Côte d’Ivoire : des mesures contre l’enlèvement d’enfants

 

Des policiers ivoiriens en faction devant une école primaire à Yopougon Crédit photo : Christ Koffi

Des policiers ivoiriens en faction devant une école primaire à Yopougon Crédit photo : Christ Koffi

Il y a une tension perceptible dans Abidjan ces derniers temps à cause du phénomène horrible d’enlèvement et de meurtre des enfants. Des parents refusent même d’emmener leurs enfants à l’école. De simples suspects de ce phénomène ont également été lynchés par la population quand celle-ci ne décide pas de faire la police à la place de la police. Les autorités ivoiriennes tentent de reprendre la main en appelant les populations au calme, mais aussi en prenant des mesures pour endiguer ce phénomène. Et ces mesures sont visibles sur le terrain.
Au début de cette semaine, je suis allé  constater de moi-même de l’effectivité des mesures prises par les autorités ivoiriennes contre l’enlèvement des enfants. Pour ce faire, je fais le tour de quelques écoles primaires dans la zone à risque qu’est la commune de Yopougon (Abidjan). L’intérêt pour les écoles primaires de cette zone étant potentiellement risqué, je décide de regarder les choses de loin. Et même ainsi, le constat est encourageant car des forces de l’ordre sont postées devant les écoles primaires publiques, comme l’école primaire publique Sogefia Lagune 1 et 2 de Niangon sud (Yopougon). A environs 200 mètres de là, le portail de l’école primaire publique BAD reste fermé toute la matinée, surtout à la récréation. Impossible donc pour les enfants, contrairement à leur habitude, de sortir de l’école à ce moment là et gambader dans les rues du quartier.
Pour ce qui est des écoles privées, la vigilance est également visible. Ainsi, les deux grands portails de la paroisse Saint Pierre à l’intérieure de laquelle se trouve le groupe scolaire du même nom, restent hermétiquement fermés toute la journée, même à l’heure de la descente. Désormais, seul un petit portail laisse passer tout le monde.
Ainsi, même si on ne les voit pas toutes, ce simple constat nous fait penser que les 1500 forces de l’ordre promises par les autorités pour accroître la vigilance dans Abidjan et autour des écoles primaires sont au travail. Celles-ci sont d’autant plus au travail qu’elles sont arrivées à déterminer les motivations de ces personnes qui s’adonnent à ces crimes horribles. En même temps, ce n’est un secret pour aucun Abidjanais que ces enlèvements et ces crimes sont en rapport avec la cyber criminalité ou ceux qu’on appelle « brouteurs »  en Côte d’Ivoire.
Cependant, dans le journal Afrique de RFI (Radio France Internationale) une nouvelle motivation est donnée par le ministre de la défense, M. Paul Koffi Koffi. Il s’agit du trafic d’organes. A quelle fin se fait ce trafic ? Il ne l’a pas précisé. Il a laissé néanmoins entendre que des politiques pourraient être impliqués : « On exclut aucune piste. On est en année électorale, la piste politique n’est pas à exclure (…). C’est sûr qu’on trouvera des liens, mais donnez-nous encore du temps », a déclaré le ministre.

Cependant, la traque aux marabouts, fétichistes et autres adeptes de la sorcellerie dans la forêt du Banco à Abidjan nous emmène à croire que ce trafic est réalisé à des fins fétichistes.
Il ne reste plus qu’à la gendarmerie et à la police de mettre la main sur les clients de ses marabouts et autres sorciers pour que les parents et leurs enfants retrouvent la paix. Mais, cette paix là ne sera réelle et durable que si les Ivoiriens renouent effectivement avec les valeurs morales. Mais là encore, c’est un autre débat.

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