Petit lexique ivoirien #6, quand le nouchi s’invite aux 8ème jeux de la francophonie #Abidjan2017

 

Athlètes ivoirien, très enjaillés (heureux), après les finales de 4 fois 100 m. Crédit Photo : Christ Koffi

Les jeux de la francophonie Abidjan 2017, ce sont des compétitions sportives, des concours culturels, mais aussi des attitudes.  A mi-parcours de cet événement sportif et culturel du monde francophone, pourquoi ne pas également jouer à en faire un point en argot ivoirien, pour ne pas dire en nouchi ?

Toute la Côte d’Ivoire a été impressionnée par le sprinter ivoirien Arthur Cissé Gueu lors des éliminatoires du 100 mètres homme. Très en verve durant cette phase de la compétition pendant laquelle il n’y avait pas l’homme pour lui, entendez par là il n’avait pas d’égal, ou encore il avait dja la foule (impressionné), il a pourtant manqué la médaille d’or en finale.  En nouchi, on dira simplement qu’ Arthur Gueu a fait chef bandit. Tout simplement parce qu’ « au début du film, chef bandit est toujours djaouli », comme le dit un proverbe nouchi.   Parce qu’en se référant à la réalité, on peut bien remarquer que dans les premiers instants d’un film d’action, le bandit est très entreprenant, mais le film se termine pourtant sur son échec.

Le sprinter ivoirien peut, lui, se consoler avec sa médaille d’argent. Ce qui n’est pas le cas pour l’équipe de foot de la Guinée qui a vraiment fait chef bandit. Elle a débuté la compétition en trombe en battant la Côte d’Ivoire sur son terrain, mais pour finir, elle n’a pu se qualifier pour le tour suivant.

Par manque de fair-play certains iraient jusqu’à dire que les footballeurs guinéens sont des plai’antins, sous-entendu des plaisantins.  Face à la Côte d’Ivoire, super favoris, ils se sont comportés en cabri-mort. Ce qui signifie qu’ils n’avaient rien à perdre, ils ont  donc joué sans pression. Ou si l’on veut, on peut également dire que leur cœur n’était mort devant les Eléphants. Au contraire, ils se sont tchou ‘n. Se tchou’n, c’est se donner, se sacrifier, être volontaire.

C’est pour les Eléphants qui était grave. Entendons par là, ce sont ces derniers qui avaient la pression. Cependant, sans doute motivés par ce proverbe nouchi « un chef n’est pas un chiffon », entendez par là « on n’est pas n’importe qui », les Eléphants ont pu se qualifier pour la demi-finale. Par ailleurs Arthure Cissé Gueu a prouvé qu’il est un chef  (a de grandes qualités) en contribuant à la victoire de la Côte d’Ivoire au relais 4 x 100.

L’équipe de Côte d’Ivoire du relais 4 fois 100 m. Crédit photo : Christ Koffi

Ce dernier, selon les spectateurs du stade Félix Houphouët-Boigny, doit d’ailleurs sa défaite à la finale du 100 m à sa distraction. « Il sautait trop ! », disaient-ils, sous-entendu, « il était distrait ». Mais « Premier gaou n’étant pas gaou », au 4 x 100 il est resté tran (concentré). Sinon, une défaite ferait de lui un gnata. Dixit le célèbre proverbe nouchi : « Premier gaou n’est pas gaou, c’est deuxième gaou qui est gnata » : « Une personne avertie en vaut deux ». Les responsables de la fédération ivoirienne de jonglerie devraient s’inspirer de ce proverbe. Leur rouskaskas, entendez par là leur désorganisation, a empêché à la Côte de faire de faire mieux qu’une médaille de bronze à la finale de cette discipline. Ignace Kassio, l’ivoirien, a concouru en individuel, alors qu’en équipe, la Côte d’Ivoire aurait gâté le coin, ou si on veut, aurait fait des merveilles.

Sortons  du cadre des compétions sportives pour les concours culturels, en particulier le gbrabattage, ou si vous voulez le conte. Le grabatteur, entendez par là, le conteur, congolais Moussoki Mitchum a remporté l’or. Il était simplement mauvais ce mercredi soir, très mauvais même !

Attention : être mauvais en nouchi, c’est être très bon, performant. On emploit  mauvais pour reconnaître la valeur d’une personne parce que sa performance ne fait pas l’affaire de ses adversaires.  Il a simplement fait la sauce de ses adversaires. Ou si l’on veut il les a battus.  Dans l’ensemble, le gbrabattage est encore enjaillants de nos jours, entendez par là fascinants, car il draine du monde. Il dja foule, en somme.

Juste pour informer au sujet des activités périphériques à ces 8ème jeux de la francophonie, l’on a bien remarqué que des  bénévoles étaient traités en valval, ou si l’on veut traités sans valeur, avec négligence. Difficile pour eux de se nourrir et se déplacer sur les sites d’affectation, comme l’a rapporté notre confrère. Comme quoi « Gbê est mieux que drap ».  Ce  qui signifie, dire ses quatre vérités pour éviter les humiliations à l’avenir, surtout que la Côte d’Ivoire organisera la CAN 2021. Jusqu’à maintenant aucune nouvelle au sujet de l’amélioration de la situation des bénévoles, ces barrasseurs (travailleurs) de l’ombre. Espérons simplement que ces jeunes ne soient pas traités plus longtemps en ça fait rien, ou si voulez dans l’irrespect et  l’indifférence totale.

Une chose est sûre, malgré quelques djaboudjabou, ou des impairs, les athlètes ivoiriens comme le comité d’organisation des jeux doivent kètèkèté, on si on veut doivent faire des mains et des pieds, pour que le visage de la Côte d’Ivoire ne soit pas versé par terre ; entendez pas là pour que l’image la Côte d’Ivoire ne soit pas ternie.

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