Côte d’Ivoire : j’accuse

Homme de Dieu de pixabay.com CC

Homme de Dieu de pixabay.com CC

Depuis plusieurs mois maintenant, des « prophètes » et autres serviteurs de Dieu (nous ne doutons pas de leur statut, mais cela reste à prouver) prédisent des troubles en Côte d’Ivoire. On ne peut leur en vouloir d’avoir des visions puisque c’est leur ministère, leur business aussi, mais chaque jour les églises et autres lieux de prière ne désemplissent pas, sur les radios confessionnelles, l’on ne fait qu’également prier pour la Côte d’Ivoire. Mais malgré ce regain de spiritualité et de ferveur chez les Ivoiriens, nos prophètes et autres serviteurs de Dieu ne démordent pas, ils voient toujours dans leurs visions ces mêmes troubles planer sur le pays. On est donc amené à se demander si Dieu est indifférent aux incessantes supplications de ses enfants ivoiriens pour ne pas éloigner de leur pays de nouvelles peines.

Le Dieu dont j’ai connaissance n’est pas ainsi. Rappelons-nous la parabole du bon pasteur abandonnant 99 brebis pour n’en retrouver qu’une seule égarée (Luc 15, versets 3 à 7). Si une seule bête a de la valeur pour le bon pasteur qu’est Dieu, qu’en dire de 22 millions d’individus à ses yeux, dont plus de la majorité ne fait que prier sa miséricorde ? Rappelons-nous également l’enfant prodigue (Luc 15 versets 11 à 24) que ce père accueillit chaleureusement bien que ce fils l’ait déshonoré en réclamant sa part d’héritage de son vivant, et « la vie de désordre » qu’il mena ensuite avec tout ce qu’il avait reçu.

Les Ivoiriens, prenant conscience de leurs égarements ne font que demander la clémence de Dieu. Mais malgré cela, et en dépit du fait que l’on fait pénitence en Côte d’Ivoire, nos « prophètes » et autres serviteurs de Dieu n’en démordent pas. Ils voient toujours le malheur planer sur le pays. On est donc amené à se demander si ces troubles qu’ils prédisent tant ne seraient pas en fait la conséquence de leurs visions.

Alors :

Je les accuse de semer les troubles dans les cœurs et les esprits des Ivoiriens ou de les y préparer, surtout en cette période délicate d’élection présidentielle. Ces « visionnaires » auraient donc des comptes à rendre si l’on vit les mêmes drames que par le passé, notamment lors de la présidentielle de 1995 (boycott actif), 2000  et 2010 ;

J’accuse ces Hommes de Dieu de se servir de Dieu. Ils ont peut-être eu des visions sur la Côte d’Ivoire. Et on leur sait gré d’avoir prévenu le peuple. Mais du fait que ces visions n’évoluent pas malgré les prières, on peut facilement deviner que la volonté de l’Homme a pris le pas sur la volonté de Dieu. En clair, il faut qu’il y ait des troubles pour que l’on dise que Messieurs et Mesdames les « Hommes de Dieu » avaient raison ; ils sont forts ; c’est les meilleurs, etc. A cet effet, Rappelons-nous l’histoire de Ninive dans la Bible.

Selon le livre de Jonas, Dieu envoya ce dernier prévenir les habitants de cette ville pécheresse vouée à la destruction s’ils ne se convertissaient pas. Prenant conscience de leurs égarements, tous, du plus grand au plus petit, du roi aux animaux, firent pénitence. Ils renoncèrent à leurs mauvaises conduites. Ils obtinrent ainsi la miséricorde de Dieu qui les épargna. Mais, Jonas fut mécontent parce que tout ce qu’il avait annoncé ne s’étaient pas passé. Comme Dieu l’a fait avec Jonas en asséchant le ricin sous lequel il avait trouvé de l’ombre et attendait patiemment la destruction de Ninive pour bomber le torse. Après, il couvrira également de honte tous ceux qui prédisent le malheur sur la Côte d’Ivoire et se sucrent sur le dos des Ivoiriens en organisant des programmes de prière dédiés à éviter la guerre. Ce sont en effet de véritables moments de (ra)quêtes en n’en point finir, et des lieux de vente de toutes sortes d’objets de piété pour se protéger contre le prétendu malheur à venir.

Dieu dans son incommensurable Miséricorde a déjà épargné la Côte d’Ivoire, car s’il ne tenait qu’à nos fervents « prophètes »et autres serviteurs de Dieu, notre pays aurait été depuis longtemps rayé de la carte du monde.

Il ne revient plus qu’aux Ivoiriens de croire qu’il n’y a que la conversion véritable, c’est-à-dire, l’oubli du passé douloureux, l’amour du prochain, l’acceptation de l’autre, la recherche de la paix, la patience dans les épreuves, la confiance en l’avenir, etc. qui peut les sauver et non des veillées de prière et des objets de piétés vidés de leur sens. Donc, à eux de faire le choix entre se mettre résolument au travail pour réaliser des percées dans leur vie ou passer le clair de leur temps dans des séances de prière à s’appauvrir, à s’apeurer inutilement et pire, à se préparer à s’entretuer encore une fois. A bon entendeur… Salut.

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