Lutte contre le travail des enfants en Côte d’Ivoire : Bien mais doit mieux faire

Enfants Exploités, de ar.wikipedia.org CC

Enfants Exploités, de ar.wikipedia.org CC

Le 22 juin dernier, les forces de l’ordre ivoiriennes, Interpol et l’OIM (l’Organisation Internationale pour les Migrations) ont libéré une cinquantaine d’enfants des mains des personnes qui les exploitaient. Cette action est louable, mais le champ de telles entreprises est tellement vaste en Côte d’Ivoire qu’il serait dommage que les autorités s’arrêtent en si bon chemin, surtout que notre pays nourrit l’ambition d’être émergent à l’horizon 2020.

Qu’elle ne fut ma joie d’entendre sur les antennes que des enfants ivoiriens ainsi que d’autres originaires des pays comme le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et exploités dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire ont été libérés des mains de leurs bourreaux. Mais, ma joie pourrait virer à de l’amertume si après leur libération, ces enfants étaient abandonnés à eux-mêmes. Il viendrait ainsi grossir le lot des enfants de la rue, et malheureusement aussi des petits brigands, comme ces fameux microbes d’Abidjan.

Que les autorités ivoiriennes ne donnent donc pas l’impression que la libération de ces enfants constitue un autre coup d’éclat à l’ivoirienne. Pour prouver leur sincérité, elles doivent libérer tous les enfants exploités en Côte d’Ivoire. Et, ces enfants là, il n’y en a pas qu’en brousse, dans les plantations de cacao. Il y en a à travers le pays, en ville, comme en campagne, dans les endroits que nous fréquentons au quotidien, dans notre voisinage, dans notre entourage comme dans nos familles.

Il suffit de ne pas faire preuve d’hypocrisie, ou simplement d’ouvrir les yeux pour les voir. Ce sont : ces gamines qui sont pourtant utilisées comme nounous pour les enfants de leurs patrons ; Ou encore, ces petites filles en âge pourtant d’aller à l’école qui sont réduites à accompagner d’autres enfants, ceux de leurs employeurs, à l’école ; ce sont toujours ces petites filles qui travaillent dans des restaurants où elles assistent la cuisinière, assurent le service, nettoient les tables, font la vaisselle, balaient, etc. ; ce sont aussi ces petites filles, vendeuses ambulantes dès six ans. En plus d’être exploitées, toutes ces filles sont également exposées aux abus sexuels.

Les garçons sont également victimes d’exploitation. Ce sont : ces talibés dont on ne parle pas beaucoup en Côte d’Ivoire, mais que l’on peut facilement voir dans les quartiers populaires d’Abidjan et de Bouaké par exemple ; ces petits apprentis mécaniciens ; ces enfants qui passent la journée à faire les égouts, les décharges d’ordures, et les gros caniveaux à la recherche de fer qu’ils vendront pour avoir de quoi participer aux dépenses familiales.

Il va sans dire que la majorité de ces enfants, filles comme garçons, finiront analphabètes et sans aucune formation. Or la Côte d’Ivoire à être émergente dans 5 ans. Pour faire donc de ces enfants une force d’émergence et non une charge indéfinie pour la Côte d’Ivoire, il revient aux autorités ivoiriennes de poursuivre sur leur lancée, et de libérer véritablement tous les enfants exploités du pays. Elles ont également la responsabilité de mettre fin aux réseaux d’immigration destinés à fournir les exploitations agricoles ivoiriennes en enfants originaires de la sous-région ouest-africaine.

Mais l’élément fondamental qui, en mon sens, permettrait de mettre fin au travail des enfants en Côte d’Ivoire, serait de lutter contre la pauvreté. C’est en effet leur situation défavorable qui emmène les parents à faire travailler leurs enfants à bas âge ou à les abandonner entre les mains de personnes qui promettent de s’en occuper, mais les exploitent.

Et, il n’y a pas plus grande arme contre la pauvreté que la formation, la lutte contre la corruption et l’égalité des chances. Il n’y a qu’ainsi que l’on arrivera à endiguer ce phénomène absurde et honteux d’enfants esclaves et que la Côte d’Ivoire pourra un jour se vanter d’être un pays émergent.

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