« Jeunesse » : c’est juste un concept politique (1)

La  « jeunesse » est présentée comme cette phase de l’évolution d’un individu avant l’âge adulte.  Les individus qui composent cette tranche d’âges, la plus grande part des populations des pays du tiers monde et aussi la plus vulnérable, fait l’objet de toutes les convoitises par des politiques qui voient en eux plus un véritable réservoir de voix et des individus manipulables que des personnes dont l’existence procède d’une franche planification. On ne s’en souvient donc quand on fait sa propre politique.

Garçon africain. Cc Pixabay

  • Les contradictions même au sein de ceux qu’on appelle la « jeunesse »

Il y a  en effet d’abord des individus qui normalement devraient appartenir à cette catégorie d’individus qu’on  appelle jeunes qu’on ne compte pas parmi ces derniers, ou qu’on ne voit pas quand on parle des jeunes, en raison de leur réussite sociale. Les plus en vue sont les célébrités, notamment les stars du foot. Didier Drogba, Yaya Touré, Lionel Messi, Chritiano Ronaldo, Samuel Eto’o par exemple sont-ils ou ont-il été  moins jeunes que ceux qu’on classe ou qu’on a classé  parmi ceux qu’on appelle les « jeunes » ? Évidemment pas, ils sont tous de la même génération. Et pourtant on ne  compte pas ces stars parmi la jeunesse. Soit dit en passant, le contraire serait très  embarrassant pour les régimes corrompus qui font brusquement de la jeunesse leur priorité (j’y reviendrai).

Parce que ces célébrités se trouvent à un haut niveau social, le message que je tente de faire passer peut paraître flou, je l’admets, mais on peut redescendre à un niveau social moins impressionnant. Considérons simplement les individus qui se trouvent dans cette même tranche d’âge que  ceux qu’on classe parmi les « jeunes », et qui ont un travail, une femme, des enfants ; même si ces derniers se sentent assez vigoureux et frais ou ont un âge moyen pour faire parti des  « jeunes », ils  se sentent plus, et cela va de soi, comme des  gens qui ont des responsabilités à assumer et des devoirs à honorer,  que comme des individus qui appartiennent à une certaine tranche d’âge ou à cette catégorie sociale appelée  « jeunesse ».

Il faut donc trouver un autre terme pour désigner le groupe d’individus qu’on appelle jeunesse. Et le terme qui conviendrait le mieux pour en parler, c’est bel et bien « pauvre », qui plus est lorsque à des rassemblements ou des manifestations  de jeunes, notamment les récents états généraux de la jeunesse ivoirienne, ne sont présents en grand nombre que ceux qui espèrent en tirer une situation social, en clair avoir une source de revenue pour pouvoir se prendre en charge. « Pauvre » étant, je suppose, assez dévalorisant, on pourrait le remplacer, à travers cet exercice langagier pervers dont raffolent les régimes imbus, par une expression moins honteuse, sinon plus ‘‘respectueuse’’. Les personnes en quête d’une situation sociale irait bien. Si celle-ci suffit à faire évoluer la situation de ces « pauvres », tant mieux. Mais la meilleure façon de résoudre un problème, ce n’est pas de l’édulcorer,  mais de le dévoiler dans toute sa réalité pour mieux l’affronter.

Ainsi c’est plus la situation sociale qui conditionne l’appartenance à cette catégorie sociale appelée jeunesse, que l’âge. En clair tu as beau avoir 50 ans, si « tu  n’a rien » ou « tu n’es rien »,  on te classera parmi les « jeunes », voir les enfants. De même quand tu as  20 ans et que tu as une situation sociale respectable, tu ne te sens pas jeune, mais responsable.

Et parce qu’elles sont pauvres,  les personnes qu’on appelle « jeunes » sont exposées à la manipulation de politiques démagogues et aux abois. Et ceux-ci en profitent car ils ne s’en souviennent que pour leur politique ; d’où d’ailleurs le caractère uniquement politique du concept « jeunesse ».

À suivre

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