Harcèlement sexué à Abidjan

de pixabay.com

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De nos jours en effet, à Abidjan, le harcèlement n’est plus sexuel. Il est simplement sexué. La différence ? Avant, les femmes étaient en général harcelées sexuellement (même si cette pratique a toujours cours, notamment en entreprise, lorsqu’elle recherche du travail, ou derrière les murs silencieux d’une demeure). Aujourd’hui la tendance s’est renversée, c’est elles qui harcèlent… si bien que ce harcèlement est identifié à leur sexe malgré le fait qu’il soit tacite. Il est devenu féminin, et c’est l’homme qui en pâtit.

Comment procèdent-elles ?

  • Une robe moulante si courte qu’en marchant elles tentent vainement, ou à dessein pour attirer certainement l’attention, de tirer vers leurs genoux ;
  • Des culottes qui, avec elles prennent tout leur sens. Culotte n’a certainement jamais autant été achetée dans les marchés à puce (pour plus d’élégance, sinon on pourrait dire dans les yougous-yougous (entendez friperies)) d’Abidjan qu’en ces temps-ci. Les plus osées se limitent à la base des fesses. Les moins, juste quelques millimètres en dessous. La différence ? Aucune, puisqu’ils sont portés en pleine Journée. Quelques fois, celles qui en ont fait leur uniforme se déplacent par bande, et en plein midi, comme des essaims d’abeille à la recherche des premiers gaous à bitumer. Ou si, il y a une différence tout de même. Le contenant de ces culottes, shorts et mini jupes bien entendu : peau martyrisée au produit décapant ou chair sortant directement du berceau ; ou encore chair fraîche se transformant pour l’occasion en domaine public ; ou même chair ayant subi, vraiment subi, l’assaut du temps et certainement aussi l’impact de toutes les crises qu’a connues la Côte d’Ivoire*:)) Marrant  , et qui ne demande que du repos, dans un foyer par exemple ou par une occupation saine.

« Qui va se négliger ? » dit-on communément à Abidjan. Certainement pas certaines de nos concitoyennes. D’ailleurs, elles le prouvent si bien par leur accoutrement.*:)) Marrant

Elles semblent avoir fait de cet harcèlement sexuel leur domaine de définition. Ainsi, sans qu’on en soit conscient, il est vraiment devenu une pratique féminine. Les clips vidéo, mais surtout la course au mariage et la lutte pour l’affirmation de sa beauté, physique bien entendu (parce la beauté intérieure, c’est une autre affaire), ainsi que la peur de ne pas être vu comme dépassée semblent être passés par là. Qui tapera dans l’œil ou impressionnera le prince charmant ? Les princes charmants  pullulent certes à Abidjan, mais ils sont plus occupés au jeux de dame, de Ludo, de scrabble ou à se chercher aux premières lueurs du jour qu’en rajouter à leurs soucis en s’entichant d’une fille qui pensera trouver avec eux la solution à tous leurs problèmes ? Telle est la course à laquelle sont engagées des femmes jeunes, comme plus âgées, des quartiers populaires  d’Abidjan.

C’est par ailleurs partout que ces femmes de tous âges s’adonnent à leur activité favorite : l’harcèlement sexué. Il faut le voir pour le croire. Une véritable compétition. En côte d’Ivoire, on dirait un vrai championnat*:)) Marrant : Séniores contre minimes, Juniores contre espoirs, espoirs contre séniores, amatrices contre professionnelles, néophyte contre doyennes. Toutes les confrontations sont possibles. Des retraitées à priori, n’ont pas encore abandonnées les crampons, pardon, les culottes, collant et autres jupettes.

Et L’avantage … l’avantage ? c’est que cet harcèlement est tacite. Dans un espace publique par exemple, vous en verrez avoir la main constamment à la jonction de la base du dos et la hauteur des hanches, juste pour éviter de faire voir un dessous qu’un Jeans taille basse et un body récalcitrant n’arrivent pas à cacher. D’autres encore se réduisent, gênées  *8-| Les yeux sur roulement à billes à étirer un haut sur un collant collé (comme le disent des chanteurs ivoiriens). Ce geste régulier parce que le fameux collant collé fait un fidèle rapport au dépend de celle qui le porte (ce qui reste à prouver) de toutes les formes en dessous de la ceinture qu’il est censé cacher.

Mais certaines ont coupé court. Elles trainent avec elles un morceau de pagne ou un grand foulard plus que douteux dans un sac à main ou un sac plastic non moins suspect. Ainsi pagne ou foulard est noué autour de la taille lorsqu’elles exécutent des mouvements tout aussi louches : s’abaisser ou se courber par exemple. Ces accessoires évitent ainsi que leur accoutrement les trahisse et dévoile ce que leur grande pudeur les ont fait cacher sous leurs vêtements *:)) Marrant . N’ayez surtout pas la prétention d’en conscientiser. Les moins venimeuses vous diront avec assurance : « C’est la mode ». Dure dure cette mode, un véritable esclavage.

Mais les premières personnes à jeter la pierre à ces femmes se plaisent à oublier que ces dernières ne sont que les premières victimes, les plus visibles d’ailleurs, d’une société ivoirienne post-crise en déliquescence, en quête de repère et de modèle.

Alors que ceux ou celles qui pensent  se vouer corps et âme à la restauration de la Côte d’Ivoire*:)) Marrant   jettent la première pierre à ces femmes que l’on traite de tous les noms…

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