Djaément de foule d’un Abobolais !

 

Dessin homme triste de pixabay.com CC

Dessin homme triste de pixabay.com CC

Le djaément de foule, c’est une expression nouchi qui veut dire : « coup de gueule ». L’Abobolais est l’habitant de la commune d’Abobo à Abidjan (Côte d’Ivoire). Il est le prototype du citoyen lambda. Laissé pour compte, il subit tous les pouvoirs, ceux par exemple des papas présidents, sauveurs et celui des agents corrompus de l’État. Les uns ignorent l’Abobolais tant qu’il n’y a pas élection au pays ou tant que ce dernier ne proteste pas contre leur pouvoir, et les autres, eux, sont indifférents à sa souffrance. Au contraire, l’Abobolais est une vache à lait pour ces corrompus impénitents. Monsieur l’Abobolais peut ainsi se retrouver en chacun de nous. Constamment éprouvé, il ne croit plus en l’avenir. Face à cette absence de perspective, il exprime à sa manière son désarroi, mais aussi ses vœux. Il ne nous reste plus qu’à l’écouter nous ouvrir réellement, mais vraiment réellement, son cœur. Pour nos lecteurs qui ne le comprendront pas du premier coup, une traduction de son djaément de foule suit…

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
Quéssia même,
Et puis on peut pas être enjaillé dans son propre pays ?!

On a bougô quoi même, hein
Dja, Allah, Lago, Gnanmien, Zéh, God ?
On a fait quoi,
Et puis les môgônis nous prennent
Comme en bas de chaussure, hein ?
Côte d’Ivoire, Burundi, Soudan du Sud, tout ça-là…
Politique a plus de valeur que l’homme.
A cau’ de politique, l’homme
Est devenu chien.
Il n’a pas komo
Il n’a pas komote
On le dja,
Et puis, ya fohi.
Ça reste gbanzan.
A cau’ de politique, ya les djaélis
A cau’ de politique, ça fraya du pays
A cau’ de politique, l’homme est devenu mangement :
On te dja pour garder pouvoir : mangement
On te fait gbagboter pour avoir pouvoir : mangement
Si tu as pris gros cœur contre PR
Tu vas prendre drap,
Il va te montrer que
C’est lui qui a payé
Toss, kalache, zagazaga, matraque
Et puis lacry pour policier :
Proproli sur proproli
Bougôli sur bougôli,
Djaéli sur djaéli,
Frayali sur frayali,
Et puis ça va pas quelque part.
Eh Dja, mauvaiüre n’est pas mauvaiüre !

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
Quéssia même,
Et puis on peut pas être enjaillé dans son propre pays ?!

Même pour grigra,
Pour avoir ton dabali,
Dabali seulement là,
Ça aussi, c’est pas affaire.
Si ta figure ressemble
Pas à pour eux là,
Mon cher,
Faut avoir moral :
Jette Bic, cahier, diplôme, tout ça-là ;
Buy ta machette, ta daba, Et puis, fonce au létche.

Eh Dja, mauvaiüre n’est pas mauvaiüre !

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
Quéssia même !
Et puis on peut pas être enjaillé dans son propre pays.

Le môgôni gbaille il vient bougô politique
Pour notre enjaillement,
Or que nous tous,
On est drap que c’est l’a’ent
Qui a gbé son mind :
Gombo va le tuer :
Monmonseur en Béze.

Le môgôni kouman il veut être boss
Pour djobidjo pour nous.
Or que nous tous,
On est drap que c’est l’a’ent
Qui a gbé son mind :
Gombo va le tuer :
Monmonseur en Béze.

Le môgôni pleure :
« Yé’eux djobidjo » ; « Yé veux bara »
« Yé ‘eux grigra » ; « Yé’eux travailler ».
Tout ça
Pour qu’on le voit
Pas en nouci au carrer
Or que nous tous,
On est en drap que c’est l’a’ent
Qui a gbé son mind :
Gombo va le tuer :
Monmonseur en chemise pagne.

Des môgôs malhères com’ent !
A cau’ d’eux :
Tu veux dabali : Bingue est mieux ;
Tu veux grigrali : Bingue est mieux ;
Tu veux schooler : Bingue est mieux ;
Mais avant d’arriver derrière l’eau,
Tu vas chercher visa, non ?
Si ça zaille,
Tu vas traverser l’eau, non ? :
C’est là Django sera souffert !
Douffeli sur douffeli !

Ya quoi ?!
Ya quoi ?!
quéssia même ?!
On a fait quoi
Et puis on peut pas être enjaillé, hein ?

Mais blêblê :
Gbè est mieux que drap, hein :
C’est paé on fait rien qu’on est rien ;
C’est paé on se tchou’n pas
Pour nous mange pas.
Mais le last même,
C’est paé on a pris l’homme
Pour faire notre Dieu
Que l’homme là aussi
Nous montre qu’il est notre Dieu en bri :
Il nous montre que sans lui là,
Nous, on est rien !
Si tu marches pas avec lui,
C’est que, tu es contre lui
Ya pas midi quatorze :
Proproli sur proproli
Djaéli sur djaéli
Frayali sur frayali
Mauvaiüre n’est pas mauvaiüre !
POLITIQUE, SORCIERE !
GBOSSEUR DE L’HOMME A MIDI CHAUD CHAUD
POLITIQUE, SA MERE !

Eh Dja, c’est comment ?
Faut nous soutra !
Mais gbè est mieux que drap :
C’est paé on est fait rien,
On est dans souffrance.
Mais faut sciencer quand même !
Donne-nous fangan pour quitter dans ça !

TRADUCTION

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il
Pour que l’on ne soit pas heureux dans son propre pays ?!

De quoi sommes-nous coupables, hein
Dieu, Dieu, Dieu, Dieu, Dieu, Dieu ?
Qu’avons-nous fait
Pour être autant méprisé ?
Côte d’Ivoire, Burundi, Soudan du Sud, etc.
La politique a plus de valeur qu’un être humain
A cause de la politique, L’être humain
Est devenu un chien
Il n’a pas de père
Il n’a pas de mère
Il est tué,
Et puis, il n’y a rien.
Aucune sanction.
A cause de la politique, il y a les tueries
A cause de la politique, il y a des réfugiés
A cause de la politique, l’être humain a été transformé en pain :
Tu es tué parce qu’on veut conserver le pouvoir : du pain
Tu es incité à manifester parce qu’on veut accéder au pouvoir : du pain
Brave le président de la République :
Tu en auras pour ton compte,
Il te fera comprendre que
Pistolets, kalaches, mitrailleuses, matraques
Et gaz lacrymogènes ont été achetés à la police par lui :
Course poursuite sur course poursuite,
Bastonnade sur bastonnade,
Tuerie sur tuerie,
Fuite sur fuite,
Et personne ne s’en émeut.
Mon Dieu, Quelle méchanceté !

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il ?!
Pour que l’on ne soit pas heureux dans son propre pays ?!

Même travailler,
Pour avoir simplement à manger,
La nourriture vitale pour tout homme
Ça encore, c’est un casse-tête.
Tu ne leur ressemble pas ?
Alors, très cher,
Soit fort mentalement :
Jette stylo, cahier, diplôme, etc.
Achète-toi une machette, une daba,

Et rentre au village.
Mon Dieu, quelle méchanceté !

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il ?!
Pour que l’on ne soit pas heureux dans son propre pays ?!

Cet homme raconte qu’il fait de la politique
Pour notre bonheur,
Alors que
Nous savons tous que
Son esprit est l’argent :
Son souffle vie : les pots de vin :
Voleurs à col blanc.

Cet homme explique qu’il veut être le boss
Pour se mettre à notre service
Alors que nous savons tous que
Son esprit est l’argent
Son souffle de vie : les pots de vin :
Voleurs à col blanc.

Cet homme pleure :
« Je veux travailler » ; « Je veux travailler »
« Je veux travailler » ; « Je veux travailler »,
Tout cela
Pour ne pas être mal vu au quartier,
Alors que nous savons tous que
Son esprit est l’argent
Son souffle de vie : Les pots de vin :
Corrompu.

Quels hommes de malheur !
A cause d’eux :
Tu veux à manger ? Immigre en Europe ;
Tu veux du travail ? Immigre en Europe ;
Tu veux faire des études ? Immigre en Europe ;
Mais, pour pouvoir mettre pied en Europe,
Il te faut un visa, N’est-ce pas ?
Si tu n’arrives pas à l’obtenir,
Tu traverseras la mer, n’est-ce pas ? :
Prépare-toi au pire !
Morts sur morts !

Qu’y-a-t-il ?!
Qu’y-a-t-il ?!
Oui, Qu’y-a-t-il ?!
Pour qu’on ne soit pas heureux, hein?!

Mais, doucement :
La vérité ne tue pas :
C’est parce que nous ne faisons rien ;
C’est parce que nous ne nous donnons pas
Que nous stagnons.
Mais, le pire,
Nous avons fait d’un être humain notre Dieu
Si bien que pour lui,
Il est forcément notre Dieu :
Il nous montre que sans lui,
Nous ne sommes rien !
Oppose-toi à lui,
Il te considérera comme son ennemi
Il ne cherche pas midi à quatorze heures :
Course poursuite sur course poursuite
Tuerie sur tuerie
Fuite sur fuite
Quelle méchanceté !
POLITIQUE, SORCIERE !
MANGEUSE D’HOMMES EN PLEIN MIDI
LA POLITIQUE, SA MERE !

Mon Dieu, je te salue.
Viens-nous en aide !
Mais, la vérité ne tue pas :
C’est parce que nous ne faisons rien,
Que nous sommes dans la souffrance.
Mais, prête-nous tout de même attention
Donne-nous la force de nous en sortir !

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