Silence, on émerge en Côte d’Ivoire

Le régime ivoirien a pour projet de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020. À  moins de trois ans de cette échéance,  le constat est pourtant douloureux, car le gouvernement manie davantage le bâton que les projets.

https://www.flickr.com/photos/stephanegoue/2919680420/in/photolist-bnXZsZ-5s18gA-6oMw53-aHHPJr-9LJRr4-dNtcQ5-dNnKpa-5rTg4x-9qCT4F-5rZptN-9qDapH-urgtWQ-tuD35Y-urT39z-urSGaB-tuNd4g-9qGcLd-9qCRRP

Pour rappel

L’émergence économique en Côte d’Ivoire n’est pas un phénomène nouveau. Déjà, dans les années 1970, le miracle économique ivoirien avait eu lieu. De nombreuses infrastructures avaient vu le jour : un réseau routier important, des établissements scolaires publics dans l’ensemble des régions, des grandes écoles,  la construction de logements sociaux.

Aujourd’hui, hormis la construction du  troisième pont d’Abidjan (pont HKB) qui ne servira évidemment qu’à Abidjan, le prolongement de l’autoroute du Nord (dont le bitume est déjà dégradé)  jusqu’à Yamoussoukro et un projet de logements sociaux qui peinent à sortir de terre, la Côte d’Ivoire a du mal à faire peau neuve malgré la forte croissance économique.

Après le décès de Félix Houphouët-Boigny, en lieu et place de nouvelles infrastructures ou même de simples entretiens de celles existantes, les régimes qui se sont succédés à la tête de l’État, trop préoccupés à conserver le pouvoir, ont plus œuvré à mettre sur pied la sécurité et la répression que de mener des projets de développement.

Ainsi du temps du président Konan Bédié, la BAE (Brigade anti émeute) vit le jour. Le général Robert Guéï créa le PC Crise. Le régime de Laurent Gbagbo mit le Cecos (Centre de commandement des opérations de sécurité) sur pied. Avec le régime Ouattara, ce sont plusieurs de ces unités qui prolifèrent en ce moment : CCDO (Centre de coordination des décisions opérationnelles), FRAP (Force de recherche et d’assistance de police), GSPR (groupement de la sécurité présidentiel), force spéciale des FRCI (Force républicaine de Côte d’Ivoire) muées  en FACI (Forces armée de Côte d’Ivoire)…

L’émergence en Côte d’Ivoire s’est donc transformée en organes sécuritaires défensifs répressifs de l’État. Malgré la prolifération de toutes ces forces de sécurité, le phénomène des microbes persiste actuellement en Côte d’Ivoire. Il devient si critique que les populations d’Abidjan s’organisent en comité d’auto-défense. Cette situation sécuritaire préoccupante pose la question de l’utilité de toutes ces forces qui patrouillent pourtant dans les rue d’Abidjan, dans des véhicules blindés avec gilet pare-balle, tenues flambants neuves et fusils AK-47 bien visibles.

La situation actuelle

Cependant le front social et politique ivoirien donne un indice de ce à quoi servent ces forces :

– Les forces exécutent des opérations sous haute surveillance face à des populations très remontées devant l’incompétence du pouvoir. Ces mouvements protestent contre l’incapacité du gouvernement à réhabiliter les infrastructures essentielles (réhabilitation de route, construction d’écoles d’hôpitaux, assainissement) et à créer des emplois, à assurer la sécurité.

– Elles provoquent des affrontement entre policiers et étudiants. Les étudiants protestent contre des frais d’inscriptions élevés dans le secondaire, alors que l’école est supposée gratuite en Côte d’Ivoire.

– Elles lancent des mandats d’arrêt contre des opposants soupçonnés de déstabilisation du pouvoir. Les forces répressives veulent couper l’herbe sous les pieds aux opposants, face à l’éventuelle liberté provisoire de Laurent Gbagbo.

Les autorités refusent la moindre protestation comme s’il détenait l’exclusivité de la vérité, comme si elles avaient des choses à cacher. Elles usent d’une dissuasion maladive et d’une répression impulsive. Le régime  i voit rien a plus œuvré à faire émerger le silence en Côte d’Ivoire qu’une société mieux développée et civilisée.

1 Commentaire

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *