Côte d’Ivoire : L’archidiocèse de Bouaké compte deux nouveaux prêtres

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Cathédrale St thérèse de l’en Jésus de Bouaké. crédit Photo :eglisecatholique-ci.org

Le samedi 02 avril 2016, à la cathédrale Sainte Thérèse de l’enfant Jésus de Bouaké, Monseigneur Siméon Haouana, archevêque métropolitain de cette ville a ordonné deux nouveaux prêtres pour son diocèse : les abbés JCKK et APO. « Et puis après ? » pourraient demander certains de mes honorables lecteurs, puisque dans une Côte d’Ivoire à la bouillonnante actualité sécuritaire et politique, cet événement ne semble pas particulièrement passionnant.

Pour moi, en revanche cette ordination sacerdotale est d’un grand intérêt, non seulement parce que l’un des ordonnés est mon frère, l’abbé JCKK, mais parce qu’elle est chargée de symbole qui ne m’ont pas laissé indifférents. Et puis, en tant que croyant, je me sens, autant que les jeunes chrétiens catholiques que j’égratigne quelque peu dans mon billet, particulièrement concerné par cette ordination.

Pour revenir aux symboles, tout d’abord, la jeunesse des ordonnés. Ce sont des trentenaires. Le don de leur personne, de leur jeunesse, de leur vie à l’Église ne s’est évidemment pas décidé du jour au lendemain, comme par exemple quelqu’un qui, par défaut d’occupations et après avoir longtemps trimé, échouerait au service de Dieu juste pour échapper au chômage avec son corollaire de honte de soi-même et d’impression de ne pas exister.  En effet, après avoir obtenus leurs diplômes universitaires, les deux ordonnés ont suivi huit ans durant la formation pour être prêtre. C’est au total au moins onze années de leur vie qu’ils consacrèrent à leur projet, sans oublier le fait que depuis leur tendre enfance, ils ont fait partie de mouvements catholiques. Comme quoi, le service à Dieu est encore une affaire de vocation à l’Église catholique en Côte d’Ivoire.

Dans mon pays pourtant, manquent cruellement des vocations. Pour l’ensemble des fidèles catholiques, le nombre de prêtres est largement insuffisant. Sur ma paroisse par exemple, Saint Pierre de Niangon sud, on a 5 prêtres pour une dizaine de milliers de fidèles. Malgré donc le chômage ambiant, la fonction de prêtre n’est pas une occupation par défaut pour les jeunes chrétiens catholiques ivoiriens. Ceux-ci ont apparemment fait le choix d’être servis plutôt que de servir. Mais, ils ne sont pas à blâmer car tout est une question d’appel de Dieu ; et puis,  en tant que prêtres, on ne gagne pas autant que se voyant ou en étant fonctionnaire du trésor public ou des impôts ou bien en se transformant en tant qu’enseignant en concepteurs doublés de grands vendeurs de fascicules dans un établissement scolaire ou universitaire pour arrondir ou gonfler ses fin de mois.

Je n’oublie pas l’épineuse question de l’impossibilité pour les prêtres de se marier. Elle est l’une des causes, sinon la principale cause de manque de vocations. Or pourtant, de mariages, on peut en compter sur les doigts d’une main. Pour se marier en effet, il faut en avoir les moyens, moyens qu’on ne peut obtenir qu’en ayant une source de revenu, ce que n’ont pas les jeunes chrétiens catholiques. En réalité, si le concubinage était au moins permis aux prêtres, je crois qu’il y aurait plus de vocations à cette fonction. Mais en lieu et place de concubinage, il faudrait plutôt autoriser le papillonnage de fille en fille pour qu’il y ait plus d’abbés… L’Église catholique a beau manqué de prêtes, particulièrement en Côte d’Ivoire, elle a tout de même des principes à préserver. L’augmentation des vocations n’est pas donc pour demain. Malheureusement ou heureusement, c’est selon.

Mais, en réfléchissant un peu, je me dis que ces deux nouveaux prêtres de l’archidiocèse de Bouaké ne sont pas jeunes, ils sont simplement responsables.

Le second symbole de cette cérémonie, est que des gens sont venus de partout pour assister à la cérémonie, que ce soit de la grande famille du village, comme des amis. Et c’est l’une des rares fois où dans la famille, on ne se retrouve pas pour pleurer ou pour souhaiter « Yako ! » (des condoléances), mais pour dire : « Moh ! » (Félicitions !).

Vivement beaucoup de moments pareils dans la famille ! Et, avec les bénédictions des nouveaux abbés, je garde confiance en l’avenir.

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