Fronde de chefs d’États africains contre la CPI : la belle escroquerie

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Certains chefs d’État africains, et non des moindres, pour certainement donner l’impression d’être de vrais garants de la dignité de l’Afrique, militent pour un retrait des pays africains de la CPI (cour pénale internationale) sous prétexte que celle-ci ne poursuivrait que des Africains. Apparemment, tout ce qui constitue un facteur d’appauvrissement de l’Afrique (dictature, guerre civile, tribalisme, corruption, gabegie, détournements de deniers publics, politiques de développement fantaisistes, etc.) n’est pas à l’ordre du jour. Ah, la belle escroquerie. A moins qu’on prouve que c’est la CPI qui est la cause de l’immobilisme des pays africains.

Principal argument avancé par les chefs d’États frondeurs pour justifier leur position vis-à-vis de la CPI : il n’y a que les africains qui sont jugés par cette cour de justice internationale.

C’est un fait, mais là n’est pas le problème car non seulement ce sont les Africains eux-mêmes qui saisissent la CPI pour les cas de crimes contre l’humanité dans leur pays, mais ce sont également ces mêmes africains qui transfèrent leurs ressortissants à cette cour. Les cas Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont instructifs à ce sujet.

La CPI a certes délivré des mandats d’arrêt contre ces deux personnages de la politique ivoirienne accusés de crimes contre l’humanité dans leur pays, mais ce sont bien les autorités ivoiriennes qui, malgré leur souveraineté, et pour des raisons certainement objectives, les ont transférés à la Haye. J’aimerais bien entendre la position du président ivoirien*:)) Marrant, Alassane Ouattara, et même des partisans de Laurent Gbagbo à propos d’un éventuel retrait de leur pays de la CPI.

Pour le premier, le président Ouattara, surprise, son pays est désormais soudain capable de juger les accusés de crimes contre l’humanité. Dans le même temps, il a récemment affirmé que l’UA (l’union africaine) doit se doter d’un organe judiciaire capable de juger les Africains sur leurs continents. En clair, la CPI est bonne pour ses plus farouches adversaires, mais pas pour ses partisans. Entre justice et politique politicienne, le choix est vraisemblablement fait. Ce qui emmène raisonnablement à douter que justice soit réellement rendue aux différentes victimes de la crise post-électorale.

J’imagine que les derniers, ceux qu’on appel pro-Gbagbo, sont contre cette l’idée du retrait de la CPI car, à défaut de leur propre pays où n’est pas fait cas des exactions qu’ils ont subit pendant la crise post-électorale, il faut que leur humanité soit reconnu et que justice leur soit également rendue. Mais, sait-on jamais, avec les arrangements politiques et tout ça, le rejet de cette cour par ceux-ci n’est pas à exclure…

Le problème de la CPI, parce qu’elle en a effectivement un, se situe plutôt au niveau des inculpés propre à un même conflit. Ainsi, j’ose affirmer qu’il est injuste que ce soit uniquement Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé qui se retrouvent devant la CPI alors que les partisans de Ouattara auraient également commis des crimes pendant la fameuse crise post-électorale. Que ce second camp s’y retrouve également pour qu’on sache qui a fait quoi et que ceux qui doivent être innocentés ou condamnés le soient.

Très chers présidents africains qui avez tant de courage pour demander le retrait de l’Afrique de la CPI, désignez avec le même courage ceux qui en Asie, en orient, en Europe ou en Amérique devraient être poursuivis par celle-ci.

Oh que je brûle d’impatience d’entendre, le plus illustre parmi les auteurs de la fronde contre cette cour, le président sud-africain, Jacob Zuma, indexé le dirigeant d’une autre contrée du monde qui devrait être pourchassé par celle-ci. Ce sera certainement une perte de temps pour lui, préoccupé qu’il doit être par tous ces scandales sous lesquels il croule : L’affaire de sa résidence privée rénovée au frais de l’État, les reproches de népotisme, les accusations d’incompétence, la pauvreté toujours grandissante parmi les noirs sud-africains plus de vingt ans après le régime d’apartheid, l’accaparement des richesses du pays par les cadres de l’ANC, et même l’hypothétique recherche des coupables des massacres de Maricana.

Apparemment, protester contre la CPI ne permet pas de redorer son blason d’un poil. Dommage pour le président Zuma. Cela ne fait pas non plus reculer la pauvreté. Robert Mugabé en sait certainement quelque chose. Ses nombreuses diatribes contre la CPI, les Blancs, les parents des Blancs, les grands-parents des Blancs, les parents des grands-parents des Blancs, etc. n’ont non seulement pas empêché l’effondrement de l’économie Zimbabwéenne, mais ne favorisent pas non plus son relèvement. Mais au fait, l’Afrique du sud est bien là pour recevoir la misère zimbabwéenne. « On ne peut vraiment pas cacher le soleil de la main ».

Or pourtant, certains Africains lambda, principales victimes pendant les conflits, approuvent la position des chefs d’États frondeurs. Pire, ils se prennent de sympathie pour eux. C’est leur choix, et je le respecte. Mais, à ceux-là, je pose cette question : qu’est-ce que cette fronde vous a apporté de plus dans votre vie ? ou bien savons-nous à quoi nous expose, nous simple citoyen, le retrait de nos pays du traité de Rome ? Je n’ose pas y penser : caution aux crimes pour le maintien ou l’accession au pouvoir.

Les vaillants et dignes chefs d’États frondeurs contre la CPI veulent rendre service à l’Afrique ? Qu’ils arrêtent plutôt toute coopération avec les institutions de Bretton-wood, notamment le FMI (Fond monétaire international) et la banque mondiale, auteurs des fameux PAS (plans d’ajustement structurels) des années 80 qui ont accéléré la descente aux enfers de la conjecture économique de pays africains. Ah, mais j’oubliais : les incessants crédits octroyés par ces institutions financières masquent leur incompétence à gérer un pays. Pire, cette situation installe des générations d’Africains dans des dettes à n’en point finir.

Seul Cela doit susciter de l’émotion de leur part. Impossible, puisqu’à la place du cœur, ils semblent avoir les caisses de l’État, ces très chers chefs d’éclats, président de repu-brique, papa président sauveur, etc. à qui l’on peut décerner le Prix Nobel de la gouvernance les yeux fermés.

Malheureusement, ils entraînent dans leur lutte égoïste, égocentrique et méchante des Africaniste digitalisés, numérisés ou à fleur de peau. Ces derniers pensent réaliser une bonne action en suivant les gouvernants africains dans leur protestation contre la CPI. En réalité, ils militent, sans le savoir, non seulement pour le maintien d’incompétents à la tête de leur pays, mais aussi pour l’arrêt brutal de vies de milliers de personnes auxquelles eux-mêmes pourraient faire parti. Quelle caution au sous-développement et au crime ! Alors que pendant ce temps, ailleurs sur le globe on réfléchit à comment allonger l’espérance de vie par l’innovation, la création, le renouvellement de la classe politique et des reformes sociales profitables à tous.

J’imagine le nombre de vies qui pourront être préservées à l’avenir, et même des crises que l’on évitera en ne sacrifiant pas la justice sur l’autel du parti pris comme le fait voir le pouvoir ivoirien ; et pour le moment la CPI en épargnant la camp Ouattara.

Combien d’écoles auraient pu être construites par l’argent des détournements  duquel l’on veut détourner les esprits en se transformant, comme par enchantement, en justiciers de l’Afrique ? Combien d’emplois auraient pu être créés ? Combien de personnes auraient pu être sortis de la pauvreté ? Pendant combien d’années encore les pays africains traineront encore fièrement ce statut honteux de pays pauvres, de plus très endettés, par la faute de chefs d’État dont la vision pour le pays se limite à leur bien-être, à celui de leur famille et de leur groupement politique ?

Les vaillants et dignes chefs d’État frondeurs contre la CPI, ces patriarches, veulent rendre service à l’Afrique ? Eh bien que ces prédateurs de l’économie et manipulateurs des populations quittent le pouvoir. Qu’ils le cèdent à la génération qui est bien consciente qu’elle a un avenir, donc une force de travail (les populations) à préserver et de la richesse à créer.

D’ailleurs, très chers et vaillants présidents *:)) Marrant frondeurs contre la CPI, ou l’Afrique évoluera en passant sur vous, ce qui serait malheureux, ou elle évoluera sans vous. A vous de voir. Dans tous les cas, elle évoluera malgré vos luttes mesquines.

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