Année pastorale 2015-2016 ou le jubilé de la miséricorde

 Le pape François de by Martin Schulz CC flickr.com

Le pape François de  Martin Schulz CC
flickr.com

Le saint Père, le pape François, a annoncé un Jubilé extraordinaire, « Jubilé de la miséricorde, du 8 décembre prochain au 20 novembre 2016. Le chef de l’Église catholique ne semblait pas si bien décider car en ce temps gagné par le terrorisme et d’autres formes de violence, l’humanité a plus que jamais besoin de pardon, de bonté, de charité et de pitié.

A travers le monde entier, la violence est relativement visible: guerre civile en Syrie, conflits armés en Afrique, troubles en Libye, folies meurtrières dans les établissements scolaires et universitaires aux États-Unis, attentats terroristes au Nigeria, au Cameroun, au Tchad, en France, au Mali, en Tunisie, au Liban, attaques à l’arme blanche en Israël, etc.

Contre ce déferlement de violence, il est tout à fait légitime que l’on se défende surtout qu’il en va de la vie des victimes de ces actes ignobles. Les tueurs même semblent déjà s’infliger la peine capitale en se suicidant après avoir tué. Les kamikazes et autres terroristes ne demeurent pas en reste, ils scellent également leur sort. Les uns activent leur charge dans la foule, entraînant par ce geste leur mort et celle d’innocents et les autres demeurent en vie le temps de faire le plus grand nombre de victimes possible car, ils le savent, à cause de l’indignation et des douleurs causées par leurs actes, il n’y a que leur mort qui puisse apaiser l’opinion publique. Et malheureusement, les forces de sécurité se laissent avoir à leurs jeux en les tuant également, les faisant ainsi passer de tueur à héros pour ceux qui ont de la sympathie pour eux.

Ainsi, sans le savoir, on les érige non seulement en légende terroriste, mais on les fait alimenter une certaine mythologie terroriste qui ne fait que créer des émules dans le milieu. Et c’est l’humanité qui devra toujours faire face au cycle infernal du terrorisme, avec son corollaire de violence, de morts et de peur.

Nous sommes-nous donc au moins une fois demandé si notre réaction contre le terrorisme était adéquate ? A la mort qu’infligent les terroristes, l’on oppose la mort, la leur, et les bombardements de leur fief, au risque de faire d’innocentes victimes et leur offrir ainsi un précieux argumentaire pour l’endoctrinement de jeunes gens en quête d’une justice mondiale.

C’est en cela, c’est à dire en réaction au terrorisme et à toutes les autres formes de violence que le thème de l’année pastorale de l’Église catholique : 2015-2016, jubilé de la miséricorde, est le bienvenue. Il ne s’agit pas d’opposer à la violence une docilité béate. Les victimes pourraient alors se compter comme des mouches. Mais il est plutôt question de se pencher sur les causes du terrorisme :

Sommes-nous assez attentifs à toutes les misères des gens pour leur éviter de sombrer dans la marginalisation, l’isolement, l’aigreur, puis l’endoctrinement et enfin le terrorisme ?

Compatissons-nous suffisamment aux souffrances de peuples qui doivent subir le dictat de tyrans, dictateurs et autres autoritaristes ?

En tant qu’êtres humains, sommes-nous suffisamment justes et charitables avec des peuples dont on exploite les matières premières ?

Avons-nous le moindre scrupule à ne pas nous accaparer les richesses de l’humanité alors que tous les êtres humains ont des besoins ou encore à ne pas accorder plus d’importance aux matières premières qu’aux personnes ? La politique politicienne n’a-t-elle pas plus d’importance que la politique de l’humanité, c’est-à-dire la préservation de celle-ci ?

Un monde sans violence semble, de nos jours, utopique certes, mais en faisant l’effort de faire preuve de miséricorde (pardon, bonté, charité, pitié) l’on aura déjà coupé l’herbe sous les pieds de l’extrémisme, du terrorisme et de toutes les autres formes de violence. L’argumentaire de leurs adeptes aura été amputé de sa substance.

Il revient donc, comme le père de la Bible accueillant chaleureusement l’enfant prodigue (Luc 15 verset 11 à 24), de tuer en soi tout orgueil, mais aussi tout mépris, toute peur de l’autre, toute indifférence à sa souffrance. Comme également le bon pasteur abandonnant 99 brebis pour en retrouver une seule égarée (Luc 15, versets 3 à 7) les sociétés ne peuvent demeurer sans réaction à la perdition d’un seul de leurs rejetons, sinon non seulement pour finir, elles les perdront toutes, mais ces derniers se radicaliserons à loisir. L’on doit donc donner de son temps, ou même se donner pour retrouver l’autre. Il y va de la préservation de la quiétude mondiale, et au delà de l’humanité.

Bonne, vivante et heureuse année de miséricorde à tous et à toute. Que les âmes des victimes des attentats reposent en paix. Prompte rétablissement également à tous les blessés.

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