Côte d’ivoire : Réveillon de la Saint Sylvestre plus église que maquis à Abidjan

 

Réveillon de la saint sylvestre dans une église Crédit photo : Christ Koffi

Réveillon de la saint sylvestre dans une église Crédit photo : Christ Koffi

Depuis plusieurs années maintenant, à Abidjan, en période de fête de fin d’année, particulièrement dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les églises et les maquis se disputent les Abidjanais. Il en a été de même cette année encore. Mais, par rapport aux précédentes nuits de la Saint Sylvestre, la dernière a été particulière car entre les églises et les maquis, les Abidjanais ont apparemment fait le choix des églises. D’anciens maquis même à Abidjan ne sont plus que des églises.

Comme toujours, enfin, depuis 10 ans maintenant, je termine mon année à l’office du 31 décembre. Cette année encore, j’y étais, plus précisement à la paroisse Saint Pierre de Niangon sud, à Yopougon.

Ce 31 décembre, en quittant la maison à 20 heures 25 minutes pour l’église, j’avais certes 25 minutes de retard, mais pour moi, ce n’était pas alarmant puisque la messe commençait à 22 heures. Elle serait précédée d’un enseignement que je voulais suivre. Emprunter un wôrô-wôro (taxi communal) pourrait m’éviter de perdre encore du temps, pensais-je. Mais impossible d’en avoir un. Cause : double tarification, trop grande affluence, embouteillage, etc. Je dû donc faire ce kilomètre jusqu’à l’église à pied, et en souliers : pour avoir le paradis, il faut en payer le prix. Et, Heureusement je n’étais pas le seul à l’avoir compris, j’avais des compagnons de marche : qui en taillon à aiguille ; qui, en souliers aussi, etc.

Non loin de l’église, j’achetai avec les servants de messes la bougie avec laquelle je rentrerais dans la nouvelle année. Des gens qui n’avaient rien des petits  servants de messes s’étaient improvisés vendeurs de bougies. Et, je n’allais pas tarder à comprendre pouquoi.

Vingt minutes après mon départ de la maison, j’étais enfin à l’église. Ce fut la surprise. Les balcons et les devantures des bâtiments de l’école primaires de la paroisse : occupés par des gens ; d’ailleurs, toute la cours de l’église était noire de monde. Les 5000 chaises en plastique achetées il y a deux ans par les paroissiens :  toutes occupées, comme les centaines d’autres qu’il y avait avant, ainsi que les dizaines de bancs. Prévoyants, certains paroissiens ont préféré venir avec leur propre siège ; d’autres avec des nattes ou des morceaux de pagne qu’il occupaient à même le sol.

Hommes, femmes, jeunes gens, adolescents, enfants, tous les âges étaient représentés à cette dernière messe de l’année.  Des musulmans et des animistes y étaient même, invités par leur connaissance chrétienne, prouvant ainsi que la Côte d’Ivoire est une mosaïque réligieuse.

Cette forte affluence pourrait s’expliquer soit par le fait que l’année qui s’achevait, marquée par des horreurs, avait été décevante pour beaucoup de ces milliers d’Ivoiriens, ou encore par le fait que tous mettent leur espoir en la nouvelle année qu’aucun Ivoirien n’ignore est une année d’élection en Côte d’Ivoire.

Dans tous les cas, avoir une place assise sur cet espace d’environs 2500 mètres carré relevait du miracle. Pourtant, il a eu lieu pour moi ce miracle car tout de suite après mon arrivée, j’ai eu une place sur un banc.

Durant l’office, nous avons décidé de faire table rase des peines, des douleurs et des rencoeurs de 2014. Nous avons aussi pris de nobles et fermes résolutions pour 2015. Nous avons également et avec ferveur prié pour la paix dans le monde, pour la paix dans notre pays, la Côte d’Ivoire ; dans nos familles, et pour la paix avec nous-mêmes. Puis, nous sommes entrés dans la nouvelle année avec les bougies allumées, mais pas de contact physique pour se souhaiter bonne année, prescriptions contre Ebola obligent.

Nous avons ensuite été aspergés d’eau bénite par le curé et ses vicaires. Puis, nous avons reçu les bénédictions solennelle du curé. Il faut dire que tout le monde, y compris moi, attendait ces deux premiers rites de la nouvelle année avant de quitter l’église. Des personnes qui trainaient dehors se sont même pressées à l’intérieur de l’église pour bénéficier de leur part de bénédiction.

Nous nous sommes séparés au de-là de minuit. les 15-24 ans poursuivirent la fête dans les maquis. Quant aux plus âgés, ayant certainement d’autres chats à fouetter, ils ont préféré rentrer à la maison ou  se rendre dans une église où la veillée continuait jusqu’à l’aube.

Bonne et heureuse année à tous ! Et, que les élections de cette année en Côte d’Ivoire soient apaisés, mais surtout que les Ivoiriens de  tous les bords politiques et de toutes les régions de la Côte d’Ivoire désarment leur esprit pour ne le consacrer qu’à la justice et la paix !

 

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