Quand la vérité sort de la «bouche» de Madame campagne électorale

Logo de campagne du RHDP (2010) de wikimedia.org CC
Logo de campagne du RHDP (2010) de wikimedia.org CC

Malgré les appels, pendant de longues semaines, d’opposants ivoiriens à la constitution d’un gouvernement de transaction, pardon, de transition … Mais pourquoi pas de transaction ? Vous savez, ces gouvernements de très larges ouvertures dans lesquels cohabitent baleines, requins, crabes, vipères, singe, loups, panthères, hyènes, tigres, éléphants, etc., ces gouvernements où tout le monde gouverne sans que personne ne réponde d’écart de gouvernance, en clair ces gouvernements où les convictions, la morale et la justice sont bonnes pour la poubelle, privilèges obligent… Malgré donc les appels d’opposants à la Constitution d’un tel gouvernement, ce qui de facto annulait l’élection présidentielle, la Côte d’Ivoire se dirige petit à petit vers ce scrutin. Nous sommes même en pleine campagne électorale.

Et le plus merveilleux en ce moment, c’est que la campagne électorale parle. Il ne s’agit pas de discours de candidats et de candidates qui prennent l’allure de bonimenteurs lorsqu’ils et elles promettant tapis rouge, monts et cieux aux Ivoiriens, oubliant ainsi l’essentiel : la perpétuation de la vie ou une lutte acharnée contre tous les actes dégradants, notamment la corruption, le tribalisme, le clientélisme et toutes les sortes de violence. Il est plutôt réellement question ici de madame campagne électorale elle-même.

Oui, elle parle Madame campagne. Elle dit par exemple que la Côte d’Ivoire, pays que les autorités veulent énervant… pardon, émergent, est une terre de contrastes édifiants. Et cela, ils le montrent, ces interminables cortèges de 4 × 4 aux vitres teintées et aux passagers (des gardes du corps aux candidats en passant par le staff de campagne sans oublier les bénévoles-rapaces pour l’occasion) si élégamment vêtus circulant sur ce qui reste d’un bitume qui est à la fois un mélange de sables, d’eaux stagnantes et d’écoulement d’excréments. Avec en bordure de route les populations dans leurs oripeaux et certains petits enfants en haillons. Parmi ces gens, certains sont euphoriques quand d’autres observent simplement, le temps que les barrages soient levés et la voix soit rouverte à la circulation.

A voir ces cortèges dignes d’une campagne à l’américaine, on est vraiment étonné de savoir que la Côte d’Ivoire est un pays pauvre très endetté. En même temps, l’on n’est pas surpris que la Côte d’Ivoire ploie sous le poids de la dette, car on imagine aisément à quoi sert son endettement, et dans le même temps, à quoi il ne sert pas. Certains politiques l’ont si bien compris qu’ils se sont octroyé une part du gâteau*:)) Marrant . Rappelons que chaque candidat à la présidentielle a reçu la somme de 100 millions de francs CFA pour sa campagne de la part du président de la République sans qu’aucun texte, ni aucune loi ne confèrent de la légalité à un tel don.

Et comme toujours en Côte d’Ivoire, quand on a le moindre profit, valeur, probité et raison partent à la poubelle. En clair, il n’y a eu personne, en particulier parmi les candidats à l’élection présidentielle, pour protester contre la légalité d’un tel don qui a un fort relent d’achat de conscience.

Par ailleurs, d’autres candidats, après s’être retirés de la course à la présidence, n’ont pas fait cas de cette centaine de millions qu’ils avaient reçue à cet effet. Ils n’ont jamais manifesté la volonté de restituer cet argent à l’État. Mais pourquoi rendre au contribuable ivoirien ce qui représente l’État… C’était plutôt, rappelons-le, un don du président de la République *:)) Marrant. Il est quand même surprenant que des personnes qui prétendent présider aux destinées du pays, qui doivent donc être d’une bonne moralité et d’une grande probité (comme le réclame la Constitution en son article 35) conservent cette somme d’argent qui n’a aucun fondement juridique et qui a donc un fort relent de corruption.

Dès le départ, aucune voix ne s’est élevée parmi les candidats notamment, pour protester contre ce cadeau d’un autre genre. Une attitude tout à fait compréhensible quand on considère le bien de l’Etat comme le sien. Et puis, payer une caution de 20 millions qu’on n’est pas sûr de retrouver (1) pour recevoir ensuite 100 millions… Quelle bonne affaire, la politique en Côte d’Ivoire ! *:(( En pleurs

En clair, Madame campagne nous dit qu’en tenant compte des opposants comme des gouvernants, la Côte d’Ivoire a encore du chemin à faire pour être non seulement un État d’hommes et de femmes de convictions et de probité, mais aussi un État où l’intérêt général prime sur les intérêts égoïstes et particuliers.*:( Tristesse

Merci donc à Madame campagne électorale. Elle nous fait certes voir la face hideuse de certains politiques ivoiriens, mais il faut reconnaître qu’au fond, elle nous montre également (notamment à travers l’audition des candidats à la télévision nationale) qu’en Côte d’Ivoire il y a des hommes et des femmes capables de rendre la vie plus agréable dans ce pays. Tout est cependant une question de justice envers eux-mêmes et de vision.

 

(1) : L’article 24 du Code électoral ivoirien dispose que ‘’ toute candidature est assortie d’un cautionnement qui doit être versé dans une caisse du Trésor public dans les trois jours suivant le dépôt de candidature ».‘’Le cautionnement est restitué à tout candidat ou liste de candidats ayant obtenu dix pour cent au moins des suffrages exprimés. Dans le cas contraire, il reste acquis à l’État »

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Auteur·e

revedehaut

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