N'Guessan Jean Christ Koffi

Petite proposition de lois pour présidence à vie

Image d'un hémicycle de flickr.com CC
Image d’un hémicycle de flickr.com CC

Que n’entendons-nous pas ? Que ne voit-on pas ? Des présidents sont accusés de vouloir demeurer à vie à la tête des États dont ils sont les dirigeants. Ce qui génère des troubles, avec leur corollaire de violations de droits de l’homme, pire de morts d’hommes. Pour éviter de tels drames, nous faisons cette proposition de loi pour emmener les présidents candidats à la présidence à vie, à agir en toute légalité. Ainsi donc,

Article 1 : Le président candidat à la présidence à vie ne doit être né ni de père, ni de mère. En clair, il doit être tombé du ciel. Ce qui lui donne une nature divine, nature qu’il pourra ainsi faire accepter à ses concitoyens sans se jouer le pasteur. Cette nature permettra par ailleurs aux candidats de faire des économies. Elle lui évitera de s’entourer d’une horde de profiteurs qui auraient eu pour mission, moyennant finance, de convaincre le peuple qu’il est son sauveur.

Article  2 : Le candidat à la présidence à vie doit être en marge de la communauté internationale. Il ne doit entretenir aucune relation avec l’étranger. Il ne doit avoir jamais mis les pieds hors de son pays. Il ne doit n’avoir jamais étudié dans un pays autre que le sien, surtout les pays occidentaux, parce que paraît-il, ces pays là ne sauraient pas ce qu’il y a de bien pour un peuple. Il ne doit parler aucune langue étrangère. Seul son patois devra être sa langue, même à l’ONU au cas où il y mettrait les pieds par erreur, ou quand, inconsciemment, il reçoit les autorités du monde. A la rigueur, il lui sera détaché un interprète pour la traduction quand, sans s’en rendre compte, il recevra des visiteurs étrangers. Il doit jurer de ne jamais porter à nouveau un costume, de ne pas utiliser un téléphone, un ordinateur, un appareil électroménager, etc.

Article 3 : Le candidat à la présidence à vie doit prouver son endurance en se privant de manger et de boire pendant 40 jours et 40 nuits dans une forêt vierge équatoriale infestée de fauves et de cannibales. Il prouvera ainsi, par la même occasion, sa bravoure.

Article 4 : Le candidat à la présidence à vie doit parcourir tout au plus une ville du pays seulement vêtue d’une culotte et d’un teeshirt déchirés par endroit, tout en portant sur la tête un baluchon. Il ne doit prendre la moindre douche. Il doit être aussi pieds nus. Et, il n’aura pour seule nourriture que sa salive et les mauvaises herbes. A la rigueur, il lui sera autorisé de manger de temps en temps des feuilles et des tubercules de manioc.

Au cas où jusqu’ici la candidature à la présidence à vie ne souffrirait d’aucune contestation, le candidat doit néanmoins se conformer à l’article 5 qui suit :

Article 5 : Le candidat à la présidence à vie doit passer devant un peloton d’exécution. S’il survit d’abord à des tirs d’armes légères, puis à des tirs d’obus, (au cas où ses gris-gris lui permettraient de survivre aux premiers) alors pas besoin de mettre le pays dessus-dessous ou de verser le sang ; pas non plus besoin de tripatouillage de constitution, de referendum ou d’élections truqués, il devient automatiquement président à vie, le peuple ne pouvant vraiment trouver homme aussi  infaillible et parfait pour le diriger.

Ceci est une proposition de lois. Mais, apparemment certains présidents n’en ont pas eu besoin pour s’en conformer, mais seulement après avoir été débarqués du pouvoir pour tentative de s’imposer aux populations. Ainsi, les plus chanceux sont exilés, ils n’ont plus de patrie, le monde ne leur accordent aucune considération. Ou quand on en parle, c’est pour mettre en garde certains présidents qui nourrissent les mêmes desseins. Les moins chanceux sont malheureusement tués et leur corps exposé comme un trophée. Le drame, c’est que certains candidats à la présidence à vie, ou encore à des mandats présidentiels bonus, pensent encore pouvoir échapper à ce destin.


Côte d’Ivoire : le chapelet du Crucifié, une source de grâces 2

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Jésus Christ sur la croix de commons wikimedia.org
Jésus  sur la croix de commons wikimedia.org

Dans un précédent article, j’informais de l’existence du chapelet du crucifié qui ferait des merveilles en Côte d’Ivoire. J’en ai longuement parlé, mais apparemment il continue de faire parler de lui, tant dans Abidjan qu’à l’intérieur du pays.

Son initiateur, le prédicateur ivoirien Valentin Memel Ly, que j’ai l’honneur de fréquenter depuis mon précédent article sur ce sujet, ne connait pas le repos. Ses compagnons de l’éveil missionnaire catholique et lui sont énormément sollicités pour l’organisation de rencontres de prières. Des paroisses où ce chapelet a été auparavant médité désirent renouveler cette expérience unique de délivrance en tout genre, surtout en prévision de la fête du travail, le premier mai prochain. Quoi de plus normal, puisque les témoignages en faveur de ce chapelet sont encourageants. Sensible à la situation difficile de leurs fidèles, surtout pour ce qui est du chômage de leurs jeunes, ou des emplois mal rémunérés, ou encore du problème du sous-emploi, des responsables de l’église catholique n’hésitent pas à prendre les devants. Ils s’investissent à l’amélioration de la condition sociale de leurs fidèles par la méditation du chapelet du crucifié.

Cela a été le cas de ceux de la paroisse Saint Pierre de Niangon sud (commune de Yopougon/Abidjan). La semaine du 12 au 19 avril, a été organisé, sur cette paroisse, le Jéricho du crucifié, c’est à dire 7 jours d’intense méditation de ce chapelet. Cette rencontre de prière avait pour thème :

« L’incroyable puissance des meurtrissures de Jésus Christ ».

Et, pour avoir une incroyable puissance, on pourrait dire que les meurtrissures de Jésus Christ l’ont effectivement, selon les témoignages que j’ai entendus et que je rapporte ici :

Méditation du chapelet du crucifié : crédit photo : Christ Koffi
Méditation du chapelet du crucifié : crédit photo : Christ Koffi

Un premier témoignage

Grâce est une jeune femme diplômée de l’université depuis plusieurs années. Elle présentait constamment des concours de la fonction publique, même ceux d’un niveau inférieur à son niveau d’étude, sans succès. Selon son témoignage, elle a entendu parler du chapelet du crucifié. Elle s’est donc mise à le méditer. Et lors d’une réunion de prière, l’un de ses frères en Christ eut une vision la concernant. Selon lui, elle n’avait pas encore d’emploi parce qu’elle aurait été envoutée par l’une de ses tantes sorcière ; elle travaillera mais après le décès de cette tante. Et effectivement, cette tante est morte quelque temps après, de mort naturelle.

« Pendant ce temps, je continuais à méditer le chapelet du crucifié, témoigne Grâce. J’étais même au premier Jéricho (en Janvier). L’intention générale était : « Que nos ennemis soient contraints de nous restituer tout ce qu’ils nous ont volé, par les meurtrissures de Jésus Christ ». Par la suite, dans l’un de mes rêves, je vis mes tantes s’étonner que je ne travaille pas encore. Puis, elles me rendaient des choses, chacune à tour de rôle, et s’en allaient précipitamment. Il y a quelques temps de cela, j’ai encore présenté un concours. Sur plus de 50.000 candidats, on ne devait en retenir que 40. Dieu soit loué, j’ai été retenue. Mon concours a marché. Je suis actuellement en formation. »

Un deuxième témoignage

Monsieur Joseph était présent au premier Jéricho du crucifié à Abidjan Alors qu’il reçoit un appel depuis sans Pedro l’informant que sa femme est gravement malade. L’une des parentes de celle-ci l’aurait même vue en rêve sur un lit mortuaire.

« J’ai simplement dit à ma femme qu’il ne fallait pas paniquer, rapporte M. Joseph. J’ai pris mon chapelet (chapelet du crucifié) et j’ai rejoint mon épouse. Je récitais le chapelet à son chevet et je me suis endormi. Le lendemain matin, mon épouse me dit qu’elle a reçu un message en rêve qui disait que certains des médicaments qui ont été prescrits n’allaient pas avec son mal, au contraire, ils ne faisaient que l’empirer. J’ai donc lu les notices de tous les médicaments, poursuit M. Joseph, et je me suis rendu compte que c’était vrai. J’ai donc éliminé ces médicaments là. Ma femme a continué à prendre tous les autres médicaments. Et elle a retrouvé la santé. »

Les témoignages en faveur du chapelet du crucifié sont nombreux :

Il y a celui de cette jeune femme, Anastasie, qui, depuis deux ans, avait besoin d’argent pour passer son DUT (Diplôme Universitaire Technique). Elle désespérait, elle a donc décidé de venir méditer le chapelet du Crucifié durant cette semaine. Et avant même la fin des 7 jours de méditation, une de ses connaissances à qui elle avait demandé de l’argent depuis des années la rappelle et lui demande de passer la voir parce qu’elle voulait de ses nouvelles. Anastasie se rend à son rendez-vous. Mais avant qu’elles ne prennent congé l’une de l’autre, cette connaissance, selon Anastasie, lui remettra le triple de la somme qu’elle lui avait demandée en son temps.

Il y a aussi le cas de ce gendarme gravement malade. Emmené par ses parents pour se faire soigner hors du pays, il avait largement dépassé le temps de la permission qu’il avait reçus de son service. A son retour, après avoir retrouvé la santé, on l’informe qu’il a été radié. Il introduisit une réclamation auprès de ses supérieurs, et, sur conseille d’un membre du clergé, entame la récitation du chapelet du crucifié pendant sept jours. Au sixième jour, ses patrons l’informent qu’il a été réintégré et réaffecté. Il devait donc rejoindre son poste.

L’un des avantages de ce Jéricho du crucifié passé a certainement été toutes ces déclarations prophétiques au sujet de soi-même en rapport avec la parole de Dieu. Il s’agit de la prononciation avec conviction des paroles positives et de bénédiction sur sa vie. Par cet imparable remède psychologique et spirituel d’estime de soi, l’on arrive à transformer sa vie en meilleur. Madame Yao en fit l’expérience.

Cette bonne dame témoigna qu’elle tient un petit étale de vivriers au quartier. Habituellement, à la fin de la journée, elle ne gagne que tout au plus 150 francs CFA. Elle décide donc d’expérimenter les déclarations prophétiques sur ses marchandises :

« Aujourd’hui, rapporte-t-elle, je veux gagner plus de 1000 francs CFA le soir. Je suis fatiguée des 125, 150 francs. »

Et effectivement, le soir, la jeune fille qui veille sur son étale lui tend une recette de plus de 1000 francs CFA, à son grand étonnement.

« Prochainement, confit-elle émerveillée, à l’assemblée de fidèles, je demanderai dans les 2000 francs. »

Ainsi va du chapelet du crucifié dont la récitation, à l’image du rosaire serait très éprouvante. Mais réciter avec force et conviction, il n’y aurait aucune raison que l’on ne soit pas exaucé. C’est d’ailleurs ce à quoi toutes les personnes qui en ont bénéficié des fruits ont vivement encouragé l’assemblée de fidèles.


Côte d’Ivoire : circulez, y a rien à voir !

Palais de justice d'Abidjan de common wikimedia.org
Palais de justice d’Abidjan de common wikimedia.org

Le président Alassane Ouattara a affirmé que » les personnes qui ont commis des atrocités et des crimes durant la crise post-électorale seront jugées en Côte d’Ivoire quelles que soient les opinions nationales et internationales, car notre pays qui est un Etat moderne et un Etat de droit, en a la capacité ». Il ne faut donc pas s’attendre à voir ces personnes dont parle le président devant la CPI (Cour pénale internationale). Apparemment, cette annonce ne serait pas un autre coup d’éclat à l’ivoirienne*:)) Marrant.

Petit rappel historique

Le père de la nation en Côte d’Ivoire est Félix Houphouët-Boigny (1905-1993), premier président de la République (de 1960 à 1993). Homme d’une infinie sagesse et d’une générosité du même genre, il fut aussi connu comme un grand visionnaire. Il ne quitta le pouvoir qu’avec sa mort, vieux et malade. Malgré toutes les qualités qu’on lui trouvait, le décès du père fondateur, sans une alternance au préalable au pouvoir, a laissé le pays dans des conflits de succession qui l’ont plongé dans des années de crise militaro-politique.

Retour dans le présent

Contrairement au président Houphouët-Boigny, le président Alassane Ouattara, lui, ne laissera pas son pays dans une interminable crise après son passage à la tête de l’État. Et la sincère volonté de son gouvernement de faire juger en Côte d’Ivoire tous les auteurs de crimes lors de la crise postélectorale de 2010-2011 en est la preuve. On pourrait raisonnablement douter de cette volonté. Mais, les jugements, de Madame Simone Gbagbo et de ceux qu’on appelle les pro-Gbagbo devraient nous convaincre de la franchise des autorités.

La CPI peut donc passer son chemin en Côte d’Ivoire. Les autorités ivoiriennes feront aussi juger dans leur pays leurs partisans que l’on accuse d’avoir commis des crimes lors de cette fameuse crise postélectorale. Et, ce n’est pas la première fois qu’elles l’affirment. Depuis le début de son mandat, le président le martèle.

Cette parole a tellement été tenue qu’à 6 mois de la fin du mandat présidentiel, et en faisant le point, on remarque qu’il n’y a effectivement que les pro-Gbagbo qui sont passés devant la justice*:)) Marrant. Certainement que le régime a prévu son second mandat, de 2015 à 2020, pour honorer cette promesse, à moins qu’en six mois, il ne fasse ce qu’il n’a pas pu réaliser en plus de quatre ans. Ou, peut-être aurait-il finalement prévu de laisser ce brûlant dossier aux futurs dirigeants de la Côte d’Ivoire, l’administration étant une continuité ?*:)) Marrant *:( Tristesse

Dans tous les cas, personne n’ignore que faire passer devant la justice des artisans de son accession au pouvoir s’apparente à un suicide politique. Et, les autorités seraient vraiment prêtes à un tel sacrifice*:)) Marrant . Le fait que l’on n’ait l’écho d’aucune instruction, au plan national, à ce sujet en est la preuve. Tout doit certainement se faire dans le secret des dieux.*:)) Marrant *:( Tristesse

Les pressions de la communauté internationale et l’imminence des élections ne semblent pas étrangères à cette décision. Mais, les circonstances auront beau motivé nos autorités, il n’en demeure pas moins que cette décision a été prise pour naturellement éviter le jugement des pro-Ouattara par la CPI. Normal, puisqu’ aussi compétente et impartial que soit la justice ivoirienne, celle-ci ne leur fera aucun cadeau. Madame Simone Gbagbo et son beau fils Michel en savent quelque chose. Ce n’est pas le président du FPI (Front populaire ivoirien), Pascal Affi N’guessan qui dira le contraire.

Rappelons que ces trois personnalités, toutes proches de l’ancien président Laurent Gbagbo, donc opposantes au régime ivoirien, sont passées devant la justice, avec des fortunes diverses. Madame Simone Gbagbo a écopé du double de la peine requise par le parquet, soit 20 ans de prison ; son beau-fils, lui, en a pris 5. Quant au président du FPI, que les frondeurs de ce parti accusent d’être à la botte du gouvernement, il s’en est tiré avec 18 mois de condamnation avec sursis. Qui dit mieux ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Ivoirien n’a aucun souci à se faire, car au regard de la détermination des autorités*:)) Marrant, la fin de l’impunité est vraiment enclenchée*:(( En pleurs. Faut-il en rire d’amertume ou en pleurer de peine ?


Burundi : Pierre, n’endurcissez pas votre cœur !

Pierre Nkurunzia from en.wikipedia.org CC
Pierre Nkurunzia from en.wikipedia.org CC

Le débat politique qui a lieu en ce moment au Burundi au sujet d’une autre candidature de Pierre NKurunziza ne doit pas laisser indifférent les Africains car il y va du bon sens et de la logique. C’est pour cette raison que je me sens obligé d’y prendre part à travers cette exhortation à son excellence, Monsieur le président de la République du Burundi.

Monsieur N’kurunziza, vous avez déjà fait deux mandats présidentiels à la tête de votre pays. Et vous vous apprêtez, à en croire tous les signaux, à présenter votre candidature pour un troisième mandat. Cette candidature peut se justifier, mais tout est une question de raison et de cœur.

D’abord la raison. Vous êtes à votre second mandat présidentiel. Malgré cela, on se perdra dans des démonstrations et des justifications pour vous prouver que vous pouvez encore être candidat à un troisième mandat. Les enfants en CP même (Cours Préparatoire) ne vous comprendraient pas si vous finissez par croire que 1et 1 = 1. En d’autre termes, et selon un calcul très élémentaire, un premier mandat présidentiel + un deuxième mandat = 2 mandats présidentiels.

Alors d’où vient-il que vous pouvez rempiler pour un troisième mandat alors que la constitution de votre pays ne le permet pas ? Les encouragements de vos sympathisants qui ont manifesté dernièrement pour vous témoigner leur soutien ? Sachez que, même si Hitler revenait aujourd’hui, il aurait des soutiens. Donc, méfiez-vous de l’émotionnel et du passionnel, surtout dans cet environnement africain où les partis politiques sont généralement adossés à l’ethnie et à la région.

Et puis, en tant que chef d’État, vous êtes responsable de la paix dans votre pays, ainsi que de la sécurité de tous vos concitoyens. Soyez donc raisonnable. Maintenant, si la raison n’arrive à vous convaincre, faite parler votre cœur.

J’entendais sur les ondes que vous organisiez de grandes réunions de prière pour votre pays. Vous avez donc des convictions religieuses. Vous êtes chrétien, Je m’en réjouis. Aujourd’hui, avec le débat autour de votre candidature, vous avez l’occasion de prouver que vous n’êtes pas un chrétien de façade. Montrez que vous n’êtes pas avide du pouvoir en renonçant à votre candidature. Sinon, on pourrait penser que toutes ces réunions de prières dans lesquelles vous prêchiez vous-même la parole de Dieu, et où toute votre famille était très active, n’étaient que pure manipulation.

Faites par ailleurs mentir toutes ces horreurs que l’on raconte à votre sujet, et que par respect pour l’homme d’État que vous êtes, j’évite d’évoquer ici.

En tant qu’homme d’État donc, vous devez mettre au dessus de vos ambitions personnelles, l’intérêt supérieur de chaque Burundais. D’ailleurs, sous votre impulsion, votre pays a réalisé, selon vous-même, de grandes choses. Je vous cite dans cet entretien accordé à RFI (Radio France Internationale) le 05 juin 2014 :

« (…) En moins de sept ans, disiez-vous, nous venons de construire des milliers d’écoles, des centres de santé, des petits stades, des bureaux pour les administratifs, pour les gouverneurs, voire même des universités communautaires (…). »

Plus loin, vous ajoutiez :

« Nous avons au Burundi une commission de désarmement des civils. En moins de six ans, nous venons de collecter autour de 100 000 armes, remises volontairement par la population civile, toute ethnie confondue « .

Vous devriez vous réjouir de votre passage au pouvoir. Faites parler votre cœur car votre entêtement à vous imposer au Burundais détruira certainement toutes vos œuvres. Blaise Compoaré en sait quelque chose. Comme lui en son temps, vous avez encore la chance d’avoir des gens pour vous donner de vrais conseils. Écoutez donc les évêques de votre pays et vos partisans qui ont eu le courage de vous dire la vérité. Soyez également attentif au point de vue de votre prédécesseur à la tête de l’État, M. Pierre Buyoya. Si ce dernier n’avait pas été détaché vis-à-vis du pouvoir, je ne sais pas si vous pourriez aujourd’hui vous prévaloir du titre de président de la République, et auriez eu un peuple à gouverner.

Vous avez donc le choix d’entrer dans l’histoire de l’Afrique soit comme un modèle, soit comme un exemple à ne pas suivre. En d’autres termes, même si personne, n’est parfait, je vous préfère en Goodluck Jonathan qu’en Blaise Compaoré. Pis, vous pourrez aussi être un Laurent Gbagbo. A vous de voir.

Je vous prie de transmettre toutes mes salutations à vos voisins, votre petit-frère de la République Démocratique du Congo, et votre grand-frère du Congo Brazza : Les président Joseph Kabila et Denis Sassou N’guesso.

Cordialement !


Côte d’Ivoire : I voient rien !

 Goodluck Jonathan de The Commonwealth cc
Goodluck Jonathan de The Commonwealth cc

Comme tout Ivoirien, avant de faire quoi que ce soit dans la journée, je titre. En d’autres termes je regarde les titres des journaux pour prendre la température du pays. Et au lendemain des résultats de la présidentielle au Nigeria, en voyant les titres des journaux ivoiriens, des journaux ivoiriens proches du FPI (Front populaire ivoirien) en particulier, je ne savais pas s’il fallait rire*:) Heureux ou pleurer*:(( En pleurs. Ces journaux ivoiriens là ont fait leur Une avec la défaite de Goodluck Jonathan. Ils l’avaient également faite en son temps avec les défaites de Nicolas Sarkozy et Abdoulaye Wade, ainsi qu’avec la chute de Compaoré du pouvoir au Burkina Faso. Ces anciens présidents ont même été cités par les journaux tendance FPI. Et, tout porte à croire qu’ils ne voient rien.

Ce mercredi premier avril, des journaux proches du FPI titraient ainsi à propos de la défaite de Goodluck Jonathan  :

Aujourd’hui :  « La chute de l’ennemi public numéro 1 de Gbagbo »;

Le temps : « Après Wade, Sarkozy et Compaoré, Et Dieu frappa Goodluck Jonathan, un autre ennemi de Laurent Gbagbo est tombé. A qui le tour ? »

Un autre journal proche du FPI (Notre Voie) a eu la même inspiration.

« Après Wade Sarkozy et Compaoré, Goodluck,  un autre ennemi de Gbagbo est tombé.

C’est certainement par sympathie pour Laurent Gbagbo que les électeurs français, sénégalais, et nigérians ont décidé de ne pas renouveler leur confiance à leur président*:) Heureux. Quant au cas de Blaise Compaoré, il a été simplement chassé du pouvoir comme un malpropre par le peuple burkinabè parce que ce peuple en voulait certainement à ce dictateur pour le mal qu’il avait fait à leur chouchou démocrate Laurent Gbagbo.*:) Heureux

Anciennne affiche de campagne de Laurent Gbagbo de Clara Sanchiz cc
Ancienne affiche de campagne de Laurent Gbagbo de Clara Sanchiz cc

Mais, plus sérieusement, les journaux tendance FPI ont totalement raison. Nicolas Sarkozy, Abdoulaye Wade et Goodluck Jonathan ne peuvent être que les ennemis de Laurent Gbagbo. En effet, après avoir perdu la partie, ils ont décidé de quitter le pouvoir avec dignité en appelant leur adversaire pour le féliciter de sa victoire, souvent avant même la proclamation finale des résultats. Ce n’est pas le cas de Laurent Gbagbo, l’éternel (comme par hasard) malaimé de tous les chefs d’Etat de pays démocrates ou en voie de démocratisation. Laurent Gbagbo qui avait refusé de céder le pouvoir alors qu’il avait perdu l’élection de 2010 .

En revanche, pour ce qui est de Blaise Comparé, il y a une correction à faire. Plutôt qu’un ennemi, Blaise Compaoré est un ami à Laurent Gbagbo. Il en est même un grand ami et les deux hommes ont le même goût démesuré du pouvoir. La seule différence, c’est que Laurent Gbagbo a eu moins de chance parce qu’il n’avait apparemment que des ennemis, ou peut-être de mauvais amis. Ce n’est pas le cas de son ami Blaise Compaoré avec qui il entretenait pourtant une relation très hypocrite. Comparé, lui, a de grands amis en Côte d’Ivoire. Mieux que des amis, il a des compatriotes ivoiriens en Côte d’Ivoire*:) Heureux.  Et Joël N’guessan porte-parole du RDR (Rassemblement des républicains) de rappeler :

« Son épouse est ivoirienne. Or selon notre loi, quand un étranger épouse une Ivoirienne, il se retrouve Ivoirien ».

Attention. Les sympathisants de Laurent Gbagbo diront que Laurent Gbagbo n’a jamais eu pour ami un dictateur comme Compaoré.

Admettons que Laurent Gbagbo a vraiment pour ennemi des anciens homologues : « Cependant, on ne peut ignorer qu’au sein du FPI, parti de Laurent Gbagbo, il y a en ce moment des palabres. Deux tendances s’affrontent : le camp Affi N’guessan est opposé aux frondeurs à la tête desquels se trouve Abou Drahamane Sangaré. C’est une opposition entre d’une part le camp des modérés soupçonnés finalement d’être des vendus et d’autre part le camp de l’aile dur ou camp Gbagbo ou rien. » Ces palabres au sein même du parti de Laurent Gbagbo en disent long sur ses véritables ennemis.. On peut même pousser la réflexion et se demander si, au fond, les véritables ennemis de Laurent Gbagbo n’étaient pas Laurent Gbagbo lui-même et son clan puisque le FPI ne se réduit qu’à leur seule personne.

Le  FPI qui est obligé actuellement de procéder comme ceux qui ne l’avaient pas battu en 2010 pour conquérir le pouvoir. Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître le grand FPI (par le nombre de militants bien entendu) *:) Heureux se coalise. Il se coalise avec les frondeurs du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et d’autres petits partis sortis de son sein contre la coalition du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix). Cette coalition RHDP regroupe le PDCI, le RDR (Rassemblement des républicains), l’UDPCI (Union des démocrates pour la paix en Côte d’Ivoire) et le MFA (Mouvement des forces de l’avenir).

Ainsi, par cette coalition, le FPI se trahit. Il revient à la réalité en avouant implicitement et raisonnablement, contrairement à ce à quoi il fait croire à ses militants depuis cinq ans, que 1+1+1+1 n’a jamais été inférieur à 1. Ou les grands intellectuels du FPI reconnaissent enfin que 4 est plus grand que 1, même s’ils ne le font pas exprès.

En termes plus clairs : le FPI reconnaît que PDCI + RDR+ UDPCI+MFA est supérieur à FPI, à l’époque LMP (La Majorité présidentielle). Donc, la coalition RHDP est celle qui a remporté les élections de 2010.

Mais, cela n’est l’objet de débat que pour ceux qui pensent avoir la victoire dans l’ADN ; cela n’est l’objet de débat que pour ceux qui n’ont pas la moindre humilité, contrairement à Goodluck Jonathan, pour reconnaître qu’ils ont pu faire des erreurs pour arriver à perdre le pouvoir ; la victoire du RHDP en 2010 n’est encore l’objet de débat que pour ceux qui manipulent sans vergogne des militants, des militants plus portés sur les émotions que sur l’évidence. Cette particularité de ces militants tire certainement sa source du fait que la politique en Côte d’Ivoire est généralement une affaire d’ethnies, de régions et de clans.

Ils ne voient rien, ces journaux proches du FPI. Faire de Goodluck Jonathan l’ennemi de Laurent Ggbagbo, c’est ouvertement couvrir de honte leur mentor, Laurent Gbagbo.

En effet, cela n’est pas une règle, mais l’élection au Nigeria est aussi une affaire de religion. Ainsi le chrétien et homme d’État Goodluck Jonathan a accepté sa défaite. En agissant ainsi, il évite non seulement une guerre à son pays, mais il fait du Nigeria un modèle en Afrique. De l’autre côté, Laurent Gbagbo, un autre chrétien et homme d’État, comme Goodluck Jonathan, a refusé de quitter le pouvoir. On pourrait ainsi se poser la question de savoir quel genre de chrétien et d’homme d’État est Laurent Gbagbo pour refuser, contrairement à son frère en Christ et homologue Goodluck Jonathan, de quitter le pouvoir après avoir perdu les élections.

Ça fait mal, pour un Ivoirien, de l’avouer, mais c’est la réalité, Laurent Gbagbo sert ainsi d’exemple à ne pas suivre. Mais au-delà de sa propre dignité qui est ainsi ternie, c’est la réputation de toute la Côte d’Ivoire, et de l’Ivoirien en particulier, que Laurent Gbagbo a sali.

En lisant tous ces titres qui font jubiler certains Ivoiriens, friands de l’émotionnel et facilement manipulables, moi j’ai plutôt envie de pleurer*:(( En pleurs.

J’aurais tellement souhaité que l’alternance pacifique au pouvoir qui a eu lieu au Nigeria se passe en Côte d’Ivoire, en son temps. Le pire, c’est que rien ne dit que l’histoire ne se répétera pas dans mon pays en cette nouvelle année d’élection*:(( En pleurs.


Pas de spectacle en Côte d’Ivoire en 2015 (ll)

Pascal Affi N'guessan, opposant ivoirien, from Wikipedia Credit common
Pascal Affi N’guessan, opposant ivoirien, from Wikimedia commons

Qui a dit que faire de la politique en Côte d’Ivoire, c’est se donner en spectacle ? D’ailleurs, les rideaux n’ont jamais été levés, la scène n’a jamais été mise ; de comédiens même, il n’en existe pas. Alors comment un spectacle pourrait-il encore avoir lieu en Côte d’Ivoire en cette année d’élection ? L’appel de Daoukro à lui tout seul en est un signe car il privera certainement de spectacle les amateurs de tragicomédie ivoirienne. L’opposition ivoirienne ne demeure pas en reste non plus, car, à travers ses stratégies politiques et son unité, elle affirme plus que jamais son sérieux à conquérir le pouvoir.

Oui, comment la Côte d’Ivoire pourrait-elle se donner en spectacle cette année encore ? Sur ce plan, j’ai une totale confiance en l’opposition de mon pays. Elle compte de sérieux opposants. Ces derniers excellent tellement dans l’opposition qu’ils ont remarquablement fini par s’opposer entre eux. Ainsi vous verrez par exemple qu’au sein même du premier parti de l’opposition : le FPI (Front Populaire Ivoirien), il y a d’un côté des partisans du camp Affi N’guessan et d’un autre côté les frondeurs. Après avoir terrassé David (sic) uniquement à l’aide d’une fronde, le roi David doit certainement se réjouir d’avoir fait des émules des milliers d’années après.

Et puis, cette opposition est tellement engagée à l’opposition aux « politiques hasardeuses » du pouvoir et contre les inégalités, les insuffisances et les injustices sociales qu’elle a fini par s’assigner elle-même en justice. Ainsi, le camp Affi N’guessan, a, en son temps grâce à une première assignation, pu faire reporter le congrès du FPI à une date qui n’existe certainement que sur le calendrier du pouvoir ivoirien auquel Affi N’guessan est supposé être un opposant.

Deuxième assignation : après s’être fait débarqué de la présidence du FPI, le camp Affi N’guessan, toujours, se tourne à nouveau vers la justice ivoirienne pour protester contre ce « coup d’État » réalisé par les frondeurs.

Ces frondeurs ont ainsi réalisé une véritable performance politique contre celui qu’il soupçonne d’être à la botte du pouvoir ivoirien. Pour avoir réussi à chasser Affi N’guessan de la tête du FPI, ils tiennent certainement, en plus du grand politique, du footballeur intrépide qui ne craint pas les crampons (ou peut-être les matraques et les gaz lacrymogènes) de ses adversaires.

Quoi de plus normal puisque nos frondeurs-footballeurs sont en réalité assez rusés pour ne pas aller au contact. Ils évitent ainsi un pouvoir ivoirien qui veille au grain et est dévoué à faire régner la légalité « constitutionnelle » (sic) au sein du FPI, parti d’opposition.

Les frondeurs sont donc assez rusés. Ils préfèrent plutôt jouer dans leur cinq mètres cinquante, quitte à marquer ensuite contre leur propre camp, ou plutôt contre le camp Affi N’guessan.

Avec de telles performances politiques, qui peut encore prétendre que faire de la politique en CI, c’est se donner en spectacle ? Ce n’est certainement pas Madame Nady Bamba, elle qui a arraché les clefs de sa maison au camp Affi N’guessan après que celui-ci ait été évincé de la tête du FPI par les frondeurs du parti. Rappelons que cette maison servait de siège provisoire au FPI.

De mauvais critiques politiques diront que le FPI prépare la réélection du président Ouattara. Mais la tête de file de notre opposition (le FPI), et l’opposition ivoirienne en général ne peut se donner ainsi en spectacle en se combattant elle-même. La preuve, cette opposition s’est coalisée. Elle se renforce ainsi avec les frondeurs du PDCI (parti démocratique de Côte d’Ivoire), les frondeurs du FPI, les anciens du FPI, notamment Mamadou Coulibaly et « d’autres  partis politiques de l’opposition, comme par hasard, sortis des entrailles du FPI ».

Au regard de cette judicieuse stratégie politique, qui peut encore prétendre que faire de la politique en Côte d’Ivoire, c’est se donner en spectacle ?

Après s’être coalisé, l’opposition ivoirienne new look est ainsi prête pour affronter le président Ouattara car son caractère hétéroclite ne rend pas improbable la désignation d’un candidat unique (sic).

Cette opposition peut ainsi affronter le président Ouattara car son caractère hétéroclite ne rend pas improbable l’élaboration d’un programme de gouvernement clair (sic). D’ailleurs de programme de gouvernement, les Ivoiriens n’en ont pas besoin, puisque le vote tribal et régional est le plus grand argument de compagne en Côte d’Ivoire ;

D’ailleurs, de programme de gouvernement, les Ivoiriens n’en ont pas besoin puisque l’on pourrait par exemple retourner dans le passé et battre campagne avec l’ivoirité. Le débat sur l’article 35 de la constitution qui commence à enfler en est une preuve. Rappelons que cet article dit que le candidat à l’élection présidentielle

 » doit être ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine. Il ne doit n’avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s’être jamais prévalu d’une autre nationalité »

Et la démission du président du conseil constitutionnel serait lié à son refus de violer cet article qui viserait directement le président Alassane Ouattara, selon ses détracteurs.

On pourrait encore retourner dans le passé pour battre campagne avec des questions du genre : « qui a envoyé la guerre en Côte d’Ivoire ? Ou qui est le commanditaire du coup d’État de décembre 1999 ? », coup d’État, qui pour les Ivoiriens, serait la source de tous les malheurs de leur pays. Et puis, le seul fait que l’acquisition du pouvoir pourrait être une véritable aubaine pour des règlements de compte pourrait suffire à se coaliser malgré les différences de vision et de projets de société. Mais pour que des visions et des projets de société soient différents, il faut qu’il en existe. Ce n’est pas la nouvelle coalition des frondeurs et d’autres opposants qui dira le contraire, elle qui semble avoir fait du tout sauf Ouattara son slogan.

Avec de telles performances politiques de notre opposition, il n’y a aucun doute qu’il n’aura pas de spectacle en Côte d’Ivoire en cette cette nouvelle année d’élection ?


La Vierge Marie parle à la Côte d’Ivoire

Marie, mère de la charité chrétienne en visite à Saint Pierre de Niangon en Novembre 2014 Crédit photo : Christ Koffi
Marie, mère de la charité chrétienne en visite à Saint Pierre de Niangon en Novembre 2014 Crédit photo : Christ Koffi

Depuis bientôt un mois, les paroissiens de Saint Pierre de Niangon sud de Yopougon, à Abidjan, récitent quotidiennement le saint rosaire, « le rosaire pour la paix en Côte d’Ivoire » plus précisément. C’est la Vierge Marie, Mère de la Charité Chrétienne, qui a demandé de le faire à travers l’un de ses nombreux messages à la Côte d’Ivoire. Ces messages, Marie, Mère de charité chrétienne les transmet depuis 2005 à sa servante Chantal qui se charge d’en informer les Ivoiriens. Certains Ivoiriens rient de ces messages, d’autres au contraire, comme les paroissiens de Saint Pierre de Niangon Sud, les prennent très au sérieux.

Fin de semaine du 22 et 23 février 2015, paroisse Saint Pierre de Niangon sud, comme il en avait prévenu ses paroissiens le dimanche précédent, le curé est présent aux Cinq messes pour les entretenir sur un sujet vital pour leur pays : un message de Marie, Mère de la charité chrétienne.

Paroissiens de St Pierre de Niangon sud en pleine récitation du rosaire Crédit photo : Christ Koffi
Paroissiens de St Pierre de Niangon sud en pleine récitation du rosaire Crédit photo : Christ Koffi

Oui, Marie, Mère de la charité chrétienne a parlé à la Côte d’Ivoire par la servante Chantal. En réalité, ce n’était qu’un rappel, à cause certainement de l’urgence de la situation, car la Vierge Marie avait déjà parlé le 28 Mars 2014. Dans ce message, selon la servante Chantal, Marie, Mère de la charité chrétienne annonçait que la Côte d’Ivoire subirait encore des tribulations dans l’année à venir. Tout en y affirmant son soutien aux Ivoiriens, la Vierge Marie, selon la servante, incite vivement ceux-ci à un réveil spirituel. Elle insiste même sur le fait que les Ivoiriens ne doivent pas faire preuve de négligence comme par le passé. En effet, selon ce message en 2009 déjà, Marie, Mère de la charité chrétienne avait prévenu les Ivoiriens dans les moindres détails des événements douloureux qu’a vécus le CI en fin d’année 2010-début 2011.

Ce 20 février 2015, Marie, mère de la charité chrétienne a encore livré un message à la Côte d’Ivoire, par sa servante Chantal. Elle y invite les Ivoiriens à la charité, à la pénitence et à la prière. Elle y indique également le jour que la Côte d’Ivoire subira ces tribulations : ce sera un vendredi. Lequel ? Marie, mère de la charité chrétienne, ne précise pas. Selon la servante, elle invite seulement les Ivoiriens à la prière et à porter leur « croix » car ce sont des phénomènes extraordinaires et éprouvants qui se dérouleront en Côte d’Ivoire ce vendredi là.

Dans un troisième message délivré le dimanche 22 février pendant l’homélie, Marie, mère de la Charité chrétienne donnent d’autres précisions sur ces événements qui se dérouleront en Côte d’Ivoire : L’eau et l’électricité seront interrompues, dit-elle. Pis,

« le feu de l’enfer et les éclairs des archanges se rencontreront »,

précise-t-elle. Elle recommande aussi que ce jour là personne ne traîne dehors, chacun doit rester cloitrer chez lui et prier aux pieds de sa souche d’arbre.

Les chrétiens catholiques qui ont reçu ces messages ont décidé d’en parler autour d’eux comme la Vierge Marie le leur a demandé. Et comme par le passé, ces messages sont raillés quand les gens ne s’imaginent pas les scénarios les plus fous au sujet de ces événements qu’elle prédit.

Mais, ce 06 mars 2015, par la servante Chantal, Marie, Mère de charité chrétienne a donné un message pour clarifier les choses. Dans celui-ci, elle précise que ces messages ne sont pas destinés uniquement aux chrétiens catholiques, mais à tous ceux qui vivent selon la volonté de Dieu. Contredisant certains, elle précise ceci à propos de ces évènements, dans ce même message :

« Je ne parle pas de politique comme certains veulent le faire croire. NON ! Je viens vous faire entrevoir ce que la corruption, la haine envers les uns et les autres, la fausse croyance, l’idolâtrie, la sorcellerie entraînent comme conséquence ».

Dans ce message, Marie, Mère de la charité chrétienne invite aussi les catholiques à prier et les envoie dire à « ceux qui sont de conviction religieuse différente de se remettre sans tarder entre les mains de Dieu ».

Dans un dernier message donné le 13 mars 2015 , Marie, Mère de la charité chrétienne donne des signes des événements qu’elle a prédits :

« Ce vendredi-là, dit-elle par la servante Chantal, Dieu vous donnera des signes. Il vous fera comprendre que le moment est venu pour lui de frapper afin que vous ayez le temps de rentrer dans vos maisons. Le ciel s’obscurcira et le soleil changera de couleur ».

Dans ce message, elle invite les chrétiens catholiques à recueillir chez eux les personnes que ces événements auraient surpris dehors. De plus l’on restera cloitrer dans les maisons ou les lieux de prières, portes et fenêtres fermées. L’on ne doit par ailleurs pas regarder dehors de peur d’en subir les conséquences.

En somme, Marie, mère de la charité chrétienne, à travers ce dernier message réitère encore son souhait que les Ivoiriens manifestent de l’humilité et se convertissent résolument. Sinon, ceux qui ne l’auraient pas fait ne profiteront pas de sa victoire pour la Côte d’Ivoire sur les forces du mal.

Marie, mère de la charité chrétienne a parlé à la Côte d’Ivoire. Et, elle continuera certainement à le faire. On est libre de croire ou de ne pas croire. Les paroissiens de Saint Pierre de Niangon sud ont, eux, fait le choix de croire vaille que vaille, d’où la récitation quotidienne du Saint rosaire. Ces paroissiens ne font que la volonté de leur mère, Marie, Mère de la charité chrétiennes avec qui ils ont fait alliance en Novembre 2013. Celle-ci leur a même directement adressé des messages dans lesquels elle les assure de sa protection et de son amour sans fin.  Cette assurance elle l’adresse aussi à la Côte d’Ivoire et à toute l’Afrique.


Pas de spectacle en Côte d’Ivoire en 2015 (I)

Un éléphant charge une giraffe dans la savane africaine via wikipedia.org cc
Un éléphant charge une giraffe dans la savane africaine via wikimedia.org cc

Qui a dit que faire de la politique en Côte d’Ivoire, c’est se donner en spectacle ? D’ailleurs, les rideaux n’ont jamais été levés, la scène n’a jamais été mise, de comédiens même, il n’en existe pas, alors comment un spectacle pourrait-il encore avoir lieu en Côte d’Ivoire en cette année d’élection ?

Moi non plus, je ne dis pas que faire de la politique en Côte d‘Ivoire, c’est pareil à faire du théâtre. D’ailleurs, au PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire), on refuse de se donner en spectacle. La preuve, on s’accuse mutuellement de « frondeurs », voire de « rebelle ». Les 4 cadres du PDCI opposés à l’appel de Daoukro et candidat à la candidature à la présidentielle d’octobre 2015 en Côte d’Ivoire sont traités de « frondeurs » par le président Bédié. Ces 4, que sont Essy Amara, Charles Konan Banny, Jérôme Brou Kablan et Kouadio Konan Bertin (alias KKB), sont aussi traités de la sorte par les partisans de la candidature unique du président Alassane Ouattara. Ces derniers, que les journaux proche du RDR (Rassemblement Des Républicains, parti d’Alassane Ouattara) qualifient de « bande des 4 » traitent à leur tour Konan Bédié d’autocrate :

« L’appel, affirme Jérôme Brou Kablan sur RFI, nous croyons que c’est un appel qui ressemble à un diktat parce que émanant de quelqu’un qui, un jour, est tombé dans les pratiques autocratiques. C’est ça qui nous a révoltés. S’il y a rébellion, s’il y a une faute, il faut bien être clair et précis pour dire c’est Bédié et ceux qui le cautionnent qui sont les frondeurs ».

Avec cela, qui peut encore affirmer que les cadres du PDCI se donnent en spectacle ?

Mais comment ces personnages sont-ils arrivés à ne pas se donner en spectacle ? Tout a commencé par l’appel de Daoukro. Cet appel, à lui tout seul, résume le fait que la politique en Côte d’Ivoire n’a jamais été un spectacle.

Petit rappel : Appel de Daoukro : affirmation du président Konan Bédié (président du PDCI) de faire d’Alassane Ouattara (appartenant au RDR), le candidat du PDCI à l’élection présidentielle de 2015. Pourtant, deux ans auparavant, un précédent congrès du PDCI avait décidé que ce parti aurait un candidat aux élections de 2015. Les partisans de l’appel de Daoukro le justifient par la nécessité de préserver la paix en Côte d’Ivoire.

Petit retour dans le passé pour expliquer cette idée : souvenons-nous l’élection présidentielle tumultueuse de 2010. Elle avait opposée au deuxième tour Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara et s’était prolongée dans une éprouvante crise post électorale.

Pour revenir à l’appel de Daoukro, on est tenté de se demander d’où vient le risque qu’une élection ouverte, sans a priori le principal opposant Laurent Gbagbo, entrainera la guerre en Côte d’Ivoire ? Seul le président du PDCI pourra répondre à cette question, lui qui a muri tout seul et lancé l’appel de Daoukro. Mais les Ivoiriens ne sont pas dupes car l’histoire risque de se répéter dans leur pays. La démission du président du conseil constitutionnel à quelques mois des élections en est un signe.

En Côte d’Ivoire, ça spécule au sujet de la raison de cette démission. Pour certains, elle serait dû à un forcing du président de la République en vue de sa réélection, pour d’autres par contre, et à travers un véritable voyage dans l’esprit du président du conseil constitutionnel, c’est plutôt par orgueil que ce dernier a  démissionné après avoir été mis en minorité dans un débat au sein de l’institution qu’il dirigeait.

Dans tous les cas ça spécule au sujet des raisons de cette démission. Mais quelle qu’en soit les causes, c’est le symbole même de cette démission qui est plus parlant. On peut même n’accorder aucune importance à ce symbole car  par rapport à celui-ci  un autre symbole est encore plus significatif. Il s’agit de la nomination par le président de la République d’un de ses proches  à la tête de cette institution en remplacement au président démissionnaire.

Souvenons-nous,  avant les élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, soit en 2009, le président de la République d’alors avait profité de la fin du mandat du président du conseil constitutionnel pour nommer à ce poste l’un de ses proches, M. Paul Yao-N’dré. Et le résultat de cette stradégie politique, on le sait : d’abord, une véritable comédie : les partisans de La Majorité Présidentielle empêchent la proclamation des résultats des élections présidentielles du second tour devant les cameras du monde entier, le président du conseil constitutionnel annule des résultats et annonce vainqueur de ces élections le président de la République sortant, son proche, alors que le président de la CEI (commission électorale indépendante) annonce vainqueur des élections, l’adversaire du président sortant. A cette grande comédie, suit une véritable tragédie : 3000 morts officiellement.

Mais au fait, je me rends compte que j’ai fait de la contrevérité dans ce petit souvenir car tous ces événements n’ont jamais été de la comédie, les politiciens ivoiriens ne sont pas des plaisantins. Cette succession d’événements a simplement été le résultat d’une réelle performance politique de nos politiciens. Voilà tout. Vive donc nos politiciens !

Revenons en 2015. Le président du conseil constitutionnel démissionnaire a été remplacé à son poste par M. Mamadou Koné, C’est un grand juriste, comme M. Paul Yao N’dré en son temps. Le nouveau président du conseil constitutionnel fait cependant partie de la coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire : le RHDP (le Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix). M. Paul Yao N’dré, lui, à l’époque, était aussi membre du parti politique au pouvoir d’alors.

Je ne dis pas qu’il y a un nouveau recommencement ou une re-parfaite répartition des rôles pour que l’histoire se répète en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, la politique en Côte d’Ivoire n’est pas un spectacle. Et puis, nos politiciens ne sont pas des comédiens. Mais, en se référant simplement au brillantissime passé politique de notre pays, on peut tout de même aisément imaginer la suite du film.

On peut par la même occasion percevoir qu’à travers son appel lancé avant la démission du président du conseil constitutionnel, le président Henri Konan Bédié, loin d’être un comédien, est un véritable visionnaire. Comme on le dit en Côte d’Ivoire : « Il a vu dans le film ». Et la suite des événements pourraient lui donner raison. D’où l’appel de Daoukro, censé justement ne pas lui donner raison. Autrement dit, grâce à son appel, la président Bédié évitera une nouvelle guerre en Côte d’Ivoire. Vive donc le président Bédié !

Le président Henri Konan Bédié fait donc preuve de prudence à travers son appel. Mais un proverbe baoulé dit : « Être prudent ne signifie pas avoir peur ».

Si préserver la paix, ce n’est pas avoir peur de la guerre, alors l’appel de Daoukro censé justement garantir cette paix ne serait que de la pure comédie. Mais l’appel de Daoukro, ce n’est pas de l’amusement, c’est du sérieux.

Grâce à cet appel, la Côte d’Ivoire aura la paix pour toujours. La preuve, il n’a jamais créé de dissensions au sein du PDCI car il a favorisé le rassemblement de Essy Amara, Charles Konan Banny, Kouadio Konan Bertin et Jérôme Kablan Brou et de tous leurs soutiens autour du président Bédié.

Grâce à cet appel, le président du conseil constitutionnel n’a jamais démissionné ; grâce à cet appel, un proche des autorités actuelles n’a jamais été nommé président du conseil constitutionnel ;

grâce à cet appel, le président de la République n’est pas soupçonné de vouloir tripatouiller la constitution ivoirienne en  modifiant l’article 35 de la constitution qui, selon ses opposants, pourrait l’empêcher de briguer un nouveau mandat présidentielle ;

grâce à cet appel, la Côte d’Ivoire n’est pas retournée 30 ans en arrière, au temps du parti unique ;

grâce à cet appel, la Côte d’Ivoire ne se donnera pas en spectacle devant les cameras du monde entier lors des élections de cette année ;

grâce à cet appel, il n’y aura pas d’autres 3000 morts ;

grâce à cet appel, justice sera rendu à tous ces morts, même au personnes tuées avant ;

grâce à lui, les anciens combattants seront tous désarmés et réinsérés ; grâce à cet appel, les soldats ne se soulèverons plus ;

grâce à cet appel, il n’y aura plus de corruption en Côte d’Ivoire ;

grâce à cet appel, l’indice de la pauvreté baissera en Côte d’Ivoire ;

grâce à cet appel, les jeunes gens de Côte d’Ivoire ne seront pas désœuvrés ;

grâce à cet appel, règnera la liberté d’expression dans notre pays ;

oui, grâce à l’appel de Daoukro, les cadres intègres de l’administration ivoirienne, comme Madame Evelyne Yapo, ex directrice de l’École Nationale d’Administration, ne seront pas limogés.

L’appel de Daoukro, à lui tout seul, n’apporte que grâces à la Côte d’Ivoire. Par conséquent, la politique aussi. Avec cela, qui peut encore prétendre que faire de la politique en Côte d’Ivoire, ce n’est rien d’autre que se donner en spectacle ?

Donc, cette année encore, on ne lèvera pas les rideaux dans mon pays. Il n’y aura pas de spectacle. Cependant, des personnes y ont choisi de faire les 1000 Ave Maria ou de méditer le chapelet du Crucifié. Cela, pour la simple raison que la danse d’un seul éléphant euphorique pourrait faire au moins autant de dégâts que le combat de deux éléphants en furie …


Le vélo en Côte d’Ivoire

Usager du vélo à Abidjan "Crédit photo : Christ Koffi
Usager du vélo à Abidjan « Crédit photo : Christ Koffi »

En Côte d’Ivoire, il y a des engins motorisés (motos et voitures) partout. Posséder un de ces engins est un signe de réussite sociale et suscite l’envie. Néanmoins, on peut aussi y voir des vélos. Dans mon pays, être derrière le guidon d’un vélo n’est pas aussi bien vu que d’être au volant d’une voiture. Les usagers du vélo sont pourtant fiers de leur engin car il leur rend divers services. Pour certains, il est le résultat de grands efforts. Pour d’autres, il est une garantie de bien-être. Pour d’autres encore, il représente toute leur vie. Mais dans l’ensemble, l’histoire de son développement en Côte d’Ivoire est liée aux politiques de développement adoptées par le pays au lendemain de son indépendance. Il est désormais si ancré dans nos mœurs qu’il inspire même certains artistes ivoiriens.

  •  Brève histoire du vélo en Côte d’Ivoire

Nêguêsoh : c’est ainsi que l’on appelle le vélo en Malinké ou en Dioula. Cette langue est parlée par les populations du nord de la Côte d’Ivoire. Mais, littéralement, nêguêsoh se traduit par « cheval de fer ». Pour comprendre ce qu’est le vélo pour un Ivoirien, il faut savoir ce qu’a été le cheval dans l’histoire des Malinké. Ce peuple se situe dans la haute Côte d’Ivoire, dans une zone sahélienne et de savane. Jadis, le cheval était, par rapport au mulet, le seul moyen rapide de locomotion. Il était un signe de richesse et de pouvoir car seuls les riches commerçants et les aristocrates pouvaient se l’offrir.
Avec la colonisation, est arrivé en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire, un nouveau moyen de locomotion. Il est essentiellement réservé à l’administration coloniale, aux Garde-cercles en particulier. Il n’est certes pas aussi rapide que le cheval, il lui est d’ailleurs très différent puisqu’il est en fer. Mais il se monte comme un cheval : c’est le cheval de fer, Nêguêsoh ou vélo.

Après les indépendances et avec la modernité, le vélo se démocratise. Les populations du Sahel et de la savane ivoirienne peuvent l’utiliser comme moyen de locomotion en lieu et place de leurs pieds ou du cheval (accessible qu’aux riches).

A l’origine, c’est dans cet espace peu développé que le vélo était le plus utilisé pour se rendre aux champs, envoyer les femmes travailler à l’hôpital ou pour vaquer simplement à ses occupations. Aujourd’hui encore, il sert à cela dans certaines zones rurales enclavées du pays.

Après l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960, les autorités ivoiriennes se lancent dans une intense politique agricole. Elles encouragent le travail de la terre. Les populations du nord du pays (région de savane) sont donc encouragées à « migrer » vers les zones forestières du centre, puis au fil du temps, vers le sud du pays, où les terres sont plus fertiles et plus propice à la culture du café et du cacao. Ces populations, réputées travailleuses, se déplacent en masse vers ces régions avec leurs habitudes, dont le vélo.

Il faut aussi préciser que la culture du vélo dans la zone forestière s’est accrue avec l’arrivée des saisonniers burkinabès en Côte d’Ivoire dans la même période et jusqu’à ce jour. Le peuple sahélien, immigré et pauvre, n’ayant pour moyen de locomotion que le vélo, a transmis cette habitude aux Ivoiriens de la zone forestière. Ces derniers l’ont adopté.

En faisant l’historique du vélo en Côte d’Ivoire, ma propre histoire avec le vélo me vient frénétiquement à l’esprit. Cette histoire enveloppe également ma conception de ce merveilleux engin qui a animé mon enfance.

  • Le vélo pour moi

Enfant, le vélo constituait pour moi un rêve. Je me souviens lorsque, enfant, pendant la période de la Noël, je passais des heures et des heures à faire les vitrines des commerces où les vélos étaient exposés. Je contemplais ces engins et m’imaginais en avoir un. Je comparais les modèles. Mais ce que je comparais le plus c’était les prix. Je me rendais par la suite compte que les jetons que je recevais pour me rendre à l’école, et que je mettais de côté, ne pourraient jamais m’acheter un vélo. Je me consolais donc en utilisant cette petite économie pour m’acheter une glace, un biscuit ou un chocolat.

  • Mon apprentissage du vélo : une véritable aventure

Je n’ai jamais possédé de vélo, mais je sais monter à vélo. L’apprentissage ne fut pas facile. J’en garde encore de bons souvenirs et les cicatrices aussi, aux genoux.
Notre apprentissage du vélo, nous l’avons effectué entre enfants du même âge sur les mêmes vélos. Que n’avons-nous pas fait pour pouvoir monter à vélo ? Nous mettions de côté notre amour propre pour bénéficier de temps en temps d’un tour de vélo offert par les camarades de jeux qui en possédaient. Mais la plupart du temps, nous montions sur « notre propre vélo ». Ces vélos si particuliers n’avaient de vélo que les guidons et les pneus. Ils n’avaient pas de chaînes. Ces vélos étaient de vieux engins que des parents oubliaient sur la toiture de leur maison, et que, entre enfants, nous nous organisions pour récupérer.
Il fallait le voir pour le croire, c’était de véritables expéditions. « Nos vélos », on allait les récupérer à l’heure de la sieste, au moment où ça dormait dans la maison sur laquelle se trouvait le vélo. Mais à cette heure là, ça dormait aussi dans le quartier, un quartier aux maisons en bandes et où les moindres faits et gestes passaient difficilement inaperçus.

Pendant cette expédition, les plus jeunes, dont je faisais d’abord partie, montaient la garde au cas où. Alors que, pieds nus et sur la tôle chaude, le plus grand du groupe allait habilement prendre le vélo. Par la suite, j’ai dû aussi monter sur des toitures pendant que d’autres montaient la garde.

Vous devez certainement vous demander pourquoi on ne demandait pas aux propriétaires, ils auraient pu nous donner ces vélos. On ne se risquait pas à leur demander car on connaissait assez leur tempérament et leur réputation dans le quartier pour deviner leur réponse d’avance. Et puis, ils prendraient l’école comme prétexte pour donner une réponse négative. Mais au fond, enfants, nous étions très intrépides.

On prenait donc nos responsabilités car on voulait faire du vélo comme les autres enfants du quartier, dont les parents étaient assez nantis pour leur offrir un nouveau vélo tous les Noël. Soit dit en passant, des promesses de faire cadeau d’un vélo, on en recevait de nos parents. Mais, ils conditionnaient chaque fois cet envié cadeau par de bons résultats scolaires, alors que nous ne faisions que nous améliorer à l’école.

Finalement, Nous avions compris que la perpétuelle promesse du vélo était pour nous motiver à l’école. On a fini par ne plus évoquer cette question quand nous avons remarqué, ici et là, sur des toitures, des vélos.

« Notre vélo », nous le montions à tour de rôle et en se poussant également à tour de rôle. Mais, on les montait généralement sur des descentes. Et, bonjour les petits accidents car ces vélos étaient également sans freins.

Finalement, de mon apprentissage du vélo je garde des souvenirs d’intrépidité, d’organisation, de solidarité, de ténacité. Naturellement, j’en garde aussi les cicatrices aux genoux. Mais elles ont toujours été pour moi une fierté.

Actuellement, je ne possède pas de vélo, mais lorsque j’en aurai les moyens j’en achèterai. J’en achèterai en souvenir des merveilleux moments que j’ai passé avec les enfants de mon âge autour d’un vélo endommagé, mais auquel nous arrivions à donner une seconde vie. Enfin, plus de vie, car après avoir soigneusement utilisé ce vélo à l’origine usé, nous nous servions des rayons et de la chambre à air pour fabriquer des pétards ou des voitures de fil de fer. La gente, elle, devenait un cerceau que nous roulions comme une voiture.

Finalement, je me dis que le vélo, c’est mon histoire. C’est une partie de mon âme car il m’a permis de développer des qualités dont je me sers aisément au quotidien dans mes études, comme dans la vie courante.

  • Représentation sociale du vélo en Côte d’Ivoire

A cause de son histoire, le vélo  est identifié aux peuples qui travaillent la terre en Côte d’Ivoire. Ce sont en particulier les Baoulé (populations de la savane, du centre de la Côte d’Ivoire), les Sénoufo (population de la haute Côte d’Ivoire) et les travailleurs saisonniers Burkinabès. C’est ainsi que le vélo a inspiré les artistes ivoiriens.

En mimant les mouvements du corps sur le vélo, ces derniers créent, à la fin des années 2000, une danse appélée Kpangô (vélo en langue Baoulé). Le kpangô se danse, évidemment sans vélo. Il se danse debout, mais en faisant avec les hanches et les mains les mouvements d’une personne en train de pédaler à vélo.
L’on pourrait penser que, par la danse, le vélo a atteint le monde urbain de la Côte d’Ivoire, mais il y était depuis bien longtemps.

Vendeur de vin de palme "Crédit photo : Christ Koffi"
Vendeur de vin de palme « Crédit photo : Christ Koffi »
  • Le vélo et la ville
Cycliste abidjanais du samedi "Credit photo : Christ Koffi"
Cycliste abidjanais du samedi « Credit photo : Christ Koffi »

Il est utilisé en ville comme moyen de locomotion pour se rendre à l’école. Et, à cet effet, le modèle le plus utilisé par les lycéens ivoiriens est un vélo de fabrication locale appelé Babanicongo. Ce terme vient du Malinké et signifie : « Heureux retour du champ, papa ». Ce modèle de vélo (72 rayons) est celui que les paysans utilisent pour se rendre au champ et pour d’autres activités quotidiennes. Avec son porte-bagage et sa solidité, il est très pratique. Il est moins cher qu’un vélo tout terrain (VTT). Son coût varie tout même entre 40.000 et 50.0000 francs CFA. Mais, faute de moyens, les élèves s’achètent généralement des vélos d’occasion à moitié prix.

Cycliste abidjanais du samedi "Crédit photo : Christ Koffi"
Cycliste abidjanais du samedi « Crédit photo : Christ Koffi »
  • Le vélo et les enfants

Aujourd’hui encore, malgré l’existence de consoles de jeu et de téléphones de troisième génération hyper sophistiqués, le vélo reste un cadeau prisé par des enfants. Interrogés sur ce qu’ils préfèrent dans le vélo, certains ont dit l’aimer parce qu’il leur permet beaucoup de mobilité et parce qu’il leur donne le sentiment d’être grands, d’échapper un temps soit peu à la surveillance de leurs parents. De plus, alors que le téléphone portable s’avère accroître la présence des parents partout où ils se trouvent, le vélo, lui, est une preuve de confiance de la part des parents. Mais, même pour les touts petits (10-12 ans), un vélo tout terrain (VTT) est tout de même à 58 000 francs CFA. Ce qui n’est pas du tout donné en Côte d’Ivoire car la pauvreté touche au moins 50 % de la population.

 

  • Les cyclistes de la ville

En ville, il n’est cependant pas rare de voir les cyclistes du weekend. Ce sont ces cadres ou ces retraités qui sortent leur vélo, juste pour garder la forme.
Des personnes en ont même fait leur moyen de locomotion dans une ville aussi bruyante et mouvementée qu’Abidjan. C’est le cas de Monsieur Denis, un retraité que j’ai rencontré en ville.
Cet homme d’une soixantaine d’années explique son choix de monter à vélo à son âge :

« Je montais à vélo pendant que je travaillais encore, affirme-t-il, le visage rayonnant de bonne humeur. Avant le vélo, poursuit-il, je possédais une moto que j’ai du vendre à cause de mes maux de genoux. Je me rendais par la suite au travail en taxi. Mais mon mal de genoux persistait. Ce sont mes patrons qui m’ont conseillé de faire du vélo contre ce mal. Au début, je me suis dit que le conseil n’était pas raisonnable. Mais, j’ai tout de même essayé, je me suis mis au vélo et, depuis, je n’ai plus mal. »

M. Denis ne regrette pas son choix comme mode de locomotion car, selon lui, le vélo lui garantit une bonne santé :

« Le vélo me fait transpirer et la transpiration évite la maladie, me confie-t-il, le vélo est le moteur de la machine du corps. »

En Côte d’Ivoire, il n’existe pas de pistes cyclables. M. Denis et les cyclistes de toutes les villes de notre pays doivent donc faire face à l’indiscipline des chauffeurs de taxis communaux (Woroworo) et de minibus (Gbaka). Ces derniers n’ont aucun respect pour les cyclistes. Mais  notre retraité évite les accidents grâce à son extrême prudence. Il reconnaît tout de même que faire du vélo sur les voies d’Abidjan, au trafic très dense, comporte de grands risques. L’une de ses arguments pour continuer à faire du vélo est qu’il permet de gagner du temps en se faufilant avec son engin entre les voitures dans un embouteillage.

Livreur de poulet congelé Crédit photo : Christ Koffi
Livreur de poulet congelé « Crédit photo : Christ Koffi »

En ville, le vélo est également utilisé comme outil de travail. Ainsi, en Côte d’Ivoire, les livraisons de sachets plastiques, de lait, de charbon de bois, de yaourt, d’œufs, de poulets congelés, et même la vente de vins de palme par exemple se font à vélo (72 rayons). Ces usages sont d’une grande portée sociale. Ce sont, en effet, généralement des immigrés nigériens (pour les sachets plastiques), guinéens (pour le lait) et maliens (pour le charbon de bois) qui utilisent le vélo pour le commerce. Ils travaillent pour leur propre compte.

Vendeur de lait de vache à Abidjan "Crédit photo : Christ Koffi"
Vendeur de lait de vache à Abidjan « Crédit photo : Christ Koffi »

Les Ivoiriens, quant à eux, utilisent des tricycles au travail, notamment pour des livraisons de yaourt. Ils travaillent pour des supermarchés ou pour le compte de petites et moyennes entreprises.

Vélo servant au trans port de cartons d'oeufs "Crédit photo" : Christ Koffi
Vélo servant au trans port de cartons d’œufs « Crédit photo » : Christ Koffi

Le vélo, dans les villes ivoiriennes, a donc une véritable portée sociale. Cette idée pourrait se résumer ainsi : dis-moi dans quelle activité tu utilises ton vélo, je te dirai de quel pays de la sous-région ouest-africaine tu es originaire. Le vélo est généralement l’outil de travail de l’étranger dans les villes de Côte d’Ivoire. Il y est donc le véhicule de l’immigré de la sous-région ouest-africaine.

Vendeur de sachets plastiques "Crédit photo : Christ Koffi
Vendeur de sachets plastiques « Crédit photo : Christ Koffi
  • Le vélo et l’Institut de cardiologie d’Abidjan

Dans le but d’encourager les personnes d’un certain âge à faire du vélo, grâce aux effets positifs que cet exercice physique a sur le cœur, des compétition de VTT sont organisées avec le parrainage de l’Institut de cardiologie d’Abidjan. Les participants à cette compétition sont gratifiés par une prise en charge sanitaire.

  • L’évolution des transports et le vélo

Pour faire du vélo à Abidjan, il faut se rendre en dehors de la ville (en forêt par exemple), ou sortir très tôt, car à partir de 6 heures du matin déjà, c’est à vos risque et périls. Vous êtes exposé à la pollution générée par tous ces véhicules. La ville d’Abidjan à elle seule supporte la majorité des 423 500 véhicules que compte le parc automobile ivoirien. La plupart d’entre eux sont des France au revoir (voitures d’occasion importées d’Europe).
En faisant du vélo à Abidjan, vous devez également vous attendre à faire face à l’indiscipline des automobilistes. Vous endurez  en outre la pollution générée par tous ces véhicules.

Mais, en général, en utilisant le vélo comme moyen de locomotion en Côte d’Ivoire, vous devez accepter de subir la chaleur du soleil, et donc de transpirer. Avoir de la sueur en permanence suscite dans notre société des moqueries et du mépris.

Ce sont là autant de motifs qui n’incitent pas les Ivoiriens à faire du vélo. On préfère emprunter un taxi, même pour une course sur moins d’un kilomètre.

  • Épreuve sportive : le tour de Côte d’Ivoire

Faire du vélo dans les grands centres urbains de la Côte d’Ivoire comporte certes des risques, mais certains ont décidé d’en faire une passion et une profession : ce sont les cyclistes professionnels de Côte d’Ivoire. La fédération ivoirienne de cyclisme compte 21 clubs affiliés (sur route, VTT et BMX). Ceux-ci affrontent leurs confrères africains dans diverses compétitions : tour du Faso, du Cameroun, du Gabon, du Rwanda, etc. Mais ils s’affrontent surtout lors du tour de Côte d’Ivoire. En 2013, ce tour a été baptisé « tour de la réconciliation ». L’objectif, selon les initiateurs de ce tour, était de rassembler les Ivoiriens. Ainsi, le vélo a été utilisé comme facteur de paix sociale. Et, même si la course a été interrompue faute de moyens, des gens sans distinction de bord politique sont sortis tout au long du trajet pour applaudir les cyclistes.

En somme, le vélo fait, dans un premier temps, partie de moi. Il me laisse de très beaux souvenirs d’enfance. Il fait dans un second temps partie de l’histoire de mon pays : pays fortement agricole, pays d’immigration, pays de migration des peuples, pays de diversité, pays en voie d’industrialisation, pays à forte activité artistique, pays de personnes suffisamment éduquées pour savoir les bienfaits du vélo, pays sportif. Telles sont les images que le vélo donne de mon pays. Cependant, le climat chaud, les préjugés, l’absence d’une politique de vulgarisation du vélo ainsi que son coût trop élevé sont de véritables freins à son développement en Côte d’Ivoire. Mais, que ne ferait-on pas pour la santé ? Pour cela seulement, je suis prêt à dire :

 » Chacun à son vélo. « 

La pollution en sera non seulement réduite, mais nous ferons des économies sur notre santé, à l’image de M. Denis. Ce dernier ne se souvient plus de la dernière fois qu’il a mis les pieds dans un hôpital.


Côte d’Ivoire : le chapelet du Crucifié : une source de grâces

L'affiche annonçant la méditation du chapelet du Crucifié Crédit photo : Christ Koffi
Une affiche annonçant la méditation du chapelet du Crucifié Crédit photo : Christ Koffi

 

« A quelque chose, malheur est bon », dit-on. Loin d’ébranler la foi des Ivoiriens, les années de crise sociopolitique qu’a connues la Côte d’Ivoire ont plutôt favorisé le rapprochement de certains Ivoiriens de Dieu. Elles ont surtout permis à ses plus fidèles parmi eux d’avoir une relation privilégiée avec lui. C’est ainsi qu’un chapelet a été révélé à deux de ses fidèles : c’est le chapelet du Crucifié. Ce chapelet n’a officiellement que seulement moins de deux ans d’existence mais, il fait déjà des merveilles en Côte d’Ivoire, selon les personnes qui l’expérimentent. Des rencontres de prière sont organisées à Abidjan pour le méditer. J’étais à deux de ces réunions qui se sont tenues sur un peu moins d’un mois.

Samedi 14 février 2015, jour de la Saint Valentin. Paroisse Saint Pierre de Niangon Sud (Yopougon/Abidjan). Il est 8 heures du matin. Des chrétiens catholiques ont choisi de vivre la fête des amoureux et de l’amour avec celui qu’ils appellent eux-mêmes leur « Valentin » : le Crucifié, Jésus-Christ. Pour ce faire, et durant la journée, chacun a son chapelet du Crucifié et le guide de prière. Avant le début de la méditation du chapelet du Crucifié, sur la majorité des visages d’hommes comme de femmes, ce n’est pas la sérénité. On y lit l’angoisse et l’anxiété. Une animatrice propose de faire des dizaines du chapelet traditionnel. Ce qui détend l’atmosphère. Mais les visages sont toujours crispés malgré ce que chacun sait ou a entendu du chapelet du Crucifié qu’il est justement venu méditer ce jour.

Des personnes venues méditer le chapelet du Crucifié Crédit photo : Christ Koffi
Des personnes venues méditer le chapelet du Crucifié Crédit photo : Christ Koffi

Effectivement, du 18 au 24 janvier dernier, avait déjà été organisée par l’Éveil Missionnaire Catholique de la paroisse Saint Pierre de Niangon sud une neuvaine de prière pendant laquelle le chapelet du Crucifié a été médité. Et, lors de cette méditation des personnes qui connaissaient ce chapelet et l’avait médité auparavant ont témoigné des merveilles de celui-ci dans leur vie. Il en est ainsi d’abord de Madame N’goran.

Selon elle, son époux avait une affaire en justice depuis huit ans. Cette affaire l’opposait à des associés qui, par des manigances, l’avaient mis hors de son entreprise.

« Chaque fois que l’audience était programmé, elle était reportée, témoigna la dame, j’en ai parlé à M. Memel (l’un des initiateurs du chapelet du Crucifié). Il m’a conseillé de méditer le chapelet. Nous l’avons donc médité ensemble pendant une semaine. Mais lui, au cinquième jour déjà, il nous a laissé continuer parce qu’il disait que la situation avait été décantée spirituellement. Après avoir médité le chapelet, l’audience a non seulement été programmée, mais elle a eu lieu, et mon mari a gagné le procès. (…) Ses associés se sont par la suite confondus en excuses devant lui. ».

Madame N’goran conclut son témoignage en dévoilant que son époux a été dédommagé conséquemment.

Dans un deuxième témoignage, Monsieur Daly révéla comment après la méditation du chapelet du crucifié, son épouse entre la vie et la mort était pourtant sortie d’un coma alors que ses médecins traitants désespéraient devant son état.

« Mon épouse était enceinte rapporta-t-il. Un soir, elle avait de la fièvre. A l’hôpital, le médecin lui diagnostiqua un diabète. Son tau de glycémie était à 4 (chez le sujet sain, la glycémie varie de 0,70 à 1,10 g. par litre de sang). Elle perdit le bébé. Elle fit par la suite trois arrêts cardiaques et tomba dans le coma. La situation de mon épouse me tourmentait. Me voyant me lamenter dans l’église, à Saint Michel d’Adjamé (Abidjan), la vendeuse des objets de piété s’approche de moi et me propose d’aller expérimenter ce nouveau chapelet (le chapelet du Crucifié) qu’elle venait de recevoir. Il paraîtrait qu’il serait très efficace, selon elle. J’ai pris le chapelet. Je l’ai médité toute une nuit devant la chambre de mon épouse pendant que les médecins s’affolaient devant son état car elle était en train de rendre l’âme dans son coma ».

Mais, selon le témoignage de M. Daly, au grand étonnement des médecins, son épouse ne mourut pas. Elle sortit du coma le lendemain. Son tau de glycémie était redevenu normal.

C’est certainement pour vivre cette même expérience avec le Christ que tous ces fidèles catholiques étaient présents à la méditation du chapelet du Crucifié ce 14 février 2015. Mais c’est quoi, ce chapelet dont on parle dans Abidjan ?

Le chapelet du Crucifié n’est qu’une prière qui est essentiellement basé sur la prière du notre père.

Ce chapelet a été révélé à Messieurs Valentin Memel Ly et Julien Koko et autorisé par le diocèse de Yopougon. Il est selon, le prédicateur laïc ivoirien, Valentin Memel Ly :

« une prière par laquelle nous demandons des grâces spirituelles et temporelles à Dieu avec l’aide de la Vierge Marie, non pas à cause de nos bonnes œuvres, mais à cause des mérites de Jésus-Christ, de Ses meurtrissures par lesquelles nous sommes guéris » (le chapelet du Crucifié deValentin Memel Ly).

Puis, le prédicateur laïc précise :

« Ici, guérir signifie : délivrer, libérer, sauver, prospérer, être béni, être enrichi … Notre foi doit se baser sur ce remède, ce médicament appelé « meurtrissures » ou « blessures » par lequel il (Jésus-Christ) nous a guéris. Nous devons mettre notre confiance en ce remède et le prendre toutes les fois que nous en éprouvons le besoin. » (Ibid.)

Et, effectivement, des personnes qui avaient médité pour la première fois le chapelet du Crucifié dans le mois de janvier sont venues, ce 14 février, témoigner des bienfaits de ce chapelet dans leur vie en moins d’un mois. Il faut dire que c’est après de vives exhortations et l’insistance du prédicateur laïc ivoirien Valentin Memel Ly, que ces personnes ont bien voulu partager leur expérience avec les fidèles.

Monsieur Lath est l’un de ces témoins. Malade de l’épaule droite depuis trois ans, son mal a disparu après la méditation du chapelet du Crucifié :

« A la première méditation du chapelet (celle de janvier), témoigne-t-il, on a demandé de poser la main sur la partie malade de notre corps. Moi, j’ai posé la main sur mon épaule droite. Pendant la méditation je n’ai plus senti de douleur à mon épaule. Mais après, à la maison, j’ai eu à nouveau très mal à l’épaule. Mais je me suis dit que ce n’était pas possible que j’aie encore mal parce que j’étais guéri. Et, jusqu’à ce jour, je ne ressens plus le mal. Mon épaule est guérie. »

Il fit même quelques mouvements du bras droit pour confirmer ce qu’il disait.

Madame Dia, quant à elle, est venue rapporter le changement que le chapelet du crucifié a, selon elle, réalisé dans la vie de sa nièce. Diplômé d’une licence d’Anglais depuis 2002, cette nièce qui vivait chez elle, selon toujours son témoignage ne faisait que passer des concours de la fonction publique, sans succès :

« A la première méditation, rapporte-t-elle, j’ai invité ma nièce à venir faire le chapelet avec nous à l’église. Alors que le chapelet prenait fin le samedi (le samedi 24 janvier), elle avait prévu nous rejoindre ce samedi là. Mais j’ai insisté, et elle a effectivement commencé la méditation avec nous le mardi (trois jours après le début de la méditation). Quelques jours après la fin de la méditation, sa petite sœur l’appelle pour l’informer qu’une entreprise de construction recherche une secrétaire. (…) Elle a eu à déposer son dossier, a pu faire un entretien et a finalement été retenue pour le poste. Son entreprise la loge actuellement à l’hôtel, le temps de lui trouver une maison ».

Madame Dia eut du mal à conclure son témoignage à cause des « Amen ! » et des applaudissements qu’il suscita automatiquement parmi les fidèles. Mais elle put tout de même terminer par ces paroles pleines de sens :

« En moins d’un mois, la vie de ma nièce a changé. Croyez en ce chapelet, exhorte-elle l’auditoire de fidèles, avant de confier, moi je le fait à partir de 2 heures du matin. »

Ainsi va du chapelet du Crucifié, pendant la méditation duquel ce 14 février, j’ai vu des gens vomir dans des cris de douleur effroyable, d’autres tomber en transe, d’autres encore s’écrouler littéralement dans leur chaise. Mais comme dans ce genre de rencontre de prières, les gens sont beaucoup portés par les émotions. Cependant, le mode de vie et les témoignages après avoir fait l’expérience de ce chapelet permettrons de savoir lesquelles de ces effusions étaient le fait de la comédie et celles qui étaient l’action d’une véritable délivrance.

Pendant la prière même, le prédicateur laïc ivoirien Valentin Memel Ly, qui en est l’animateur principal, mit en garde contre les émotions et les effusions intempestives qui n’ont pour autre objectif que de distraire les fidèles, et les détourner de la véritable raison de leur présence à cette prédication évangélique.

Après la prière, j’ai rencontré le prédicateur laïc Valentin Memel Ly en personne et ai échangé avec lui. Il fait partie de l’Éveil Missionnaire Catholique. C’est une association de fidèles laïcs pour l’éveil missionnaire et l’évangélisation. Sa motivation et celle de son mouvement est, me confie-t-il :

« Remettre debout, délivrer les hommes, briser les chaînes diaboliques dans la vie de toute personne ».

Et le Chapelet du Crucifié est tout indiqué pour cette mission car, selon lui, le chapelet du Crucifié est :

« (…) comparable au « fouet de cordes ». Et Ce Jésus qui a « purifié » le temple de Jérusalem en chassant avec le « fouet de cordes » tout ceux qui y faisaient le commerce, est le même qui veut encore aujourd’hui purifier le temple de notre corps avec le chapelet du Crucifié ; parce que nous sommes la maison de son Père. Chaque grain du chapelet est un coup de fouet redoutable donné à l’ennemi, c’est-à-dire : la maladie, l’infirmité, le démon et toutes leurs œuvres. » (Le chapelet du Crucifié).

C’est vraiment le cœur serré que le prédicateur laïc ivoirien me confie également ceci :

« Les forces du mal créent la peur pour pousser les gens à aller à des sources qui ne sont pas de Dieu, pour vendre leur âme au diable ».

Quand l’on sait l’existence d’enlèvements et crimes rituels d’enfants en Côte d’Ivoire et tout ce qui motive ces actes horribles, on ne peut que comprendre le sens de ces paroles de cet homme de Dieu et le bien fondé de sa mission.

En somme, et à en croire les témoignages de personnes qui ont expérimenté le chapelet du Crucifié, celui-ci apparaît vraiment comme une arme fatale à la maladie, au chômage, aux œuvres malsaines et à tout ce qui constitue un obstacle à l’épanouissement des personnes. Il est, selon le prédicateur laïc, Valentin Memel Ly, un moyen pour les personnes d’obtenir des grâces ; il permet de se prendre en charge, d’obtenir son indépendance, même vis-à-vis des hommes de Dieu.

Le chapelet du Crucifié serait de plus un avantage pour la Côte d’Ivoire car selon toujours le prédicateur ivoirien :

« La méditation communautaire de ce Chapelet a les moyens spirituels d’apporter la vraie réconciliation en Côte d’Ivoire ».

Ce 14 février 2015, il est un peu plus de 17 heures quand la méditation du chapelet du Crucifié prend fin. Les gens rentrent chez eux avec des visages rayonnants et sereins. Cette apparence contraste avec celle de départ. Et cette apparente confiance me pousse à croire que ces personnes ont la ferme conviction qu’elles ont trouvé en le chapelet du Crucifié une véritable source de grâces.