier emploi. Quels souvenirs garderont toutes ces personnes de la fête du travail ? Aucun. Elles en tireront plutôt une leçon :

Pour se faire entendre des autorités, il va falloir s’époumoner car celles-ci semblent sourdes et aveugles à tout ce qui pourtant saute aux yeux et ne peut être ignoré de personne.

Pour être plus clair, Faisons un panorama de ces actifs ivoiriens que l’on tend à transformer en travailleurs de second plan.

Les paysans

Finie cette époque où l’on disait : « Le succès de ce pays (la Côte d’Ivoire) repose sur l’agriculture ». En effet, les produits des paysans ivoiriens sont sous-payés, victimes qu’ils sont  des intermédiaires en tout genre qui se sucrent avec le fruit de leur dur labeur. Ils sont aussi victimes de détournements. De plus, ils se trouvent dans des régions du pays qui restent enclavée. Elles sont difficiles d’accès si bien que les productions pourrissent sur place quand les coupeurs de route n’y règnent pas en maître. Ces facteurs font que nos paysans, notamment les producteurs du fameux couple café-cacao, croupissent dans la pauvreté. 

Les enseignants des établissements scolaires privés

Ces travailleurs méritent encore cette appellation parce qu’on les voit aller travailler chaque jour ; on imagine donc qu’ils gagnent leur vie. Sinon, en réalité leur rémunération dépend de l’humeur des fondateurs des établissements dans lesquels ils sont employés. Payés à l’heure, ces enseignants là reçoivent un salaire dérisoire (600 francs CFA l’heure pour certains) quand les fondateurs consentent bien sûr leur :

« donner quelque chose ».

Ceux qui osent protester, parce qu’il va falloir au moins payer le transport, s’occuper de sa petite famille, payer son loyer et ses factures, subvenir à ses besoins et avoir une apparence soignée devant les élèves…, ceux-là donc sont simplement mis à la porte. L’offre en emploi étant supérieure à la demande, d’autres ne se font pas prier pour les remplacer. Et c’est pourtant le même manège.

Finalement, ayant réussi la performance de ne pas payer leurs enseignants, les fondateurs se retrouvent en fin d’année avec un bon chiffre d’affaire. Il n’est donc pas étonnant qu’en Côte d’Ivoire, il y ait autant de ce qu’on appelle ici :

«  les écoles boutiques »

En plus du fait que leur revenu soit sujet à problème, les enseignants des collèges et lycées privés sont en concurrence, dans les établissements où ils enseignent, avec ceux des établissements publics, c’est-à-dire les fonctionnaires. Ils se disputent les postes avec ces agents de l’État. Ces derniers ont pourtant un salaire conséquent et constant en plus d’autres avantages. Ainsi l’on se trouve dans une situation absurde où l’État, qui semble accepter cette situation, forme des Ivoiriens pour affamer d’autres Ivoiriens.

Mais, n’étant pas nés de la dernière pluie, nos enseignants du privé savent batailler pour joindre un temps soit peu les deux bouts. Ils s’adonnent, avec la bénédiction des fondateurs incapables de les payer, à la vente de fascicules qui, pour l’occasion, remplacent les manuels officiels d’enseignement. D’autres confectionnent des cahiers d’exercices traités que les élèves ne se font pas prier pour acheter parce que des devoirs de classes pourraient y être tirés, selon les enseignants qui, pour l’occasion, se transforment en véritables bonimenteurs.

Pour s’en sortir, nos industrieux enseignants du privé s’adonnent également à des cours de renforcement. Ce sont des cours bis, mais dont leurs élèves ne prennent part qu’après avoir payé. Et généralement, en plus que les cours soient mieux expliqués lors de ses séances là (ce qui reste encore à prouver), les devoirs de classe y seraient préalablement traités. Il va sans dire que les élèves ivoiriens n’ont encore pas besoin de se faire prier pour prendre part à ces cours qui, pour renforcer, renforce vraiment leurs notes.

Et tout le monde apparemment y gagne, enseignants sous-payés ou impayés, fondateurs mauvais payeurs, et l’État sourd-aveugle, mais surtout incapable de réguler le secteur. Les seuls à sembler gagner, parce qu’ils ne semblent que gagner, sont les élèves dont le niveau se dégradent au fil des années malgré leurs bonnes notes. Ce qui décrédibilise naturellement le système éducatif de la Côte d’Ivoire.

Voilà comment la mauvaise foi et les négligences causent de sérieux problèmes que l’on aura forcement à résoudre dans l’avenir alors que ce temps là aurait pu servir à autre chose. Tous ces problèmes auraient pourtant pu être évités si les autorités s’investissaient à garantir la dignité des enseignants du privé et des travailleurs en général.

Les diplômés

Ces fameux diplômés à qui l’on s’évertue à faire comprendre que le plus important c’est d’obtenir les diplômes. Ils n’ont, par la suite, pas besoin de démontrer qu’ils les ont obtenus au prix de longues années d’étude. Cela, simplement parce que la composition à chance égale lors des concours d’accès à la fonction publique par exemple est encore un mythe. Lors de ces concours, tout est, en effet, une question d’argent. Il faut en effet payer pour réussir. Et cela tend à être un slogan en Côte d’Ivoire.

Les femmes, les jeunes gens et les détenteurs des PME (petite et moyenne entreprise)

Nous avons : ces balayeuses quotidiennes des rues ; ces mères de famille qui quémandent de la petite monnaie aux automobilistes et aux passants ; ces jeunes vendeuses ambulantes, et autres vendeuses au marché dont l’activité les détourne de la prostitution ; ces femmes qui s’occupent de leur famille avec la vente, comme les vendeuses de viande de porc de Gabriel gare (Yopougon/ Abidjan) ; les vendeuses de vivriers ; ces tenancières de maquis ou ces vendeuses d’attiéké, de blissi (banane braisée), de sandwichs, etc. , ces ménagères, premières éducatrices du pays, dont l’activité reste niée et gratuite. Elles ont un mari, des enfants, de quoi manger, un toit où dormir et cacher leur laideur, leur misère et leur échec sociale, de quoi d’autre ont-elles encore besoin ?

Nous n’oublions pas ces jeunes gens, réparateurs de chaussures, coiffeurs, livreurs de pains, blanchisseurs et tous ces autres qui ont le mérite de gagner honnêtement leur vie.

Nous nous souvenons également de ces détenteurs des PME. Ils ont pour meilleurs clients les services municipaux et fiscaux qui, ayant fait d’eux leur vache à lait, ne se privent pas de les harceler.

Le gouvernement n’a certainement pas de milliards pour tous ces travailleurs méconnus, négligés et reniés, mais il pourrait néanmoins reconnaitre la valeur de leur travail d’abord par des paroles d’encouragement ; ensuite par une lutte sérieuse et soutenue contre la corruption dans les services publics, et contre les abus dans le privé, et enfin par des mesures contre la cherté de la vie. Mais pour réaliser tout cela, il faut bien que l’on reconnaisse que ces travailleurs existent. Et quand leur existence est reconnue, il faut bien leur accorder du respect, de l’estime et de la considération. Bah…

Mais, Que serait la société sans les services que ces différentes classes de travailleurs lui fournissent ?

Pour revenir aux fonctionnaires, c’est bien de leur payer ce qui leur revient de droit, mais il serait également louable de mettre l’accent sur la conscience professionnelle. Mais, à quoi servirait de parler de conscience professionnelle à un agent qui a payé pour son admission à la fonction publique ? C’est comme prêcher dans le désert, parce que la 1ère préoccupation de ce travailleur dès sa prise de fonction, c’est s’acquitter de cette dette qui lui a permis de payer sa réussite, et rattraper toutes ses années de galère. Place donc aux pots de vin, dessous de tables, raquettes, surfacturations, détournement, etc.

N’empêche qu’il n’y a pas que des brebis galeuses parmi les agents de l’État. Et même si ce n’était pas le cas, la Côte d’Ivoire ne saurait se payer le luxe de toujours patauger dans la corruption, si en tout cas son projet d’être un pays émergeant dans les 5 années à venir n’est pas juste un fantasme de ses autorités. Mais, comme on le dit, « le poisson pourrit par la tête ». Et l’affaire du détournement des primes des éléphants en est la preuve. Avant donc de mettre les travailleurs ivoiriens aux pas, l’exemple doit être d’abord donné au sein même d’un gouvernement qui a de sérieux problèmes avec l’argent. Et heureusement, les autorités semblent sensibles à cette évidence. Le limogeage du ministre des sports, qui serait impliqué dans cette sombre affaire, en est la preuve.

Pour l’heure réjouissons-nous que grâce au travaillement, il se forme dans le visage du fonctionnaire ivoirien quelque chose comme un sourire. Dans le même temps, souhaitons que cette transformation faciale se propage également au niveau de l’ensemble des travailleurs présents et à venir.

Mais le travaillement, phénomène de spectacle, et véritable raccourci de gouvernance, dont les motivations sont par ailleurs inavouées en politique, ne peut résoudre les problèmes d’aucun travailleur ivoirien. Au contraire il en crée de plus grands, détournant l’attention des uns et des autres des problèmes de fonds : la corruption, le manque d’emploi, le sous-emploi, les abus de pouvoir, l’exploitation, l’immobilisme économique, la cherté de la vie, l’indifférence, voire le mépris des gouvernants ; le tout résumé en un seul terme : PAUVRETÉ.

Plus donc de fête de travaillement le 1er mai, mais plutôt la fête du travail, la vraie, celle pendant laquelle est honorée le travail, ainsi que le travailleur d’aujourd’hui et de demain.

 

 

 

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L’élection présidentielle française vue depuis la Côte d’Ivoire

 

C’est bientôt le second tour l’élection présidentielle française qui oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen. Les Ivoiriens, sans y prendre part, naturellement, s’y intéressent tout de même. Et chacun à sa façon ou selon sa sensibilité.

A César ce qui est à César. Bien que le pouvoir ivoirien n’ait affiché sa préférence pour tel ou tel autre candidat à l’élection présidentielle française, les résultats du premier tour en Côte d’Ivoire donnant François Fillon en tête parlent bien de son choix.  Automatiquement, on se souvient aisément de l’amitié entre le président ivoirien Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy, amitié que le premier a prouvée en étant au chevet du second en 2012 après la défaite de celui-ci devant François Hollande.  Comme quoi, bien qu’il ne  l’ait pas affiché, certainement pour ne pas fâcher l’ami Sarkozy, battu  aux primaires de la droite par Fillon, le pouvoir avait bel et bien son choix, autant que l’opposition d’ailleurs.

Vue du Plateau, quartier d'affaire d'Abidjan de RyansWorld / commons wikimedia.org

L’opposition ivoirienne, la non-officielle, les Gor, entendons  la tendance Gbagbo ou rien avait également son candidat. Avait parce qu’il n’est malheureusement plus de la course. Il s’agit en effet Jean-Luc Mélenchon dont les journaux proche de cette tendance du Front Populaire Ivoirien (FPI) gratifiait ses  partisans de propos qu’auraient tenus ce dernier en faveur de Laurent Gbagbo ou contre la CPI (Cour pénale internationale). Malheureusement, les Gor ne prennent pas part au vote français.

Mais l’espoir ne serait pas perdu car ils  peuvent encore se rapprocher de Marine Le Pen. Au plus fort de la crise ivoirienne en effet,  le Front national français et front populaire ivoirien avaient en effet tenté un rapprochement qui apparemment  était encombrant pour l’un et l’autre. Les Frontiste français ne pouvant, dans le temps,  expliqué un rapprochement avec un Laurent Gbagbo bien que répugné de la droite française, mais persona non grata en France et les Frontiste ivoiriens, incapable certainement d’expliquer une affiliation avec un parti non seulement aux idéologies opposées aux leurs, mais aussi très alerte contre l’immigration en France et apr ailleurs accusé de racisme. Difficile acrobatie politique pour les opposants ivoiriens aujourd’hui : soutenir Marine Le Pen, la frontiste de droite ou Emmanuel Macron, le socialiste édulcoré. Dans tous les cas, la politique africaine de ces deux candidats reste floue, sinon inexistante, pour qu’ils s’intéressent à plus forte raison à un individu en particulier, Laurent Gbagbo. Car c’est apparemment l’attention pour Laurent Gbagbo qui guide les préférences des opposants du front populaire ivoirien, tendance Gor.

La fascination ivoirienne pour Brigitte Macron

L’intérêt pour l’élection du prochain chef d’État français est plus grand sur les réseaux sociaux. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître c’est Macron qui fascine, mais petite précision, Brigitte Macron exactement.

Le symbole exaltant d’un trentenaire, peut-être futur président  d’un membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU ne fascine pas nos jeunes internautes ivoiriens autant que la différence d’âge entre son épouse et lui. Les veilles habitudes ont vraiment la peau dure.

Pour certains qui  font dans la boutade en faisant évidemment un parallèle avec la Côte d’Ivoire, il suffirait pour un trentenaire ivoirien de se  trouver une Gnanhi, autrement dit une « cougar » (une femme plus âgée que l’homme avec qui elle sort), pour s’ouvrir les portes du palais présidentiel d’Abidjan. Plaisanterie au fantasme ? Dans tous les cas, le jeune candidat à l’élection présidentiel n’est pas beaucoup porté dans les cœurs en Côte d’Ivoire car on a vite fait de le comparer à Alassane Ouattara, banquier comme lui, et supposé porté au début des années 90 tous les espoirs du relèvement économiques de la Côte d’Ivoire, comme Emmanuel Macron très attendu aujourd’hui au plan économique dans son pays.  En clair, parler de Macron en Côte d’Ivoire, c’est évoquer Alassane Ouattara que certains accusent de tous les maux sans pourtant proposer des solutions aux limites de la gouvernance.

En  somme l’éventualité d’une femme ou d’un trentenaire futur(e) chef d’État français ou même les politiques  des deux candidats pour l’Afrique ne suscitent pas l’intérêt en Côte d’Ivoire autant que ce qui se passe à la périphérie de ces élections.

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Présidentielle française 2017 : Emmanuel Macron vs Marine Le Pen, la fin de la France à papa

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Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux finalistes du premier tour de l’élection présidentielle française, le 23 avril 2017.
Crédit Photo : REUTERS/Christian Hartmann

Le deuxième tour de l’élection présidentielle française donne une affiche inédite. Celle d’une femme contre un homme, ce qui n’est pas nouveau en France ; mais le plus remarquable est cette opposition d’une femme, Marine Le Pen,  et d’un tout jeune candidat, Emmanuel Macron(39 ans). Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à l’issue de cette élection, la France rompra avec la tradition des chefs d’État « patriarches » .

L’émergence de ces deux candidats ne s’est pas faite sans stratégie :

  • La stratégie Marine Le Pen :

Marine Le  Pen a d’abord pris  soin de rendre son parti plus moderne en le poliçant. L’image brute du père vieux, antisémite et notoirement extrémiste  qui était collé au parti a simplement été effacée pour une image plus acceptable.  Papa Le Pen a appris à ses dépends qu’il n’était pas éternel. Il a  ainsi été gentiment bouté hors du parti dont il est cofondateur. Pour formaliser la fin du règne de papa Le Pen, la fille Le Pen a simplement  beaucoup plus mis l’accent sur une dénomination politique plus glamour  : Rassemblement Bleu Marine, tentant ainsi de faire passer aux calendes grecques l’appellation guerrière, Front nationale, héritée de papa.

  • La stratégie Macron :

Quant à  Emmanuel Macron, il a simplement quitté le navire de tonton François Holland avant que celui-ci ne prenne l’eau de toute part, sinon ne coule avec lui dedans. Il a ainsi astucieusement démissionné de son poste de ministres de l’économie et des finances dans le gouvernement du grand-frère Manuel Valls. Comme un Ponce Pilate, il s’en est lavé les mains. Mieux, le jeune génie de la politique française a pris soin de réaliser sa marche vers l’Élysée loin  du groupe socialiste en se présentant en indépendant. Judicieux, puisque ainsi, il n’avait non seulement aucun bilan à assumer en tant que socialiste, mais il prenait de la distance vis-à-vis d’un parti dont la mue est aussi rapide qu’une opération escargot.

Il faut aussi avouer qu’Emmanuel Macron a beaucoup été aidée dans son ascension politique par le ralliement des tontons Bayerou et Conh-Bendit. Il l’a été également par un tonton François Fillon qui n’a fait que filer du mauvais coton tout au long de la campagne présidentielle, tiraillé qu’il était entre éviter que ses costumes d’éventuel futur président de République ne subissent les éclaboussures du  Pénélope gate et battre campagne. Mais l’aide (collatérale) de ce dernier à Macron s’était d’abord réalisée en amont, en battant aux primaires les deux poids lourds de la droite que sont les tontons « flingueurs » Nicolas Sarkosy et Alain Juppé. Véritable jeu de dame politique. Qu’elle passion !

Que ce soit Emmanuel Macron ou Marine Le Pen qui accède à l’Élysée, ce sera une véritable révolution à la tête de l’État français. Ce qui n’est cependant pas nouveau pour de nombreux pays occident (l’Allemagne, Angleterre, Italie, etc.) pour qui des femmes ou des tout justes quadras comme chefs d’État  fait parti des mœurs.

Cette affiche inédite pour la course à l’Élysée parle clairement à l’Afrique, aux femmes et aux jeunes gens, en particuliers. Ces  deux catégories sociales, par ailleurs les plus nombreuses, ne joueront un rôle plus important dans leur société que par leurs propres actions et non par  des concessions d’un ordre politique gérontocratique et misogyne.

Comme quoi, le pouvoir ne se reçoit pas, il s’arrache. Marine Le Pen et Emmanuel Macron qui ont assumé leur responsabilité en France en bousculant la tradition politique en sont un parfait exemple. Elle est vraiment finie, la France à papa.

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