La Côte d’Ivoire n’a pas volé son élimination pour le mondial de football Russie 2018

Archive. Les Éléphants lors des jeux de la francophonie Abidjan 2017. Crédit photo : Christ Koffi

Ça spécule beaucoup, dans les causeries et les médias ivoiriens, au sujet des causes de l’élimination des éléphants de Côte d’Ivoire pour le mondial de football Russie 2018. Or pourtant, à y voir de près, le football ivoirien n’est que le reflet de certaines pratiques sociales qui mènent la Côte d’Ivoire à l’immobilisme, voire à la décadence.

Une odeur de clientélisme

Dans un premier temps, le choix du sélectionneur des Éléphants est d’une suspicion remarquable. Alors qu’une cinquantaine de candidats avaient répondu à l’appel à candidature pour le poste de sélectionneur, le choix de Marc Wilmots avait été acté sans que celui-ci  n’ait fait parti des postulants.

Cette situation est tout simplement pareille à certains admis aux concours de la fonction publique ivoirienne (aux compétences qui laissent à désirer) qui ne prennent pas la peine de composer ou même de déposer un dossier de candidature, tout simplement parce que leur nom est inscrit à l’avance sur la  listes des admis en échange d’une forte somme d’argent.

Nous ne disons  pas qu’il y a eu un deal entre Marc Wilmots et les responsables de la fédération ivoirienne de football, mais son choix est d’autant plus suspect que son échec n’est pas surprenant. Pour preuve, Hervé Renard qui avait remporté la coupe d’Afrique des nations avec les Éléphants en 2015 avait en son temps été choisi parmi d’autres candidats au poste de sélectionneur, donc selon des critères sérieux. Comme par hasard, cet entraîneur sérieux,  rigoureux, travailleur et honnête quittera son poste à la suite de certaines mésententes avec les responsables de la fédération.

Le goût du raccourci

C’est l’esprit de cet individu qui veut accéder au pouvoir sans passer par l’épreuve des élections, ou même pour emprunter une image toute simple à la Bible, il s’agit de ce personnage qui veut prendre part à des noces sans être vêtu des habits de la noce (Matthieu 22,12). Et de tels arrivistes ne manquent pas en Côte d’Ivoire, tribalisme, rébellion et favoritisme aidant.

Il s’agit en l’occurrence de l’exemple de l’ancien défenseur des Éléphants, Kolo Touré, qui, après avoir mis fin à sa carrière de footballeur à seulement un peu plus de 30 ans, désire embrasser celle d’entraîneur en passant évidemment par le poste d’assistant à Marc Wilmots. Ce à quoi l’a aidé la fédération ivoirienne de football en le nommant adjoint du sélectionneur des Eléphants.

Un entraîneur, même un assistant, ne s’improvise pas quels que soient son désir, son talent, ses relations ou sa notoriété (le grand Diego Maradona qui échoua avec l’Argentine en 2010 ne dira pas le contraire).

Comme Zinedine Zidane et d’autres, l’aspirant a l’humilité, l’intelligence, mais surtout le courage de suivre auparavant la formation d’entraineur, il obtient ses diplômes,  puis devient adjoint pour avoir enfin les compétences de ses nouvelles fonctions et servir valablement.

A l’image du mutisme de l’intrus à la noce à la question posé par le roi dans la Bible, (Il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement des noces ? Et l’autre ne répond rien.) l’incapacité de contrecarrer l’équation footballistique imposé à eux par Hervé Renard et son assistant, Patrice Beaumelle, en dit long sur les compétences de Kolo Touré, son sélectionneur et tous les charlatans qui grouillent autour des Éléphants.

Ainsi, faire de l’équipe nationale de football un laboratoire pour apprentis entraîneur et un théâtre d’opération pour sélectionneur-mercenaire conduit  naturellement à la débâcle qu’ont subi les Éléphants samedi dernier.

La  démission et les egos

La démission et les egos ont enfin brisé l’excellente dynamique de victoire des Éléphants acquise à la Can 2015. Au lendemain de leur victoire, certains cadres de l’équipe, et non des moindres, notamment Kolo Touré, Yaya Touré, Koppa Barry et d’autres ont décidé de mettre fin à leur carrière internationale.

Certes, ils ne joueront pas éternellement au foot, mais leur présence dans l’équipe en tant qu’anciens, champions de surcroît, aurait été une source de motivation pour les nouveaux et les plus jeunes qu’ils auraient pu encadrer. Leur âge (à peine un peu plus de 30 ans) n’aurait pas non plus été un obstacle à leur présence sur le terrain, car des joueurs plus vieux qu’eux poursuivent leur carrière.

Mais nos footeux ont démissionné à la poursuite d’autres challenges, l’idée qu’on ne les voit qu’en champions était apparemment plus forte que tout. Ils se sont donc contentés d’un titre de champion de la CAN et d’une gloire factice qui malheureusement semblent aujourd’hui aussi être la cause du déclin du football ivoirien.

En somme, les causes de l’élimination des Éléphants sont plus en amont. Le faux jeu  et la débâcle qui a suivi n’en sont que des conséquences logiques. Et le cinéma du limogeage en règle de Wilmots n’est qu’un arbre qui ne peut cacher la forêt des fantaisies et de l’amateurisme à partir desquelles l’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire est administrée depuis la fédération ivoirienne de football.

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