Fin des mutineries en Côte d’Ivoire : Et si la démission de « ADO La Solution » était la solution

Le mercredi 10 mai 2017, s’est tenue au palais présidentiel d’Abidjan, une cérémonie de pardon, au chef de l’État. Lors de celle-ci, les délégués des soldats mutins du mois de Janvier ont renoncé aux  7 millions de francs CFA de  reliquat de la prime de 12 millions que le président de la République s’était engagé à leur payer. Coup de théâtre parmi les soldats : oui pour le pardon à un père, mais non pour le renoncement au butin de guerre. Et depuis, les bruits de bottes se font encore entendre  à travers le pays, notamment à Bouaké. Les Ivoiriens, déjà traumatisés par de longues années de crise, sont naturellement fatigués de cette situation. Cependant, le tout n’est pas d’être fatigués, mais de trouver une solution contre ces fréquentes mutineries. Et La solution pourrait venir du premier citoyen, le président  Ouattara, dont la démission mettrait un terme aux sauts d’humeur des anciens rebelles reversés dans l’armée ivoirienne.

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Alassane Ouattara, CC Wikimedia Commons

Les anciens rebelles reversés dans l’armée ivoirienne, parce que c’est bien d’eux qu’il s’agit, n’ont le courage de réclamer des primes que parce que c’est  Alassane Ouattara qui est au pouvoir.  Pour comprendre cela il suffit de faire un retour dans le passé.

  • Petit rappel historique

En 2002, Les rebelles expliquaient  leur insurrection par le prétexte que les populations originaires du nord de la Côte d’Ivoire, dont ils se réclament, étaient marginalisées. Il leur était par exemple compliqué d’avoir des cartes d’Identité. Mais le principal argument qu’ils avançaient pour expliquer leur prise des armes était que, à cause de l’ivoirité, l’un des leurs, à l’époque le premier ministre Alassane Dramane Ouattara, était empêché, d’accéder à la tête de l’État.

Quinze ans après et lors de son 2nd mandat présidentiel, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’objectif poursuivi par les anciens rebelles, a été bel et bien atteint. D’où certainement ces fréquentes saugrenues revendications au régime Ouattara car il va sans dire que  c’est à lui qu’a profité la rébellion.

Forces spéciales ivoiriennes Crédit photo rfi.fr

L’entêtement des mutins  à recevoir leur prime s’explique d’autant plus que bientôt, dans trois ans exactement, comme l’exige la constitution ivoirienne, et comme il s’est également engagé à la respecter, Ouattara quittera le pouvoir. Pour les mutins c’est donc Maintenant ou jamais, surtout que le président  n’aurait pas non plus exclu de quitter le pouvoir avant la fin de son mandat.  Pourquoi pas maintenant ?

  • Retour dans le présent

Apparemment là où Alassane Ouattara s’était présenté comme la solution à  tous les problèmes de la Côte d’Ivoire, les anciens  rebelles tendent à faire de lui le problème pour la Côte d’Ivoire. Il a néanmoins l’occasion de rester Solution en démissionnant, car un nouveau président, d’un autre parti notamment, en l’occurrence le vice-président Kablan Duncan, ne serait redevable de rien aux anciens rebelles. Ces derniers se contenteront des places qu’ils ont gracieusement obtenues prioritairement dans l’armée, la gendarmerie, la police, les douanes, l’administration publique, etc. à la suite de la crise.

Le président Ouattara doit être conséquent. En démissionnant, c’est sûr que le plan de vie et de retraite de certains  dignitaires de son parti est compromis, mais il a l’occasion de prouver que la modification des institutions, notamment la création du poste de vice-président n’est pas juste pour tempérer l’impatience du PDCI (parti démocratique de Côte d’Ivoire) d’accéder  au pouvoir, ou pour éloigner le pouvoir du président de l’assemblée nationale, Soro Guillaume, ancien chef de la rébellion dont ce sont comme par hasard, les anciens éléments qui se mutinent sans cesse, et qui entretient un conflit sournois avec le régime dont il est censé être l’allié. Vraiment, chasser le rebelle, il revient au galop. enfin, soit.

  • Le merci de la nation à un grand bosseur

Que le Président Ouattara n’ait aucune crainte en démissionnant,  la Côte d’Ivoire se souviendra de lui comme celui qui a éloigné du pays, le sceptre de la déstabilisation et de l’instabilité durant tout son mandat…  Et que dire toutes ces réalisations que les anciens régimes n’ont pu effectuer à cause de l’instabilité politique : La rénovation des universités publiques, Prolongement de l’autoroute du Nord jusqu’à Yamoussoukro, le troisième pont d’Abidjan, la réhabilitation des voix à Abidjan comme à l’intérieur du pays; et que dire de la fameuse croissance à deux chiffres  qui ne profite certes pas aux populations, mais qui pourrait s’annuler en cas de nouvelle déstabilisation. Il  y a certes des limites à son régime, mais il ne pouvait réaliser plus qu’il en était capable.

  • Quand l’histoire est têtue

Pour terminer, en décembre 1999, c’est par des revendications d’argent que le régime de Konan Bédié prit fin  à la suite d’un coup d’État militaire. Et comme par hasard, ce sont ces mêmes militaires, qui réclament  encore de l’argent. Pire, ce sont les hommes de certains acteurs du coup d’État de 1999, les fameux éléments de l’ancienne FIRPAC (Force d’intervention rapide para-commando : Chérif Ousmane et autre…

Il vaut donc mieux  pour le président  de sortir par une porte, aussi petite soit-elle, que de sortir par la fenêtre avec tout ce que cela comporte comme conséquences. Ses trois prédécesseurs  à la tête de l’État en savent quelque chose.

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