Trump à la maison blanche, comme un éléphant dans un magasin de porcelaines

Donald Trump amenaza Apple a cambiar su lugar de producció… | Flickr flickr.com

Donald Trump CC flickr.com

Le nouveau Président des États-Unis, Donald Trump vient officiellement de prendre fonction ce 20 janvier 2017. L’entrée du tonitruant, exubérant et généreux *:)) Marrant milliardaire à la maison blanche, non sans avoir déjà été surprenante, fera certainement du bruit et beaucoup de casse aussi. Mais pas besoin de « wait and see » car le spectacle a bel et bien commencé et compte se poursuivre.

Sa journée de prestation de serment, Donald Trump l’a symboliquement entamée par un office religieux, en tant que  chrétien (rire). Mais sa présence dans cette église n’était certainement pas pour le symbole, car au même moment, j’imagine qu’intérieurement le Président élu des États-Unis, ce milliardaire, se voyait bien faire preuve de charité (rire) vis-à-vis des millions d’Américains qui, grâce à l’Obamacare, bénéficient d’une couverture maladie. Il se voyait en effet signer un décret abrogeant cette loi. Ce qu’il fit toute de suite après avoir prêté serment.

Comme quoi, c’est de la faute des Américains pauvres s’ils le sont. Et puis, ils peuvent bien crever ceux-là, ça fera moins de charges pour l’État. Quelle preuve de charité pour le chrétien Trump qui prévoit d’ailleurs de construire un mûr entre son pays et le Mexique ! Le comble, ce projet qui vise à empêcher l’immigration clandestine des Mexicains aux États-Unis, Trump le businessman qui ne veut pas perdre inutilement de l’argent, compte le réaliser aux frais du Mexique. Telle charité chrétienne de l’homme supposé le plus puissant de la planète doit certainement faire faire des cauchemars  au pape François.

En s’attaquant tout de suite à l’Obamacare, Trump annonce la couleur. Il donne en effet l’impression que sa présidence est plus dirigée contre une personne, le président Obama dont il a longtemps  mis en doute la nationalité américaine, Obama étant Kenyan de par son père.

Mais au delà d’Obama, en plus de faire le lit de la discrimination par ses préjugés  au sujet des Américains des couches défavorisées et des minorités, ce sont ses relents xénophobes que le nouveau Président des États-Unis a du mal à dissimuler, lui qui déjà ne fait aucun mystère quant à son opinion vis-à-vis de la femme. Sexiste devant l’Eternel, la femme, Trump l’aime, mais dans un rôle de subalterne… Mais c’est pour faire plus raffiné, sinon la femme, il la préfère à la cuisine simplement. On dira qu’il a nommé des femmes à des postes à responsabilités ou dans son gouvernement, mais ce n’est que l’exception qui confirme la règle.

En politique internationale, Trump prendra certainement son pied car il a beaucoup, vraiment beaucoup à casser sur ce plan là. Ainsi son désir de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, s’il n’est pas resté un simple slogan de campagne pour s’attirer le vote juif-américain, mettra à mal la paix déjà relative au Proche-Orient, et alimentera les extrémismes tant du côté des Israéliens que des palestiniens. Les « marchands de morts » ne s’en frotteront que davantage les mains.

Et que dire de sa remise en cause du rapprochement États-Unis-Iran et de la levée des sanctions contre ce pays ? Dans ce monde civilisé, avec les Droits de l’Homme et des peuples, les conventions internationales, et tout ça, Trump n’aura certainement pas le courage d’envahir l’Iran comme Bush fils, républicain comme lui, l’avait fait pour l’Irak. Mais sait-on jamais. Un conflit avec l’un des grands producteurs de pétrole ferait bien s’envoler les prix du baril, à l’avantage en particulier de l’Arabie saoudite, alliée des États-Unis dans la région et qui entretient de difficiles rapports avec l’Iran, et dont l’économie est mise à mal par la chute du coût du baril de pétrole. Mais ce n’est certainement pas pour les beaux yeux de l’Arabie Saoudite que Donald Trump pourrait durcir le ton contre l’Iran, au pire lui faire la guerre, car une envolé du prix du baril ferait bien l’affaire des sociétés américaines du domaine. Et quand l’on sait que le Président américain est avant tout un homme d’affaire, qui plus est obsédé par la cause de l’Amérique –« America first », dit-il – il ne serait pas étonnant qu’un tel projet lui effleure l’esprit. Il ne reste plus  qu’à prier que ce n’en soit pas le cas, sinon cette région du globe serait non seulement déstabilisée, mais le reste du monde pourrait sérieusement en pâtir avec une autre crise économique et des envolés du coût de la vie.

Les barrissements nationalo-patriotiques de Donald Trump, il est surprenant, n’épargnent pas non plus l’Europe. Trump y a plutôt fait le choix de ses proches cousins anglais en saluant le Brexit. Pour le reste de l’Europe, l’Allemagne est accusée par Trump de profiter de l’Euro aux fins d’une plus grande compétitivité commerciale. La France quant elle, sous-traitante militaire des USA sur certains terrains d’opération, notamment en Libye, est simplement ignorée par le néo-Président Américain. Tant mieux, pourraient dire les Français.  Mais Trump ne fait que diviser pour mieux régner car une Europe davantage unie pourrait bien damer le pion aux Américains sur le plan économique. La compétitivité de l’Allemagne, tête de pont de l’UE, pourrait en effet être un sérieux obstacle aux projets économiques de Trump pour son Amérique.

Obsédé par le protectionnisme contre l’Europe, la Chine, le Mexique, le Vanuatu, la Papouasie nouvelle Guinée, le Soudan du Sud, Zanzibar,  la Bordurie (Voir dans  Les Aventures de  Tintin) etc., *:)) Marrant le milliardaire-Président Trump doit certainement se dire qu’il n’y a  que l’argent au monde.  Il oublie les relations militaires, diplomatiques, culturelles, scientifiques  et au plan de la recherche que les nations entretiennent entre elles, et même les simples relations humaines. Elles peuvent simplement être reléguées aux calendes populo-nationalistes. Trump peut faire voler en éclat les relations des USA avec ses partenaires traditionnelles, et se fermer à toutes coopérations nouvelles au risque de susciter de nouvelles vocations terroristes, il n’en a que faire. L’Amérique peut en effet se suffire et n’a pas à s’émouvoir des malheurs d’autres peuples.

Au cas où ça coincerait pour l’Amérique au plan diplomatique et au plan international, Trump n’aura aucun souci à se faire car il a un soutien de taille en la personne du président russe Vladimir Poutine.

Grand admirateur de Vladimir, il ne serait pas surprenant que Donald se laisse embrasser sur la bouche par celui-ci. Il pourrait même aller plus loin avec le Président du pays qui a subi des sanctions de l’administration Obama et de L’UE pour avoir envahi l’Ukraine. N’oublions pas que la Russie a fait la guerre à la Géorgie et est même accusé par la CIA d’ingérence dans les élections américaines. La Russie n’est certes pas à diaboliser éternellement, mais en tant que première puissance mondiale, l’Amérique doit préserver certaines valeurs. Mais avec Trump tout cela semble voler en éclat.

Le coup de trompe rageur, Donald le réserve certainement à la presse. Il accuse les journalistes de mensonges  si bien qu’il casse de la presse tous les jours. Lorsqu’il ne les traite pas de tous les noms, il livre simplement les journalistes à la vindicte populaire. Ses différents avec les médias, Trump préfère régler ses problèmes dans un meeting et dans la rue plutôt qu’en justice, comme lors de ce meeting électoral où sous son impulsion, près de 30 000 de ses militants huèrent une poignée de journalistes.

Qui l’eut cru ? Avec le nouveau Président américain, l’Amérique donneuse de leçons fait un bon spectaculaire de plus de 50 ans en arrière. La marche des femmes contre Trump aux États-Unis et à travers le monde n’en est que très parlante. A cette allure, il ne serait pas étonnant que tous les acquis sociaux, économiques et diplomatiques de l’ère Obama fassent simplement partie du passé, mis à néant consciemment ou inconsciemment par l’indélicat Trump. Et ce ne serait pas un précédent pour les États-Unis car l’ère du républicain Bush a été un drame pour l’excellent héritage économique de l’Administration Clinton.

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