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Or donc le transfèrement du président Gbagbo Laurent et Blé Goudé charles à la Haye était en réalité une déportation

Le dicton qui dit que la  vérité finit toujours par rattraper le mensonge se vérifie aujourd’hui en Côte d’Ivoire. A l’image des anciens résistants africains à la colonisation, Samory Touré, Behanzin, Sidi Mohammed Ben Youssef, etc., qui ont été neutralisés par les colons, puis déportés loin de leur terre natale où ils ont fini leurs jours, deux opposants au régime Ouattara, le président Gbagbo Laurent  et son ministre de la jeunesse Blé Goudé Charles, semblent subir le même sort sur le sol Européen. Tout porte à croire que leur transfèrement à la Haye était en réalité une déportation.

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Un bref Rappel historique

Il n’est un secret pour personne, ces deux personnalités de la Côte d’Ivoire ont été transférées en 2011,  à la Haye, à la CPI (cour pénale internationale), par le régime du président Ouattara, qui plus est dans l’avion de ce dernier, pour répondre des accusations contre elles de crimes contre l’humanité à la suite de la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait officiellement plus de 3000 morts. Mais 9 ans après,  ils sont innocentés en phase préliminaire du procès. Ce qui signifie que leur jugement n’aurait jamais dû commencer.

Laurent Gbagbo. CC wikimedia.org

Gbagbo Laurent et Blé Goudé sont pourtant, étrangement, privés de liberté, dans l’éventualité d’un procès en appel. Ils sont donc mis en liberté sur surveillance, avec de plus de nombreuses restrictions. Mais ils semblent surtout victimes de l’acharnement de la justice internationale, notamment de Mme la procureure de la CPI, qui est déboutée dans une dernière audience lors de laquelle plusieurs restrictions qui concernent Gbagbo et Blé Goudé sont levées. En somme ils obtiennent l’autorisation de pouvoir voyager, à condition de résider dans un pays parti de la CPI. Leur  patrie, la Côte d’Ivoire en fait partie. Les deux anciens pensionnaires de la prison de la CPI, à la Haye, manifestent naturellement un ardent désir de rentrer chez eux, le temps de régler certaines formalités administratives, notamment l’obtention de passeports. Et pourtant…

Blé Goudé Charles en incarcération. Cc flickr.

Quand la déportation se dessine

Gbagbo  Laurent et Blé Goudé sont cependant privés de papiers par les autorités ivoiriennes de sorte que, comme des déportés, ils doivent faire face à l’impossibilité de rentrer chez eux.

Le régime ivoirien, pour se dédouaner de toutes mauvaises intentions, prétend par exemple officiellement que la demande de passeport de Gbagbo Laurent est en  cours de traitement.

En Côte d’Ivoire même l’établissement d’un passeport se fait en tout au plus 72 heures pour de simples citoyens. Pas besoin de deviner que pour un ex chef d’État, celui-ci prend moins de temps, qui plus est lorsque son statut d’ancien chef d’institution de son pays lui donne droit à un passeport diplomatique, comme au temps où Alassane Ouattara en avait quand où il était auréolé du statut d’ancien premier ministre de l’État de  Côte d’Ivoire.

Pour enfoncer le clou et confirmer leur statut de déportés, en plus d’être sans papier ils sont privés définitivement du droit de vote par leur radiation de la liste électorale. Quoi de plus normal puisqu’ils ont été condamnés intentionnellement par contumace pour Blé Goudé pour les faits dont il a pourtant été innocenté à la CPI ; pour Gbagbo Laurent pour, officiellement, le braquage de la BCEAO.

Quand l’union européenne acte la déportation de Gbagbo Laurent et Blé Goudé Charles sur son territoire

Il est en effet étrange que pour des sans-papiers Gbagbo Laurent et Blé Goudé ne soient pas simplement rapatriés chez eux par les autorités de Bruxelles, comme tout sans papier se trouvant sur le territoire Schengen.

Le prestige de ces deux personnalités peut en être la raison. Dans ce cas, pourquoi Bruxelles et les organisations internationales des droits de l’homme  n’interviennent-elle  pas auprès des autorités ivoiriennes en vue de l’établissement de papiers pour  ces deux figures de la politique en Côte d’Ivoire pour qu’elles rentrent enfin chez elles comme elles le souhaitent ardemment afin d’y contribuer à la réconciliation nationale ?

En cette période préélectorale où le mercure monte en Côte d’Ivoire et les tensions ethniques et politiques se font vives, l’Union Européenne se fait simplement la complice d’une déportation sur son sol de deux personnalités ivoiriennes dont la popularité, selon les propres dires de Mme la procureure de la CPI qui a utilisé cet argument comme prétexte de maintien de Gbagbo Laurent et Blé Goudé en captivité malgré leur acquittement, ne fait l’ombre d’aucun doute. 

L’indifférence de l’UE à la présence de ces deux « sans papier » de renom sur son sol,  confirme leur déportation sur son territoire. Elle conforte dans leur suspicion les personnes qui pensent que l’Occident est y pour quelque chose parce qu’elle aurait pour poulain Alassane Ouattara dont les dérives tyranniques sont pourtant de plus en plus visibles 2 mois et demi avant une élection présidentielle pour laquelle il prétend après deux mandat  pouvoir se présenter un pour premier mandat. Cette sorte de mépris de l’UE pour Gbagbo Laurent et Blé Goudé Charles  n’honore surtout pas les valeurs de défense des droits de l’homme dont elle se fait le chantre, notamment dans un pays comme la Côte d’Ivoire vulnérable aux conflits de toutes sortes, en cette obscure période préélectorale.

L’Union Européenne a par conséquent une part de responsabilité si  la situation y dégénère davantage, elle qui non seulement semble détenir sur son sol les deux opposants au régime Ouattara, mais refuse aussi de mettre les autorités ivoiriennes en face de leur responsabilité.

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Auteur·e

revedehaut

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